Comic Trip – Le LIT qui TUE !

 

Parfois, je me dis que ne pas répondre aux textos de mon meilleur ami pourrait m’éviter un paquet d’embrouilles plus ou moins délirantes. L’histoire que je m’apprête à vous raconter a commencé avec un simple SMS :

« Urgent ! T’attends au 50 Berkeley Avenue ! Viens seul ! James.»

La première pensée qui me traversa l’esprit fut un magnifique « Et merde ! ». Il faut dire que James Bruckner, alias Jimbo, avait la sale habitude de se fourrer dans des situations pas possibles et de m’y entraîner avec lui. Je décidai, tout de même, de me rendre à l’adresse qu’il m’avait donnée. Il s’agissait d’une maison en ruine. Alors que je le rejoignais dans le jardin, il s’adressa à moi :

« T’as mis le temps pour venir Franky ! T’étais où ?
– À l’épicerie pour acheter du désodorisant et un briquet pour ma mère, répondis-je en désignant la poche en plastique que j’avais à la main.
– Parce que monsieur continue de faire les courses pour sa petite maman comme quand il avait 10 piges, c’est-y pas mignon ?
– Venant de la part du mec qui, chaque jour, attend le marchand de glaces comme le messie, ça me fait doucement rigoler.
– Hé ! Ça c’est un coup bas !
– S’tu le dis. Bon, pourquoi tu m’as fait venir devant ce taudis ?
– J’ai besoin de ton aide !
– Ah ? Et tu en as besoin pour ?
– Vérifier si une creepypasta que j’ai trouvée sur le net est véridique ou pas, tout simplement.
– Non mais c’est pas vrai Jimbo ! Tu crois que j’ai vraiment du temps à consacrer à ce genre de c*nneries ?! Tu m’excuseras mais j’me tire !

Alors que je commençais à partir, James me retint par le bras :
« Allez Franky, prends au moins le temps de m’écouter.
– Je sens que je vais le regretter… Vas-y, explique ton truc. Par contre, je te préviens direct, je veux la version abrégée !
– Okay. Alors, d’après ce que j’ai pu lire, la baraque a autrefois appartenu à une vieille peau aigrie qui pourrissait la vie de sa femme de chambre. Un jour, alors qu’elle l’avait forcée à refaire près de vingt fois le même plumard parce qu’il n’était pas assez au carré, la pauvre bonniche péta un plomb et assassina son employeuse en lui explosant le crâne avec un chandelier qui traînait là. Depuis, on raconte que la chambre où elle est morte serait hantée. J’aimerais donc…
– … vérifier si c’est vrai. Bon, j’imagine que j’ai pas vraiment le choix et que je vais devoir t’accompagner pour éviter que tu fasses trop de conneries. On entre, on vérifie que toute cette histoire c’est des foutaises et on se barre.
– Pas tout de suite !
– Et pourquoi donc ?
– Parce que J’ai déjà envoyé Gerald à l’intérieur. Il devrait plus trop tarder à revenir pour nous dire si c’est safe.
– Gerald… Attends ! Ne me dis pas que t’as envoyé Gerald Ferguson en éclaireur dans cette bicoque !
– Ben si, pourquoi ?
– Ce type est complètement neuneu, voilà pourquoi !
– Mais non, t’exagères ! Il est pas si…
– Moi, j’exagère ?! Nom de Dieu, Jimbo, ce type est à la débilité profonde ce que Margie est à la nymphomanie : un parfait représentant !
– Parle pas de ma grande sœur comme ça ou je te casse la gueule ! s’exclama James en m’attrapant par le col de ma chemise.
– Toi, James Bruckner, 62 kilos tout mouillé, 1m67 les bras levés, tu comptes me casser la gueule ? lui demandai-je.
– Bien sûr que oui ! Tu vas voir, je vais te casser en deux et puis, après… »

Je ne laissai pas à James le temps de finir sa phrase et lui assenai une légère pichenette entre les deux yeux à l’aide de la chevalière que mon père m’avait offert pour mes vingt ans, histoire de lui calmer un peu les nerfs. Il porta immédiatement ses deux mains à l’endroit où je l’avais frappé :

« B*rdel mais ça fait mal !
– Bon sang, Jimbo, mais ouvre les yeux ! Tout le patelin sait très bien que ta frangine a eu plus de mecs en quatre années de fac que n’importe quelle bonne femme du coin en l’espace de deux siècles et ça fait déjà un bail que tout le monde considère Gerald Ferguson comme l’idiot du village ! Le type est débile au point de pas faire la différence entre une lampe torche et un p*tain de cornet de glace ! Sans déconner, il te faut quoi de plus pour voir la vérité en face ?! »

Au moment de finir ma petite gueulante, un hurlement provint de l’intérieur de la maison. Nous fonçâmes alors jusqu’à la source du cri. Il s’agissait d’une grande chambre située au premier étage. La plupart des meubles qui la composaient étaient couverts de draps, à l’exception du lit qui trônait fièrement au milieu. Ce dernier était imbibé de sang. Alors que nous allions pour sortir, la porte se claqua devant nos yeux et se ferma à double tour. Une voix retentit dans la pièce et le lit se mit à bouger de lui-même, laissant entrevoir, entre le matelas et le sommier, une série de dents acérées auxquelles pendaient des lambeaux de chair et la casquette de ce pauvre Gerald.

« Nom de Dieu de b*rdel à c*l ! Dans quel m*rdier tu nous a foutus Jimbo ?! hurlai-je»

Il fallait agir et ce, au plus vite. Pas le temps de faire un plan élaboré. C’est là que l’idée m’est venue. Alors que l’autre saleté s’apprêtait à nous engloutir, je lui grillai la tronche à l’aide d’un lance-flammes improvisé avec la bombe de « Santoubon » et le briquet achetés plus tôt. La chose se mit à hurler. Au même instant, la porte se rouvrit derrière nous. Nous n’avons pas demandé notre reste et nous nous sommes dépêchés de sortir de la baraque qui commençait à flamber du sol au plafond. À peine avions-nous passé le portillon menant au jardin que nous fumes projetés en avant par une explosion qui désintégra intégralement la maison. En se relevant, James s’exclama, juste avant d’éclater de rire :

« La vache ! On peut dire que c’est le genre de désodorisant qui se contente pas juste d’éliminer les mauvaises odeurs !»

À ce moment précis, je me demandai ce qui me consternait le plus : la nullité abyssale de la blague de James, le fait qu’il occulte totalement la mort de Gerald ou bien le spectacle désolant du cratère béant qu’était devenu le 50 Berkeley Avenue.

 

Mickaël


Annonces Google

Comment devenir une star d’Internet

« Une caméra, un micro, Adobe Pro, une carte SD, une bonne connexion Wi-Fi, une vierge à sacrifier… Je pense que je suis prêt ! »
Je pose fièrement mes mains sur les hanches, regardant, les yeux légèrement plissés, tous les éléments qui sont postés devant moi. Mon appareil photo qui me fixe de son objectif, le micro qui pendouille au bout d’une perche que j’ai fabriquée moi-même, mon ordinateur dans un coin avec le logiciel de montage déjà en route, et une jeune femme en pleurs attachée au pied de mon lit. Il n’y avait plus qu’à tracer le pentagramme maintenant.

« Bon, bah au boulot, dis-je joyeusement, saisissant une craie et poussant la poussière avec mon pied.
– Est-ce que tu es sûr que c’est vraiment la meilleure façon de devenir connu sur YouTube ? »
Les sourcils froncés, je me tourne vers Ophélie, ma meilleure amie, qui me regarde d’un air circonspect, jouant avec ses cheveux. Elle pointe la vierge kidnappée du doigt, puis la craie dans ma main.

« Je veux dire, j’étais à peu près sûre que pour être connu, il fallait surtout du talent, pas faire un pacte avec Satan.
– Et tu crois que PewDiePie et Cyprien, il sont devenus connus seulement grâce à leur talent ?
– Ben… ouais. »

Je pouffe et hausse les épaules devant tant de naïveté, puis commence à tracer mon pentagramme, concentré, prenant aussi longtemps que possible pour faire un cercle parfait, puis me redresse et l’admire, fier de mon travail. J’attrape une canette de soda à côté de moi et la bois. Je le mérite.

« Ton cercle il est ovale. »
Le soda se coince dans ma gorge et je tousse violemment pendant de longues secondes avant de regarder Ophélie à nouveau, commençant à m’impatienter un peu.
« Il est pas ovale, il est rond.
– Non, non, je te jure, de mon point de vue il est ovale.
– Est-ce que Satan est un maniaque de la géométrie ? »

Elle hausse les épaules et répond qu’elle ne sait pas, je hoche la tête d’un air satisfait, et recommence à tracer le signe cabalistique. D’abord la première branche de l’étoile… puis la deuxième…
« Ton étoile, on dirait un triangle.
– C’est normal, Ophélie. Au début, ça ressemble toujours à un triangle.
– Oui mais pas un triangle rectangle. T’as raté ton triangle. » Elle prend une gorgée de jus de fruit avec sa paille. « Refais ton triangle.
– T’es pas vierge, Ophélie, par hasard ?
– Non.
– Dommage. »

Je jette un coup d’œil à la jeune femme attachée, vérifie qu’elle chiale bien toujours, puis continue avec mon triangle qui, certes, est rectangle, mais bon ça n’a aucune importance, j’ai pas dit que je voulais devenir le YouTuber le plus connu au MONDE non plus, je peux me permettre d’avoir un pentagramme un peu nul.
« Une autre question, fait Ophélie, me faisant grogner mais relever la tête vers elle malgré tout.
– Plaît-il ?
– Tu crois aux démons, toi ? »

Une petite exclamation s’échappe de mes lèvres et je me redresse, posant une main sur ma poitrine, bombant le torse. Là est tout mon génie. Je désigne la femme du bout de ma craie, puis le pentagramme presque fini maintenant.
« Non, je ne crois pas aux démons. En revanche ! Je crois au bad buzz médiatique. Allume la caméra s’il-te-plaît. »
Ophélie hoche la tête d’un air résolu et se poste derrière l’appareil photo, appuyant sur le bouton.

CupcakeNie

Ma rencontre avec un Chuunibyou

 

 

Lundi dernier, j’ai mangé une chocolatine. Certains d’entre vous crieront « Halte là, malheureuse ! Que diable est cette sorcellerie, il s’agit d’un pain au chocolat, voyons ! ». Mais je ne suis pas là pour relancer le débat, j’ai une histoire bien plus intéressante à vous conter. Car voyez-vous, plus tard dans cette même journée, j’ai fait la connaissance d’une personne assez … atypique, disons. Au vu du titre, j’imagine que vous savez déjà quel genre de personne c’était. Et pour ceux qui n’ont pas vu le titre (si, par exemple, vous avez cliqué involontairement et que la fenêtre s’est imposée à vous sans vous laisser le choix, mais que, pour une raison inconnue, vous restez là, à lire, et c’est plutôt cool) ou pour ceux qui simplement ne savent pas ce qu’est un Chuunibyou, laissez-moi vous l’expliquer brièvement. Un Chuunibyou, pour faire simple, c’est quelqu’un qui se donne un style pseudo asocial, ou qui prétend avoir un quelconque pouvoir psychique, par exemple.

Eh bien, justement ! Parlons-en de ces pouvoirs psychiques ! La personne que j’ai rencontrée, que l’on va appeler Madame X, prétendait avoir la capacité d’effacer des bribes de mémoire de certaines personnes. Mais (oui, il y a un « mais »), il fallait réunir plusieurs conditions pour ce faire. La première étant celle de la « réceptivité » de la personne. Une personne non compatible est immunisée à ce genre de tour. Comme c’est pratique. Je ne suis visiblement pas assez « réceptive », puisqu’elle n’a rien réussi à faire sur moi. Toujours est-il que ça nous laisse sans preuve de l’existence de sa soi-disant capacité. Je tiens bien à préciser que je ne suis pas totalement fermé d’esprit, je ne nie pas tous les phénomènes sortant de l’ordinaire. Il m’arrive parfois de me surprendre à suivre avec une étrange curiosité des reportages portant sur des sujets variés, plus ou moins surnaturels. Mais je dois admettre que j’ai un peu de mal à croire l’histoire de Madame X.

Car cette collégienne (oui, j’ai oublié de préciser qu’elle est en quatrième), aussi convaincante se veut-elle, me paraîtrait très peu crédible en tant qu’esper. De vous à moi, j’ai entendu des choses assez … comment dire … douteuses ? Tenez, il paraît que lorsqu’elle est à son école, il lui arrive souvent de s’isoler dans un coin de la cour, disant aux autres de ne pas s’approcher car elle risquerait de ne plus pouvoir retenir ses « ombres », le tout en se cachant l’œil gauche. Ou droit. Ou les deux. Bien que cette image me semble assez amusante à imaginer. Passons.

Je ne suis évidemment pas là pour juger qui que ce soit, chacun ses hobbies, moi, par exemple, j’aime bien la cueillette du raisin dans le jardin de mon papi. Mais là n’est pas la question. Je me dis simplement que plus tard, dans les réunions en famille ou entre amis, où ils se remémoreront les souvenirs d’antan, et que tout ce qu’elle pourra raconter c’est « quand je m’amusais à jouer les enfants emo-gothiques en prétendant contrôler la mémoire des gens. » Et elle risque de repenser à cette sombre période de son enfance avec regrets.

Ah, et une dernière chose ! Dernière, mais pas des moindres … Je ne vous ai pas encore dit que … Attendez, je dois l’avoir noté quelque part, ne bougez pas. Hum, je ne le retrouve pas … Je vous racontais quoi déjà ? Ah oui, lundi dernier ! Donc, j’avais mangé une chocolatine. Certains d’entre vous crieront « Halte là, malheureuse ! Que diable est cette sorcellerie, il s’agit d’un pain au chocolat, voyons ! » Mais je ne suis pas là pour lancer le débat. Je suis venu vous parler de ma chocolatine. Je crois …

Nouillechan

Mammouths en colère !

 

 

« Bon, on va démarrer, tout le monde est prêt ? demanda le metteur en scène, Pierrick.
– Je crois qu’il manque les mammouths… murmura Jean-François, son assistant.
– Putain mais c’est pas vrai !
– C’est bon, t’énerve pas, ils vont arriver…
– Ne pas m’énerver ? Les mammouths ne sont pas là alors qu’on est sur le point de démarrer l’ère glaciaire et leur extinction et tu me demandes de ne pas m’énerver ?!
– Non mais je veux dire, au pire, on a qu’à passer cette phase, c’est pas trop grave…
– Ok, alors je vais tout récapituler, histoire de bien mesurer à quel point cette idée est stupide : tu me suggères de simplement passer plusieurs milliers d’années et un événement marquant pour cette planète comme ça, sans rien dire ?
– Honnêtement, je ne vois pas d’autres solutions… Après il va encore falloir faire les grands mammifères et l’arrivée de l’humanité dans le schmilblick, alors autant pas perdre de temps avec une seule espèce, surtout vu notre retard…
– Mais c’est pas une seule espèce comme les autres bordel ! C’est les mammouths. Les plus gros habitants terrestres après les dinosaures. C’est pas rien leur extinction. Ca va pouvoir alimenter des tonnes d’histoires pour les autres espèces, développer leur imagination, leur sens de la recherche quand ils trouveront des ossements, on ne peut tout simplement pas laisser passer ça !
– On va devoir trouver une solution rapidement alors parce qu’on démarre la suite dans dix minutes… »
La jeune stagiaire débarqua sur ces entrefaites dans la conversation, l’air encore plus paniqué que le metteur en scène.

« Chef, Chef !
– C’est qui encore celle-là ? grommela-t-il en la regardant.
– C’est la stagiaire.
– Non mais c’est pas vrai, mais qu’est ce que j’en ai à foutre de la stagiaire, demandez lui de faire du café pour l’occuper et laissez moi tranquille à moins que vous n’ayez trouvé ces fichus mammouths !
– Justement chef ! s’écria-t-elle.
– Quoi ? La machine à café est en panne ?
– Aussi, mais c’est pas le problème. Les mammouths se sont barricadés dans leur loge en prenant en otage les hommes de Neandertal et refusent de les libérer si on n’accepte pas leurs conditions !
– Putain mais c’est quoi ça encore ?
– Je sais pas mais on a huit minutes pour trouver une solution… soupira l’assistant. »

Ils se retrouvèrent donc en face de la loge des mammouths, barricadée avec les bouts de météorites qui avaient servi au final de l’extinction des dinosaures, le soir d’avant. A l’intérieur, on pouvait entendre les cris de terreur des hommes de Neandertal, ainsi que de grosses voix hurlant « Le réal t’es foutu, les mammouths sont dans la rue !! » à tue-tête.
« On leur dit quand que la loge c’est pas vraiment la rue ?

– Honnêtement c’est pas le moment de faire de l’humour Jean-François… C’est bon ! Il est là le réal ! Qu’est-ce que vous lui voulez ?
– On va vous envoyer notre porte-parole !
– D’accord mais ce serait vraiment bien s’il pouvait parler en moins de cinq minutes, parce que là on n’a pas le temps et…
– Mais ta gueule Jean-François, ta gueule…
– Chef, je crois que le porte-parole attend ! rappela la stagiaire.
– Oui, ce serait sympathique de m’écouter…
– Bon. Qu’est-ce qui ne va pas au juste ?
– Ce qu’il y a c’est que nous refusons catégoriquement de nous éteindre !
– Non mais vous déconnez là ? s’écria Pierrick, abasourdi.
– Absolument pas, et tant qu’on n’aura pas changé le script, non seulement nous ne reviendrons pas sur le plateau, mais en plus nous ne libérerons pas les hommes de Neandertal pour qu’ils puissent jouer leur rôle !

– Non mais c’est pas vrai, mais c’est du délire ça ! Depuis quand on discute de son extinction au juste ?! Vous allez revenir sur le plateau et fissa !
– Jamais ! Soit on rediscute le script et vous nous donnez notre place dans le reste de l’histoire de la vie, soit c’est la grève générale !
– Mais je ne peux pas faire ça ! C’est déjà écrit, vous êtes censés vous éteindre et laisser votre place à d’autres animaux ! Même moi je ne peux pas changer le script !
– Dites, il nous reste deux minutes là…
– Mais ta gueule Jean-François !
– Chef ?
– Quoi encore ?
– J’ai peut-être une solution… »
Jean-François regardait les acteurs jouer leur rôle sur le grand théâtre de la vie, satisfait. Encore une fois, une catastrophe avait été évitée. Sur la scène, les hommes, maintenant bien plus évolués, venaient de faire une découverte fondamentale. Il se tourna vers la jeune stagiaire, désormais officiellement assistante :
« C’était quand même une bonne idée !
– Oh, on venait juste de livrer le nouveau frigo, j’y ai pensé comme ça.
– Tout de même… sourit-il, en regardant les scientifiques s’émerveiller devant le mammouth congelé qu’ils venaient de déterrer.

 

Alice

Le jour où j’ai trouvé un boulot sans le chercher !

Pardon ? Vous voulez savoir mon boulot ? Oh, je crois qu’il serait plus intéressant que je vous raconte comment je l’ai eu, avant de vous dire de quoi il s’agit. Il faut bien admettre, les circonstances étaient loin d’être ordinaires… En fait, je me promenais tranquillement un jour, quand il s’est mis à neiger. Rien d’anormal, dites-vous ? Non, en effet, en plein mois de juillet, rien d’anormal, tout à fait. Bref. Étant bien évidemment plus qu’intrigué par ce phénomène, d’autant qu’il semblait se limiter à la forêt où j’étais alors, je me suis arrêté, me demandant si je rêvais, et la curiosité l’a emporté : il fallait que je sache ce qu’il se passait.

Bon sang, quelle idée ça a été… J’ai continué d’avancer, regardant partout autour de moi et même au-dessus, et ce qui devait arriver arriva : je suis tombé dans une bonne grosse fosse. Non, pas un vague trou comme ça en plein milieu des bois, hein, vraiment la grosse fosse de compét faite pour piéger ce qui tombe dedans. Me voilà donc totalement désespéré, ne sachant pas comment j’allais me sortir de ce merdier, d’autant qu’il n’y avait personne dans le coin. Enfin, ça, c’est que je croyais.

Parce que, justement, à peine cinq minutes après, je vois sauter un gros bonhomme dans la fosse, et nous voilà à passer à travers le sol pour atterrir ailleurs. Oui, je vois vos regards incrédules, là, mais c’est la vérité. Et on a atterri ailleurs, dans une autre fosse… De laquelle il s’est tiré avec un simple saut, au fait. Non mais, arrêtez de me regarder comme ça ! Je vous dis que c’est la stricte vérité ! Mais j’ai pas fini, hein !

Bref, il a remis ça pas mal de fois, jusqu’à ce qu’il remarque enfin ma présence. Je vous passe les termes exacts de la « conversation », sachez juste que j’en ai bien pris pour mon grade et menaçait de me remettre aux autorités de son pays. Oui, on avait carrément changé de pays. Bon, j’ai réussi à le convaincre que c’était un accident stupide, et il a fini par se calmer. Enfin, un peu. Après ça, il est parti à râler sur son boulot, dont il m’a expliqué les détails et que c’est parce qu’il avait des deadlines tellement pétées qu’il s’était mis à boire et trouver un moyen d’expédier tout ça avec des portails dimensionnels comme ceux qui nous avaient emmenés un peu partout. Cela dit, ça marchait moyennement, vu qu’on était donc en juillet, et qu’il avait bien dépassé…

Là, je me dis que y a peut-être un créneau à prendre et que je pourrais l’aider, s’il me présentait à ses patrons, tout ça, vous voyez… Sauf qu’il m’a juste demandé si j’étais bien certain de vouloir le faire et, dès que j’ai confirmé, m’a refilé tout son matos, y compris sa tenue et ses super bottes, le reste de sa mission du jour, une adresse pour aller dire aux supérieurs que j’ai tout pris en charge, et hasta la vista, y avait plus personne !

Bref, depuis ce jour, je vis en Laponie et je suis officiellement l’actuel Père Noël… Et je sens que je vais me trouver un pigeon aussi dans pas longtemps.

 

Anthony

Un Noël hyperconnecté (ou pas…)

La neige tombait en lourds flocons sur le toit d’un immense chalet en bois situé au fin fond de la Laponie. Un vieux bonhomme bedonnant, tout de rouge vêtu (Est-il besoin de préciser de qui il s’agit ?), était assis devant un immense bureau en merisier couvert de décorations diverses et variées et sur lequel était posé un immense ordinateur aux couleurs criardes. Lunettes rondes sur le nez, il se grattait la tête, ne sachant pas trop quoi faire avec la machine qui trônait devant ses yeux. Il finit par demander :

« Euh… Vous êtes sûrs de votre coup, les gars ? s’adressant à une assemblée de petits êtres qui lui faisaient face.
– Mais oui, patron. Vous nous avez bien dit qu’il était grand temps de moderniser la boîte et que vous en aviez marre de passer pour un ringard auprès des autres êtres merveilleux, non ? lui répondit un lutin se tenant à ses côtés.
– Je sais bien Norbert, mais je pensais plutôt à, je ne sais pas moi, un moyen de livraison plus efficace, par exemple. Non parce qu’il faut dire que les petits pères, ils commencent à sérieusement accuser le coup, surtout ce pauvre Rudolph. C’est qu’il est plus tout jeune, l’animal !
– C’est pas faux… Malheureusement, le département recherche et développement est toujours en train de bosser dessus et ils ont rien trouvé de vraiment satisfaisant pour le moment. En attendant, on s’est dit que ce serait une bonne idée de numériser votre liste sur le cloud et de vous inscrire sur les réseaux sociaux.
– Oh ! oh ! oh ! Je t’avouerais que toutes ces nouvelles technologies me dépassent.
– Justement, il va falloir vous y habituer. J’ai donc décidé de vous donner un ou deux petits cours. On va déjà commencer par l’essentiel : la communication. Allez sur l’onglet favori. C’est le petit sapin.
– Alors… Je clique dessus… Y a une liste qui apparaît…
– Allez sur la première ligne, il doit s’agir d’un raccourci pour…
– Lutins et fées en chaleur, l’interrompit le Père Noël.»

Norbert se précipita alors sur la souris, l’arrachant des mains de son patron, et se dépêcha de faire disparaître le lien de la honte. Il jeta un regard furieux à tous ses collègues présents dans la salle qui rougirent de concert. Il siffla entre ses dents « J’avais dit pas sur l’ordi du boss ! Vous êtes cons ou bien ? ». Il se retourna vers son patron :

« Il s’agit d’une regrettable erreur, monsieur.
– D’accord… C’est un peu gênant, tout de même.
– Et si nous passions à autre chose, voulez-vous ?
– Bonne idée !
– Vous cliquez donc sur le premier lien qui apparaît. Il va vous permettre d’accéder rapidement à un site qui vous servira à rester en contact avec vos fans ainsi qu’avec d’autres personnages fantastiques comme Jack Frost…
– Ça m’étonne pas que le gamin soit inscrit sur ce machin. Ça fait longtemps que je lui ai pas parlé, d’ailleurs. Au fait, dis-moi, il est toujours en couple avec la petite Elsa ? J’ai entendu dire qu’il y avait du mariage dans l’air.
– Moi aussi ! Figurez-vous, que Philomène, notre nouvelle stagiaire, m’a dit que Gertrude de la compta lui avait rapporté que Betsy, vous savez la blonde qui bosse au courrier, a eu vent d’un envoi imminent de faire-parts. »

La conversation sembla durer une éternité. Au final, Norbert n’expliqua rien au Père Noël sur la manière dont pouvaient bien fonctionner les réseaux sociaux. Alors qu’ils échangeaient sur le possible divorce du lapin de Pâques, l’ordinateur émit un bruit strident.

« Qu’est-ce que c’est que ce boucan ?!
– On nous pirate, patron ! s’exclama Norbert. »

Ce dernier s’empara dans la seconde du clavier et commença à taper à toute vitesse dessus.

« Un espèce de petit saligaud essaye de récupérer votre liste, sûrement pour la revendre au plus offrant ! »

Au bout de quelques instants, Norbert s’arrêta, soulagé d’avoir réussi à endiguer la menace. Le Père Noël dit alors :

« Bon mes petits gars, je crois que je vais en rester à mes bonnes vieilles habitudes. Ça vaudra mieux pour tout le monde.
– Si vous le dites patron…
– Bon, c’est pas le tout mais je dois aller voir maman, elle voudrait apporter un peu de nouveauté à mon costume.
– Vous lui passerez le bonjour de ma part. »

Dès qu’il fut sorti de la pièce, des murmures s’élevèrent dans l’assemblée des lutins réunis dans le bureau du Père Noël, on pouvait entendre ça et là : « Il nous fait le coup chaque année ! », « Vous vous souvenez du minitel ? », « Et puis le portable, vous vous rappelez l’épreuve que ça a été de réussir à le convaincre d’en avoir un ? », « M’en parle pas »… Norbert finit par soupirer :

« Bon ben les mecs, je crois pas que ce sera encore cette année qu’on se modernisera. On tentera de nouveau le coup l’année prochaine. »

Il sortit un calepin d’une poche de son pantalon et nota : 53ème tentative : ratée.

 

Mickaël

Ma première vidéo sur YouTube

Ça doit maintenant remonter à un mois… J’étais si jeune et naïve à l’époque, pensant que Internet n’était qu’un outil de travail, un utile moyen de communication, ou encore une alternative non onéreuse pour accéder à mes séries préférées. Mais depuis ce jour, j’ai découvert une toute nouvelle facette du web.

« Comment ça, tu veux poster des vidéos sur YouTube ?! Est-ce que tu as une idée du nombre de malades qui trainent sur le net ? Qui prennent ton image pour faire des montages bizarres avec et te faire chanter ensuite ? Et je ne parle même pas des détraqués qui risquent de venir toquer à la porte pour te faire je ne sais quoi… Il n’en est simplement pas question.
– Mais Maman ! C’est bon, des centaines de gens font ça, et puis ça me plait, le chant !
– Cela m’est bien égal, le nombre de gens, des centaines de gens boivent de l’alcool et consomment de la drogue, ce n’est pas une raison pour que tu t’y mettes aussi !
– Tu digresses, Maman… Tu pourrais au moins me laisser une chance !
– Pas question, la discussion est close. »

Encore un échec. Ce n’est pas la première fois que Maman me prive d’un projet qui me tient à cœur. Je m’étale lourdement sur mon lit, réfléchissant aux différents arguments que je compte lui présenter lors de ma prochaine offensive, mais tout compte fait, non. Je préfère me jeter sur mon ordinateur et poster la vidéo que j’ai enregistrée plus tôt dans la semaine, ma première reprise en japonais ! Après tout, Maman n’est pas obligée d’être au courant de toute ma vie.

« Upload en cours, veuillez patienter. »
« Wow » dis-je en sentant la température de ma chambre monter rapidement. Est-ce l’excitation ? De l’appréhension, peut-être ? Je n’en sais rien. C’est peut-être simplement le radiateur qui s’emballe encore tout seul. Mais bon sang, qu’est-ce que c’est long ! Premier site mondial de partage de vidéos, et plus de quinze minutes pour poster une cover si courte ?
Mais les choses semblent s’accélérer rapidement. Après seulement quelques heures, que dis-je, quelques minutes, J’entends des pas se rapprocher dangereusement de ma chambre. C’est Maman.

« Caroline, qu’est-ce que je t’ai dit ce matin ?! Allez, supprime-moi ces japoniaiseries !
– Mais Maman !
– Chut ! Pas de « mais » ! On en avait déjà discuté, tu as désobéi. Encore.
– Je voulais juste…
– Tututut ! Tu connais la punition… Cette fois, tu me feras une dissertation sur la création d’Internet, puisque tu sembles tant t’intéresser à cet outil ! »
Comme je le disais, depuis ce jour, j’ai pu découvrir Internet de manière totalement inédite, et apprendre de nombreuses choses qui me seront probablement très utiles pour l’avenir. Saviez-vous, par exemple, que plus de deux-cent quarante-sept milliards de mails sont envoyés chaque jour, et que quatre-vingts pourcents d’entre eux sont des spams ? Maintenant, oui. Et vous voyez aussi qu’avoir des parents professeurs de collège n’est pas forcément toujours très drôle.

Nouillechan

Quand la liberté détruit le monde

 

— Bon, alors, il s’est passé quoi, cette fois ?
— Bah, d’abord, y a eu un vieux qui…
— Bordel, mais c’est pas possible ! Ça démarre TOUJOURS avec un vieux, avec vous ! Vous comptez me faire l’inventaire de la section gériatrie de tous les hôpitaux du monde, ou quoi ? Je vous préviens, le reste a intérêt à être vraiment intéressant, hein !
— Oui, bah, si vous me laissiez parler, ça pourrait peut-être le devenir ! Donc, j’ai croisé un vieux qui m’a balancé une espèce d’énigme bizarre…
— Non mais, vous vous foutez de moi, là, en fait… Le vieux, l’énigme bizarre, et on va encore avoir droit au coup de l’artefact antique que personne ne connaît et que vous n’avez évidemment pas récupéré pour la suite, c’est ça ?
— Comment vous avez deviné ?

— …Oui, bon, bref, continuez. Putain, ça va encore être long, cette histoire.
— Donc, le vieux m’a balancé son énigme, puis il m’a emmené vers un bosquet sombre en disant que c’était la clé de tout ça. Et là, qu’est-ce que je trouve ? Une épée. Comme ça, toute seule, qu’il me dit de prendre. Alors, moi, qu’est-ce que je fais ?
— C’est effectivement la question qui est sur toutes les lèvres.
— Bah, je suis pas fou, je la prends pas. Hé, je suis pas con, quand même, les pièges, je les vois de loin. Je fais demi-tour, et là, il me beugle un truc au sujet de ma destinée, ou je ne sais quelle connerie… Moi, forcément, je lui réponds « J’ai pas envie de crever comme une merde, ducon, va te faire foutre ! ».
— Et donc, cette épée, elle est devenue quoi, exactement ?
— Je voulais pas qu’il essaie d’embrigader d’autres types dans sa connerie, alors, j’ai agi en conséquence : j’ai tout cramé, histoire de bien raser le bordel et faire fondre ce truc. Histoire que tout le monde soit enfin tranquille, quoi. Oh, et j’ai aussi fumé le vieux au passage, que ça soit bien fini.
— Nom de Dieu, retenez-moi ou je vous étrangle. Je plaisante pas.

— Quoi ? Fallait pas ? Désolé, hein, c’était juste un peu trop suspect pour moi. Au moins, maintenant, on a la paix.
— La paix ? La PAIX ? Mais bordel d’enfoiré de bougre d’abruti pas fini à la pisse d’Orc bourré, vous vous rendez compte de ce que vous avez foutu ?
— J’ai débarrassé le monde d’un piège mortel qui a coûté la vie à pas mal d’aventuriers. J’ai bon ?
— D’après ce que j’ai entendu via divers échos de l’affaire un peu partout… VOUS AVEZ FONDU L’ÉPÉE ENCHANTÉE OFFERTE À L’ÉLU POUR DÉTRUIRE L’ANCIEN DÉMON QUI REVIENT TOUS LES 1000 ANS !!! Mais qu’est-ce que vous avez dans le crâne, bordel ? On est tous morts, maintenant !
— Ouais, oh, c’est pas ma faute, hein. Fallait arrêter d’écrire le RPG japonais à coup de clichés avant de l’ouvrir à la liberté de choix et d’action à l’occidentale, hein…

 

Anthony

Test : Êtes-vous prêts pour 2017 ?

Oyez oyez, citoyens, rejoignez-moi autour de ce tambourin. Soyons honnêtes, sur Internet, c’est pas la fête, pour 2017. Voilà pourquoi, mentalement parlant, votre taux d’espoir n’est peut-être pas très grand. Mais rassurez-vous, grâce à ce texte, vous vous préparerez, par un simple test.

Question numéro un, êtes-vous républicain ? Je ne jugerai pas (c’est une fausse promesse), bien que ce soit pas mon cas (vous pouvez être en liesse). Cependant, il faut bien voir les choses en face, la popularité de la Gauche est assez basse, et à moins d’un miracle pour Mélenchon, j’ai bien peur qu’on ait à supporter Fillon. Si c’est le cas, et j’espère pas, la France sera dans un tel état, qu’on n’y survivra peut-être pas.

Question numéro deux, aimez-vous la beuh ? C’est toujours illégal, dans le code pénal, mais vu où vont les choses, vous aurez peut-être besoin d’une dose. Bien que je préfère que vous manifestiez, plutôt que vous vous mettiez à fumer. Peu importe votre choix, la police vous tabassera.

Question numéro trois, avez-vous la foi ? Si oui, j’espère pour vous qu’elle est chrétienne, sinon vous serez traités comme une chienne. Les juifs, Trump les aime pas, les athées, Fillon les aime pas, les bouddhistes, personne ne sait qu’ils existent, et les musulmans… Prions pour qu’ils puissent vivre longtemps. Quant aux autres religions, tout le monde s’en fout de toute façon.

Question numéro quatre, êtes-vous né en France ? Vous pourriez penser qu’on en a rien à battre, mais c’est ici que tout commence. Si vous avez le malheur d’être migrant, ou que ce soit le cas de votre maman, le gouvernement oubliera que vous êtes humain pour à la place vous renvoyer par des trains. Ou des bateaux, enfin vous avez saisi le topo. Pas facile de faire des rimes, alors que ce monde ne rime à rien.

Question numéro cinq, aimez-vous les ornithorynques ? Oui bah écoutez, j’avais rien pour rimer, en même temps ce texte, c’était pas une bonne idée. Trêve de digressions, voilà la vraie question : Êtes-vous un homme cisgenre, blanc, hétéro, en situation stable, avec un boulot ? Félicitations, vous, vous êtes prêts, nous on l’a dans le fion, vous vous en foutez (ou peut-être pas, je fais pas du cas-par-cas). Et si vous pensez qu’on est des benêts se plaignant pour des problèmes qu’on a inventés, je vous invite à lire les programmes de Trump, Poutine ou Fillon, puis de revenir à cette question.

Question numéro six, appréciez-vous faire de l’exercice ? Parce que vous pensez bien, avec toutes ces manifestations, toutes ces remises en question, la semaine de trente-neuf heures, la cotisation retraite perdue pour les chômeurs, une idée écrasante de la norme, va falloir rester en forme.

Question numéro sept, pensez-vous vraiment qu’on peut prédire 2017 ? Tout ce que j’ai expliqué, ce ne sont que les pires pensées. Mais pour empêcher tout ça, va falloir qu’on bosse ensemble les gars. On peut pas rester les bras croisés pendant que le monde est en train de s’écrouler. Alors restez heureux, faites tout pour, n’oubliez pas amitié et amour. Protégez-vous, prenez soin de vous, de vous et de ceux que vous aimez, tout le monde a besoin d’être câliné. Levez-vous, gueulez, manifestez, allez voter. Renseignez-vous, faites ça pour nous, agissez autant que possible, histoire qu’un meilleur avenir soit crédible. Nous aurons besoin de tous les créateurs, de toute la bonne humeur, de tous les hommes, de toutes les femmes, de tous les non-binaires, de tous les étranges et de tous les extraordinaires, de tous les français et tous les étrangers, pour que le privilège d’être heureux ne soit pas laissé au plus chanceux.

Nous méritons tous la joie, alors laissez entendre votre voix.

 

Cupcake Nie