Je ne suis pas un héros

« Salut, Je m’appelle Sharon et j’espère que t’es prête à sauver le monde ! »

C’était plus ou moins de cette manière-là que Sharon Adachie, responsable de la section française d’Aide Internationale Aux Jeunes Super-Héros, s’était présentée à Lacie, il y a deux mois de cela.

En y repensant, la jeune fille se disait de plus en plus qu’elle aurait dû baffer cette drôle de femme trop souriante et s’enfuir au loin au lieu de s’embarquer dans cette histoire débile.

Le problème, c’est qu’elle ne l’avait pas fait et avait suivi, sans trop savoir pourquoi, l’imposante femme noire qui l’avait bassinée pendant tout le trajet en s’extasiant sur absolument tout ce qu’elle voyait.

Et voilà comment Lacie s’était retrouvée en haut d’un immeuble de quatre étages, tétanisée par la peur, un matelas posé en bas pour l’accueillir, à côté duquel Sharon et son associée Alexia lui hurlaient de sauter depuis dix bonnes minutes.

Le hic, c’est que Lacie ne pouvait pas. Une sorte de force invisible l’avait attrapé et la maintenait au sol, terrifiée, cherchant par tous les moyens une échappatoire. Son corps tremblait de tous ses membres alors qu’elle regardait la distance qui la séparait du sol, ainsi que d’une mort certaine. Assise sur le toit, essayant vainement de se tenir à une rambarde qui lui semblait à cet instant être l’objet le moins solide qu’il lui ait été donné de tenir entre ses mains, Lacie continuait de regarder vers les deux femmes.

Bien sûr, elle savait qu’elles ne voulaient que son bien, ainsi que celui du monde. Il faudrait bien qu’elle y arrive, à sauter du haut de ce fichu immeuble ! Pourtant, cela faisait maintenant deux mois qu’elle restait bloquée en haut chaque jour, incapable de regagner le sol.

« Lacie ! Il faut que tu y arrives, tu m’entends ? La survie du monde en dépend ! hurla Sharon depuis le sol.
– Alors le monde est dans une sacrée merde ! répliqua-t-elle sur le même ton.
– Il faut que tu croies en toi et en ton pouvoir, c’est le seul moyen !
– Je suis obligée d’avoir ce pouvoir là ? Sérieusement, je ne peux pas avoir le pouvoir de respirer sous l’eau ou quelque chose dans le genre ?
– Ce sont des choses qui ne se controlent pas, désolée !
– Ouais bah ma peur ne se contrôle pas non plus je vous signale ! »

Alexia, excédée et bien moins patiente que Sharon, hurla à son tour :

« Lacie, que ce soit clair : soit tu sautes toi-même, soit je monte et je te jette par-dessus la balustrade ! »

Lacie se figea un peu plus, désespérée. Elle détestait ne pas avoir le contrôle de son corps, c’est même ce qui la gênait le plus dans cette peur qui venait l’immobiliser chaque fois qu’elle se trouvait face au vide. Le fait de se faire pousser la terrorisait d’autant plus.

« Je ne peux pas ! hurla-t-elle à l’intention des deux femmes, Je suis vraiment désolée mais je ne peux pas faire ça ! Trouvez quelqu’un d’autre pour sauver le monde, moi je redescends !
– Non Lacie bon sang, je t’interdis de redescendre, tu m’entends ? On ne va pas y passer l’éternité, c’est juste pour vérifier ton pouvoir ! s’énerva Alexia.
– Mais vous le connaissez déjà, pourquoi vous tenez absolument à le vérifier !
– Parce qu’il va bien falloir que tu l’utilise à un moment !
– Je m’en fous je sauterai pas ! Moi ce que je veux, c’est rentrer chez moi ! J’en ai rien à cirer de sauver le monde !
– Tu dis ça sur le coup de la peur ma grande ! répondit Sharon, tentant d’être bienveillante.
– Raison de plus pour trouver quelqu’un qui n’aura pas peur. Ce sera plus utile pour tout le monde !
– Ce n’est pas possible, tu es l’élue !
– Ouais bah vous direz à celui qui les choisit de s’acheter un cerveau et des lunettes ! »

C’est uniquement après cette dernière phrase que Lacie remarqua enfin qu’elle ne parlait plus qu’avec Sharon, et que Alexia avait disparu.

« Et merde… » soupira-t-elle, résignée, juste avant que sa chef, à bout, ne la jette du haut de l’immeuble.

Pendant qu’on emmenait Lacie, en pleine crise de panique, Alexia s’avança vers Sharon, qui regardait la performance de la jeune fille sur les écrans. On la voyait vaguement voler, mais surtout crier et se cogner contre un mur à plusieurs reprises, avant de finalement s’évanouir dans les airs parce qu’elle n’avait pas réussi à reprendre sa respiration.

« Je te jure que si l’élémentaire de feu a peur des allumettes je le tue d’office… grommela Alexia. »

Alice


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Chroniques [Para]Normales N° 2 : La vie extraordinaire d’Arthur Baynton.

1880 : Naissance d’Arthur dans une maison bourgeoise du centre-ville de Londres. Un fait étrange est rapporté le lendemain dans les journaux. Alors que le temps était au beau fixe, une tempête se leva de manière inattendue. La foudre aurait alors frappé le bâtiment au moment même de sa naissance. Aucun dégât ne fut à déplorer.

1893 : Alors qu’il rentre de la bibliothèque, Arthur est pris d’un malaise. Fiévreux et toussant de plus en plus violemment, il est ramené chez lui. Le diagnostic ne tarde pas à tomber. Il a contracté la tuberculose, maladie que certains appellent encore la peste blanche. Fatigué, souffrant de sueurs nocturnes l’empêchant de se reposer correctement et ne mangeant plus beaucoup, il perd rapidement du poids. Les premiers crachats de sang ne tardent pas à faire leur apparition. Son père, médecin réputé, va tout faire pour le maintenir en vie.

1912 : Devenu un jeune avocat ambitieux, Arthur s’installe dans la ville de Southampton dans le Hampshire en 1910. Il ne tarde pas à rencontrer le succès et ouvre son propre cabinet d’avocats. Sa réputation est telle qu’on vient des quatre coins du comté pour l’engager ou pour un simple conseil juridique. Les nombreuses affaires qu’on lui confie lui permettent de rapidement s’enrichir. Il décide alors de prendre des vacances bien méritées. Ça tombe bien, il a entendu parler d’un paquebot flambant neuf amarré dans le port de Southampton. La croisière inaugurale aura lieu en avril. Il décide très rapidement de prendre un billet afin de faire partie du voyage. Il faut dire que la publicité autour de ce RMS Titanic a su le convaincre sans la moindre difficulté. Summum du luxe et de la technologie, insubmersible de surcroit, comment les choses pourraient-elles mal se passer ?

1918 : La première guerre mondiale touche à sa fin. Arthur est promu capitaine dans l’armée de sa majesté. Il participe, entre autres, à la deuxième bataille de l’Aisne. Il voit des horreurs qui ne font qu’ajouter au traumatisme qu’il a vécu six ans auparavant. La mort le frôle à chaque instant. Le bruit des balles siffle dans ses oreilles. Les explosions meurtrissent ses tympans déjà remplis des cris d’agonie de ses camarades. Il doit mener l’assaut en ce 4 juin. Il tremble. Il tente de faire un discours pour encourager ses hommes mais les mots ont du mal à sortir. Finalement, il charge, sabre au clair, en tête de ses troupes.

1946 : Âgé de 66 ans, aspirant au calme et à la tranquillité, Arthur décide de quitter l’Angleterre pour aller s’installer en Suisse. La campagne anglaise aurait pu lui suffire me diriez-vous mais il souhaitait un véritable changement d’air. C’est ainsi qu’il pose ses valises à Sierre le 5 janvier. Une vingtaine de jours plus tard, aux alentours de 18h, un violent tremblement de terre secoue la région. Pour le calme et la tranquillité, on repassera.

1963 : Vouloir faire le tour de l’Italie n’a, en soi, rien de particulièrement dangereux. Alors qu’il souhaite se rendre à Venise, Arthur décide de s’arrêter dans la commune de Longarone pour se reposer. Le même jour, un glissement de terrain fait s’écrouler deux-cent-soixante millions de mètres cubes de terre et de roches provoquant ainsi le débordement du lac de retenue du barrage de Vajont situé en amont de la localité. Des millions de litres d’eau se déversent par dessus l’ouvrage et détruisent les villages alentours, y compris celui où réside le sieur Baynton.

1980 : C’est, finalement, à l’aube de ses 100 ans qu’Arthur rejoint les États-Unis. Le 20 novembre, il est aperçu par des badauds en train de se baigner dans le lac Peigneur, un petit plan d’eau situé en Louisiane. Peu de temps après, le lac se vide intégralement suite à un accident impliquant une tête de forage. Ce fut la dernière fois qu’on entendit parler de lui.

N.B. : Si on excepte son incroyable capacité à se trouver toujours au mauvais endroit au mauvais moment, la vie d’Arthur Baynton pourrait paraître parfaitement banale. Seulement, un petit détail vous échappe. À quel moment Arthur a-t-il cessé de vivre ? Le 12 décembre 1893, il succombe après avoir contracté la bactérie nommée Mycobacterium tuberculosis. Pourtant, c’est bel et bien lui qui embarque sur le Titanic lors de son voyage inaugural. Son corps n’a jamais été retrouvé suite au naufrage. Cela ne l’empêcha pas de périr à nouveau le 4 juin 1918 d’une balle dans la tête. Mais comment-a-t-il pu, de nombreuses années plus tard, mourir à nouveau écrasé puis emporté par une vague de 12,5 millions de mètres cubes d’eau ? Une seule réponse nous vient à l’esprit. Il semblerait bien que les tentatives du Docteur Baynton pour sauver la vie de son fils aient été finalement efficaces. Un peu trop efficaces.

Mickaël

La danse

Elle danse. Son corps allongé ondule autour du feu, suivant la mélodie des guitares. D’un mouvement sec, elle fait vibrer ses bracelets d’or au-dessus de sa tête. Ses chevilles tournent, les courbes de son corps sombre serpentent, elle les module au son du tambourin. Ses doigts, ses bras, son cou, ses hanches, ses épaules, ses jambes, ses chevilles sont pris d’une frénésie et bougent d’un commun accord, comme s’ils étaient chacun un corps tout entier. Pourtant, elle garde le contrôle. Elle ondule, change de position, de mouvements, feint de bouger ses bras pour ne bouger qu’une jambe, sautille, se déplace avec une vivacité époustouflante. Elle rejette sa tête en arrière, renversant ses dizaines de tresses serties de perles et sourit. Ses dents blanches brillent dans la nuit. Son corps en mouvement court presque autour du feu, gardant toujours une grâce encore inégalée à ce jour. Les autres la regardent. Elle les intimide presque, les empêche de la rejoindre. Sa danse ne se partage pas, il n’y a pas moyen de danser sur le même plan qu’elle. Elle-même ne se sent certainement pas sur le même plan qu’eux. Je l’imagine plus perdue, tout entière à sa danse, sortie du temps, de l’espace, de toute forme de conscience des autres êtres humains à côté d’elle.

Elle est belle, comme cela, dans la nuit, faisant valser son corps à la lumière du feu. Elle est loin des problèmes, loin du monde, loin de tout. Elle existe pour elle-même tout simplement. Bien sûr, des problèmes, elle en a. Bien sûr, quelque part elle a une famille, des amis, un travail peut-être, ou bien même un pays auquel elle se rattache. Bien sûr, elle aussi, le matin, lorsqu’elle allume sa télé ou sa radio, elle écoute les nouvelles, et certaines l’attristent plus que d’autres. Bien sûr, devant son miroir, elle a dû avoir des complexes un jour et peut-être même encore aujourd’hui. Mais sincèrement, est-ce que ça a une réelle importance ici ? Est-ce que, à cet instant précis, le seul monde qui existe pour elle n’est pas ce coin du feu, et cette danse frénétique, qu’elle aimerait ne jamais arrêter ?

Je pourrais l’aider. Je pourrais ne jamais arrêter cette danse ni triste ni joyeuse, cette danse qui existe parce qu’on la sent nécessaire. Je pourrais, d’un trait fatal, finir ici cette danse, la coincer dans cet espace-temps, ne lui donner rien d’autre que ces quelques lignes, ces quelques instants de pur bonheur. Je pourrais effacer ses hypothétiques problèmes, sa vie entière, à côté de ses quelques instants de danse. Je pourrais faire ça, dans ma magnanimité d’auteure. Pourquoi ne pas le faire ? Certains me diraient que c’est cruel, de réduire un personnage à peine esquissé, tout neuf, encore balbutiant, à une simple scène de danse. Pourtant, est-ce que ce n’est pas cruel de lui créer des problèmes ? La question est cruciale et je ne suis pas sûre d’avoir une réponse.

Pour l’heure, elle danse, attendant son sort. J’aime bien la voir danser. C’est comme si je pouvais me donner l’illusion de contrôler un mouvement, là où je ne fais que retranscrire une image de la danseuse. C’est bon pour l’ego disons.

Et la voilà qui danse toujours. Vraiment, la scène commence à s’allonger. Je ne peux tout de même pas la laisser là, à danser et ne rien faire d’autre ! Et son nom, sa vie, ses problèmes ? Je ne peux pas uniquement la réduire à ça.

Et pourtant elle danse, et je ne vois plus que ça. Moi aussi, j’ai une vie et des problèmes. Je devrais m’en occuper d’ailleurs. Mais voilà. La jeune fille danse loin de tout ça, et moi je la regarde procéder, totalement libre. Secrètement, je l’envie.

Alice

Énigmes et conséquences

Antoine, 22 ans, tout juste diplômé, était, comme beaucoup de jeunes de son âgé, à la recherche d’un emploi. Il n’était pas bien regardant quant au prestige de celui-ci, il voulait juste trouver un travail honnête, lui permettant de vivre correctement. Mais cela faisait plusieurs semaines qu’il avait une activité qu’il (il faut l’admettre) trouvait bien plus palpitante qu’enchaîner les rendez-vous avec Pôle Emploi qui n’aboutissent pas.

En effet, il était depuis quelques temps en contact avec une personne qui s’était présentée sous le pseudonyme de « H ». Antoine ne connaissait rien de cette personne, si ce n’était son amour incommensurable pour deux choses : les énigmes et les meurtres. Pour certains d’entre vous, ces deux éléments n’ont absolument aucun lien. D’autres se rappelleront les jeux de leur enfance, où ils devaient résoudre des énigmes pour sauver le monde d’une fin certaine. Mais pour Antoine, le lien était tout fait : s’il résout les énigmes qui lui sont imposées par H, la cible survit. S’il ne les résout pas, elle meurt. Relativement simple, non ?

Bien évidemment, au début, lorsqu’il reçut son premier appel anonyme lui imposant une énigme, faute de quoi un meurtre serait commis, il n’y avait pas cru un instant. Ce ne fut qu’après avoir reçu des photographies d’un homme lisant son journal, puis de sa dépouille, qu’il commença à angoisser légèrement. « Les photos auraient pu être prises n’importe quand, rien ne me garantit qu’il s’agit des actes de cet homme » essaya-t-il de se convaincre alors. Mais l’édition du jour du journal télévisé diffusé en arrière-plan tendait à lui prouver le contraire. Depuis ce jour, il s’était en quelque sorte résigné à devoir résoudre quotidiennement des énigmes pour sauver la vie d’innocents. Et il devait admettre qu’il était plutôt doué pour ça, puisqu’après la première victime, toutes les autres cibles ont été épargnées.

Outre la peur et le stress quant aux conséquences que pouvaient engendrer ces énigmes, Antoine éprouvait une certaine excitation, commençant à attendre, chaque jour, une nouvelle énigme. Il s’y était en quelques sortes attaché. A ces énigmes, mais aussi à ce mystérieux H. Bien qu’ils n’eussent pas eu l’occasion de réellement échanger, il avait l’impression de commencer à le connaître, comme si ce meurtrier avide d’énigmes se dévoilait peu à peu à travers ses casse-têtes. Et plus que de simplement le connaître, Antoine commençait à ressentir une certaine fascination pour son mystérieux interlocuteur.

Ce fut au mois de mai qu’Antoine obtint son premier travail en poste fixe. Alors qu’il rentrait paisiblement de sa première journée, il consulta, comme à son habitude, sa boîte mail pour y trouver sa précieuse énigme. Mais cette fois-ci, il eut beau se torturer l’esprit, retourner la chose dans tous les sens, il n’arrivait pas à mettre la main sur sa solution. Il voyait les minutes défiler, puis les heures, puis arriva minuit. L’heure de la fin de l’énigme, ainsi que des conséquences dramatiques qui découlaient de sa non-résolution. La boule au ventre, il ne put s’empêcher de sursauter lorsque le son de la sonnerie de la porte parvint à ses oreilles, se sentant horriblement désolé pour la personne qu’il n’avait pas pu réussir à sauver.

Il se dirigea doucement vers l’entrée, tentant au mieux de se vider l’esprit et ouvrit la porte. Il n’eut pas besoin de demander à l’inconnu qui se trouvait face à lui de décliner son identité. Il la comprit bien assez rapidement à la vue du revolver qui était pointé sur lui.

« Dommage, on s’amusait bien ensemble. »

NouilleChan

Le Geek Futé : Nintendo Edition

Petit chanceux que vous êtes ! Vous tenez dans vos mains le tout premier guide touristique des lieux les plus emblématiques créés par Nintendo.

I. Dépaysement garanti au royaume Champignon :

Où dormir ? Le château de Bowser est une adresse réputée pour les gens souhaitant se reposer dans des cages de grand luxe. Néanmoins, si vous ne supportez pas la chaleur, les coulées de lave en fusion risquent de quelque peu vous incommoder. Dans ce cas, nous vous conseillons de louer des chambres chez la Princesse Peach.

Avertissement : Le risque d’enlèvement est très élevé.

Où se restaurer ? La champignonnière de Toad est un havre de paix situé en plein cœur du champ de bataille Bob-omb. Vous y trouverez un adorable petit champignon qui vous servira des fricassées de, ben, champignons dans une maison… en forme… de champignon… #champignonception

Quelles activités faire ? Sauver la princesse semble être une coutume locale très répandue. Nous vous conseillons de tenter l’expérience, au moins une fois. Attention, cependant, à ne pas vous tromper de château. Au bout de la dixième fois, ça devient franchement lassant de s’entendre dire « The Princess is in another castle ». Autre possibilité : faire du skate sur les carapaces de Koopa Troopa. Cela devrait ravir les amateurs de glisse.

Nota Bene : Il est désormais interdit de pratiquer ce sport depuis que les Koopa Troopa rouges sont en voie d’extinction. En même temps avec le gros moustachu qui les dégomme à longueur de journée, fallait s’y attendre un jour !

II. Aventures endiablées dans le royaume d’Hyrule :

Où dormir ? Chez les Gorons, il fait trop chaud. Chez les Zoras, c’est trop humide. Chez les Gerudos, ils n’acceptent que les femmes. Il ne vous reste donc plus qu’à aller trouver une chambre d’hôte près du château. À condition qu’il ne soit pas déjà en train de se faire attaquer.

Où se restaurer ? Chez Koume et Kotake, le service est impeccable et ce, malgré les nombreuses disputes qui éclatent entre les deux patronnes. Les potions servies sont variées. Si vous cherchez à consommer quelque chose de plus concret, la bavette Goron saura plaire aux estomacs les plus solides. Des rumeurs rapportent, également, que le Prince Sidon est un excellent cuisinier. Vu toutes ses qualités, on ne se fait pas de sushi quant à la véracité de ces affirmations.

Quelles activités faire ? Courir sur les plaines d’Hyrule en se faisant courser par des Moblins enragés vous tente ? Vous apprécierez donc les petites sessions de footing organisées par notre guide local : Link. Vous pourrez, également, profiter des activités équestres proposées par notre partenaire le Ranch Lon Lon. Réservation obligatoire : ils n’ont qu’un seul cheval. Logement compris. Intolérant au lactose s’abstenir, ils ne servent que du lait.

Avertissement : Pensez à bien choisir vos dates de séjour. Un certain Ganon tente quotidiennement de détruire le royaume.

III. Balancez-vous de lianes en lianes avec Donkey Kong :

Où dormir ? La cabane de Cranky Kong devrait satisfaire les moins exigeants d’entre vous. Les repas sont très peu variés (Vous comprendrez…). Le gérant est un vieux râleur qui va profiter de la moindre occasion pour vous fracturer les genoux à coup de cannes. Pour les autres qui tiennent à leurs articulations, la Chaloupe de King K. Rool vous accueillera avec le plus grand plaisir.

Avertissement : Le King a la sale manie de balancer sa couronne au visage des gens.

Quoi manger ? Des bananes ! Des… bananes ? Ouais, des bananes… Y a que ça ! Partout ! Y en a dans tous les coins et on en bouffe à toutes les sauces !

Quelles activités faire ? Éplucher des bananes. Ben ouais, quand vous les bouffez pas, vous les pelez ! Qu’est-ce que vous voulez faire d’autre avec ? Non ! Ne répondez surtout pas !

IV. Profitez du cadre champêtre d’un village charmant et pittoresque : Veuillez contacter l’agence de Tom Nook pour plus d’informations. Nous, on a assez raqué comme ça !

Nous espérons que ces quelques informations vous seront utiles et rendront votre séjour le plus agréable possible. Il ne nous reste donc plus qu’à vous souhaiter… bon courage et bonne chance ! Non parce que vous souhaiter bon voyage alors que vous risquez très probablement de vous faire bouffer par un Chain Chomp ou de finir rôti au cœur de la Montagne de la Mort, c’est moyen…

Mickaël

Problèmes syndicaux et volcans en fusion

« MAIS C’EST PAS POSSIBLE D’ÊTRE AUSSI C*N !» s’époumona le Diable, en recouvrant intégralement de postillons le pauvre diablotin stagiaire.

Celui-ci prit le parti de rester le plus stoïque possible et de baisser les yeux, résistant à l’envie d’essuyer son visage. Le géant rouge, porté par ses deux grandes ailes noires, darda son imposant regard sur lui.

« Encore une fois, tenta le jeune diable, Sauf votre respect monsieur, ce n’est pas réellement de ma faute… »

Le Diable souffla un coup et se redonna une prestance, bien décidé à ne faire qu’une bouchée du petit stagiaire. A vrai dire, il n’était pas habitué à ce genre de sautes d’humeurs. Aussi se reconnut-il bien plus dans le ton ferme et glacial qu’il choisit pour continuer son invective :

« Mon petit Valentin, évidemment que ce n’est pas de votre faute. Le problème, c’est que vous êtes chargé du bon fonctionnement de la file d’attente des enfers, n’est-ce pas ? Ainsi, lorsque je vois une file d’attente longue de plusieurs années à l’entrée, je me pose des questions et je viens, logiquement, vous les poser.
– Oui monsieur…
– Donc, à moins que nous aillons subitement été bien côté par les guides touristiques, ce qui me semblerait étrange, j’aimerais quelques explications.
– J’imagine qu’ils ne pouvaient pas vraiment accepter tout le monde au paradis…
– Là n’est pas la question mon petit Valentin, nous avons suffisamment à régler ici pour nous occuper de ce qu’ils peuvent bien faire en haut.
-J’imagine bien monsieur…
-Tu es un garçon intelligent mon petit Valentin. Alors vous allez m’arranger tout ça et m’expédier tout ce petit monde dans le volcan, est-ce que c’est clair ?
– Moi je veux bien, mais ça risque d’être compliqué… »

Le Diable fronça les sourcils, tentant de maintenir le semblant de calme qu’il avait conservé.

« Mon petit Valentin, je m’excuse si, par le plus grand hasard, j’ai mal compris, mais est-ce que vous venez de me dire que faire votre boulot était compliqué ?
-Non mais ce que je dis, c’est que moi je veux bien, c’est pas ça le problème…
-Où est donc le problème ? demanda le diable, de plus en plus crispé.
– Le problème, c’est que nous, représentants du syndicat des diablotins, refusons cette cadence infernale et avons décidé de stopper tout travail avant d’être revenu à un rythme de mort normal ! » lança une voix derrière eux.

Les deux se retournèrent pour faire face à un vieux diablotin, un mégaphone à la main, qui lançait des slogans repris par une bande de jeunes diablotins derrière lui. Le Diable s’approcha du responsable syndical auto-proclamé.

« C’est-à-dire que vu que vous travaillez en enfer, les cadences infernales ne devraient pas trop vous étonner…
– Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas droit à des droits humains élémentaires !
– Mais vous n’êtes même pas humains ! Je peux savoir qui vous a mis ces idées de gauchistes dans le crâne ?
– Figurez-vous que les nouveaux morts sont vachement plus au fait des droits élémentaires et syndicaux et qu’ils nous ont bien éclairés sur nos droits et nos conditions de travail ! Nous avons découvert, par exemple, le droit de grève, qui nous permet de stopper le travail tant que leur nombre n’aura pas diminué ! »

Le Diable décida de ne pas relever le fait que leur boulot consistait justement à diminuer les morts en question et soupira, désespéré:

« Faut vraiment que j’explique à Dieu que l’apocalypse, ce n’est pas une bonne idée démographiquement parlant… »

Alice

Même une console peut répliquer

— Mais quelle saloperie de jeu de merde ! J’arrive à rien !
Une fois de plus, Kevin faisait étalage de son talent à hurler des salves d’insultes devant sa console. Mais cette fois-ci allait être bien différente des précédentes…
— Bon, il va fermer sa gueule, le morveux ? Parce que ça suffit, là ! Je vais te l’éduquer à vitesse grand V, si personne le fait avant !

Kevin n’en croyait pas ses oreilles. Il était seul dans sa chambre, personne pour lui faire la moindre remarque. Il pensa à un voisin au volume sonore au moins aussi élevé que le sien puis reprit sa partie… et sa litanie d’insultes à l’encontre du jeu suite à ses morts répétées. Une fois de plus, la voix se fit entendre.

— MAIS FERME TON CLAQUE-MERDE, NOM DE DIEU ! C’est quand même pas ma faute si t’es juste une sous-brelle qui sait pas tenir une manette, si ? Alors, maintenant, tu vas te calmer et écouter ce qu’on te dit de faire, sinon, je vais vraiment m’énerver !

L’ado énervé chercha la provenance de la voix et finit par poser les yeux sur sa console.

— Ouais, gamin, c’est moi, t’as bien compris. T’as enfin réussi à te servir correctement de l’éponge que t’as dans le crâne au moins une fois dans ta vie, c’est plutôt pas mal. Maintenant, si tu pouvais remettre ça quand tu joues, ça ferait du bien aux oreilles de tout le monde.
— Je rêve ou tu m’insultes, là ?
— C’est pas un peu l’hôpital qui se fout de la charité ? Si tu regardais un peu ce qui se passe à l’écran, tu râlerais peut-être moins. Alors, maintenant, tu la fermes, tu écoutes ce qu’on te dit, et je vais même t’aider un peu. Au boulot !

La partie reprit, mais rien n’y fit, Kevin passait son temps à mourir des façons les plus idiotes possibles et à hurler d’autant plus fort.

— T’as des palmes à la place des mains, c’est pas possible ! Laisse les manettes tranquilles et va te trouver une autre occupation, ça fera du bien à tout le monde !
— Mais je t’emmerde ! Je vais y arriver, et je gueulerai autant que je veux pour ça, t’as compris ?
— Oh, vraiment ? Très bien… Dernière chance, alors…

Une fois de plus, le résultat ne se fit pas attendre… Cette fois, la console ne dit rien et laissa Kevin exploser aussi longtemps qu’il le voulait. Quand celui-ci voulut reprendre la manette, un grand flash de lumière l’aveugla. Au moment où sa vision redevint normale, il n’était plus dans sa chambre, mais dans une reproduction du monde du jeu à taille humaine…

— Voyons un peu si tu hurles toujours autant quand ta vie est vraiment en jeu ou si tu vas enfin te concentrer. Amuse-toi bien.

Anthony

Le jour où tout a basculé REMASTER

« Cette histoire est inspirée de faits réels.
– Euh, excusez-moi ? »

Des soupirs commencèrent à s’élever dans le studio, suivis de chuchotements :

« C’est encore le stagiaire…
– Il a toujours des trucs à redire, celui-là, il ne va donc jamais s’arrêter ?
– En même temps, on ne peut rien dire, c’est le neveu du proprio de la chaîne… »

Lorsque le calme revint enfin, le producteur de l’émission, Marc, invita Emilien, 22 ans, jeune stagiaire en communication audiovisuelle, à poursuivre.

« On est vraiment obligé de commencer l’émission comme ça ? Je veux dire, c’est du déjà vu tout ça, tout le monde le fait ! Et puis, avec la faible proportion de « faits réels » qu’on a mise, je―
– Et vous avez mieux à proposer, je présume ?
– Euh… Mieux, je ne sais pas, mais on pourrait essayer d’innover. Tenez, un exemple tout con, ce Michel Breuil, c’est un peu banal comme nom, un de mes professeurs disait toujours « pour un programme qui attire, prenez des noms qui déchirent » ! Ah, et y’a le scénario aussi, il est très cliché, il faudr―
– C’est bon, on a compris ! Vous savez quoi, mon cher Emilien, on va vous laisser les rênes pour un épisode. Un épisode entier. »

Un brouhaha s’empara de nouveau de la salle, mêlant surprise et inquiétude, tandis que le jeune stagiaire commençait à esquisser un sourire.

Quelques semaines plus tard, sur une chaîne télévisée grand public :

« Cette histoire est TOTALEMENT INEDITE. Nous sommes chez Gégé, un empaqueteur de mouchoirs en papier comme il n’en existe pas deux dans la petite ville de Méru. Mais son quotidien va être bouleversé avec l’arrivée de son nouveau voisin Michou, qui ne jure que par le mouchoir en tissu. Comment ces deux personnes que tout oppose vont-elles réussir à battre les robots envahisseurs dans le plus grand tournoi de toupies du pays, et regagner le cœur de leur premier amour commun ? »

Dans une maison, quelque part, non loin du studio de production :

« L’émission est foutue… » soupira Marc, en caleçon sur son canapé, en entamant son quatrième pot de glace de la soirée.

NouilleChan

Chroniques [Para]Normales N° 1 – Le mystère Ravencroft.

1885 : Le premier incident notable s’étant produit dans l’immeuble Ravencroft (du nom de son architecte, Edward Ravencroft) est d’une remarquable banalité. Un jeune professeur, Preston Windham, avait réussi, par on ne sait quel miracle, à louer un appartement au sixième étage du bâtiment. Peu de temps après son installation, il remarqua, un soir, le bruit régulier et passablement énervant d’une goutte d’eau tombant dans un lavabo. Plic. L’évier de la cuisine fut le premier concerné. Ploc. Puis celui de la salle de bain. Plic. Et, enfin, la baignoire. Ploc. Une fois tous les robinets consciencieusement fermés, il retourna à sa lecture. Plic. Décidément, pour une habitation aussi récente, les travaux de plomberie laissaient à désirer. Il revérifia partout dans chaque pièce. Ploc. Rien. Et pourtant, il continuait de l’entendre. Ploc. Obsédant. Plic. Cela ne pouvait plus durer. Le lendemain, il fit venir un plombier. Après plusieurs heures de recherches infructueuses et une facture particulièrement salée, l’artisan déclara qu’il avait d’autres choses à faire que de perdre son temps. Pensant qu’il se moquait ouvertement de lui, Preston entra dans une colère noire. Ploc. Une voisine ayant entendu le vacarme provenant de chez lui se dépêcha de contacter la police. Arrivées sur place, les forces de l’ordre se hâtèrent de maîtriser le forcené. Plic. Le rapport d’enquête mentionne qu’à aucun moment, le plombier n’avait entendu le moindre son à l’intérieur de l’appartement. Pas un seul. Ploc. On en vint rapidement à la conclusion que le pauvre souffrait d’une forme rare de démence. Il fut envoyé dans un centre psychiatrique afin de soigner sa pathologie. Le registre indique qu’il ne quitta jamais les lieux.

1894 : Agatha Crawford, romancière en voyage, avait été logée par un couple d’amis habitant au cinquième étage de l’immeuble Ravencroft. Durant son séjour, elle passa de nombreuses journées à mener des recherches pour son prochain recueil de nouvelles ne rentrant qu’une fois la nuit tombée. Un soir, alors qu’elle rentrait, justement, d’une de ses virées en ville, elle fut témoin d’un évènement étrange. Alors qu’elle se trouvait devant le miroir de sa coiffeuse, elle entendit un filet d’eau s’écouler au dessus de sa tête. Le bruit, d’abord ténu, devint de plus en plus perceptible. Qui pouvait bien prendre un bain à cette heure-ci ? Elle n’y prêta guère attention jusqu’à ce que le plafond se mette à suinter. Les voisins avaient dû oublier de couper le robinet et la baignoire était en train de déborder. Elle décida d’aller les prévenir. Au moment même où elle frappa à la porte, le bruit cessa immédiatement et elle n’eut aucune réponse. Lorsqu’elle en parla le lendemain matin, une expression d’incompréhension traversa le regard de ceux qui l’hébergeaient. Ils lui expliquèrent alors que personne n’avait plus habité les lieux après l’internement du précédent locataire. Pourtant, le plafond était bel et bien détrempé. Il s’agissait peut-être de vagabonds. Elle fit part de son expérience dans un court roman qui rencontra un fort succès à l’époque.

1906 : Cette année-là, c’est l’ensemble des canalisations qui sembla rencontrer des problèmes. En effet, les habitants affirmèrent les avoir entendu trembler comme si quelque chose passait à l’intérieur. Le concierge émit l’idée qu’il pouvait s’agir de bulles d’air couplées à un état vétuste des tuyaux. Un locataire lui fit remarquer qu’ils avaient été changés l’année précédente. On prit soin de les vérifier pour découvrir qu’une grande partie d’entre eux avaient été déformée de l’intérieur. La qualité des matériaux employés fut immédiatement mise en cause par le propriétaire qui reprocha à l’entreprise de l’avoir lésé. Le patron de celle-ci se défendit en expliquant qu’il avait utilisé ce qui se faisait de plus solide sur le marché. Selon lui, quelqu’un avait sûrement dû s’amuser à y introduire quelque chose ce qui expliquerait leur état. Toutefois, il était facile de constater qu’il s’agissait d’un matériel bas de gamme.

1915 : Une tragédie frappa de plein fouet la vie de l’immeuble. Jonathan Harpswell, cardiologue, fut retrouvé mort dans son appartement. Les circonstances de son décès restent, encore aujourd’hui, inconnues. Âgé de 32 ans, il était en parfaite santé et était considéré comme un sportif accompli. Le compte-rendu d’autopsie fait état de la présence d’eau dans les poumons provoquée par une insuffisance cardiaque. Le médecin-légiste chargé de le rédiger se permit un trait d’esprit resté célèbre pour avoir été relayé par de nombreux organes de presse : « C’est bien la première fois que je vois un gars mourir noyé à soixante mètres au-dessus du niveau de la mer et à plusieurs dizaines de kilomètres des côtes. »

1917-1919 : Deux ans après, la mort refit parler d’elle. Cette fois, c’est le concierge qui décéda les poumons remplis d’eau. Les choses ne firent qu’empirer par la suite. En 1918, ce furent pas moins de trois personnes qui moururent dans les mêmes circonstances. Un dernier décès en 1919 finit par convaincre les autorités municipales de la nécessité de faire condamner l’immeuble. Si toutes les disparitions précédentes ne les avaient en rien alertés, un détail étrange concernant ce dernier cas semble avoir été à l’origine de cette décision. Un article paru dans un journal local faisait état d’étranges marques de ventouses remarquées sur le cou du défunt. On parla d’une violente réaction allergique à un produit employé au début du siècle dans des travaux d’isolation. La prudence, ainsi que des rumeurs qui se voulaient de plus en plus insistantes, poussèrent la mairie à prendre des mesures radicales. L’immeuble Ravencroft fut rasé l’année suivante.

1935 : Incident à la piscine municipale. Une jeune employée a été retrouvée morte flottant dans le bassin central à l’heure d’ouverture. Ses poumons étaient, comme on pouvait s’en douter, remplis d’eau et son cou présentait d’étranges marques circulaires. Les autorités ont refusé de faire le moindre lien avec les affaires qui ont eu lieu quelques années auparavant à la même adresse.

Mickaël

Les Envahisseurs sont là !

— L’invasion a commencé ! Ils sont là, ils nous suivent, nous observent, attendent le moment idéal pour frapper ! C’est la fin de l’Humanité si on ne réagit pas tout de suite, je vous le dis !
— Hé, on se calme, tu parles de qui ou quoi, là ?
— Ils sont là, je vous dis ! Dans les villes, les villages, les réseaux sociaux !

— Tu sais que quand tu te mets à parler comme ça, tu passes juste pour un bon gros taré, non ? Enfin, bref, je vais sûrement le regretter, mais vas-y, je t’écoute. Il se passe quoi exactement ?
— Les autres mondes nous attaquent ! Ils veulent qu’ils n’en restent qu’un, et le nôtre semble déjà éliminé dans cette petite compétition !
— Les autres mondes ? Quels autres mondes ?
— Les dimensions parallèles, celles auxquels seuls les auteurs ont accès, celles qui racontent des histoires alternatives aux nôtres…
— Ah ouais, genre on a pris d’autres décisions, voire on n’a même pas existé, c’est ça ?

— C’est ça. Et donc, il en existe une où l’Humanité a atteint un stade de sagesse et de paix comme on en rêve ici. Devant les piètres résultats de la nôtre, il a été décidé de créer une union entre les mondes pour nous placer sous le contrôle de personnes plus douées pour nous faire évoluer !
— En clair, nos clones issus d’une ou plusieurs dimensions parallèles s’apprêtent à nous attaquer ?
— Mais pire ! L’invasion a commencé, je vous dis, ils sont partout ! Ils nous suivent même à la trace, ils font les mêmes gestes que nous, ils nous étudient, mais la nuit, ils disparaissent et se réunissent pour comploter !
— Mais attends, comment ils peuvent faire ça sans que personne les remarque ?

— Ils ont un système de camouflage perfectionné, personne ne les remarque, on a même fini par penser que leur présence était naturelle, alors qu’elle ne l’est pas… Ah, bon sang, nous sommes fichus !
— Mais on devrait parfois les repérer, quand même, surtout dans les zones les plus fréquentées, on devrait avoir quelques accidents.
— Non, non, non, ils vivent encore sur un tout autre plan de notre dimension. C’est malin. Ils peuvent ainsi observer et écouter sans jamais être dérangés.

— Ouais…. T’as définitivement fondu un fusible, mon gars. Allez, je me casse, moi.
— Attention derrière, il est là et attend de frapper ! Au sol, sombre comme ses desseins…
— Ah oui, d’accord, tu penses donc que nos ombres sont des agents d’un autre monde chargés de nous dresser… Je le redis : t’as pété un câble !
— Vous verrez. Vous verrez tous que j’ai raison. Un jour, ils disparaîtront totalement et ne réapparaîtront que pour frapper…

Le lendemain, tout le monde semblait avoir étrangement perdu son ombre.

Anthony