Ne jamais perdre espoir

Ne vous arrive-t-il pas, parfois, d’avoir des regrets ? Regretter est sûrement l’un des pires sentiments que l’on peut avoir car il a le don de vous ronger de l’intérieur et finit par s’imposer à vous comme l’expression même de vos échecs. Bedelia Huntington, médecin psychiatre de renom, en connaissait un rayon à ce sujet à tel point que son portrait aurait pu servir d’illustration à la définition du mot regret dans n’importe quel dictionnaire existant. Pourquoi ne pas avoir suivi Billy Paxton, le beau brun aux yeux en amande qui vivait à côté de chez elle, lorsque celui-ci lui avait proposé de fuir un beau matin de juillet 99 ?

Elle aurait sûrement vécu la plus belle aventure de sa vie. Pourquoi avoir choisi de suivre la même voie que son père plutôt que de devenir illustratrice de livres pour enfants comme elle en avait toujours rêvé ? Certes, elle réussissait à aider les autres à mieux vivre avec leurs troubles mais elle-même ne parvenait pas à vaincre ses propres angoisses. Pourquoi ne pas avoir écouté les conseils de sa mère, tout simplement ? Elle avait toujours été une personne avisée et pleine de bon sens. Pourquoi ? Pourquoi ?! Pourquoi ?!? Cette interrogation ne cessait de la tarauder et, à l’heure où j’écris ces lignes, c’est encore le cas mais peut-être plus pour très longtemps.

Bedelia était assise derrière son bureau lorsqu’elle appuya sur un des boutons de l’interphone situé à sa gauche. Un grésillement se fit entendre suivi de la voix nasillarde de sa secrétaire :
« Oui, Docteur ?
– Sally, faites entrer le patient suivant, je vous prie.
– Tout de suite ! »

Le bonhomme qui entra dans son cabinet avait l’air peu sûr de lui. La démarche balourde, il jeta un coup d’œil autour de lui avant de croiser son regard. À ce moment précis, il sembla acquérir une assurance qu’on ne lui aurait pas prêtée quelques instants auparavant. Il se précipita vers elle et manqua de s’étaler de tout son long en trébuchant sur un tapis persan :

« Monsieur Xorlux, je suppose.
– Absolument pas. Je me présente Edgar Forshire, agent des plus grandes stars de l’imaginaire, voici ma carte.
– Et que me vaut ce plaisir, monsieur Forshire ? Non, laissez-moi deviner. Votre client n’a finalement pas souhaité venir et vous venez pour vous ramasser la soufflante à sa place.
– Vous n’y êtes pas du tout. Monsieur Xorlux a grandement besoin de vos services. Suite à un traumatisme récent, il a du mal à savoir qui il est vraiment, ce qui, je dois vous l’avouer, est un comble pour un acteur de son envergure.
– Si mon concours lui est autant nécessaire, pourquoi n’est-il pas devant moi à la place à laquelle vous vous tenez présentement ?
– Mais il l’est ! Enfin, pas à ma place mais il est tout de même ici.
– Attendez. Qu’entendez-vous par « ici » ?
– Eh bien, dans cette pièce.
– Sans vouloir vous offenser Monsieur Forshire, hormis vous et moi, je ne vois personne d’autre.
– Tout le problème est là. Vous n’avez pas encore perçu sa présence et tant que vous ne l’aurez pas fait, il vous sera impossible de le voir.
– Et comment suis-je censée m’y prendre ? »

Après moult explications données par Edgar, immédiatement suivies par une salve de protestations de la part de Bedelia, celle-ci finit par céder et ferma les yeux comme demandé par son interlocuteur. Elle pensa, comme il lui avait conseillé, à un souvenir agréable. Elle n’eut pas à attendre très longtemps avant que l’incroyable ne se produise. Alors qu’elle se concentrait de plus en plus fortement, un immense fracas se fit entendre. Forshire s’adressa alors à elle :

« Docteur, à quoi avez-vous pensé ?
– À ma toute première… dit-elle en ouvrant les yeux. »
Elle s’interrompit au moment même où elle vit, au beau milieu de la pièce, un immense dragon violet à rayures roses, choucroute magenta vissée sur le crâne, lunettes de vue posées sur la gueule en train de tricoter un châle multicolore. Alors qu’Edgar courait dans tous les sens complètement paniqué, téléphone portable à la main, Bedelia s’approcha de la créature et demanda :

« Mamie Dragon, c’est toi ?
– Non, il s’agit de Monsieur Xorlux, lui répondit Edgar avant de reprendre. Il a simplement pris l’apparence de ce que vous souhaitiez voir. Un don extrêmement utile pour les tournages d’heroic fantasy ou de films d’horreur, par exemple. Cela fait d’énormes économies de moyens… En attendant, c’est la cata ! Comment on va rembourser les dégâts ?! »

Bedelia ne l’écoutait pas. L’immense bête la regardait avec bienveillance. Un flot de souvenirs heureux lui revint en mémoire. Des larmes commencèrent à apparaître au coin des yeux.
« Tu es exactement comme je t’ai toujours imaginée. Tu te souviens ? Je voulais devenir dresseuse de dragons mais papa m’avait dit que ce n’était pas possible parce que vous n’existiez pas. C’est à ce moment-là que je t’ai créée. Je voulais raconter tes aventures en compagnie de ta famille mais là encore, j’ai dû abandonner mes rêves… »

Elle posa sa main sur le ventre de l’étrange animal avant d’y poser délicatement son visage. Avant qu’elle ne puisse continuer de parler, sa « création » la prit par le col de son chemisier, la déposa délicatement sur son dos et déploya deux immenses ailes avant de s’envoler. Edgar cria alors :

« Docteur et pour votre cabinet ?
– L’assurance paiera, lui répliqua-t-elle.
– Ça d’accord mais pour les tournages de mon client ?
– Il les reprendra une fois la thérapie finie ! »
Tandis qu’elle s’éloignait de plus en plus de l’endroit où elle se tenait il y a peu, se dirigeant vers une destination seule connue de Xorlux, et que le vent faisait voler ses cheveux, Bedelia se disait qu’il était grand temps d’arrêter de regretter et de commencer à vivre.

Mickaël


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8 ASTUCES POUR CRÉER UN BON HOAX

– Ça enregistre là ? Ah ouais ! Salut les gens, ici Dylan, j’espère que vous allez bien ! Vous vous souvenez de moi ? Je vous avais déjà fait une vidéo sur les 7 erreurs à ne pas faire pour avoir une bonne théorie du complot (normalement le lien vers la vidéo apparaît sur votre écran), et vous avez été nombreux à m’en demander une autre ! C’est pourquoi aujourd’hui je vous propose:

8 ASTUCES POUR CRÉER UN BON HOAX

Bon pour les trois du fond qui suivent pas, un hoax, c’est une fausse info, une intox, ou une légende urbaine. J’pense que vous avez tous un pote qui aime inonder votre Time Line d’articles bidons ou d’appels aux likes pour sauver le petit Jérémy 10 ans qui a contracté une leucémie après son cancer du foie et qui a besoin de vos likes pour être sauvé (ben voyons). Vous aussi vous voulez faire parti de ceux qui profitent de la crédulité des gens par amour du profit ou juste pour la blague ? Eh bien :

Astuce numéro 1 : USEZ des réseaux sociaux

C’est LA règle d’or pour qu’un hoax se diffuse massivement et atteigne la France, la Belgique, le Surinam et le Brésil en trois clics ! Que ce soit pour des photos, des articles sur un site bidon que vous aurez créé ou un statut écrit en majuscules, le bouton PARTAGER ou RETWITTER est un pain béni pour tout bon créateur de hoax qui se respecte !

 

Astuce numéro 2 : Les images valent mieux que mille mots

Créez de jolis montages photos pour appuyer votre fausse info ! Faites quelque chose de percutant, d’insolite, les gens ne seront que plus apostrophés par votre image ! Vous êtes nuls en Photoshop ? Mais paaaas de souciiiis Google Images est là pour vous ! Internet regorge de sites de montages photos ou d’images étranges qui ne demandent qu’une histoire tout aussi insolite concoctée par vos petits soins ! N’hésitez pas à parler d’alien, d’OVNI, de mutation, de fantômes, d’inexplicable même si vous n’y connaissez rien, tout est permis ! Soyez créatifs !

 

Astuce numéro 3 : Modifiez (un peu) la réalité

Vous avez trop la flemme pour inventer toute une histoire ? Surfez sur les sites de faits divers ! Ils ont matière à devenir de parfaits hoax après quelques petites modifications ! Par exemple vous trouvez l’article: Un nageur australien a été légèrement blessé par un requin d’un mètre de long. Modifiez deux ou trois éléments et vous obtenez « Un nageur a été attaqué par un grand requin blanc au large des côtes bretonnes ». Rajoutez une image du requin des Dents de la mer pour la forme et le tour est joué !

 

Astuce numéro 4 : Jouez sur les émotions

Aaaaah le grand classique celui-là. Oui appelez à la pitié, à la peur, à la bonté des gens. Faites des hoax alarmants qui pousseront vos amis à se méfier des fourmis noires, du papier cadeau ou bien de crèmes caramel car vous… je sais pas, vous avez eu une pauvre poussée d’urticaire et faites passer ça pour une allergie potentiellement mortelle, vous verrez : la peur prendra bien souvent le pas sur la raison et une vague de panique déferlera en commentaires !

 

Astuce numéro 5 : Faites des titres mensongers pour les articles

Vous pourrez écrire N’IMPORTE QUOI dans l’article en question, des « bluhblahgneugneugneu » et autres charabias, beaucoup de gens s’arrêteront sur le titre affiché sur les réseaux sociaux pensant qu’il s’agit du parfait reflet du contenu ! Alors soignez vos titres, à vous les « Le BROCOLI serait CANCÉRIGÈNE » et admirez le nombre de légumophobes qui partageront votre article sans même le lire !

 

Astuce numéro 6 : Faites des jolies mises en page

Quand c’est joli et bien présenté, les gens prennent ça plus au sérieux que si c’est tout moche.
Nan mais riez pas, je vous assure c’est vrai ! Faites des trivias façon Le Saviez-Vous, vous verrez ça marche.

 

Astuce numéro 7 : Usez d’un jargon scientifique

Parcourez des sites scientifiques ou des articles et, de temps à autre, piochez un petit mot compliqué en rapport avec le thème de votre hoax. Vous pourrez le caser dans votre texte et lui donner un air tout de suite plus sérieux, plus authentique ! Un adverbe compliqué, un adjectif ou une tournure de phrase qui reflète le savoir et l’érudition, ça impose la confiance chez le lecteur!

 

Astuce numéro 8 : Les sources

PAS de sources. Ou alors un obscur site en néerlandais, ou encore la reprise de la reprise de la reprise d’un article qui aura déformé l’info principale. Mais JAMAIS vous ne postez vos sources ! Pour vous dédouaner, vous pouvez vous défendre en disant que vous tenez l’information de la voisine de la tante de votre concierge qui tient elle-même ça de son neveu qui est un éminent scientifique/journaliste ou tout autre métier qui impose le respect par son autorité. Ou mieux, que vous tenez à ce que votre informateur reste dans le secret le plus absolu et que vous partagez l’info dans les meilleures intentions du monde. De toute façon, la plupart des gens, ils vérifient pas les infos qu’ils lisent.

 

Bon eh bien merci de m’avoir suivi j’espère que cet épisode vous aura plu, j’attends que vous veniez me poster en commentaires vos MEILLEURS HOAX et si possible le nombre de partages que vous avez obtenus et d’ici là portez-vous bien et je vous dis à la…. « 

– Dylan ! Hurla une voix derrière la porte. Qu’est ce que tu fais encore ?
– Maman ! Je tourne une vidéo là !
– Une vidéo ? Ça fait une éternité que tu en as plus faite. C’est quoi le thème cette fois-ci ?
– J’disais aux gens comment faire un bon hoax. Comme ça dans… allez deux semaines, Internet est pourri d’informations bidons jusqu’à la moelle, les gens détruiront d’eux-même la chose extraordinaire qu’est l’information, plus personne ne croira personne et on pourra plus facilement prendre le contrôle du monde car l’être humain deviendra aussi crédule qu’une pastèque.
– C’est un super plan ça, Dylan. Bon par contre on a réunion à l’église du Raptor Jésus à 17 h avec la communauté reptilienne, t’oublieras pas de prendre tes affaires et… attends, elle tourne encore ta caméra ?!
– Ah…MERDE !

JellyBell

Pourquoi est-ce qu’on meurt ?

« Non, je ne me souviens pas de grand-chose avant ma mort. Juste que je ne me suis jamais mariée. »

Alexandra tapotait sur son genou, le regard dans le vide, concentrée, concentrée sur les faibles images, floues, qui lui passaient dans l’esprit, mais elle avait beau tendre la main vers elles, elles lui échappaient toujours entre les doigts. Devant elle, un stylo rose à la main, la Mort prenait soigneusement des notes sur un calepin, chantonnant doucement.

« Vous vous souvenez d’avoir dormi ? demanda la Mort calmement, attirant de nouveau l’attention d’Alexandra sur elle.
– Dormir ? Oh, oui. Oui maintenant que vous le dites. C’était sympa, ça, dormir. La mort, c’est comme dormir pour toujours, pas vrai ? Juste dormir et ne pas se réveiller ?
– Eeeeh… »

La Mort dodelina la tête de droite à gauche et secoua un peu la main à plat, dans un symbole universel de « pas exactement ». Alexandra soupira et toucha ses cheveux, son visage, essayant tant bien que mal de se remémorer à quoi ressemblait-elle, avant de mourir. La Mort continuait de noter soigneusement on-ne-savait-quoi, son chant se faisant de plus en plus bruyant.

« Quel âge j’ai ?
– Um ?
– Quel âge j’avais ? insista Alexandra. Quand je suis morte. »

Avec un petit bruit d’hésitation de fond de gorge, la Mort revint dans ses notes, relevant chaque page de son calepin avec une grande délicatesse. Ses orbites creux suivaient les lignes – je ne sais pas comment non plus – et s’arrêtèrent enfin avec un petit son de satisfaction.

« Vingt-cinq ans. Plutôt jeune, voilà pourquoi vous n’étiez pas mariée… répondit La Mort de sa voix très calme, revenant à sa dernière page et se remettant à écrire inlassablement.
– Mais c’est complètement injuste, s’écria aussitôt Alexandra, se redressa, s’énerva, s’agita. J’avais toute ma vie devant moi – toute – j’aurais pu faire tellement de choses – »

La Mort soupira et hocha la tête. Elle rangea son calepin quelque part dans sa grande cape noire et fit un pas vers Alexandra, qui jouait avec ses mains, nerveusement, sautant d’un pied sur l’autre, le visage pâle par l’anxiété, la colère et le décès.
« On a toujours de nouvelles choses à faire. Votre mort était un accident pour vous, par pour moi, dit la Mort, sa voix comme un murmure dans le silence sourd autour d’elles. Ça arrive, de toute façon, un jour ou l’autre. J’en suis désolée. »

Alexandra se mordit l’intérieur de la joue, baissa les yeux, remarqua alors qu’elle avait de l’herbe sous les pieds. C’était la première chose tangible qu’elle voyait depuis sa mort. Même la silhouette devant elle semblait changer de forme dès qu’on prêtait un peu trop attention à elle. L’herbe était terriblement verte, c’en était presque aveuglant. Une minuscule pâquerette poussait entre ses deux pieds.

« Et mes proches ? demanda Alexandra, presque timidement, se penchant pour cueillir la fleur, la faire tourner entre son pouce et son index, observant ses pétales trop blancs.
– Oh, ils sont dévastés, bien sûr. Ils ne s’en remettront jamais. » Alexandra grimaça et lâcha la fleur. « Mais ils continueront de t’aimer. Ils vivront et seront heureux pour toi. »

La Mort tendit la main vers Alexandra qui la prit doucement. Elles commencèrent à marcher toutes les deux, l’herbe apparaissant sous les pas d’Alexandra, disparaissant aussitôt que sa semelle eut quitté le sol inexistant. Elle suivait la Mort là où elle l’emmenait.

« Dites, pourquoi est-ce qu’on meurt ? »
Alexandra sentit son cœur s’alléger, de plus en plus, de plus en plus, comme s’il n’était plus vraiment là…
« Pour pouvoir vivre. »

La Mort sembla sourire.

Cupcake Nie

Comment répondre à un SMS

« Coucou ma chérie, c’est tata Yvette ! Tout va bien pour la petite famille ? » Ca nous arrive à tous de devoir répondre à des SMS auxquels on a pas envie de répondre. Genre vraiment pas. Surtout quand le destinataire sait pertinemment que non, tout ne va pas bien pour la petite famille en question. Sérieusement, est-ce qu’elle aimerait que je lui rappelle que son chat a fait une attaque mardi dernier ? Non ! Alors qu’elle arrête de nous faire chier avec ça, surtout qu’on a plus important à gérer !

« Bon, tu lui réponds oui ou m*rde ? hurle Youssef, mon frère jumeau, en tentant de colmater une brèche.
– Oui bah ça va, deux minutes, j’aimerai t’y voir ! »
C’est vrai quoi, c’est pas si simple !
« Non mais c’est pas vrai ! Que celui qui lui a rendu son microphone se dénonce pour que je lui pète la gueule ! vocifère-t-il.
– C’est pas ma faute, crie Boris en essayant de se raccrocher aux barres métalliques de la machine, elle a dit que ce serait gentil de faire ça ! »

Oui, j’ai oublié de vous dire, on est en train de remonter le temps et vous, chers auditeurs, êtes en direct ! Enfin presque, mais vous m’avez comprise. C’est Mw, le pote alien de mon frère qui nous a invité à l’inauguration. C’est d’ailleurs pour ça que je suis passablement énervée qu’on me dérange dans ces moments-là : une machine temporelle en perdition c’est déjà assez compliqué à gérer, je vais pas en plus y rajouter une discussion plan-plan avec tata Yvette !

« Leïla si tu pouvais juste fermer ta gueule et écrire ce p*tain de SMS, ce serait parfait ! grommelle Vivi en pianotant à toute vitesse sur le clavier de la machine, Non mais elle se fout de ma gueule en plus ?! »
Arrêter de parler ? Et puis quoi encore ? Comment vous, chers auditeurs, pourriez-vous être au courant si je m’arrêtais de parler ? C’est impensable !
« Sérieusement, qui en a quelque chose à fo*tre d’une famille comme la notre ?
– Alors, excuse-moi, mais je trouve que notre famille est particulièrement apte à être étudié comme phénomène exceptionnel.
– C’est pas parce qu’on est en train de remonter le temps avec un alien et une potentielle demi-déesse qu’on est exceptionnel ! hurle Charlotte, en agrippant Paula, probable demi-déesse ancestrale et accessoirement petite amie de ma sœur. »

Avec tout ça, je n’ai toujours pas écrit ce texto. Je ne sais si vous avez remarqué, mais j’essaie d’adopter un langage plus soutenu, histoire de mieux me faire comprendre par notre tata. On ne peut pas en dire autant de certains ! Bref, je commence :

« Cher tata, ici tout se passe très bien. Il fait beau et nous sommes en train de faire une charmante sortie familiale !
– Mais ta g*eule avec ton truc, on est en train de crever m*rde !
– Ne vous inquiétez pas tout le monde, on va s’en sortir ! répond Mw.
– Y a intérêt, renchérit sa coéquipière, en tapotant sur son clavier à toute vitesse, On a promis à Papi qu’on était de retour pour le gouter !
– Pour la dernière fois Vivi, c’est une machine à remonter le temps, on peut arriver trois heures avant le gouter si ça te fait plaisir !
– Au train où la machine se décompose on ne va pas arriver du tout !
– Malgré quelques petits différents familiaux, l’ambiance est au beau fixe et notre routine n’est pas trop changeante ces derniers temps. Le petit train-train quotidien quoi ! »

Franchement, je m’en sors super bien !
« Leïla encore un mot et je te balance par la fenêtre de la machine, c’est compris ?
– Ah parce que maintenant on est plus libre dans ce pays ? Et la liberté d’expression dans tout ça ?
– Alors je ne veux pas faire ma chieuse mais techniquement on vient d’entrer dans le XIVème siècle alors la liberté d’expression c’est pas trop ça ! rappelle cette lâcheuse de Charlotte.
– Je peux la balancer du coup ?
– C’est pas très gentil…
– Tu vois ? Faut écouter Boris ! »

J’aime bien mon petit frère. Il est un peu gaffeur sur les bords, certes, mais qui ne l’est pas ? Et puis lui, au moins, il a le mérite de me rendre mon microphone quand je le lui demande, alors je lui pardonne ses quelques maladresses. Là il vient de s’asseoir sur le bouton rouge avec marqué « danger », mais ça doit pas être trop grave !
« Est-ce que je rêve ou il vient d’enclencher l’autodestruction du bidule ?
– Est-ce que je rêve ou t’as été assez c*n pour créer un bouton qui autodétruit ta machine ? hurle Youssef.
– Eh on se calme ! Je suis une race extraterrestre millénaire, je n’ai jamais dit que j’étais intelligent !
– Ouais bah je vois ça !
– Donc là en gros on va mourir ? panique Paula.
– Non, non, t’inquiète, j’ai prévu le bouton reset pour nous ramener au point de départ…
– Ah bah super fais ça !
– Pourquoi on ne l’a pas utilisé avant au juste ? soupire Charlotte.
– Si on brillait par notre intelligence, ma chère Charlotte, ça se saurait !
– Mais attendez on était sur le point d’aller dire bonjour aux Mayas !!! geint Mw.
– Oui bah ils ne vont pas bouger les Mayas, on retentera une autre fois !
– J’espère que tu nous rendras visite bientôt. Nous avons eu quelques récentes expériences de voyage mais nous n’avons malheureusement pas pu aller très loin. On va dire que ce sera pour une prochaine fois ! Gros bisous tata !
-Ta g*eule ! »

 

Alice

On a trouvé pire que Dark Souls…

« NOM DE DIEU DE B*RDEL À C*L DE BOÎTE À VITESSES !!! TU VAS FINIR PAR CREVER, OUI OU MERDE ?! »

Cela faisait plus d’une heure que les grossièretés en tout genre retentissaient entre les murs du château du Comte Von Blood. Ce dernier étant absent, son neveu Vlad (Mais si vous savez, TheGreatCountVlad) se lâchait allègrement sur le vocabulaire. Il le faisait tant et plus que même les habitants du plus proche patelin avaient certainement dû entendre ses vociférations portées par une douce brise printanière. Ce qui, je vous l’accorde, a de quoi surprendre quand, en fin de soirée, vous vous mettez à entendre un langage parfaitement ordurier arriver de nulle part.

Si les domestiques, cuisiniers et femmes de chambre n’osaient pas moufter (Après tout, il faisait partie de la famille du patron, ce qui, il fallait être clair, était un frein à toutes réprimandes), son cousin avait décidé qu’il était grand temps qu’il la mette en sourdine. On ne peut pas vraiment dire qu’Archibald Perceval Von Blood (AKA PetitVampyrDu666) soit quelqu’un qui s’emporte facilement. Au contraire, malgré son caractère parfois immature et une tendance à ne pas vouloir travailler ou assumer ses devoirs de comte-héritier, il reste quelqu’un de profondément calme, gentil et respectueux qui déteste les conflits. Toujours est-il qu’au bout d’un certain temps, il commençait à en avoir sérieusement marre d’entendre gueuler son cousin et finit par se diriger, furieux, vers la chambre de ce dernier.

À peine en avait-il franchi le seuil qu’une manette frôla son oreille. Il ne lui en fallut pas plus pour s’emporter :

« Non mais t’es complètement malade ! s’exclama-t-il.
– Oh ça va ! À ce que je sache, tu te l’es pas mangé dans la tronche ! lui répondit Vlad.
– Encore heureux ! Sinon, c’est la console complète qui apprenait à voler et par la fenêtre !
– Mais bien sûr ! Et avec quelle armée t’allais faire ça ?! Celle que tu planques dans ton sac à dos Rondoudou ?!
– Écoute-moi bien tête de slip, tu vas calmer ta joie dans la seconde ou tu vas prendre mon pied dans les noix ! »

La dispute fut alors interrompue par un serviteur qui, passant par le couloir où elle se trouvait, décida de rapporter la manette qui, la minute d’avant, avait fait son baptême de l’air. Il en profita pour demander de la manière la plus prudente et la plus posée qui soit si les deux jeunes gens pouvaient régler leur conflit plus calmement. Le baron n’allait pas tarder à rentrer et s’il les surprenait en train de se chamailler, il allait leur passer un sacré savon. Les deux cousins acquiescèrent et reprirent leur sang froid. Une fois qu’il fut reparti, Archibald relança la conversation :

« Bon, c’est quoi le problème ?
– C’est ce boss, là ! J’arrive à rien face à lui ! dit Vlad en désignant le poste de télé derrière lui.
– Nan mais t’es sérieux ?! Moi, je vais te plier ça en deux temps trois mouvements.
– À ta place, je serais pas si confiant…
– Et pourquoi ?
– Tout simplement parce qu’il paye pas de mine mais il est super exigeant… Comme quoi la dernière page du manuel de l’utilisateur mentait pas…
– Et qu’est-ce qu’elle disait ?
– Life’s a bitch and you can’t win*…
– Ah ouais quand même… Peu importe ! Tu vas voir que je vais tout défoncer ! »

Au bout de pas moins d’une vingtaine d’essais, Archibald finit par abandonner alors même qu’il avait la solution sous les yeux. Il faut dire qu’au bout du dixième game over, il s’était dit qu’un petit coup de main ne pouvait pas faire de mal. Vlad lui demanda alors :

« Tu vois ? Je te l’avais bien dit, non ?
– Non mais c’est pas possible ! Les mecs qui ont développé ce truc sont complètement cinglés ! C’est ultra-dur. Sans déconner, c’est au poil de fion et faut avoir des réflexes de jedi ! Et puis, je pige que dalle au pattern de cet enfoiré ! Sans oublier le fait que les armes se pètent comme du verre et que le personnage est un gros fragile.
– Mouais… Même le dernier Zelda était pas aussi chaud que ça…
– Tu m’étonnes !
– Après, je dois t’avouer que quand j’ai vu la jaquette et que j’ai lu l’histoire, je me suis dit que ça allait être easy-peasy. Je m’attendais vraiment pas à me faire botter le cul comme ça…
– En même temps, quelle idée à la con de s’inspirer des Dark Souls pour faire un jeu qui s’appelle « Super-Cupcake contre les licornes de l’espace » ! »

 

* La vie est une garce et tu ne peux pas gagner.

 

Mickaël 

Quand tu n’as pas la dernière console

Cette histoire est inspirée de faits réels.

Jour 7 :

Je n’ai toujours pas pu y toucher. La console est sortie il y a plus d’une semaine, et mon porte-monnaie ne s’est toujours pas remis de ma dernière grosse dépense. Pas d’argent, pas de console. En soi, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Je n’aurais pas dû me payer cet abonnement à la salle de sport, je n’y suis allé que deux fois en quatre mois… Mais je sais que d’ici quelques semaines, ça devrait aller, peut-être que ce journal que je tiens ne durera pas longtemps !

Jour 12 :

Ca fait quatre jours déjà … L’attente se fait de plus en plus difficile. Pour Max aussi, je le sens bien. Ce matin, en arrivant au lycée, il avait l’air encore plus fatigué que la veille. Il voulait s’ « adonner à d’autres passe-temps, histoire de se changer les idées », à ce qu’il m’a dit. Il aurait passé la nuit à peindre, écrire, jouer de la trompette et faire des recherches sur les migrations des oiseaux. Il m’a conseillé d’en faire de même. Je pense qu’il en souffre encore plus que moi. Vivement que l’un de nous l’achète, on pourra se refaire nos petites soirées tranquilles …

Jour 26 :

C’est officiel, après avoir écouté les conseils de mon meilleur ami, je me suis trouvé une nouvelle passion ! Tous les soirs, avant de rentrer chez moi, je m’arrête dans la petite forêt près de la gare, et je dessine. Ca fait une semaine que je m’y suis mis, et je sens déjà des progrès incroyables dans mon trait ! Finalement, je tiens plutôt bien le coup ! Et puis, mon anniversaire n’est plus que dans une semaine, je pourrai enfin me procurer le Saint Graal !

Jour 33 :

35 euros … Juste 35 euros … C’est tout ce que j’ai eu … Mes oncles se sont cotisés pour m’offrir un nouveau bureau pour que je puisse « mieux travailler et arrêter de penser à toutes ces bêtises », mon frère m’a simplement dit qu’il me « pardonnait d’être né », et que je devais m’en estimer reconnaissant. Et mes parents, comment dire … Comment je pourrais retranscrire « on voulait t’offrir ta console, mais au moment de passer à la caisse, on a trouvé ce super livre sur l’histoire de la dynastie Ming, c’est plus important pour ton avenir » de manière à ce que ça sonne moins minable ?

Jour 44 :

Je m’inquiète de plus en plus… Bien que les affiches publicitaires aient, pour la plupart, été retirées de la ville, je vois de plus en plus de gens en parler sur les réseaux sociaux. Et c’est sans parler de Max. Ca fait cinq jours que je n’ai plus de nouvelles, il ne vient plus en cours et sa mère me dit qu’il passe ses journées enfermé dans sa chambre. Même moi, je trouve que c’est un peu extrême comme réaction, ce n’est qu’une console de jeux, mais bon, c’est vrai qu’il était tellement enthousiaste quand elle a été annoncée…

Jour 52 :

Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie. N’ai-je donc tant vécu que pour la trahison d’un ami ? Il l’avait depuis le début, le bougre ! Il y joue depuis presque deux mois, sans rien laisser transparaître, et moi, je suis là, à dessiner des champignons et des fourmis… C’est fini, demain, je demande une avance d’argent de poche sur les huit prochains mois, et je me l’achète !

Jour 53 :

Je l’ai enfin ! Elle est là, dans ma chambre, je n’ai plus qu’à la brancher et je pourrai enfin savourer cette toute nouvelle (plus tellement nouvelle, mais bon) merveille ! Je pense que ce journal ne me servira plus à rien, à présent.
Journal de frustration, le 28 mai 2017 : FIN

Jour 54 :

Ils ont annoncé une nouvelle console, elle a l’air tellement parfaite…
Journal de frustration, le 28 mai 2017 : tome 2

Nouillechan

Les auteurs, combattants de l’ombre

Seul face à l’adversité, je me préparais au combat. Mon ennemi était là, juste sous mes yeux, à me toiser en distance. J’entends encore ses mots résonner dans ma tête. « Abandonne tout de suite ! Tune me vaincras pas et tu le sais ! Tu ne peux même pas m’atteindre, pourquoi perdre ton temps ? Va donc t’occuper à des choses plus constructives, tu ne seras jamais un combattant ! »

Mais après être allé si loin, il était hors de question d’avoir peur ou de reculer. Il me fallait saisir mon arme, me relever, et avancer. La défaite ne devait plus effleurer mon esprit, qui allait devoir trouver le calme d’un bonze au bord d’un lac.

Les lames s’envolèrent, légères et graciles, telles des plumes soufflées par le vent, et pourtant parfaitement contrôlées. Mon adversaire semblait anticiper chacun de mes mouvements, ne se privant jamais d’un sarcasme placé au détour d’un échange de coups.
— Ne t’avais-je pas dit que tu ne m’atteindrais pas ? Pourquoi insister ? Ne sais-tu donc pas que persister en espérant un autre résultat est la marque de la folie ?
— Je t’ai déjà vaincu par le passé, ce ne sera pas différent cette fois. Il me faudra peut-être du temps, mais j’y parviendrai !

Comme pour ponctuer mes propos, la providence voulut que la garde de mon ennemi se brise sous mes assauts, mais sans que cela suffise. Ses réflexes fulgurants reprirent rapidement l’avantage, m’envoyant plusieurs mètre en arrière. Il fit alors apparaître un sourire narquois sur son visage.
— C’est donc là tout ce que tu as ? Ne comprends-tu donc pas que tu n’es pas fait pour ça ?
— C’est ce que tu crois…

Ma mine lancée avec un parfait timing lors des derniers coups échangés explosa à quelques mètres des pieds de mon adversaire. Je profitai de son état de confusion pour foncer et frapper de façon rapide et puissante, jusqu’à ce qu’il tombe enfin…

C’est ainsi que la page blanche fut finalement vaincue, après bien du temps et des efforts…

Finalement, ça se remplit vite, une page blanche, quand on parle des difficultés qu’on a à la remplir. Pardon ? De la triche ? Écrire pour dire qu’on ne sait pas quoi écrire ? Comme dirait Obi-Wan Kenobi, c’est peut-être vrai, d’un certain point de vue. Mais on ne va pas pinailler là-dessus, si ?

 

Anthony

Les shojos selon Tata Adélaïde

Mes petits amours, bienvenue dans cette nouvelle rubrique spécialement approuvée par votre hôte, c’est à dire moi, et imposée aux Vox Plumes. En même temps, ils ont pas trop leur mot à dire. Aujourd’hui, on va causer shojo (Je vois même pas pourquoi je le précise, d’ailleurs. Non parce que, logiquement, vous avez lu le titre et, à moins d’avoir l’intelligence ou la mémoire d’une crevette, vous savez déjà de quoi je vais vous parler.). Je vous le dis tout net, c’est la chieuse qui me sert de nièce qui m’a demandé de faire ce papier. Après, c’est pas que je suis pas du genre fleur bleue mais, pour le coup, je préfère quand ça sent la sueur et le sang plutôt que le patchouli, le thé à la rose et le pet de licorne. M’enfin bon, quand je m’engage, je m’y tiens… Pourquoi j’ai accepté cette connerie ? J’aurais tout aussi bien fait de me péter une patte…

Alors, si je pige bien le concept du machin, c’est de manga (C’est ma nièce qui m’a dit comment que ça s’appelait) pour gonzesses que je dois déblatérer. Pour commencer, et juste comme ça, quelqu’un peut-il me donner le nom de l’enfant de guignol qui s’est dit que ce serait une bonne idée de catégoriser des BDs, ou je sais pas quoi, en mode bibliothèque rose pour les louloutes et bibliothèque verte pour les morveux ? Non parce qu’on va pas se mentir, des petits gars qui te lisent des romans à l’eau de rose et des nénettes qui partent à la guerre contre les gros vilains avec leur armée d’Action Men, y en a toujours eu, y en aura toujours et je peux vous dire qu’ils se contrefichent de savoir si ce qu’ils lisent, c’est pour garçons ou filles ! Alors, votre catégorisation, je me torche avec !

On me signale à l’oreillette (Oui parce que vu que je ne préfère pas trop raconter de conneries, j’ai donc la nièce de l’autre côté du bigophone pour me prévenir quand je balance une ânerie) que les choses sont un peu plus compliquées que ça. Enfin, disons plutôt, qu’on me beugle dans les esgourdes. Tudieu Jane, j’ai pas les portugaises ensablées donc tu te calmes dans la seconde ou c’est moi qui vais te calmer à grand coup de Larousse dans le dentier histoire que tu comprennes mieux les grossièretés que t’emploies !

Tu disais, donc ? Huuumm… Si je pige bien, tes trucs là ne se résument pas qu’à des histoires de jeunes pucelles aux grands yeux mouillés qui cherchent l’amour de leurs vies ? Y a quoi d’autre, alors ? Je veux bien te croire mais me pondre qu’y a aussi du drame, du fantastique et je ne sais quoi, ça m’en dit pas plus. T’as des exemples à me donner ? Vampire Knight ? C’est quoi encore ce machin ? Alors, je t’arrête de suite ma cocotte, une histoire de gonzesse avec des vampires, ça s’appelle Twilight et je m’en servirai même pas comme papier c*l, même si c’était la seule et unique chose que j’avais sous la main, par peur de m’écorcher avec ! Comment ça je suis d’une vulgarité sans nom ? Oh ça va ! Tu vas pas commencer à me casser les valseuses avec tes histoires de bon goût. Je suis pas là pour leur apprendre les bonnes manières.

T’as quoi d’autre en stock ? Card Captor Sakura ? Magical Girl ? La vache ! Tu peux pas choisir des noms français pour changer ! Bon, vas-y raconte ce que c’est ton machin. Okay… Donc si je pige bien, c’est l’histoire d’une pisseuse qui devient joueuse de cartes professionnelle. Bah mon cochon ! Les parents sont de bons gros irresponsables ! Une fois, j’ai essayé de caser un morveux de 17 balais dans mon équipe de canasta, on s’est fait jarter du tournoi en moins de temps qu’il en faut pour dire « Emi Magique » ! Je peux te dire que je m’en suis mordu les doigts. Mais non, je ne m’égare pas ! J’évoque, c’est tout !

Bon, t’as rien d’autre à proposer ? Y a en qui causent de sport ? Ah bah là, ça me convient parfaitement ! Alors… Jeanne et Serge ? Ben, c’est pas un machin japonais, ça ! Ah ben non ! Jeanne et Serge, y a pas plus franchouillard comme noms. Ça sent le pâté, la bouse de vache et la campagne profonde ce titre !

Bon, tu sais quoi ? Ça me gonfle cette affaire. Je me casse ! Mes conseils de lecture ? Non parce qu’ils s’attendaient à ce que je leur en donne ? Sérieux ! Mais j’en ai jamais lu un seul de ces machins et c’est pas demain la veille que ça arrivera. Ça va, j’ai compris ! Bon ben, je sais pas moi… Lisez Martine, ça doit être à peu près la même chose que votre b*rdel. En attendant, moi, je m’en vais débusquer le sanglier en forêt de Sarthe. Comment ça, ça se fait pas de chasser les membres de sa propre famille ?! Oh P*tain !

*Pour le bien de tous, cette émission ne sera pas reconduite. Merci de votre compréhension.*

 

Mickaël

Comment survivre à une invasion extraterrestre

On s’est souvent dit que ça devait être galère de faire partie de la famille d’une personne qui vit des aventures de malade. C’est vrai quoi, on pense pas assez à la vie de tous les jours de la famille de James Bond, à celle des super-héros, d’un hacker de génie ou encore du meilleur pote qui accompagne l’héritière du trône d’une cité antique. Maintenant, imaginez un peu ce que ce serait s’ils vivaient tous ensemble. Imaginez, deux secondes, Kick Ass, l’héritière du trône d’une cité antique, un savant fou alien, une hackeuse de génie, un mec qui se fait enlever par les aliens et charlie chaplin dans la même maison. Vous avez un résumé de ma famille. Ou plutôt, de mes frères et sœurs et de leur potes qui squattent chez nous. Et au milieu de tout ça, il y a mon grand-père, flic à la retraite et poète de son état, qui essaie tant bien que mal d’élever la bande de bras cassés qui lui sert de petits-enfants tandis que ces derniers lui cachent de moins en moins bien leur secret (très très drôle à regarder d’ailleurs).

Avec tout ça, vous allez me dire, comment ça se fait que la maison n’ait pas déjà explosé. Je vous répondrais encore une fois que j’aimerais bien vous répondre mais qu’il faudrait arrêter de m’interrompre b*rdel de m*rde et …
« Mais p*tain Leïla, Qu’est-ce que tu fous ?! s’écrie Youssef, mon frère jumeau, en m’arrachant mon dictaphone des mains.
– J’explique la situation aux gens qui nous regardent !
– Maintenant ?! »
Ouais bon, je l’avoue, c’est peut-être pas le meilleur moment, mais je crois à la magie de l’instant présent et du direct voyez-vous. Aussi, quand la soucoupe volante des ennemis ultimes de Mw (prononcez Mew), le pote alien de Youssef, est apparue sur notre toit, j’ai évidemment décidé de sortir mon dictaphone et…

« Mais lâche ce p*tain de truc m*rde, on va se faire tuer je te signale !
– Oui bon c’est bon, Mw peut pas régler ça ?
– Il essaie figure toi mais va falloir faire vite, y a papi qui dort dans le salon, faut pas le réveiller.
– C’est bon il est complètement sourd, le problème ça va être les petites.
– Vivi s’en occupe ! »

Vivi, c’est notre petite sœur, une hackeuse de renom et mère poule dans son temps libre. Les petites, c’est les dernières arrivées de notre tribu, encore trop jeune pour avoir fait des conneries, mais ça va venir, vous inquiétez pas. Si on les appelle les petites c’est parce que leurs vrais noms c’est Zéphyrine, Pétronille et Elfride, donc c’est vachement plus simple et…
« C’est bon, t’as pas besoin de rappeler toute l’histoire familiale maintenant p*tain, viens plutôt m’aider à barricader la cheminée !
– C’est bon j’arrive !
– Les gars, c’est une catastrophe ! Hurle Charlotte, ma seconde petite sœur qui me cache depuis des mois qu’elle enfile un costume de super-héros pour aller protéger la ville et ses habitants du haut de son mètre 55, et qui vient d’entrer dans la pièce avec Paula, sa copine du moment et accessoirement héritière d’une cité antique.
– Euh, elle raconte quoi là ? demande cette dernière.
– Rien, laisse tomber elle est taré, elle est persuadée que y a des gens qui l’écoute et qu’elle parle pas dans le vide quand elle fait ça.
– Je parle pas dans le vide, je parle à mon dictaphone ! »

C’est vrai quoi…
« De toute manière on pourra plus parler longtemps s’ils réussissent à entrer… Est-ce que quelqu’un pourra me dire ce qu’il y a de si catastrophique bordel ? s’énerve mon frère.
– Ils ont toqué à la porte, Boris a trouvé ça poli et il a ouvert. »
Silence de mort dans la pièce.
« Ta gueule ! Font-ils tous d’une même voix. »
Boris, c’est mon plus petit frère, mais surnommez-le Lagaffe. Je crois pas avoir besoin de vous expliquer pourquoi. En attendant il vient d’entrer en trombe dans la pièce suivi de Mw, le pote alien de Youssef, et de Vivi, un bébé dans chaque bras (Mw a le troisième).

« P*tain mais elle parle encore elle ?! grommelle Mw. »
Va vraiment falloir qu’il m’explique leur problème avec mon dictaphone.
« Et papi il est où ? s’écrit Charlotte.
– Pas eu le temps de le prendre au passage !
– Bon pas grave, tranche Youssef, Aidez-nous à barricader.
– Mais b*rdel on va pas laisser Papi se faire bouffer par des aliens ! s’étrangle Charlotte.
– Pour ta gouverne Cha, rappelle Mw, les Oots sont un peuple végétarien.
– J’en ai rien à f*utre je veux pas qu’ils fassent de mal à mon grand-père, ça va être beaucoup trop compliqué de lui expliquer ! Donc ils vont remonter dans leur vaisseau et fissa ! »

Sur ce, elle ouvre la porte et se rue dans le couloir. Paula la suit (évidemment). Youssef soupire, comprend qu’il n’a pas le choix et fonce derrière elles, suivit de Mw et de moi-même. Vivi rattrape de justesse Boris et lui colle un bébé dans chaque bras pour le forcer à rester tranquille.
Quand j’arrive, c’est le carnage. Cha, faut pas la faire chier ! Youssef et Mw non plus d’ailleurs. Les Oots sont donc en train de repartir. Vous allez me dire, j’ai l’air calme. En même temps, ça arrive pratiquement tous les jours en ce moment, à se demander comment papi fait pour pas s’en rendre compte ! Moi, du coup, je consigne tout, je sais bien qu’il y a des gens qui m’entendent et…

« Et je confisque ce dictaphone jusqu’à nouvel ordre… hurle Youssef avant de le prendre de mes mains et de couper l’enregistreme… »

Alice

Des aléas de la gestion administrative

— Numéro 423 à l’accueil, merci !
— Bon sang, c’est pas trop tôt ! Je vois que c’est toujours aussi efficace, les administrations, marmonna lord Angus McGarren… Bref ! J’aimerais beaucoup voir un responsable marketing, je crois qu’il y a des choses à dire sur le contrat concernant le vieux château de ma famille.
— Bien sûr, monsieur, laissez-moi juste vous trouver l’agent qui s’est occupé de vous avec votre contrat. Bien, alors, c’est Aldo Larnaco. Bureau 215, 21e étage. Prenez l’escalier.
— Comment ça, l’escalier ??
— Les ascenseurs sont tous en panne. Avez-vous oublié où vous êtes ?
— En plus de votre efficacité légendaire, vous avez conservé votre propension à bien nous faire tourner en bourrique ici. C’est admirable, cette volonté de ne pas casser la routine, quelque part.

Après bien des récriminations et maugréations et assez de sport pour toute une éternité, le vieux lord parvint enfin à l’étage et au bureau que lui avait désignés l’agent d’accueil. Il frappa à la porte et attendit que Larnaco lui dise d’entrer, alors qu’il était toujours au téléphone. L’homme était aussi enjoué et dynamique que la dernière fois, ponctuant la conversation de plusieurs punchlines avant de raccrocher.
— Et allez, encore un qui va rappeler demain en me suppliant de le laisser signer, héhé. Alors, Lord McGarren, que puis-je pour vous ?
— Un petit souci de contrat, monsieur Larnaco. Je crains que la prestation assignée au vieux manoir de ma famille ne soit pas tout à fait ce que j’ai demandé…
— Vraiment ? Vous me voyez navré d’apprendre ça. Il me semble pourtant bien que vous aviez demandé de l’animation et que le manoir n’en manque pas, désormais.
— Ah non, ça, c’est sûr. Mais c’est peut-être un peu trop. Je veux dire, personne ne reste plus de cinq ou dix minutes dans le bâtiment avant de disparaître. Et si j’arrive pour les accueillir, c’est encore pire, ils fuient en hurlant !

— Ah oui, ça peut être problématique. Malheureusement, c’est la formule standard pour un manoir de cet âge et de cette taille, voyez-vous. Il y a bien des choses à faire à l’intérieur, mais rares sont ceux qui osent s’y aventurer. Dites-vous que cela rajoute du suspense et du sel au tout.
— Mouais… J’aimerais surtout pouvoir interagir avec les gens et leur parler…
— Bien sûr, mais vous n’avez pas besoin de vous montrer pour cela, vous pouvez juste leur parler via un interphone, par exemple.
— Et ce ne sera pas pire ?
— Peut-être. Mais si on vient dans un manoir écossais du XVe siècle, ce n’est pas pour son architecture, c’est pour ses fantômes. Il faut vous y faire, lord McGarren, la malédiction, c’est la marque de fabrique de votre pays.
— Oui, bon, d’accord… Mais quand même, j’aime le contact humain, je n’avais pas envie d’être maudit après ma mort, moi. Je veux juste me reposer et discuter un peu.
— Il fallait lire les petits caractères. Sinon, si vous préférez, on peut en faire un parc d’attractions.
— …Hum, une extension de malédiction, c’est possible ?

 

Anthony