Quand la liberté détruit le monde

 

— Bon, alors, il s’est passé quoi, cette fois ?
— Bah, d’abord, y a eu un vieux qui…
— Bordel, mais c’est pas possible ! Ça démarre TOUJOURS avec un vieux, avec vous ! Vous comptez me faire l’inventaire de la section gériatrie de tous les hôpitaux du monde, ou quoi ? Je vous préviens, le reste a intérêt à être vraiment intéressant, hein !
— Oui, bah, si vous me laissiez parler, ça pourrait peut-être le devenir ! Donc, j’ai croisé un vieux qui m’a balancé une espèce d’énigme bizarre…
— Non mais, vous vous foutez de moi, là, en fait… Le vieux, l’énigme bizarre, et on va encore avoir droit au coup de l’artefact antique que personne ne connaît et que vous n’avez évidemment pas récupéré pour la suite, c’est ça ?
— Comment vous avez deviné ?

— …Oui, bon, bref, continuez. Putain, ça va encore être long, cette histoire.
— Donc, le vieux m’a balancé son énigme, puis il m’a emmené vers un bosquet sombre en disant que c’était la clé de tout ça. Et là, qu’est-ce que je trouve ? Une épée. Comme ça, toute seule, qu’il me dit de prendre. Alors, moi, qu’est-ce que je fais ?
— C’est effectivement la question qui est sur toutes les lèvres.
— Bah, je suis pas fou, je la prends pas. Hé, je suis pas con, quand même, les pièges, je les vois de loin. Je fais demi-tour, et là, il me beugle un truc au sujet de ma destinée, ou je ne sais quelle connerie… Moi, forcément, je lui réponds « J’ai pas envie de crever comme une merde, ducon, va te faire foutre ! ».
— Et donc, cette épée, elle est devenue quoi, exactement ?
— Je voulais pas qu’il essaie d’embrigader d’autres types dans sa connerie, alors, j’ai agi en conséquence : j’ai tout cramé, histoire de bien raser le bordel et faire fondre ce truc. Histoire que tout le monde soit enfin tranquille, quoi. Oh, et j’ai aussi fumé le vieux au passage, que ça soit bien fini.
— Nom de Dieu, retenez-moi ou je vous étrangle. Je plaisante pas.

— Quoi ? Fallait pas ? Désolé, hein, c’était juste un peu trop suspect pour moi. Au moins, maintenant, on a la paix.
— La paix ? La PAIX ? Mais bordel d’enfoiré de bougre d’abruti pas fini à la pisse d’Orc bourré, vous vous rendez compte de ce que vous avez foutu ?
— J’ai débarrassé le monde d’un piège mortel qui a coûté la vie à pas mal d’aventuriers. J’ai bon ?
— D’après ce que j’ai entendu via divers échos de l’affaire un peu partout… VOUS AVEZ FONDU L’ÉPÉE ENCHANTÉE OFFERTE À L’ÉLU POUR DÉTRUIRE L’ANCIEN DÉMON QUI REVIENT TOUS LES 1000 ANS !!! Mais qu’est-ce que vous avez dans le crâne, bordel ? On est tous morts, maintenant !
— Ouais, oh, c’est pas ma faute, hein. Fallait arrêter d’écrire le RPG japonais à coup de clichés avant de l’ouvrir à la liberté de choix et d’action à l’occidentale, hein…

 

Anthony


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Test : Êtes-vous prêts pour 2017 ?

Oyez oyez, citoyens, rejoignez-moi autour de ce tambourin. Soyons honnêtes, sur Internet, c’est pas la fête, pour 2017. Voilà pourquoi, mentalement parlant, votre taux d’espoir n’est peut-être pas très grand. Mais rassurez-vous, grâce à ce texte, vous vous préparerez, par un simple test.

Question numéro un, êtes-vous républicain ? Je ne jugerai pas (c’est une fausse promesse), bien que ce soit pas mon cas (vous pouvez être en liesse). Cependant, il faut bien voir les choses en face, la popularité de la Gauche est assez basse, et à moins d’un miracle pour Mélenchon, j’ai bien peur qu’on ait à supporter Fillon. Si c’est le cas, et j’espère pas, la France sera dans un tel état, qu’on n’y survivra peut-être pas.

Question numéro deux, aimez-vous la beuh ? C’est toujours illégal, dans le code pénal, mais vu où vont les choses, vous aurez peut-être besoin d’une dose. Bien que je préfère que vous manifestiez, plutôt que vous vous mettiez à fumer. Peu importe votre choix, la police vous tabassera.

Question numéro trois, avez-vous la foi ? Si oui, j’espère pour vous qu’elle est chrétienne, sinon vous serez traités comme une chienne. Les juifs, Trump les aime pas, les athées, Fillon les aime pas, les bouddhistes, personne ne sait qu’ils existent, et les musulmans… Prions pour qu’ils puissent vivre longtemps. Quant aux autres religions, tout le monde s’en fout de toute façon.

Question numéro quatre, êtes-vous né en France ? Vous pourriez penser qu’on en a rien à battre, mais c’est ici que tout commence. Si vous avez le malheur d’être migrant, ou que ce soit le cas de votre maman, le gouvernement oubliera que vous êtes humain pour à la place vous renvoyer par des trains. Ou des bateaux, enfin vous avez saisi le topo. Pas facile de faire des rimes, alors que ce monde ne rime à rien.

Question numéro cinq, aimez-vous les ornithorynques ? Oui bah écoutez, j’avais rien pour rimer, en même temps ce texte, c’était pas une bonne idée. Trêve de digressions, voilà la vraie question : Êtes-vous un homme cisgenre, blanc, hétéro, en situation stable, avec un boulot ? Félicitations, vous, vous êtes prêts, nous on l’a dans le fion, vous vous en foutez (ou peut-être pas, je fais pas du cas-par-cas). Et si vous pensez qu’on est des benêts se plaignant pour des problèmes qu’on a inventés, je vous invite à lire les programmes de Trump, Poutine ou Fillon, puis de revenir à cette question.

Question numéro six, appréciez-vous faire de l’exercice ? Parce que vous pensez bien, avec toutes ces manifestations, toutes ces remises en question, la semaine de trente-neuf heures, la cotisation retraite perdue pour les chômeurs, une idée écrasante de la norme, va falloir rester en forme.

Question numéro sept, pensez-vous vraiment qu’on peut prédire 2017 ? Tout ce que j’ai expliqué, ce ne sont que les pires pensées. Mais pour empêcher tout ça, va falloir qu’on bosse ensemble les gars. On peut pas rester les bras croisés pendant que le monde est en train de s’écrouler. Alors restez heureux, faites tout pour, n’oubliez pas amitié et amour. Protégez-vous, prenez soin de vous, de vous et de ceux que vous aimez, tout le monde a besoin d’être câliné. Levez-vous, gueulez, manifestez, allez voter. Renseignez-vous, faites ça pour nous, agissez autant que possible, histoire qu’un meilleur avenir soit crédible. Nous aurons besoin de tous les créateurs, de toute la bonne humeur, de tous les hommes, de toutes les femmes, de tous les non-binaires, de tous les étranges et de tous les extraordinaires, de tous les français et tous les étrangers, pour que le privilège d’être heureux ne soit pas laissé au plus chanceux.

Nous méritons tous la joie, alors laissez entendre votre voix.

 

Cupcake Nie

Comment déclencher une SHITSTORM

 

Vladimir Kroloc aka TheGreatCountVlad, bloggueur professionnel (selon lui), et vidéaste amateur (Même si la piètre qualité de ses vidéos pousserait toute personne sensée à dire qu’à ce niveau de nullité, parler d’amateurisme reviendrait à insulter toute personne se disant amateure), prenait le thé avec son cousin, Archibald Perceval Von Blood aka PetitVampyrDu666, et son oncle, le comte Edmund Von Blood. Alors que ce dernier posait sa tasse sur la table qui lui faisait face, il s’adressa à son neveu :

« Dites-moi, Vladimir, avez-vous pensé à travailler votre pouvoir de persuasion comme je vous en avais fait la requête la semaine passée ? Archibald est déjà passé, avec plus ou moins de succès, aux exercices de métamorphoses et il ne faudrait pas que vous soyez à la traîne.
– À ce propos, père, vous ne croyez pas que j’ai assez d’expérience pour pouvoir me passer de ces sessions d’entraînement familiaux ? demanda PetitVampyrDu666.
– Tututut ! Jeune homme, ce n’est point à vous que je m’adressais mais à votre cousin donc je vous prierai de bien vouloir garder vos jérémiades pour vous.
– Veuillez m’excuser…
– Il est assez amusant de constater que, dans votre cas, une « requête » a plus souvent nature d’ordre que de demande, fit remarquer Vladimir.
– Ne jouez pas sur les mots, voulez-vous. Avez-vous, oui ou non, fait ce que je vous ai demandé ?
– Oui, oncle Edmund, je l’ai fait et je pense même avoir dépassé vos espérances.
– Et puis-je savoir en quoi les avez-vous surpassées ?
– En faisant preuve d’imagination et en employant la technologie !
– Vous m’intriguez, jeune homme. Montrez-moi cela. Archibald, vous devriez venir avec nous, cela pourrait s’avérer fort instructif.
– Si vous le dites, père, souffla PetitVampyrDu666. »

Tandis qu’Archibald trainait des pieds, Vladimir conduisit son oncle dans la chambre d’ami où on l’avait installé puis lui montra, sur son ordinateur, une série de vidéos où il expliquait par le menu pourquoi ses viewers devaient faire telle ou telle chose en usant et abusant allègrement de l’hypnose vampirique. Il expliqua, au passage, qu’il se servait également des réseaux sociaux pour lancer des shitstorms ou pour démolir la réputation des personnes qu’il n’appréciait pas. Fier de son travail, il dit :

« Regardez ça, lorsque je leur dis de basher tel film, ils le font ! Quand je leur dis d’insulter telle youtubeuse beauté, ils le font ! Vous pouvez donc constater que mon pouvoir de persuasion, sans conteste, est sans frontières !
– Pas encore ! lui répliqua le comte.
– Que voulez-vous dire ?
– Jeune homme, la seule chose que vous venez de me prouver est votre totale immaturité ! Votre emploi d’une telle puissance est dangereux. Je vous demanderai donc de fermer instamment votre chaîne YouMotion.
– YouTube, oncle Edmund.
– Peu m’importe !
– Mais mon oncle, je vous assure que…
– Ne discutez pas ! Et puisque vous avez agi sans réfléchir, je vous prive de vos pouvoirs persuasifs pour un bon mois.
– Je t’avais bien dit que ça passerait pas, pouffa Archibald.
– Parce que vous étiez au courant, jeune homme ? Eh bien, ce sera le même tarif pour vous !
– Mais c’est dégueulasse !
– Pardon ?!
– Non, rien. Je comprends, père…
– J’espère bien ! Maintenant, retournons au salon avant que le thé ne refroidisse. J’ai horreur de ça ! »

Trois jours plus tard :

Alors que TheGreatCountVlad était en train d’affronter son cousin à Mario Kart 8, le comte entra précipitamment dans sa chambre et s’exclama :

« Vladimir ! Auriez-vous la bonté de m’expliquer ce que signifie cet attroupement d’ados pré-pubères, munis de torches et de fourches, qui sont en train de beugler devant les portes du château en levant leurs majeurs vers le ciel ?!
– On appelle ça des doigts d’honneur, père, intervint Archibald.
– Que voulez-vous que ça me fasse que ce geste ait un nom ?! Tout ce que je veux savoir c’est qui sont ces morveux prêts à tout faire cramer !
– Ah, ça… Je crois bien que ça doit être mes abonnés. Il semblerait bien qu’ils n’aient pas apprécié le fait que vous me fassiez fermer ma chaîne, expliqua Vladimir.
– Et donc, le seul moyen qu’ils ont trouvé pour la faire rouvrir, c’est de tenter d’incendier notre maison !?
– Il semblerait bien que oui.
– Pour l’amour du comte Dracula, c’est tout bonnement hallucinant ! Écoutez-moi bien, vous allez me trouver fissa une solution pour les faire débarrasser le plancher ou je peux vous assurer que ça va chier !
– Mon oncle, veuillez surveiller votre langage, je vous prie. Je m’en occupe. »

Bien vite le brouhaha de l’hystérie collective qui emplissait le château diminua petit à petit jusqu’à ne plus être qu’un murmure. Archibald revint alors dans sa chambre :

« Eh bien, on peut dire que vous avez su vous montrer efficace, s’étonna le comte.
– Pourquoi ? Doutiez-vous de ma capacité à les faire se disperser ?
– Je dois vous avouer que oui. N’ayant plus votre pouvoir, la tâche semblait peu aisée. Ce qui m’amène à vous demander : comment avez-vous réussi à les convaincre de déguerpir aussi vite ?
– Je leur ai tout simplement dit que s’ils ne fichaient pas le camp dans la minute, vous alliez contacter leurs parents afin de les obliger à résilier leurs contrats internet. Il a fallu moins de trente secondes pour qu’ils dégagent tous. Comme quoi, pas besoin de pouvoirs pour convaincre quelqu’un de faire ce qu’on veut. Suffit de taper là où ça fait mal. »

Mickaël

Les exploités en ont marre !

 

Mais j’avais pas signé pour ça, moi ! Ah, bon Dieu, tu parles d’une journée de merde. J’ai passé mon temps à courir aux quatre coins de la ville et même au-delà, alors, c’est pas le moment de me chercher ! Je suis trop con, aussi, pourquoi je passe mon temps à dire oui à tout ce que tout le monde me demande ? Ah oui, on me paie, c’est vrai… Bon, c’est pas censé être mon boulot, mais au moins, j’ai de quoi voir venir. Cela dit, je pensais pas que j’allais jouer les facteurs et autres préposés aux objets trouvés, surtout parfois pour pas grand-chose derrière. Parce que, payé, oui, payé cher pour le trajet et les efforts, t’as le droit de rêver.

Mais sérieusement, y a pas de service postal dans tous vos bleds ? Comment vous faisiez pour communiquer avant qu’on arrive avec les collègues ? Parce que là, sérieusement, c’est la lose. Je crois que le pire, c’est quand on traverse le monde entier d’un bout à l’autre pour un misérable paquet… Sans parler de tout ce que vous paumez parce que vous allez traîner n’importe où n’importe comment ! On vous dit, on vous répète que cette forêt est pleine de bandits, mais nooon ! Il FAUT la traverser, ça va plus vite. Et qui se tape la corvée de récupération de tout ce que vous laissez tomber dans votre fuite ? Hé bah, c’est bibi !

Non, sérieusement, au bout d’un moment, vous m’emmerdez, et encore plus quand vous me promenez d’un point à un autre parce que, éééééééééévidemment, pour arriver à l’endroit où je suis censé arriver, je dois faire des détours par paquets de dix du fait qu’on m’envoie dans la mauvaise direction ou vers la mauvaise personne au départ ! Et qu’on répète ça pendant dix plombes ! Quelque part, après avoir fait ça, on comprend pourquoi vous engagez principalement des apprentis mercenaires : on se fait tellement attaquer sur le trajet qu’on aurait le temps de mourir trente fois si on savait pas se défendre !

Bon, au milieu de tout ça, on arrive à trouver le temps de s’entraîner et trouver du vrai boulot intéressant, d’autant que ça aide à se faire un nom… Mais quand même, au bout d’un moment, ça pèse. Genre beaucoup. Alors, soit vous vous créez ENFIN une Guilde des Facteurs et vous embauchez du monde, soit vous nous payez à la hauteur de nos efforts, mais il va falloir se décider, parce qu’on va finir par faire grève et vous dire merde à chaque fois que vous voudrez nous prendre pour des cons comme ça !

Ah, bon sang, je vous jure, c’est parfois pas facile d’être un personnage de MMORPG…

 

Anthony

On a trouvé une solution RADICALE contre l’ennui !

« Bon. Qu’est-ce que je fais là ? »
Cette question, on se la pose souvent, généralement quand on s’ennuie. Moi, par exemple, j’étais bien en train de me la poser en plein milieu de ce repas de famille, alors que les autres membres discutaient activement de l’élevage des saumons en Norvège. Vous savez, c’est typiquement ce genre de moment chiantissime, où tu voudrais découvrir le secret de la téléportation et être n’importe où plutôt qu’à cet endroit-là.

Eh bien je le clame haut et fort, moi, Victor Trouvier, à cet instant précis, j’aurais définitivement préféré être resté à discuter poissons avec les divers membres de ma famille, plutôt que d’être là où je me trouve. Il faut dire que le « là » en question est pour l’heure indéterminé. Alors bien sûr, je pourrais essayer de m’aider des divers éléments de la pièce pour trouver ma réponse. Mais allez comprendre l’endroit où vous vous trouvez quand le lit a un design épuré, le fauteuil à côté est du plus pur style louis XV, la table basse est une sorte de vieille planche de bois et l’étagère croule sous des papyrus. Et évidemment, il n’y a aucune fenêtre et encore moins de portes, ce serait trop simple.

D’où le fait que j’ai progressivement abandonné l’idée de savoir où j’étais pour me concentrer sur cette deuxième question : qu’est-ce que je fous là, dans cette pièce débile, au lieu de manger du saumon ? Le fait est que je n’ai pas la réponse. Je tuais pourtant tranquillement le temps avant de pouvoir quitter la table. Depuis, plus aucun souvenir avant de me réveiller dans cette chambre, avec une furieuse envie de repas de famille chiant et de saumon.

Un long cri retentit et une jeune fille de quatorze ans environ s’étale sur le lit. Dans ce genre de moment, mon cerveau réagit de manière bizarre. Là, je suis passé de la joie de voir quelqu’un d’autre à la peur qu’elle ne vienne pas en ami, puis à l’énervement en me rendant compte que je ne pourrais pas avoir le lit pour moi tout seul avec cette nouvelle venue, au cas où j’aurais à passer la nuit ici.
Celle-ci se retourne vers moi avec un grand sourire :

« Oh, bonjour !
– Bonjour, j’imagine…
– Oui enfin je dis ça, si ça se trouve chez vous c’est la nuit hein. Mais chez moi en tout cas c’est le jour.
– C’est le jour chez moi aussi du coup, vu qu’on est dans la même pièce… »

Je comprends vraiment rien là.
« Mais c’est pas ici chez vous. Rétorqua-t-elle en haussant les sourcils.
– Evidemment que non.
– Donc il fait pas forcément jour. Vous étiez où avant d’arriver ici ?
– A un repas de famille.
– Outch… C’est bien chiant ça.
– Ça c’est sûr… Et vous ?
– Oh moi j’étais en cours, comme d’hab quoi.
– Attendez un peu, vous venez souvent ici ?
– Bah oui, comme tout le monde, dès que je m’ennuie quoi.
– On vient ici quand on s’ennuie ?!
– Attendez, c’est votre première fois ?! s’écria-t-elle, encore plus surprise que moi.
– Excusez-moi de pas tomber dans une chambre inconnue tous les quatre matins…
– C’est bizarre, d’habitude il y a une notice explicative pour les premières fois… C’est encore un coup des restrictions, ils ont pas dû avoir le temps de vous la passer. Pour tout vous dire c’est pour ça qu’on est dans la même pièce. Avant chacun avait sa pièce mais avec les coupes dans le budget, c’est plus possible, forcément.
– Je comprends vraiment rien…
– Mais puisque je vous dis que c’est pas compliqué ! grommela-t-elle, Quand vous vous ennuyez, vous avez envie d’être ailleurs. Donc on vous envoie ailleurs pour que vous puissiez arrêter de vous ennuyer et vous arrivez ici, dans cette pièce, le temps que ce qui vous ennuie s’arrête dans le vrai monde. Personnellement, c’est le cours d’anglais. Vous, ça doit être une discussion bien chiante.
– Du coup on est bloqué ici ?
– Ouais. Mais vous savez, c’est plutôt agréable. Enfin moi j’aime bien. Les papyrus sont vachement cools et le lit est confortable.
– J’imagine… »

Je reste donc planté dans la pièce, tandis que la jeune fille commence à choisir un des parchemin avec attention. N’y tenant plus, je demande :
« Je suis désolé de vous déranger avec ça, mais vous n’auriez pas un bout de saumon par hasard ? »

Alice

Taken, mais beaucoup moins bien (VF)

« Je ne sais pas qui vous êtes, je ne sais pas ce que vous voulez, mais je vous trouverai. Et je vous… Je vais juste vous trouver en fait. »

Le commissaire de police, que tout le monde appelait M. Kebab bien que son nom ne soit absolument pas M. Kebab, raccrocha le téléphone d’un geste vif. Il se retourna vers son équipe de policiers, qui étaient actuellement tous en train d’arroser une plante verte artificielle à tour de rôle.

« Les gars, » s’exclama-t-il en frappant le bureau de son poing massif semblable à une patte de rhinocéros. « Aujourd’hui, le 30 novembre 2016, nous avons une nouvelle disparation dans notre chère de ville de Bordel-Sur-Cher.
– Redondant, remarqua un des officiers.
– Nous n’allons pas laisser passer ça. Rose Blanche-Lemaire n’est pas venue au travail, ne répond pas aux appels, ni de son boss ni de sa famille, et chose encore plus incroyable, elle n’est pas connectée sur Facebook. Et cela, depuis plus d’une semaine. »

Un murmure inquiet traversa le groupe d’officiers. Ils pouvaient supporter le fait que quelqu’un soit absent au travail et ne réponde pas au téléphone, ils ne se seraient pas inquiétés plus que ça, mais ne pas être connecté sur Facebook ? Là, il y avait vraiment un problème.

« On commence par quoi, alors, chef ? » demanda le jeune bleu, qui nageait dans son nouvel uniforme beaucoup trop grand pour lui.
M. Kebab se tourna vers la fenêtre d’un air dramatique et posa sa main sur le carreau glacé, regardant vers l’horizon, en faisant des tonnes pour avoir l’air le plus mystérieux et ténébreux possible.
« Nous commençons par l’évidence même.
– Vous voulez que j’aille chercher un dictionnaire pour trouver la définition d’évidence, monsieur ?
– Mais non, banane, on va chez elle pour voir si elle y est. »

L’équipe hocha la tête gravement. Après quelques minutes de préparation (le cadet ne trouvait plus ses chaussettes (elles étaient dans son slip. Ne demandez pas pourquoi, longue histoire.)), ils sautèrent dans les voitures et commencèrent un court trajet jusqu’à la maison de Rose Blanche-Lemaire. En effet, ladite maison était au bout de la rue.

Ils entrèrent en défonçant la porte. Pas qu’elle était verrouillée. Juste que quand tu es une équipe de police efficace, tu ouvres en défonçant la porte. La maison était complètement plongée dans le noir, sans un bruit. Il n’y avait pas un chat. Ce qui n’était pas très étonnant, puisque Rose y était allergique.

Kebab commença à arpenter silencieusement le couloir, appuyant doucement sur l’interrupteur. L’ampoule crépita puis s’alluma d’un coup, plongeant la bâtisse d’une lumière jaunâtre et crasseuse. Toujours pas un son, mis à part le bruit d’eau venant d’un aquarium, vide, dans un coin du couloir. Pourquoi quelqu’un aurait un aquarium sans poissons dedans, ça, c’est une question qui dépasse ce plan de l’existence. Il frissonna et mit ses mains autour de sa bouche pour faire porter sa voix.

« Mademoiselle Blanche ? Je me présente, je m’appelle KebabDX. Je viens vous rendre visite, je ne vous veux absolument aucun mal. Vous pouvez communiquer avec moi par… bah par votre voix. N’hésitez pas à faire un bruit, un son, pour me montrer votre présence. Je vous entendrai. »

Les officiers s’échangèrent un regard perplexe mais ne dirent rien, habitués à la méthode de travail de M. Kebab.

Celui-ci s’avança dans le couloir lentement et ouvrit une porte, la porte de la chambre, jetant un coup d’œil à l’intérieur. Il poussa un cri rauque et se recula, tremblant de peur, ses yeux s’écarquillant. Une silhouette sortit lentement de la pièce, ses longs cheveux tombant devant son visage, la peau pâle, des énormes cernes sous les yeux. Elle releva lentement son regard vide vers les officiers qui s’accrochaient les uns aux autres, terrifiés par la créature se trouvant en face d’eux, une créature autrefois appelée Rose Blanche-Lemaire.
« Que voulez-vous ? » fit-elle d’une voix gutturale. « Désolée je vous ai pas entendu entrer, je jouais à Pokémon Lune. J’ai joué combien de temps, exactement ? »

Cupcake Nie

Pourquoi être un vampire ça CRAINT, en 7 points

Salut tout le monde, ici PetitVampyrDu666. Aujourd’hui, je vais vous expliquer pourquoi c’est vraiment tout pourri d’être un vampire. N’usez pas de suite vos doigts sur vos claviers car je vous vois déjà venir « Ouais mais tu racontes n’importe quoi, c’est trop cool comme truc ! Tu peux dormir toute la journée et puis les gonzesses craquent à fond sur toi ! ». Premièrement, dois-je vous rappeler que si on pionce pendant qu’il fait jour, c’est pas vraiment par choix mais tout simplement parce qu’on a pas envie de cramer comme des torches et de finir en cendres ! D’ailleurs, en parlant de ça, c’est ultra chaud pour faire les courses. À part en hiver où c’est super pratique parce qu’il fait nuit à 17h30, le reste de l’année t’es tintin ! Deuxièmement, non, tout simplement non. Si t’étais moche et sans le moindre charisme avant de devenir un être de la nuit, en devenir un n’améliorera pas tes chances de sortir avec un fille et puis, sans rire, vous êtes vraiment des gros dégoûtants qui pensez qu’à ça. Pour en revenir au sujet de mon billet du jour, voici les 7 raisons qui font que c’est bien moisi d’être un vampire :

Raison n° 7 : Boire du sang. J’imagine que vous vous demandez pourquoi je déteste ça. Mais tout simplement parce que le goût est absolument dégueulasse ! À chaque fois que j’en avale un verre, j’ai l’impression d’ingurgiter une espèce de jus de tomates concentré aromatisé à la limaille de fer ! Et puis, ça colle et ça tache. J’ai bousillé un nombre incalculable de t-shirts avec cette saleté !

Raison n° 6 : Le respect des traditions. D’autant plus qui y en a qui sont vachement gratinées ! Déjà, je vous passe le délire de tata Carmilla sur le sang de vierges mais pour le reste, accrochez-vous à vos chaussettes. Déjà le port de la cape est obligatoire et, franchement, le seul truc que j’ai réussi à faire avec, c’est me casser la figure dans les escaliers. Ensuite, si à l’extérieur tu veux te déplacer, en chauve-souris, tu dois te transformer. Mais quelle idée pourrie ! Tu te fais courser par de plus gros prédateurs et en plus, tu te mets à bouffer des insectes ! Immonde !!! Y a aussi ce délire avec les bals que j’ai pas bien pigé… Je dois dire que j’aime pas trop les bals de vampires. Y a que de la musique classique et en plus y a tous les vieux qui nous bassinent avec leurs anecdotes. Heureusement, c’est l’occasion de revoir les cousins et ça, c’est vachement cool !

Raison n° 5 : Les chasseurs de vampires. Alors eux, ils sont particulièrement cons ! En fait, je les aime plutôt bien. Ils sont rigolos à faire n’importe quoi et à courir partout dans la baraque pour trouver où on est caché. D’autant plus qu’ils se trompent toujours de château ! Après, je dois dire qu’ils sont quand même bien relous à vouloir nous faire la peau à la moindre occasion. D’autant plus qu’on a arrêté de toucher aux humains depuis le XVIIIe siècle. Les gars, il faudrait arrêter de déconner trente secondes et penser à changer de métier.

Raison n° 4 : Le château. C’est sûr que de loin, ça a de la gueule mais, bon sang, qu’est-ce qui gèle là-dedans. En plus, il est paumé au fin fond des montagnes de Transylvanie et je peux vous assurer que rentrer des courses à pied dans le froid en se cognent 30 bornes de chemins sinueux, c’est pas la fête à la maison !

Raison n° 3 : L’immortalité. Devenir immortel à l’âge de 12 ans et, ainsi, se faire traiter comme un morveux pour l’éternité… Mais quelle idée de m*rde !

Raison n° 2 : Les horaires. J’en ai déjà parlé mais avec cette histoire de roupiller toute la journée et vivre la nuit, avoir Final Fantasy XV, le blu-ray du nouveau Ghibli ou le dernier tome de One Punch Man le jour j, c’est pas gagné ! Je dirais même que tu l’as dans l’os et profond ! Et d’ailleurs, en parlant de ça…

Raison n° 1 : La poste. Alors, bien évidemment, si tu peux pas acheter des trucs en magasin, le mieux, c’est de les commander sur internet et te les faire livrer à domicile. Sauf que la poste transylvanienne est nullissime ! Ça fait six ans que j’ai commandé mon Pokémon Lune et je l’attends toujours ! SIX ANS ! Je reçois toujours tout en retard ! Enfin, je dis ça mais y a quand même des exceptions. Par exemple, mes exemplaires de Nintendo Power Magazine, je les reçois le bon mois. Celui d’octobre 1998, je l’ai bien reçu en octobre… de l’année 2008 ! C*NNARD ! Quand est-ce que vous allez vous décider à bosser correctement ?! J’en ai ras le bol ! Alors, un conseil : vous allez vous magner de faire votre boulot correctement, tas de nulllos, et vous allez me livrer mes colis à la date où ils doivent l’être !

Le Comte Von Blood observait son fils en train de taper à l’ordinateur. Il finit par intervenir :
« Archibald, je dois dire que tout ceci me laisse perplexe.
– Ah bon ?
– Oui, voilà deux heures que vous rédigez ce torchon et tout ça juste parce que vous souhaitiez pousser un coup de gueule contre le facteur. Très sincèrement, j’ai beaucoup de mal à comprendre l’intérêt de votre démarche…
– Ça ne m’étonne pas, père. Vous êtes si… vieux jeu !
– Certes, mais, dites-moi, vous ne pensez pas que remplir un formulaire pour faire part de votre mécontentement aurait été plus efficace et productif ?
– Mais sûrement moins drôle et puis, c’est franchement relou, je peux pas lire les commentaires que les gens font et personne va aller le partager sur Facebook ou Twitter ! »

Mickaël 

Précis de comédie à l’attention des acteurs ratés

Non mais, attendez, là, c’est pas possible ! Enfin, vous croyez vraiment que vous allez faire ressentir quoi que ce soit à qui que ce soit, avec une capacité d’interprétation et d’improvisation plus proche d’un Steven Seagal qui aurait fumé un peu trop d’herbe que d’une performance digne d’un Oscar ? Ah, bordel… Je vous demande pas l’Actor’s Studio non plus, juste d’être un minimum CRÉDIBLES ! Bon, on commence par quoi pour faire un petit débrief de ce pur désastre ?

Allez, toi, là. Tu peux me dire ce que t’essayais de faire avec ces répliques bateau sans la moindre passion ? Ah, tu essayais de t’intéresser à ton interlocuteur, et il n’avait pas l’air très chaud à l’idée de te répondre ? En même temps, commencer avec des « Ça va ? », « T’es d’où ? », « Tu fais quoi dans la vie ? »… J’ai vu mieux. Nom de Dieu, le pire, c’est que vous le faites TOUS ! C’est balancé sur un ton monocorde, c’est mécanique, y a RIEN ! J’ai l’impression d’avoir eu des robots devant moi avec un programme « Comment approcher quelqu’un de la façon la plus merdique possible ». Un peu d’efforts, enfin…
Mais bon, à côté de l’autre abruti, là… C’était pas grand-chose. On peut savoir ce qui t’a pris d’attaquer direct comme ça ? Pardon ? Autant aller au vif du sujet ? Ah bah oui, je veux bien, mais quand même, demander combien gagne la personne à qui tu t’adresses en à peine cinq minutes… Franchement, fallait l’oser. C’était juste totalement inconscient, mais fallait oser y aller. Sérieusement, tu t’étonnes qu’on se barre direct dès que tu fais un coup pareil ?

Non, sérieusement, moi, je peux plus rien pour vous, à ce stade, vous serez jamais de vrais acteurs… Hum ? Ah, l’autre qui file direct dans le mode nympho ? Non mais là, j’ai même pas de mots tant c’est n’importe quoi, vaut mieux un mépris teinté d’ignorance que tirer sur l’ambulance…
Bon… On a du boulot. Sérieusement. Beaucoup de boulot si vous voulez un jour être crédibles dans vos rôles respectifs. Et on va démarrer tout de suite. D’abord, arrêtez avec les questions routinières comme ça, enfin. Trouvez un truc vraiment intéressant à dire, quelque chose qui va pousser à avoir une vraie conversation et à se livrer. On ne s’adresse pas aux gens comme si on était un formulaire administratif à remplir, ça fait assez fuir en version papier !

Et, au passage, quand vous vous présentez, même indirectement, sous un nom différent selon les cas… Bah, c’est pas mieux, on vous vire d’autant plus facilement. Imaginez un vrai background à votre personnage, un vrai profil, rempli, intéressant, avec lequel on peut interagir. Non, parce que, sérieusement, sans ça, vous partez perdant d’avance. Vous allez vous perdre dans l’improvisation de ce que vous balancez et dans ce que vous avez défini au hasard avant, et ça va mal finir… Il faut s’immerger dans le rôle, prendre le temps, et ensuite, seulement, vous livrerez une performance convaincante.

Oui, je sais, dans le fond, vous vous en foutez, c’est tout de suite que vous voulez le fric de ceux que vous arnaquez. Sauf que ça rate à chaque fois. Croyez-moi, Neal Caffrey aurait honte de vous. Quant à Danny Ocean et sa bande, ils doivent bien se marrer, et aimeraient sans doute vous mettre quelques baffes à chaque connerie !
Alors, maintenant, vous prenez le temps, vous arrêtez de faire honte à la profession, et peut-être qu’on pourra faire quelque chose de vous. Sinon, quitte à forcer comme des bourrins, je vous propose d’aller vous reconvertir dans la banque, vous serez plus à votre place.

 

Anthony

Chair de Goule n° 11 – Une réalité virtuelle un peu trop réelle

Chair de Goule n° 11

En ce moment, on ne cesse de vous répéter à tout va que la VR (ou réalité virtuelle, pour les deux du fond qui ne suivent pas et pour tous ceux qui, avant que j’en parle, s’en fichaient éperdument) est l’avenir du jeu vidéo, comme elle devait déjà l’être il y a de cela vingt ans. À travers cette innovation, l’Homme cherche à rendre l’expérience vidéoludique plus palpable, plus… réaliste. Si cela peut apporter un plus en faisant découvrir de nouvelles sensations jusque là inconnues aux gamers (Coucou Gerbotron 3000), une question reste en suspens : que pourrait-il bien arriver quand de simples pixels deviennent un peu trop tangibles et peuvent s’avérer bien plus dangereux que ce à quoi vous vous attendiez ? Comment dès lors s’en sortir quand vous êtes confronté à :

Une réalité virtuelle un peu trop réelle.

Je pensais que devenir journaliste jeux vidéo serait une véritable aubaine. Pass presse pour les conventions, goodies à foison, jeux à tester en avant-première, possibilité de recevoir des pots de vin de la part des plus gros éditeurs et j’en passe, tout cela me faisait dire que décidément ce métier valait vraiment le coup que je m’y consacre corps et âme. Malheureusement pour moi, cela m’a rapporté plus d’emm*rdes que de fric. La dernière en date va, je crois, vous étonner et ce, à plus d’un titre.

Au préalable et que les choses soient bien claires, je vous l’avoue sans la moindre honte, je suis un pourri, une vraie ordure de la plus belle espèce. Je n’hésite pas une seule seconde à trafiquer mes tests dès que la somme sur le chèque qu’on me propose est assez importante. Je suis un p*tain de marouflard qui n’hésite pas à récupérer gratis tout ce qu’il peut et à pourrir la réputation de la concurrence de la manière la plus éhontée qui soit mais, malgré tout cela, je ne pense pas avoir mérité ce qui m’est tombé sur le coin de la gueule… enfin, pas totalement.

Je me souviens que tout a commencé lors de ma visite des bureaux de Vextrom (Une petite entreprise qui s’était lancée dans le marché de la réalité virtuelle mais qui avait dû retarder le lancement de leur produit phare, le Vextrom 5000, suite à quelques problèmes lors des phases de test) afin d’interviewer le PDG de la boîte, Victor Mathcraft. Bien évidemment, j’en ai profité pour récupérer (« Récupérer » : mot poli pour éviter de dire qu’on a volé un truc en lousdé comme un fieffé enfoiré) un prototype ni vu, ni connu, histoire d’avoir une exclue à mettre sur mon site qui n’allait pas très fort à ce moment-là. Sachant que personne n’avait réussi à obtenir la moindre photo, je touchais le jackpot : clichés, test, possibilité de faire des lives si le machin fonctionnait correctement et tout le toutim.

Je dois dire qu’une fois arrivé chez moi, l’excitation était à son comble. J’ai beau être journaliste, je n’en demeure pas moins gamer, avant tout. Je m’étais dépêché d’activer le Vextrom 5000 et l’avais revêtu dans la seconde qui suivait. Avant de pouvoir faire quoi que ce soit, j’avais dû effectuer quelques réglages et répondre à une question pour le moins étrange mais qui, je le pensais, avait plus une valeur symbolique qu’autre chose :

« Souhaitez-vous relier votre esprit au casque ? (Cela vous permettra d’éprouver absolument toutes les sensations que votre personnage ressentira tout au long du jeu et de vivre la plus unique des expériences vidéoludiques)
– Euh… Okay… »

Je choisis de tester, en premier, « Medieval Fantasy VII : Legend of the 13 Chaos Crystals », un RPG dans la veine de Skyrim. Une fois passé le tuto, je choisis de partir faire une petite quête secondaire bien pépère. Tandis que j’avançais vers ma destination, un donjon paumé au milieu d’une forêt, je me rendis compte que mon personnage avait faim et, bizarrement, moi aussi. Je décidai de remédier à ce petit problème en mangeant un bout. Je pouvais alors sentir le goût du pain dans ma bouche et la sensation de fringale qui s’estompait petit à petit. Les choses ne s’arrêtèrent pas là. Ainsi, un peu plus tard, lorsqu’il trébucha sur un caillou et se blessa au bras gauche, je ressentis la douleur à l’endroit même où il s’était fait mal. Pire encore, une écorchure y apparut comme par enchantement. C’est alors que je compris que j’avais fait une énorme connerie qui allait me coûter cher. Je m’apprêtais à tout arrêter lorsqu’une espèce d’orc dégueulasse surgit de derrière un pin et m’attaqua. Je n’eus pas vraiment le temps de réagir. Alors que je venais à peine de dégainer mon épée, il trancha dans le vif du sujet. Ma tête fit un vol plané à travers les arbres tandis que, dans le monde réel, elle prit le même chemin et mon corps s’effondra sans vie.

Et là, vous vous posez une question parfaitement justifiée : Comme peut-il s’adresser à nous alors qu’il est, à moins de pouvoir survivre en étant décapité, mort ? La réponse est simple : Vous vous souvenez de la question posée quand j’ai allumé le Vextrom 5000 ? Eh bien, elle n’avait rien de symbolique ! Mon esprit est bel et bien relié au casque et je suis coincé à jamais dans cette sal*p*rie de jeu !

Mickaël