5 méthodes INFAILLIBLES pour obtenir TOUT ce que vous voulez

 

Salut à tous ! Ici PetitVampyrDu666 et, aujourd’hui, je vais vous donner quelques astuces pour convaincre vos parents de céder au moindre de vos caprices. Afin d’y parvenir, je vais prendre pour exemple les différentes stratégies que j’ai élaborées afin de forcer mon père à m’acheter un petit chat et je peux vous assurer que la tâche s’est avérée bien plus complexe que ce à quoi je m’attendais. Il faut dire que depuis ce qui s’est passé avec Titou, mon blaireau apprivoisé (L’incident avec la moissonneuse-batteuse, la mort violente, tout ça, tout ça), il avait pas trop envie de m’acheter un animal de compagnie, prétextant que cela allait revenir à jeter du pognon par les fenêtres. Néanmoins, à force d’efforts, d’envie et d’audace (Ça sonne bien, vous trouvez pas ?), j’ai fini par y parvenir. Pour cela, j’ai bien évidemment dû tester plusieurs tactiques avant d’arriver à mes fins. Mais trêve de mondanités, passons aux choses sérieuses.

Méthode n° 5 : SPAM ! SPAM ! SPAM !

Blinder sa boîte mail de demandes concernant l’objet de votre désir peut être un bon départ. Bien évidemment, vous ne devez pas vous arrêter là. Les SMS et les demandes orales à répétition peuvent aussi très bien marcher. Il faut tout de même vous assurer que le parent concerné soit en possession de deux choses cruciales avant de vous lancer dans ce projet de pourrissage intégral : un ordinateur et un téléphone portable. Mon père n’en possédant aucun… Ouais, bon, ça va ! Tout le monde peut faire des erreurs ! Et c’est pas ma faute, si mon paternel continue de communiquer avec des chauve-souris voyageuses ! Comment voulez-vous que je fasse mon chieur si je peux même pas… Attendez une minute ! Je reviens de suite !

Addendum : Tenter de spammer le courrier de quelqu’un avec une chauve-souris acariâtre est une idée de merde… J’ai encore des traces de griffures sur le visage…

Méthode n° 4 : L’exposé scientifico-pouet-pouet.

J’ai demandé à mon cousin Vlad de m’aider sur ce coup. On a essayé de faire comprendre à mon père qu’un petit chat allait être un plus pour la famille à l’aide d’une mini-conférence sur les bienfaits qu’un animal de compagnie peut avoir sur la santé et l’économie du foyer. On s’était réparti les tâches de la manière suivante : je faisais le discours tandis que Vlad montrait les diagrammes que j’avais préparés. Malheureusement, il semblerait que mon argument principal, à savoir qu’avoir un chat rallonge l’espérance de vie, n’ait pas trop réussi à le convaincre… D’ailleurs, ça donne quoi quand on rallonge l’espérance de vie de quelqu’un d’immortel ?

Méthode n° 3 : Le pot-de-vin.

J’ai voulu lui faire une offre qu’il ne pouvait pas refuser (J’ai entendu ça dans un super film appelé « Super Mafia contre le Ninja Vampire »). Bizarrement, il a éclaté de rire et est allé reposer les sous dans mon cochon tirelire en me demandant si je préférais pas m’acheter une peluche Mimiqui plutôt que de jouer un remake pré-pubère du Parrain… J’ai pas bien compris de quoi il parlait… Toujours est-il qu’elle va super bien sur mon bureau cette nouvelle peluche ! Je vous ai déjà parlé de ma super collec’ Pokémon ? Je l’ai commencée y a 25 ans et, depuis, j’arrête pas d’y rajouter de nouvelles pièces ! Tout mon argent de poche y passe ! Je parlais de quoi, déjà ?

Méthode n° 2 : Le soutien familial.

J’ai déjà commencé à aborder la question mais je dois dire que mon cousin Vlad a été un allié des plus précieux, tout comme mon oncle Egdar Von Blood, d’ailleurs. L’un comme l’autre ont insisté auprès de mon père pour qu’il accepte ma requête car, je cite, je commençais sérieusement à leur casser les noix avec cette histoire de matou. C’est-y pas beau la solidarité familiale !

Méthode n° 1 : La patience.

Après toutes mes tentatives plus ou moins ratées, Père a fini par céder et m’a ramené un petit chat. Au final, je crois bien que c’est la combinaison de toutes mes conneries qui l’a poussé à finalement m’en acheter un. Vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire pour obtenir tout ce que vous voulez ! (J’en ai quand même sacrément chié…). Au passage, j’en profite pour vous mettre une photo de Lucifer :

 

Mickaël 


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Un enseignement pas très normal

 

Alors, on croit tout savoir des fantômes et autres créatures étranges ? Et surtout comment les neutraliser ? Pardon ? Ah oui, vous avez vu tous les SOS Fantômes, l’intégrale de Supernatural, et d’autres trucs encore à côté, oui, oui… Bref, vous savez tout ce qu’il y a à savoir sur le métier autant que je sais tout d’une enquête policière depuis que je me suis tapé tout ce qui existe sur Sherlock Holmes, quoi. En un mot : vous êtes nuls ! Vous seriez même pas foutus de reconnaître un fantôme si vous en aviez un qui vous surgissait sous le nez ! Mais je suis bon prince et je vais vous enseigner quelques petits trucs intéressants sur le sujet. Alors, virez-moi vos références idiotes de vos petites têtes et laissez parler les pros !

Alors, règle numéro 1 : on ne peut ni tuer, ni capturer un fantôme ou toute autre apparition ! Non. Pourquoi ? Parce que c’est déjà mort ; ou, dans tous les cas, ça appartient à un autre plan astro-dimensionnel. Vous voulez vous en débarrasser ? Renvoyez-le dedans et fermez à clé ! Hé ouais, y a pas d’autre solution.

Ce qui m’amène au point deux : oubliez toutes ces conneries de pièges, munitions « magiques », et autres. Vous devez refermer le portail et, pour ça, vous aurez besoin d’un grimoire comme celui que je vous ai fait passer. Faites gaffe avec les formules, ça balance à la seconde où c’est prononcé à voix haute ! On perd régulièrement des élèves dans les limbes avec ça… Oh, et vous saurez qu’un portail est ouvert par la sensation de froid qui vous envahit, même s’il fait trente degrés dehors. Comment ça, il fait subitement froid, ici ? Non, vous devez rêver.
Bref, nous arrivons au troisième point : ne partez JAMAIS en mission sans l’aide d’un arcaniste confirmé ! Et, surtout n’énervez jamais l’arcaniste en question, il pourrait trouver un moyen très désagréable de se venger… J’en ai moi-même fait les frais il y a bien longtemps…

Pour ceux qui se poseraient la question, oui, vous pouvez avoir des armes. La dernière chose dont vous avez envie est bien de vous retrouver sans ça face à une horde de fidèles fanatiques déchaînés et décidés à vous sacrifier à leur idole. C’est une situation assez gênante.
Dernier détail : si vous voulez les repérer, croyez-moi, vos yeux suffisent. En plus de provoquer un froid assez puissant, ce sont de vrais sapins de Noël, quand ils décident de se montrer ! Pardon ? Ma tenue ? Oui, je suis intégralement couvert, en mode discret et furtif, où donc est le problème ? Oh, je vois, vous me suspectez d’être… Haha, très marrant, oui.
Bien, assez plaisanté, ceci conclut donc votre premier cours sur les bases de la chasse aux fantômes, nous verrons le reste aux cours suivants. Bonne journée.

Bien, ils sont tous partis. Je peux enfin me détendre un peu. Mais quelle idée j’ai eue de chasser les fantômes et d’enseigner à le faire en en étant un moi-même !

Anthony

Comic Trip – Le LIT qui TUE !

 

Parfois, je me dis que ne pas répondre aux textos de mon meilleur ami pourrait m’éviter un paquet d’embrouilles plus ou moins délirantes. L’histoire que je m’apprête à vous raconter a commencé avec un simple SMS :

« Urgent ! T’attends au 50 Berkeley Avenue ! Viens seul ! James.»

La première pensée qui me traversa l’esprit fut un magnifique « Et merde ! ». Il faut dire que James Bruckner, alias Jimbo, avait la sale habitude de se fourrer dans des situations pas possibles et de m’y entraîner avec lui. Je décidai, tout de même, de me rendre à l’adresse qu’il m’avait donnée. Il s’agissait d’une maison en ruine. Alors que je le rejoignais dans le jardin, il s’adressa à moi :

« T’as mis le temps pour venir Franky ! T’étais où ?
– À l’épicerie pour acheter du désodorisant et un briquet pour ma mère, répondis-je en désignant la poche en plastique que j’avais à la main.
– Parce que monsieur continue de faire les courses pour sa petite maman comme quand il avait 10 piges, c’est-y pas mignon ?
– Venant de la part du mec qui, chaque jour, attend le marchand de glaces comme le messie, ça me fait doucement rigoler.
– Hé ! Ça c’est un coup bas !
– S’tu le dis. Bon, pourquoi tu m’as fait venir devant ce taudis ?
– J’ai besoin de ton aide !
– Ah ? Et tu en as besoin pour ?
– Vérifier si une creepypasta que j’ai trouvée sur le net est véridique ou pas, tout simplement.
– Non mais c’est pas vrai Jimbo ! Tu crois que j’ai vraiment du temps à consacrer à ce genre de c*nneries ?! Tu m’excuseras mais j’me tire !

Alors que je commençais à partir, James me retint par le bras :
« Allez Franky, prends au moins le temps de m’écouter.
– Je sens que je vais le regretter… Vas-y, explique ton truc. Par contre, je te préviens direct, je veux la version abrégée !
– Okay. Alors, d’après ce que j’ai pu lire, la baraque a autrefois appartenu à une vieille peau aigrie qui pourrissait la vie de sa femme de chambre. Un jour, alors qu’elle l’avait forcée à refaire près de vingt fois le même plumard parce qu’il n’était pas assez au carré, la pauvre bonniche péta un plomb et assassina son employeuse en lui explosant le crâne avec un chandelier qui traînait là. Depuis, on raconte que la chambre où elle est morte serait hantée. J’aimerais donc…
– … vérifier si c’est vrai. Bon, j’imagine que j’ai pas vraiment le choix et que je vais devoir t’accompagner pour éviter que tu fasses trop de conneries. On entre, on vérifie que toute cette histoire c’est des foutaises et on se barre.
– Pas tout de suite !
– Et pourquoi donc ?
– Parce que J’ai déjà envoyé Gerald à l’intérieur. Il devrait plus trop tarder à revenir pour nous dire si c’est safe.
– Gerald… Attends ! Ne me dis pas que t’as envoyé Gerald Ferguson en éclaireur dans cette bicoque !
– Ben si, pourquoi ?
– Ce type est complètement neuneu, voilà pourquoi !
– Mais non, t’exagères ! Il est pas si…
– Moi, j’exagère ?! Nom de Dieu, Jimbo, ce type est à la débilité profonde ce que Margie est à la nymphomanie : un parfait représentant !
– Parle pas de ma grande sœur comme ça ou je te casse la gueule ! s’exclama James en m’attrapant par le col de ma chemise.
– Toi, James Bruckner, 62 kilos tout mouillé, 1m67 les bras levés, tu comptes me casser la gueule ? lui demandai-je.
– Bien sûr que oui ! Tu vas voir, je vais te casser en deux et puis, après… »

Je ne laissai pas à James le temps de finir sa phrase et lui assenai une légère pichenette entre les deux yeux à l’aide de la chevalière que mon père m’avait offert pour mes vingt ans, histoire de lui calmer un peu les nerfs. Il porta immédiatement ses deux mains à l’endroit où je l’avais frappé :

« B*rdel mais ça fait mal !
– Bon sang, Jimbo, mais ouvre les yeux ! Tout le patelin sait très bien que ta frangine a eu plus de mecs en quatre années de fac que n’importe quelle bonne femme du coin en l’espace de deux siècles et ça fait déjà un bail que tout le monde considère Gerald Ferguson comme l’idiot du village ! Le type est débile au point de pas faire la différence entre une lampe torche et un p*tain de cornet de glace ! Sans déconner, il te faut quoi de plus pour voir la vérité en face ?! »

Au moment de finir ma petite gueulante, un hurlement provint de l’intérieur de la maison. Nous fonçâmes alors jusqu’à la source du cri. Il s’agissait d’une grande chambre située au premier étage. La plupart des meubles qui la composaient étaient couverts de draps, à l’exception du lit qui trônait fièrement au milieu. Ce dernier était imbibé de sang. Alors que nous allions pour sortir, la porte se claqua devant nos yeux et se ferma à double tour. Une voix retentit dans la pièce et le lit se mit à bouger de lui-même, laissant entrevoir, entre le matelas et le sommier, une série de dents acérées auxquelles pendaient des lambeaux de chair et la casquette de ce pauvre Gerald.

« Nom de Dieu de b*rdel à c*l ! Dans quel m*rdier tu nous a foutus Jimbo ?! hurlai-je»

Il fallait agir et ce, au plus vite. Pas le temps de faire un plan élaboré. C’est là que l’idée m’est venue. Alors que l’autre saleté s’apprêtait à nous engloutir, je lui grillai la tronche à l’aide d’un lance-flammes improvisé avec la bombe de « Santoubon » et le briquet achetés plus tôt. La chose se mit à hurler. Au même instant, la porte se rouvrit derrière nous. Nous n’avons pas demandé notre reste et nous nous sommes dépêchés de sortir de la baraque qui commençait à flamber du sol au plafond. À peine avions-nous passé le portillon menant au jardin que nous fumes projetés en avant par une explosion qui désintégra intégralement la maison. En se relevant, James s’exclama, juste avant d’éclater de rire :

« La vache ! On peut dire que c’est le genre de désodorisant qui se contente pas juste d’éliminer les mauvaises odeurs !»

À ce moment précis, je me demandai ce qui me consternait le plus : la nullité abyssale de la blague de James, le fait qu’il occulte totalement la mort de Gerald ou bien le spectacle désolant du cratère béant qu’était devenu le 50 Berkeley Avenue.

 

Mickaël

Ma rencontre avec un Chuunibyou

 

 

Lundi dernier, j’ai mangé une chocolatine. Certains d’entre vous crieront « Halte là, malheureuse ! Que diable est cette sorcellerie, il s’agit d’un pain au chocolat, voyons ! ». Mais je ne suis pas là pour relancer le débat, j’ai une histoire bien plus intéressante à vous conter. Car voyez-vous, plus tard dans cette même journée, j’ai fait la connaissance d’une personne assez … atypique, disons. Au vu du titre, j’imagine que vous savez déjà quel genre de personne c’était. Et pour ceux qui n’ont pas vu le titre (si, par exemple, vous avez cliqué involontairement et que la fenêtre s’est imposée à vous sans vous laisser le choix, mais que, pour une raison inconnue, vous restez là, à lire, et c’est plutôt cool) ou pour ceux qui simplement ne savent pas ce qu’est un Chuunibyou, laissez-moi vous l’expliquer brièvement. Un Chuunibyou, pour faire simple, c’est quelqu’un qui se donne un style pseudo asocial, ou qui prétend avoir un quelconque pouvoir psychique, par exemple.

Eh bien, justement ! Parlons-en de ces pouvoirs psychiques ! La personne que j’ai rencontrée, que l’on va appeler Madame X, prétendait avoir la capacité d’effacer des bribes de mémoire de certaines personnes. Mais (oui, il y a un « mais »), il fallait réunir plusieurs conditions pour ce faire. La première étant celle de la « réceptivité » de la personne. Une personne non compatible est immunisée à ce genre de tour. Comme c’est pratique. Je ne suis visiblement pas assez « réceptive », puisqu’elle n’a rien réussi à faire sur moi. Toujours est-il que ça nous laisse sans preuve de l’existence de sa soi-disant capacité. Je tiens bien à préciser que je ne suis pas totalement fermé d’esprit, je ne nie pas tous les phénomènes sortant de l’ordinaire. Il m’arrive parfois de me surprendre à suivre avec une étrange curiosité des reportages portant sur des sujets variés, plus ou moins surnaturels. Mais je dois admettre que j’ai un peu de mal à croire l’histoire de Madame X.

Car cette collégienne (oui, j’ai oublié de préciser qu’elle est en quatrième), aussi convaincante se veut-elle, me paraîtrait très peu crédible en tant qu’esper. De vous à moi, j’ai entendu des choses assez … comment dire … douteuses ? Tenez, il paraît que lorsqu’elle est à son école, il lui arrive souvent de s’isoler dans un coin de la cour, disant aux autres de ne pas s’approcher car elle risquerait de ne plus pouvoir retenir ses « ombres », le tout en se cachant l’œil gauche. Ou droit. Ou les deux. Bien que cette image me semble assez amusante à imaginer. Passons.

Je ne suis évidemment pas là pour juger qui que ce soit, chacun ses hobbies, moi, par exemple, j’aime bien la cueillette du raisin dans le jardin de mon papi. Mais là n’est pas la question. Je me dis simplement que plus tard, dans les réunions en famille ou entre amis, où ils se remémoreront les souvenirs d’antan, et que tout ce qu’elle pourra raconter c’est « quand je m’amusais à jouer les enfants emo-gothiques en prétendant contrôler la mémoire des gens. » Et elle risque de repenser à cette sombre période de son enfance avec regrets.

Ah, et une dernière chose ! Dernière, mais pas des moindres … Je ne vous ai pas encore dit que … Attendez, je dois l’avoir noté quelque part, ne bougez pas. Hum, je ne le retrouve pas … Je vous racontais quoi déjà ? Ah oui, lundi dernier ! Donc, j’avais mangé une chocolatine. Certains d’entre vous crieront « Halte là, malheureuse ! Que diable est cette sorcellerie, il s’agit d’un pain au chocolat, voyons ! » Mais je ne suis pas là pour lancer le débat. Je suis venu vous parler de ma chocolatine. Je crois …

Nouillechan

Mammouths en colère !

 

 

« Bon, on va démarrer, tout le monde est prêt ? demanda le metteur en scène, Pierrick.
– Je crois qu’il manque les mammouths… murmura Jean-François, son assistant.
– Putain mais c’est pas vrai !
– C’est bon, t’énerve pas, ils vont arriver…
– Ne pas m’énerver ? Les mammouths ne sont pas là alors qu’on est sur le point de démarrer l’ère glaciaire et leur extinction et tu me demandes de ne pas m’énerver ?!
– Non mais je veux dire, au pire, on a qu’à passer cette phase, c’est pas trop grave…
– Ok, alors je vais tout récapituler, histoire de bien mesurer à quel point cette idée est stupide : tu me suggères de simplement passer plusieurs milliers d’années et un événement marquant pour cette planète comme ça, sans rien dire ?
– Honnêtement, je ne vois pas d’autres solutions… Après il va encore falloir faire les grands mammifères et l’arrivée de l’humanité dans le schmilblick, alors autant pas perdre de temps avec une seule espèce, surtout vu notre retard…
– Mais c’est pas une seule espèce comme les autres bordel ! C’est les mammouths. Les plus gros habitants terrestres après les dinosaures. C’est pas rien leur extinction. Ca va pouvoir alimenter des tonnes d’histoires pour les autres espèces, développer leur imagination, leur sens de la recherche quand ils trouveront des ossements, on ne peut tout simplement pas laisser passer ça !
– On va devoir trouver une solution rapidement alors parce qu’on démarre la suite dans dix minutes… »
La jeune stagiaire débarqua sur ces entrefaites dans la conversation, l’air encore plus paniqué que le metteur en scène.

« Chef, Chef !
– C’est qui encore celle-là ? grommela-t-il en la regardant.
– C’est la stagiaire.
– Non mais c’est pas vrai, mais qu’est ce que j’en ai à foutre de la stagiaire, demandez lui de faire du café pour l’occuper et laissez moi tranquille à moins que vous n’ayez trouvé ces fichus mammouths !
– Justement chef ! s’écria-t-elle.
– Quoi ? La machine à café est en panne ?
– Aussi, mais c’est pas le problème. Les mammouths se sont barricadés dans leur loge en prenant en otage les hommes de Neandertal et refusent de les libérer si on n’accepte pas leurs conditions !
– Putain mais c’est quoi ça encore ?
– Je sais pas mais on a huit minutes pour trouver une solution… soupira l’assistant. »

Ils se retrouvèrent donc en face de la loge des mammouths, barricadée avec les bouts de météorites qui avaient servi au final de l’extinction des dinosaures, le soir d’avant. A l’intérieur, on pouvait entendre les cris de terreur des hommes de Neandertal, ainsi que de grosses voix hurlant « Le réal t’es foutu, les mammouths sont dans la rue !! » à tue-tête.
« On leur dit quand que la loge c’est pas vraiment la rue ?

– Honnêtement c’est pas le moment de faire de l’humour Jean-François… C’est bon ! Il est là le réal ! Qu’est-ce que vous lui voulez ?
– On va vous envoyer notre porte-parole !
– D’accord mais ce serait vraiment bien s’il pouvait parler en moins de cinq minutes, parce que là on n’a pas le temps et…
– Mais ta gueule Jean-François, ta gueule…
– Chef, je crois que le porte-parole attend ! rappela la stagiaire.
– Oui, ce serait sympathique de m’écouter…
– Bon. Qu’est-ce qui ne va pas au juste ?
– Ce qu’il y a c’est que nous refusons catégoriquement de nous éteindre !
– Non mais vous déconnez là ? s’écria Pierrick, abasourdi.
– Absolument pas, et tant qu’on n’aura pas changé le script, non seulement nous ne reviendrons pas sur le plateau, mais en plus nous ne libérerons pas les hommes de Neandertal pour qu’ils puissent jouer leur rôle !

– Non mais c’est pas vrai, mais c’est du délire ça ! Depuis quand on discute de son extinction au juste ?! Vous allez revenir sur le plateau et fissa !
– Jamais ! Soit on rediscute le script et vous nous donnez notre place dans le reste de l’histoire de la vie, soit c’est la grève générale !
– Mais je ne peux pas faire ça ! C’est déjà écrit, vous êtes censés vous éteindre et laisser votre place à d’autres animaux ! Même moi je ne peux pas changer le script !
– Dites, il nous reste deux minutes là…
– Mais ta gueule Jean-François !
– Chef ?
– Quoi encore ?
– J’ai peut-être une solution… »
Jean-François regardait les acteurs jouer leur rôle sur le grand théâtre de la vie, satisfait. Encore une fois, une catastrophe avait été évitée. Sur la scène, les hommes, maintenant bien plus évolués, venaient de faire une découverte fondamentale. Il se tourna vers la jeune stagiaire, désormais officiellement assistante :
« C’était quand même une bonne idée !
– Oh, on venait juste de livrer le nouveau frigo, j’y ai pensé comme ça.
– Tout de même… sourit-il, en regardant les scientifiques s’émerveiller devant le mammouth congelé qu’ils venaient de déterrer.

 

Alice

Quand la liberté détruit le monde

 

— Bon, alors, il s’est passé quoi, cette fois ?
— Bah, d’abord, y a eu un vieux qui…
— Bordel, mais c’est pas possible ! Ça démarre TOUJOURS avec un vieux, avec vous ! Vous comptez me faire l’inventaire de la section gériatrie de tous les hôpitaux du monde, ou quoi ? Je vous préviens, le reste a intérêt à être vraiment intéressant, hein !
— Oui, bah, si vous me laissiez parler, ça pourrait peut-être le devenir ! Donc, j’ai croisé un vieux qui m’a balancé une espèce d’énigme bizarre…
— Non mais, vous vous foutez de moi, là, en fait… Le vieux, l’énigme bizarre, et on va encore avoir droit au coup de l’artefact antique que personne ne connaît et que vous n’avez évidemment pas récupéré pour la suite, c’est ça ?
— Comment vous avez deviné ?

— …Oui, bon, bref, continuez. Putain, ça va encore être long, cette histoire.
— Donc, le vieux m’a balancé son énigme, puis il m’a emmené vers un bosquet sombre en disant que c’était la clé de tout ça. Et là, qu’est-ce que je trouve ? Une épée. Comme ça, toute seule, qu’il me dit de prendre. Alors, moi, qu’est-ce que je fais ?
— C’est effectivement la question qui est sur toutes les lèvres.
— Bah, je suis pas fou, je la prends pas. Hé, je suis pas con, quand même, les pièges, je les vois de loin. Je fais demi-tour, et là, il me beugle un truc au sujet de ma destinée, ou je ne sais quelle connerie… Moi, forcément, je lui réponds « J’ai pas envie de crever comme une merde, ducon, va te faire foutre ! ».
— Et donc, cette épée, elle est devenue quoi, exactement ?
— Je voulais pas qu’il essaie d’embrigader d’autres types dans sa connerie, alors, j’ai agi en conséquence : j’ai tout cramé, histoire de bien raser le bordel et faire fondre ce truc. Histoire que tout le monde soit enfin tranquille, quoi. Oh, et j’ai aussi fumé le vieux au passage, que ça soit bien fini.
— Nom de Dieu, retenez-moi ou je vous étrangle. Je plaisante pas.

— Quoi ? Fallait pas ? Désolé, hein, c’était juste un peu trop suspect pour moi. Au moins, maintenant, on a la paix.
— La paix ? La PAIX ? Mais bordel d’enfoiré de bougre d’abruti pas fini à la pisse d’Orc bourré, vous vous rendez compte de ce que vous avez foutu ?
— J’ai débarrassé le monde d’un piège mortel qui a coûté la vie à pas mal d’aventuriers. J’ai bon ?
— D’après ce que j’ai entendu via divers échos de l’affaire un peu partout… VOUS AVEZ FONDU L’ÉPÉE ENCHANTÉE OFFERTE À L’ÉLU POUR DÉTRUIRE L’ANCIEN DÉMON QUI REVIENT TOUS LES 1000 ANS !!! Mais qu’est-ce que vous avez dans le crâne, bordel ? On est tous morts, maintenant !
— Ouais, oh, c’est pas ma faute, hein. Fallait arrêter d’écrire le RPG japonais à coup de clichés avant de l’ouvrir à la liberté de choix et d’action à l’occidentale, hein…

 

Anthony

Les exploités en ont marre !

 

Mais j’avais pas signé pour ça, moi ! Ah, bon Dieu, tu parles d’une journée de merde. J’ai passé mon temps à courir aux quatre coins de la ville et même au-delà, alors, c’est pas le moment de me chercher ! Je suis trop con, aussi, pourquoi je passe mon temps à dire oui à tout ce que tout le monde me demande ? Ah oui, on me paie, c’est vrai… Bon, c’est pas censé être mon boulot, mais au moins, j’ai de quoi voir venir. Cela dit, je pensais pas que j’allais jouer les facteurs et autres préposés aux objets trouvés, surtout parfois pour pas grand-chose derrière. Parce que, payé, oui, payé cher pour le trajet et les efforts, t’as le droit de rêver.

Mais sérieusement, y a pas de service postal dans tous vos bleds ? Comment vous faisiez pour communiquer avant qu’on arrive avec les collègues ? Parce que là, sérieusement, c’est la lose. Je crois que le pire, c’est quand on traverse le monde entier d’un bout à l’autre pour un misérable paquet… Sans parler de tout ce que vous paumez parce que vous allez traîner n’importe où n’importe comment ! On vous dit, on vous répète que cette forêt est pleine de bandits, mais nooon ! Il FAUT la traverser, ça va plus vite. Et qui se tape la corvée de récupération de tout ce que vous laissez tomber dans votre fuite ? Hé bah, c’est bibi !

Non, sérieusement, au bout d’un moment, vous m’emmerdez, et encore plus quand vous me promenez d’un point à un autre parce que, éééééééééévidemment, pour arriver à l’endroit où je suis censé arriver, je dois faire des détours par paquets de dix du fait qu’on m’envoie dans la mauvaise direction ou vers la mauvaise personne au départ ! Et qu’on répète ça pendant dix plombes ! Quelque part, après avoir fait ça, on comprend pourquoi vous engagez principalement des apprentis mercenaires : on se fait tellement attaquer sur le trajet qu’on aurait le temps de mourir trente fois si on savait pas se défendre !

Bon, au milieu de tout ça, on arrive à trouver le temps de s’entraîner et trouver du vrai boulot intéressant, d’autant que ça aide à se faire un nom… Mais quand même, au bout d’un moment, ça pèse. Genre beaucoup. Alors, soit vous vous créez ENFIN une Guilde des Facteurs et vous embauchez du monde, soit vous nous payez à la hauteur de nos efforts, mais il va falloir se décider, parce qu’on va finir par faire grève et vous dire merde à chaque fois que vous voudrez nous prendre pour des cons comme ça !

Ah, bon sang, je vous jure, c’est parfois pas facile d’être un personnage de MMORPG…

 

Anthony

ATTENTION !! Le texte qui suit contient des personnages dangereusement maladroits !!

Vous savez ce qu’on dit, on choisit ses amis, pas sa famille. En ce qui me concerne, je suis bien content que ce soit le cas. J’imagine que vous vous demandez pourquoi. Tout simplement parce que je crois bien qu’il n’existe aucun arbre généalogique plus loufoque, tordu et absurde que celui dans lequel j’ai eu la chance de venir me placer. Il faut dire qu’entre un grand frère illusionniste qui, dès qu’il a une idée de tour, le teste et ce, peu importe l’heure ou l’endroit ; une mère scénariste d’une série d’horreur à succès qui passe son temps enfermée à la cave en compagnie de sa vieille machine à écrire ; un père archéologue qui trouve le moyen de se paumer à chacune des expéditions qu’il entreprend et un nombre assez impressionnant d’oncles, de tantes et de cousins plus ou moins éloignés vivant dans des endroits plus ou moins incongrus, on peut dire que je suis servi niveau étrangetés en tout genre. Cette bizarrerie commune nous a, d’ailleurs, amenés à être solidaires les uns envers les autres et je dois admettre que j’adore chaque membre de la dynastie Hilbert. Néanmoins, je dois avouer qu’il y a une personne dans cette joyeuse famille de l’étrange que j’apprécie tout particulièrement. Il s’agit de ma vieille tante Agathe, une petite dame absolument adorable, d’une gentillesse absolue, débordante d’affection, généreuse comme pas deux, cultivée et ouverte d’esprit. Il y a juste un très léger problème la concernant. Elle est un peu… beaucoup… maladivement maladroite. En fait, je crois que ça va beaucoup plus loin que ça. Je pense que je peux affirmer sans la moindre peine que la plupart des choses qu’elle a entrepris de faire se sont quasi-systématiquement toutes soldées par une catastrophe. Vous ne me croyez pas ? Voici quelques exemples qui devraient vous convaincre.

24 mars 1976 : Lors de la première de son émission de cuisine (car oui, cette bonne vieille tatie a été présentatrice télé), elle trouva le moyen d’incendier les bancs où était assis le public en frottant deux couverts en inox l’un contre l’autre. Ce fut la dernière fois qu’un enregistrement eut lieu en direct.

23 décembre 1993 : Afin de célébrer au mieux ma naissance, elle apporta, à la maternité, des pétards surprises remplis de bonbons de sa confection. Le service des urgences ne fut jamais aussi rempli que ce jour-là. Elle est désormais interdite de séjour au CHU de Boismagic-Sur-Hulotte.

23 décembre 2003 : Pour mes dix ans, elle demanda à Nathaniel, mon grand frère, de faire un tour de passe-passe pour faire apparaître mon gâteau d’anniversaire. Il s’est alors dit que ce serait une bonne idée d’y inclure un hélicoptère. Au moment de l’arrivée, le moelleux au chocolat, façonné par ma chère tante pour l’occasion, a foutu le camp juste au-dessus de la maison de notre voisin. Il a traversé la baraque de part en part avant de s’encastrer dans le carrelage du sous-sol, défonçant tout sur son passage et manquant même de tuer le chien du proprio. Si le gros de la catastrophe est dû au frangin, je me dis que ce truc devait être sacrément calorique pour réussir à faire des trous pareils.

7 juillet 2013 : Je venais tout juste de me faire larguer par mon mec lorsqu’elle décida, afin de faire passer mon chagrin d’amour, de préparer de la crème glacée… avec de l’azote liquide ! La moitié du pâté de maison a gelé en l’espace de 5 minutes. J’ai eu droit, en direct live, à un remake de la reine des neiges, version quinqua, le ridicule de l’Âge de Glace, en plus. Sans rire, il ne manquait plus qu’Olaf et Scrat à la poursuite de son gland pour parfaire le décor. Malgré la situation comico-apocalyptique, je dois tout de même reconnaître qu’elle a réussi à me remonter le moral et que je me suis bien marré ce jour-là. Je suis pas trop sûr que ce fut le cas pour le reste du voisinage…

13 août 2016 : Lors de sa dernière émission, elle ravagea le plateau où elle se trouvait en plaçant un récipient en argent dans un micro-ondes allumé. La réaction en chaîne qui en résulta fit s’effondrer l’immeuble où le tournage avait lieu. Un programme d’évacuation ayant été spécialement mis au point pour l’occasion, aucun blessé ne fut à déplorer. Si ce n’est un pauvre gars qui s’était pris une planche à découper, projetée par le souffle de l’explosion, en pleine poire et qui est resté six mois dans le coma. Je crois bien qu’il ne foutra plus jamais les pieds dans un studio télé de sa vie.

Ce qui est totalement dingue, c’est qu’elle s’en sort à chaque fois sans la moindre égratignure. Il faut dire qu’on a le cuir solide dans la famille comme aime à le répéter mon arrière-grand-père.

Enfin bon, malgré tout ça et le risque très probable que des trucs divers et variés me pètent à la tronche, j’adore passer du temps avec elle. Pour tout dire, je passe la plus grande partie de mon temps libre, quand je ne lis pas un manga ou que je mate un film ou une série, chez elle. C’est, d’ailleurs peut-être pour ça que maman me dit qu’elle m’a contaminé. Il est vrai que, comme elle, j’adore cuisiner et je raffole des films avec James Dean mais, pour le reste… Peut-être est-ce lié au fait que, toujours d’après ma chère mère, je suis une source perpétuelle de catastrophes. Sincèrement, je trouve qu’elle exagère un peu. Ce n’est pas parce qu’il m’est arrivé une ou deux fois de faire une petite boulette qu’il faut de suite dire que je suis aussi maladroit que tante Agathe. Vous voulez des exemples ? Eh bien, une fois, j’ai réussi à faire exploser un four dinette en le bourrant de pâte à modeler. J’ai aussi fait sauter le garage en faisant griller des marshmallows. Il y aussi eu ce malheureux incident avec le taille-haie quand j’ai essayé de couper un jambon braisé avec. J’ai failli presque oublier cette fois où… Ben, pourquoi vous partez ? Revenez ! Je vous assure que ce n’est pas contagieux ! Enfin, je crois…

Mickaël

Quand mes parents m’ont demandé : TU FAIS QUOI SUR INTERNET ??

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« Tu fais quoi là, exactement ? »
On est tous d’accord, on l’a déjà tous entendue, cette question. Bizarrement, ça ne m’est pas arrivé pendant que je cherchais une info sur Wikipédia pour faire mes devoirs. C’est vrai quoi, ça aurait été dommage de ne pas avoir ce petit challenge supplémentaire après une journée de cours. Bref, je n’étais pas en train de faire ce qu’un adulte de plus de 40 ans qualifierait de « sérieux » sur internet. Mais alors pas du tout. A moins qu’on considère qu’un site de streaming où 50% de l’écran est occupé par les seins volumineux et les petites culottes de dizaines d’écolières kawaï qui t’invitent à venir les rejoindre soit un haut lieu de savoir. Après tout, on n’a pas précisé le type de savoir recherché, mais je ne suis pas sûre que ce soit ce à quoi mes parents s’attendent.

Maintenant il faut réfléchir, et vite. Qu’est-ce que je montre ? J’écarte les vidéos à connotations sexuelles, ils sont déjà à peu près persuadés qu’internet est l’antre des pédophiles, ça n’arrangerait rien. Faut pas non plus que la vidéo soit juste drôle, ils vont me prendre pour une attardée qui rigole devant le mot « caca ». Dans les faits, c’est pas faux mais là n’est pas la question. Par contre, je peux pas non plus leur montrer une vidéo trop sérieuse : soit ils ne vont pas me croire, soit ils vont me prescrire du lexomil, je n’en ai pas vraiment besoin. Le truc c’est qu’il faut aussi qu’ils comprennent la référence, histoire de ne pas trop les perdre non plus.

Bref, après avoir utilisé mes superpouvoirs de ninja, je ferme le site de streaming pour leur montrer une vidéo sur Youtube, ce qui est, hem, plus neutre on va dire. C’est parti pour leur montrer de la vulgarisation scientifique : t’y apprends des trucs, donc tu ne perds pas ton temps quand tu es sur internet. S’ils font le lien logique, la moitié de la partie est gagnée. Par contre, il vaut mieux que j’évite de leur montrer une chaîne trop bien faite, j’ai encore le douloureux souvenir de mon grand-père qui était resté toute la soirée sur mon ordi à regarder toutes les vidéos de la chaîne. Non, ce que je veux, c’est qu’ils me foutent la paix, pour pouvoir enfin reprendre mes occupations, le tout sans culpabiliser de ne pas être en train de préparer mon avenir (même si, j’en reste intimement persuadée, comprendre comment des collégiennes de douze ans peuvent avoir des pastèques à la place des seins est crucial ).

Les voilà donc devant une vidéo sur les trous noirs. Ils ont l’air satisfaits, c’est bon signe. S’ils aiment pas, il me suffit de mettre en cause les quelques références à la culture geek qu’ils ne peuvent pas comprendre. Du coup, tout est parfait : moi, je vais pouvoir continuer de me perdre sur internet, et eux vont pouvoir sortir de ma chambre la tête haute, fiers d’avoir fait preuve d’ouverture à la culture de leur ado. Et en prime, je vais peut-être avoir droit à une semaine sans qu’on me dise que je passe trop de temps sur internet ou que je pourrais faire quelque chose de plus utile. Tout le monde est gagnant !
Enfin ça, c’est sans compter sur le générateur d’embrouilles familial, à savoir mon petit frère. Dans les faits je l’aime bien, et c’est même moi qui l’ai initié à YouTube. Sauf que là, je regrette instantanément :

« Tu peux leur montrer la vidéo sur Minecraft ?
– Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée…
– C’est quoi cette vidéo, ça à l’air de vous plaire. Tu nous montres ? »

Merde. Alors oui, moi aussi je l’aime bien ce type, il joue bien et les blagues sont drôles, mais devant nos parents, mettre une vidéo d’un type qui dit merde approximativement toutes les trois minutes, c’est pas réellement une bonne idée. Sauf que mon petit frère, il n’a pas de notion de ça. Il ne sait pas que je vais me faire pourrir si mes parents apprennent que je lui ai montré ce genre de vidéo. Et puis, mettons que par miracle, il ne jure pas trop dans la vidéo que je m’apprête à enclencher, ils sont censés comprendre comment l’univers du jeu et les blagues bourrées de références du mec, sachant que je ne suis même pas sûre qu’ils sachent différencier Mario de Pikachu ?
Je me retrouve donc à prier pour une coupure de courant soudaine et mon stress augmente. Alors oui, dans ces cas-là on fait souvent des choses stupides. De là à dire que je regrette d’avoir balancé mon café sur mon ordi, faut pas non plus exagérer. Ils ne l’ont pas vue cette putain de vidéo du coup…

 

Alice