On a trouvé pire que Dark Souls…

« NOM DE DIEU DE B*RDEL À C*L DE BOÎTE À VITESSES !!! TU VAS FINIR PAR CREVER, OUI OU MERDE ?! »

Cela faisait plus d’une heure que les grossièretés en tout genre retentissaient entre les murs du château du Comte Von Blood. Ce dernier étant absent, son neveu Vlad (Mais si vous savez, TheGreatCountVlad) se lâchait allègrement sur le vocabulaire. Il le faisait tant et plus que même les habitants du plus proche patelin avaient certainement dû entendre ses vociférations portées par une douce brise printanière. Ce qui, je vous l’accorde, a de quoi surprendre quand, en fin de soirée, vous vous mettez à entendre un langage parfaitement ordurier arriver de nulle part.

Si les domestiques, cuisiniers et femmes de chambre n’osaient pas moufter (Après tout, il faisait partie de la famille du patron, ce qui, il fallait être clair, était un frein à toutes réprimandes), son cousin avait décidé qu’il était grand temps qu’il la mette en sourdine. On ne peut pas vraiment dire qu’Archibald Perceval Von Blood (AKA PetitVampyrDu666) soit quelqu’un qui s’emporte facilement. Au contraire, malgré son caractère parfois immature et une tendance à ne pas vouloir travailler ou assumer ses devoirs de comte-héritier, il reste quelqu’un de profondément calme, gentil et respectueux qui déteste les conflits. Toujours est-il qu’au bout d’un certain temps, il commençait à en avoir sérieusement marre d’entendre gueuler son cousin et finit par se diriger, furieux, vers la chambre de ce dernier.

À peine en avait-il franchi le seuil qu’une manette frôla son oreille. Il ne lui en fallut pas plus pour s’emporter :

« Non mais t’es complètement malade ! s’exclama-t-il.
– Oh ça va ! À ce que je sache, tu te l’es pas mangé dans la tronche ! lui répondit Vlad.
– Encore heureux ! Sinon, c’est la console complète qui apprenait à voler et par la fenêtre !
– Mais bien sûr ! Et avec quelle armée t’allais faire ça ?! Celle que tu planques dans ton sac à dos Rondoudou ?!
– Écoute-moi bien tête de slip, tu vas calmer ta joie dans la seconde ou tu vas prendre mon pied dans les noix ! »

La dispute fut alors interrompue par un serviteur qui, passant par le couloir où elle se trouvait, décida de rapporter la manette qui, la minute d’avant, avait fait son baptême de l’air. Il en profita pour demander de la manière la plus prudente et la plus posée qui soit si les deux jeunes gens pouvaient régler leur conflit plus calmement. Le baron n’allait pas tarder à rentrer et s’il les surprenait en train de se chamailler, il allait leur passer un sacré savon. Les deux cousins acquiescèrent et reprirent leur sang froid. Une fois qu’il fut reparti, Archibald relança la conversation :

« Bon, c’est quoi le problème ?
– C’est ce boss, là ! J’arrive à rien face à lui ! dit Vlad en désignant le poste de télé derrière lui.
– Nan mais t’es sérieux ?! Moi, je vais te plier ça en deux temps trois mouvements.
– À ta place, je serais pas si confiant…
– Et pourquoi ?
– Tout simplement parce qu’il paye pas de mine mais il est super exigeant… Comme quoi la dernière page du manuel de l’utilisateur mentait pas…
– Et qu’est-ce qu’elle disait ?
– Life’s a bitch and you can’t win*…
– Ah ouais quand même… Peu importe ! Tu vas voir que je vais tout défoncer ! »

Au bout de pas moins d’une vingtaine d’essais, Archibald finit par abandonner alors même qu’il avait la solution sous les yeux. Il faut dire qu’au bout du dixième game over, il s’était dit qu’un petit coup de main ne pouvait pas faire de mal. Vlad lui demanda alors :

« Tu vois ? Je te l’avais bien dit, non ?
– Non mais c’est pas possible ! Les mecs qui ont développé ce truc sont complètement cinglés ! C’est ultra-dur. Sans déconner, c’est au poil de fion et faut avoir des réflexes de jedi ! Et puis, je pige que dalle au pattern de cet enfoiré ! Sans oublier le fait que les armes se pètent comme du verre et que le personnage est un gros fragile.
– Mouais… Même le dernier Zelda était pas aussi chaud que ça…
– Tu m’étonnes !
– Après, je dois t’avouer que quand j’ai vu la jaquette et que j’ai lu l’histoire, je me suis dit que ça allait être easy-peasy. Je m’attendais vraiment pas à me faire botter le cul comme ça…
– En même temps, quelle idée à la con de s’inspirer des Dark Souls pour faire un jeu qui s’appelle « Super-Cupcake contre les licornes de l’espace » ! »

 

* La vie est une garce et tu ne peux pas gagner.

 

Mickaël 


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Les shojos selon Tata Adélaïde

Mes petits amours, bienvenue dans cette nouvelle rubrique spécialement approuvée par votre hôte, c’est à dire moi, et imposée aux Vox Plumes. En même temps, ils ont pas trop leur mot à dire. Aujourd’hui, on va causer shojo (Je vois même pas pourquoi je le précise, d’ailleurs. Non parce que, logiquement, vous avez lu le titre et, à moins d’avoir l’intelligence ou la mémoire d’une crevette, vous savez déjà de quoi je vais vous parler.). Je vous le dis tout net, c’est la chieuse qui me sert de nièce qui m’a demandé de faire ce papier. Après, c’est pas que je suis pas du genre fleur bleue mais, pour le coup, je préfère quand ça sent la sueur et le sang plutôt que le patchouli, le thé à la rose et le pet de licorne. M’enfin bon, quand je m’engage, je m’y tiens… Pourquoi j’ai accepté cette connerie ? J’aurais tout aussi bien fait de me péter une patte…

Alors, si je pige bien le concept du machin, c’est de manga (C’est ma nièce qui m’a dit comment que ça s’appelait) pour gonzesses que je dois déblatérer. Pour commencer, et juste comme ça, quelqu’un peut-il me donner le nom de l’enfant de guignol qui s’est dit que ce serait une bonne idée de catégoriser des BDs, ou je sais pas quoi, en mode bibliothèque rose pour les louloutes et bibliothèque verte pour les morveux ? Non parce qu’on va pas se mentir, des petits gars qui te lisent des romans à l’eau de rose et des nénettes qui partent à la guerre contre les gros vilains avec leur armée d’Action Men, y en a toujours eu, y en aura toujours et je peux vous dire qu’ils se contrefichent de savoir si ce qu’ils lisent, c’est pour garçons ou filles ! Alors, votre catégorisation, je me torche avec !

On me signale à l’oreillette (Oui parce que vu que je ne préfère pas trop raconter de conneries, j’ai donc la nièce de l’autre côté du bigophone pour me prévenir quand je balance une ânerie) que les choses sont un peu plus compliquées que ça. Enfin, disons plutôt, qu’on me beugle dans les esgourdes. Tudieu Jane, j’ai pas les portugaises ensablées donc tu te calmes dans la seconde ou c’est moi qui vais te calmer à grand coup de Larousse dans le dentier histoire que tu comprennes mieux les grossièretés que t’emploies !

Tu disais, donc ? Huuumm… Si je pige bien, tes trucs là ne se résument pas qu’à des histoires de jeunes pucelles aux grands yeux mouillés qui cherchent l’amour de leurs vies ? Y a quoi d’autre, alors ? Je veux bien te croire mais me pondre qu’y a aussi du drame, du fantastique et je ne sais quoi, ça m’en dit pas plus. T’as des exemples à me donner ? Vampire Knight ? C’est quoi encore ce machin ? Alors, je t’arrête de suite ma cocotte, une histoire de gonzesse avec des vampires, ça s’appelle Twilight et je m’en servirai même pas comme papier c*l, même si c’était la seule et unique chose que j’avais sous la main, par peur de m’écorcher avec ! Comment ça je suis d’une vulgarité sans nom ? Oh ça va ! Tu vas pas commencer à me casser les valseuses avec tes histoires de bon goût. Je suis pas là pour leur apprendre les bonnes manières.

T’as quoi d’autre en stock ? Card Captor Sakura ? Magical Girl ? La vache ! Tu peux pas choisir des noms français pour changer ! Bon, vas-y raconte ce que c’est ton machin. Okay… Donc si je pige bien, c’est l’histoire d’une pisseuse qui devient joueuse de cartes professionnelle. Bah mon cochon ! Les parents sont de bons gros irresponsables ! Une fois, j’ai essayé de caser un morveux de 17 balais dans mon équipe de canasta, on s’est fait jarter du tournoi en moins de temps qu’il en faut pour dire « Emi Magique » ! Je peux te dire que je m’en suis mordu les doigts. Mais non, je ne m’égare pas ! J’évoque, c’est tout !

Bon, t’as rien d’autre à proposer ? Y a en qui causent de sport ? Ah bah là, ça me convient parfaitement ! Alors… Jeanne et Serge ? Ben, c’est pas un machin japonais, ça ! Ah ben non ! Jeanne et Serge, y a pas plus franchouillard comme noms. Ça sent le pâté, la bouse de vache et la campagne profonde ce titre !

Bon, tu sais quoi ? Ça me gonfle cette affaire. Je me casse ! Mes conseils de lecture ? Non parce qu’ils s’attendaient à ce que je leur en donne ? Sérieux ! Mais j’en ai jamais lu un seul de ces machins et c’est pas demain la veille que ça arrivera. Ça va, j’ai compris ! Bon ben, je sais pas moi… Lisez Martine, ça doit être à peu près la même chose que votre b*rdel. En attendant, moi, je m’en vais débusquer le sanglier en forêt de Sarthe. Comment ça, ça se fait pas de chasser les membres de sa propre famille ?! Oh P*tain !

*Pour le bien de tous, cette émission ne sera pas reconduite. Merci de votre compréhension.*

 

Mickaël

Chair de Goule n° 12 – C’est la curiosité qui a tué le chat

Afin d’apprécier au mieux l’épilogue de ce texte, nous vous conseillons de lire les deux textes suivants : Chair de Goule n° 12 – Apprendre à geeker, Un teaser sachant teaser.

Chair de Goule n° 12 :

La curiosité est, selon la sagesse populaire, un vilain défaut. Celle-ci est pourtant extrêmement saine quand elle nous amène à nous cultiver, à nous ouvrir à l’autre… En revanche, lorsque celle-ci est associée à un voyeurisme malsain doublé d’un fort penchant pour la délation et le chantage, cela devient beaucoup plus problématique. Elle peut alors vous attirer les foudres de nombreuses personnes ou de gros ennuis. Notre « héros » de ce soir va l’apprendre à ses dépens car n’oublions jamais que :

C’est la curiosité qui a tué le chat

Andrew Cheshire n’a jamais vraiment été quelqu’un de bien. Tout ce qu’il a pu obtenir tout au long de son existence, il ne l’a eu qu’en se servant des informations compromettantes qu’il avait accumulé contre ses voisins, les membres de sa famille ou bien ses amis. Tout le monde y était passé, y compris de parfaits inconnus. Même le voyage organisé auquel il était en train de participer, il l’avait gagné de manière peu glorieuse. En effet, il avait réussi à prouver, on ne sait comment, que le vainqueur du concours auquel il avait également participé avait triché. Étant à la deuxième place du podium, il était automatiquement passé à la première et de ce fait, avait pu partir pour un séjour tous frais payés en Roumanie. Celui-ci dura une semaine et il ne se passa pas un seul instant sans qu’il trouve un moyen de rendre la vie des autres voyageurs la plus désagréable possible.

Lors du dernier jour, il s’en alla visiter, avec son groupe, un vieux château perdu au fin fond de la Transylvanie, ce qui, il ne s’en cachait pas, l’ennuyait profondément. Le pire étant qu’il ne savait vraiment pas quoi faire pour rendre sa journée plus intéressante. Certes, il avait pourri celle d’un petit couple de jeunes en glissant, malencontreusement, dans le sac de madame des photos où l’on voyait son fiancé en embrasser une autre mais cela ne lui suffisait pas. Il avait aussi envoyé bouler le guide lorsque celui-ci lui avait fait remarquer qu’un de ses lacets était défait, le menaçant, au passage, de le faire renvoyer s’il se permettait une autre remarque désobligeante. Rien de bien excitant, en somme. Alors que la fine équipe s’apprêtait à rejoindre le premier étage, il remarqua une porte cadenassé. Il s’adressa alors au guide :

« Dites-moi, jeune homme, il semblerait bien que nous n’ayons pas visité le rez-de-chaussée dans son intégralité, dit-il en désignant le recoin où se trouvait l’objet de son intérêt.
– Malheureusement monsieur, le comte a strictement interdit tout accès à la pièce se trouvant derrière ce chambranle. Si vous le voulez bien, nous allons poursuivre notre parcours. »

Andrew prétexta une envie pressante et enjoignit les autres à poursuivre sans lui, le temps qu’il aille aux toilettes. Dès qu’il fut seul, il s’empressa de forcer le cadenas. Ce dernier céda très facilement, le poids des ans et de la rouille l’aidant dans sa tâche. Il longea un étroit couloir plongé dans la pénombre avant d’arriver à une deuxième porte. Il entra et découvrit une pièce où se trouvaient différents engins de torture. Son cerveau se mit à bouillir. C’était sûrement l’antre d’un maniaque ! Il allait pouvoir le faire chanter en le menaçant de dévoiler ses petits secrets. Vite ! Il fallait prendre un maximum de clichés. Il remarqua assez rapidement une chaise bien étrange. Celle-ci se trouvait au milieu d’un mécanisme qui l’était plus encore. Un panneau explicatif était posé devant : « Trône de souffrance : moyen d’exécution particulièrement violent. Le sujet est placé sur le siège ci-devant avant de recevoir de l’huile bouillante sur le sommet du crâne. Il est ensuite démembré par les lames automatiques puis son crâne est pulvérisé avant que le reste du corps ne soit déchiqueté par les scies circulaires géantes. » Alors qu’il s’apprêtait à faire crépiter le flash de son portable, quelqu’un s’adressa à lui :

« Vous n’avez rien à faire ici, monsieur. »

Tandis qu’il se retournait pour voir qui s’adressait à lui, quelque chose fit tomber Andrew à la renverse. Il atterrit directement sur le trône de souffrance déclenchant ainsi la machinerie infernale, ce qui provoqua une mort aussi atroce que graphique. Le guide se retrouva couvert de la tête aux pieds de morceaux chair humaine. Ne sachant quoi dire face à un décès aussi stupidement provoqué, il se contenta de souffler :

« Je vous avais pourtant bien dit de nouer vos lacets… »

Épilogue :

Le narrateur et Archibald étaient assis au petit salon lorsque ce dernier lui demanda :

«Bon alors, t’es satisfait ?
– Absolument !
– Tu m’en veux plus, alors ?
– Pas le moins du monde ! J’ai même décidé de vous remercier en vous laissant un petit présent avec une carte de remerciements. Par contre, je dois avouer que je ne me rappelle plus trop où je l’ai posé…
– QUI A LAISSÉ ENTRER UN MORTEL DANS LA SALLE INTERDITE ?! REGARDEZ-MOI CE CHNATIER ! Y A DU SANG ET DES MORCEAUX DE CADAVRE PARTOUT ! hurla le comte Von Blood depuis l’entrée de la pièce où se trouvait sa collection privée. »

PetitVampyrDu666 se mit alors à réfléchir lorsqu’une pensée lui traversa l’esprit :
« Au fait, ton cadeau, ne me dis pas que…
– ARCHIBALD PERCEVAL VON BLOOD ! VOUS ALLEZ ME FAIRE LE PLAISIR DE RAPPLIQUER ICI ! VOUS ALLEZ ME NETTOYER CE BOXON ET FISSA !!!
– Oups ! s’exclama faussement le narrateur un sourire en coin. Il semblerait que votre père l’ai trouvé avant vous…
– T’es vraiment qu’un pourri !
– ARCHIBALD !
– OUI, J’ARRIVE ! »

Tandis que PetitVampyrDu666 rejoignait son père, son interlocuteur se marrait intérieurement en se disant qu’il lui avait donné une bonne leçon. Morale de l’Histoire : Ne vous mettez jamais un narrateur à dos. Il trouvera toujours le moyen de vous pourrir la vie d’une quelconque manière.

 

Mickaël

Un teaser sachant teaser

Avant tout chose, je conseille très fortement à tous ceux qui ne l’ont pas encore fait d’aller lire le texte suivant : Chair de Goule n° 12 – Apprendre à geeker. Il vous permettra de comprendre le pourquoi du comment. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture

Un teaser sachant teaser

Transylvanie, château du comte Von Blood, porte principale :

« Bon ben, tu te magnes d’entrer ou t’attends le déluge ?! s’exclama vertement PetitVampyreDu666 depuis l’intérieur de l’immense bâtisse. C’est pas le tout mais il caille sévère et j’ai pas vraiment envie de me faire enguirlander par mon père parce qu’on est en train de refroidir la baraque !
– Oh ça va ! J’ai bien le droit d’admirer le paysage ! lui répondit le narrateur de Chair de Goule.
– Pour ce qu’il y a à admirer… Après si ton trip, c’est la caillasse, y a une magnifique carrière à une cinquantaine de kilomètres au nord d’ici.
– Très drôle… »

Transylvanie, château du comte Von Blood, hall d’entrée :

« Tu veux commencer par quoi ?
– Je ne saurais trop vous dire. Auriez-vous la bonté de me décrire les lieux afin que je puisse me décider ?
– Bien sûr ! Alors, si tu prends la porte sur notre gauche, tu accèdes à l’aile est. C’est là que se trouvent les quartiers des domestiques ainsi que les cuisines et la buanderie. En poursuivant ton chemin dans la même direction, tu accèdes aux écuries en traversant un pont couvert. De l’autre côté se trouve l’aile ouest, logique tu me diras. S’y trouvent la salle de bal où, d’après mon père, un film a été tourné il y a quelques dizaines d’années, la salle de réception, la bibliothèque, le petit salon, la salle de jeux et le fumoir. Au premier étage, il y a les chambres et les diverses salles de bain. Au deuxième, ce sont, principalement, des salles d’expositions remplies de vieilleries. Enfin au troisième, il y a le jardin d’hiver et l’observatoire lunaire… Oh ! Tu m’écoutes ?!
– Hein ?
– Non mais dis-le tout de suite si je t’emm*rde ! T’es vraiment pas cool comme mec ! Tu me demandes quelque chose et la seconde d’après tu fais même plus gaffe à ce que je t’explique !
– Rassurez-vous Archibald, j’ai prêté attention au moindre détail de votre exposé, c’est juste que…
– Juste que quoi ?!
– Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus excitant…
– Ah ça… T’sais, je voulais pas te casser le moral ou ta créativité mais c’est un château plutôt classique.
– C’est ce que j’ai compris. Au fait, dites-moi, où peut bien mener cette petite porte cadenassée à droite du grand escalier ?
– À un petit couloir qui permet d’accéder à la collection privée du vieux. Tu veux la voir ?
– Pourquoi pas… »

Transylvanie, château du comte Von Blood, pièce ??? :

« Fantastique ! C’est exactement ce que je cherchais ! s’exclama le narrateur.
– Content que t’aies trouvé ton bonheur mais t’es sûr de toi ?
– Absolument ! Je peux vous assurer qu’avec un tel endroit, le résultat promet d’être.. sanglant ! »

To be continued.

 

Mickaël

Chair de Goule n° 12 – Apprendre à geeker

Chair de Goule n° 12 :

Ne vous est-il jamais arrivé de laisser un jeu-vidéo en plan ? Que peut-il, alors, bien se passer lorsque…
« Stop le narrateur, on arrête direct !
– Mais… mais… Je ne vous permets pas !
– Écoute, quand on parle culture geek, c’est pour ma pomme !
– Et pourrais-je savoir qui vous êtes ?!
– Archibald Perceval Von Blood mais on me connait mieux sous le pseudo de…
– Ah mais oui ! Je me disais bien que votre tête me rappelait quelque chose. Vous êtes le petit m*rdaillon qui fait des tops de grosse feignasse !
– Se faire critiquer son travail par un mec qui se complaît à raconter des histoires ultra-glauques, je trouve ça plutôt comique !
– Vous manquez pas de souffle ! Moi au moins, avec mes Chair de Goule, je propose des histoires qui rendent un vibrant hommage aux comics d’horreur des années 50 tandis que vos écrits ne sont que du flan !
– C’est ça ! C’est ça ! Bon ben, c’est pas le tout mais tu te casses, maintenant.
– Dans vos rêv…
– Et tu fais comment pour parler maintenant que t’as plus le son ! Bon les gars, fausse alerte, on reprend tout depuis le début !»

Apprendre à geeker

Vlamidir Kroloc, jeune vampire de son état, ne savait pas trop quoi faire en ce samedi soir. Il aurait bien affronté quelqu’un sur Avenue Fighters Ultra Edition FX 2.7 mais il n’avait aucun joueur 2 à disposition. Archibald, son cousin, était occupé à jouer à Pokémon Crépuscule tandis que tous ses amis étaient partis à un concert des Undead Werewolves of the Night. Il se mit à farfouiller dans sa ludothèque dans l’espoir de trouver une idée lorsqu’il remarqua un boîtier poussiéreux traînant sur une des étagères : Chrono Fantasy VIII : The Lost Dragon. Ça faisait quelques temps qu’il n’y avait pas touché mais il réussissait à parfaitement se remémorer chaque détail de sa dernière partie. Il se dit qu’il était peut-être temps de s’y remettre et, machinalement, plaça le jeu dans la console et lança sa sauvegarde. Il fut extrêmement surpris par plusieurs détails intrigants. De nouveaux personnages avaient rejoint son équipe qui avait bien level-upé. Cette dernière possédait, d’ailleurs, un équipement nettement plus puissant que dans ses souvenirs. De plus, le décor affiché (Une sorte de ville sous-marine) ne lui disait strictement rien. Son sang ne fit qu’un tour. Quelqu’un avait osé poursuivre sa partie dans son dos. Mais qui cela pouvait-il être ? Certainement pas sa tante et encore moins son oncle, il ne restait plus qu’une possibilité :

« Archie ?! cria-t-il
– Quoi ?!
– Ramène-toi, fissa ! »

Alors que Vlad attendait dans sa chambre, Archibald finit par faire son apparition dans l’encadrure de la porte. Il lui désigna, l’air contrarié, la télé qui lui faisait face :
« Ben quoi ? lui demanda Archibald.
– T’aurais rien à me dire, par hasard ?
– Je pense pas… Si c’est à propos du sachet de bonbecs que j’ai terminé, je savais pas qu’il était à toi.
– De ? Quoi ? Non mais je m’en fous de ça ! Le jeu, là ? Qui t’a autorisé à poursuivre ma partie ?
– Excuse-moi mais je vois pas de quoi tu parles.
– Tu me prendrais pas un petit peu pour un con, par hasard ?!
– Non, je te jure que j’ai rien à voir avec ça. J’ai jamais touché à ta partie et encore moins à ta Vexnes 3200 et pour être totalement franc, c’est pas demain la veille que ça arrivera. C’est un vrai tacot cette console…
– Ben alors, si c’est pas toi, c’est qui ? Tu vas peut-être me faire croire que c’est ton père ou ta mère qui se sont découvert une passion pour le gaming ?
– Papa ? Le pauvre vieux… Déjà qu’il arrive pas à jouer à Tetris sans s’énerver alors un RPG bien old-school… Et maman, à part les jeux d’objets cachés…
– Non mais vous prenez pas la tronche, il y est strictement pour rien, s’éleva une troisième voix. »

Les deux jeunes vampires se retournèrent afin de se rendre compte que la personne qui s’était adressée à eux était un mage de niveau 53 qui se trouvait dans le poste de télévision.
« Pardon ?! s’exclama Vlad.
– Tu m’as très bien compris.
– Ben alors, qui est le coupable ?
– Y en a pas. On en avait juste ras-le-mèche de poireauter.
– Sérieux ? Vous auriez pu faire preuve d’un minimum de patience. Ça fait même pas six semaines que j’ai arrêté de…
– Six ans ! Ça va bientôt faire six ans qu’on attend !
– Ah…
– Sans déconner, tu crois qu’on a que ça à fiche d’attendre que tu te décides à t’y remettre ! D’autant plus que c’est violent à quel point t’es mauvais ! On avait honte à chaque fois que tu prenais la manette.
– Je suis pas si nul que ça quand même ?
– Tu plaisantes ou bien ?! Il t’a fallu quinze essais avant de battre le premier boss. T’as pas été fichu de compléter la première quête secondaire alors qu’elle consistait à buter trois pauvres rats dans une cave ! Donc tu nous excuseras mais il vaut mieux qu’on se sépare. On se débrouillera très bien sans toi. Au passage, j’en profite pour couper le jus, ça évitera de consommer de l’électricité pour rien.

Juste avant que la console ne s’éteigne, un message apparut :
« Succès déverrouillés : Se prendre un râteau par un jeu-vidéo ; Loser de catégorie extrême ; TheGreatCountVlad est tellement nul que même les jeux ne veulent pas de lui. »

Fin ?

« Ah ben, c’est pas trop tôt ! Plus jamais vous me faites un coup pareil ! C’est bien la première fois de ma vie de narrateur qu’on ose me traiter ainsi ! C’est proprement honteux ! D’autant plus que vous n’aviez qu’un rôle secondaire dans votre stupide anecdote !
– Ah ça va ! Tu vas pas me prendre le chou pour ça, non ?
– …
– Allez, fais pas la tête ! Je m’excuse. Voilà, t’es content ?
– …
– Et si je m’arrange pour que le paternel te prête le château familial pour ta prochaine histoire, t’arrêtes de bouder ?
– C’est déjà un bon début ! »

To be continued.

Mickaël

5 méthodes INFAILLIBLES pour obtenir TOUT ce que vous voulez

 

Salut à tous ! Ici PetitVampyrDu666 et, aujourd’hui, je vais vous donner quelques astuces pour convaincre vos parents de céder au moindre de vos caprices. Afin d’y parvenir, je vais prendre pour exemple les différentes stratégies que j’ai élaborées afin de forcer mon père à m’acheter un petit chat et je peux vous assurer que la tâche s’est avérée bien plus complexe que ce à quoi je m’attendais. Il faut dire que depuis ce qui s’est passé avec Titou, mon blaireau apprivoisé (L’incident avec la moissonneuse-batteuse, la mort violente, tout ça, tout ça), il avait pas trop envie de m’acheter un animal de compagnie, prétextant que cela allait revenir à jeter du pognon par les fenêtres. Néanmoins, à force d’efforts, d’envie et d’audace (Ça sonne bien, vous trouvez pas ?), j’ai fini par y parvenir. Pour cela, j’ai bien évidemment dû tester plusieurs tactiques avant d’arriver à mes fins. Mais trêve de mondanités, passons aux choses sérieuses.

Méthode n° 5 : SPAM ! SPAM ! SPAM !

Blinder sa boîte mail de demandes concernant l’objet de votre désir peut être un bon départ. Bien évidemment, vous ne devez pas vous arrêter là. Les SMS et les demandes orales à répétition peuvent aussi très bien marcher. Il faut tout de même vous assurer que le parent concerné soit en possession de deux choses cruciales avant de vous lancer dans ce projet de pourrissage intégral : un ordinateur et un téléphone portable. Mon père n’en possédant aucun… Ouais, bon, ça va ! Tout le monde peut faire des erreurs ! Et c’est pas ma faute, si mon paternel continue de communiquer avec des chauve-souris voyageuses ! Comment voulez-vous que je fasse mon chieur si je peux même pas… Attendez une minute ! Je reviens de suite !

Addendum : Tenter de spammer le courrier de quelqu’un avec une chauve-souris acariâtre est une idée de merde… J’ai encore des traces de griffures sur le visage…

Méthode n° 4 : L’exposé scientifico-pouet-pouet.

J’ai demandé à mon cousin Vlad de m’aider sur ce coup. On a essayé de faire comprendre à mon père qu’un petit chat allait être un plus pour la famille à l’aide d’une mini-conférence sur les bienfaits qu’un animal de compagnie peut avoir sur la santé et l’économie du foyer. On s’était réparti les tâches de la manière suivante : je faisais le discours tandis que Vlad montrait les diagrammes que j’avais préparés. Malheureusement, il semblerait que mon argument principal, à savoir qu’avoir un chat rallonge l’espérance de vie, n’ait pas trop réussi à le convaincre… D’ailleurs, ça donne quoi quand on rallonge l’espérance de vie de quelqu’un d’immortel ?

Méthode n° 3 : Le pot-de-vin.

J’ai voulu lui faire une offre qu’il ne pouvait pas refuser (J’ai entendu ça dans un super film appelé « Super Mafia contre le Ninja Vampire »). Bizarrement, il a éclaté de rire et est allé reposer les sous dans mon cochon tirelire en me demandant si je préférais pas m’acheter une peluche Mimiqui plutôt que de jouer un remake pré-pubère du Parrain… J’ai pas bien compris de quoi il parlait… Toujours est-il qu’elle va super bien sur mon bureau cette nouvelle peluche ! Je vous ai déjà parlé de ma super collec’ Pokémon ? Je l’ai commencée y a 25 ans et, depuis, j’arrête pas d’y rajouter de nouvelles pièces ! Tout mon argent de poche y passe ! Je parlais de quoi, déjà ?

Méthode n° 2 : Le soutien familial.

J’ai déjà commencé à aborder la question mais je dois dire que mon cousin Vlad a été un allié des plus précieux, tout comme mon oncle Egdar Von Blood, d’ailleurs. L’un comme l’autre ont insisté auprès de mon père pour qu’il accepte ma requête car, je cite, je commençais sérieusement à leur casser les noix avec cette histoire de matou. C’est-y pas beau la solidarité familiale !

Méthode n° 1 : La patience.

Après toutes mes tentatives plus ou moins ratées, Père a fini par céder et m’a ramené un petit chat. Au final, je crois bien que c’est la combinaison de toutes mes conneries qui l’a poussé à finalement m’en acheter un. Vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire pour obtenir tout ce que vous voulez ! (J’en ai quand même sacrément chié…). Au passage, j’en profite pour vous mettre une photo de Lucifer :

 

Mickaël 

Le MMO pour les nuls

Quelque part dans une forêt quelconque paumée au milieu d’un MMO quelconque, deux joueurs discutent :

« B*rdel mais il br*nle quoi LittleLucky ?! s’exclama TheGreatCountVlad. (Véritable nom : Vladimir Kroloc)
– Comment veux-tu que je le sache ? lui répondit PetitVampyrDu666. (Véritable nom : Archibald Perceval Von Blood)
– Ça va bientôt faire une heure qu’on poireaute dans cette forêt ! Y a quelque chose qu’il ne comprend pas dans le terme « Évènement exceptionnel à durée limitée ». Avec ses conneries, on va se faire coiffer au poteau et louper le loot ultra-rare !
– T’es sûr qu’on a, au moins, le niveau requis et le bon stuff pour pouvoir la réussir cette quête ?
– Bien sûr que oui ! Avec un tank, un mage, un guerrier et un healer, on devrait pouvoir se dépatouiller sans le moindre problème.
– Au fait, Arthur est toujours pas là, non plus.
– Ah mais c’est vrai ça, où qu’il est notre chevalier des enfers ?! »

Au moment même où Vlad finit sa phrase, un hurlement retentit dans leur dos. Les deux se retournèrent au même moment pour voir un guerrier en armure rouge leur foncer dessus. Ils s’écartèrent tandis que ce dernier poursuivait sa course effrénée tout en continuant de gueuler comme un veau.

« C’était ?
– Je crois bien… »

Pas le temps de réagir. Au bout de quelques secondes, le type qu’ils avaient à peine eu le temps d’entrapercevoir repassa entre eux mais, cette fois-ci, ce ne fut pas en courant mais en faisant un magnifique vol plané juste avant de s’écraser lourdement sur le sol dans un fracas métallique qui attira tous les mobs postés à dix lieues à la ronde. Le sol se mit alors à trembler tandis que les arbres s’effondraient les uns derrière les autres laissant apparaître un dragon gigantesque, couvert de cicatrices, à l’œil gauche crevé et dans le dos duquel se trouvaient fichées des centaines d’armes. On pouvait voir flotter au dessus de sa tête ses stats : LVL : 299, PV : 6666666666666, Défense : infinie, Attaque : infinie. Il était entouré de centaines d’autres monstres. Tandis que les deux compères l’observaient, il finit par remarquer leur présence. Il les fixa quelques instants avant de pousser un hurlement sinistre :

« Je crois que je me suis fait dessus… murmura Archibald.
– Cours ! »

Alors qu’ils tentaient d’échapper à la horde monstrueuse, Vladimir cracha :

« P*tain de m*rde, ce mec est une foutue tanche de noob de mes deux ! Je m’en vais aller lui coller une balle en argent dans la couenne dès qu’on a fini cette mission !
– Je suis pas vraiment sûr qu’Arthur apprécie le geste…
– Oh toi, continue de courir et ferme-là ! »

Alors qu’ils commençaient à apercevoir une ville se profiler à l’horizon, le même chevalier qu’ils avaient croisé auparavant se heurta contre eux :

« Salut les gars ! Ça va ? demanda celui-ci.
– Nom de Dieu ! Arthur, c’est pas le moment ! lui répliqua Vlad.
– Franchement, t’es pas pas cool de me parler comme ça ! J’étais parti déblayer le terrain pour vous faciliter le boulot et…
– Tu t’es pris une sacrée raclée ! Résultat des courses : on a la moitié de la map aux miches !!!
– Mais de quoi tu parles ? Y a personne derrière vous. Si vous étiez poursuivis, les autres ont lâché l’affaire.
– Je crois bien qu’il a raison, ajouta PetiVampyrDu666 en tournant la tête afin de vérifier si c’était bien le cas. »

Une voix retentit soudainement dans le ciel : L’évènement du jour est terminé. Merci d’y avoir participé.

Quelques heures plus tard dans une ville quelconque perdue au milieu d’un MMO quelconque :

Vlad avait du mal à contenir sa rage. Il valait donc mieux éviter de lui adresser la parole, ce que son cousin évita soigneusement de faire. C’est alors que lui et PetitVampyrDu666, rencontrèrent, au detour d’une ruelle, leur healer. Archibald le salua et avant même qu’il ait pu lui demander quoi que ce soit, Vladimir prit la parole :

« Bon sang LittleLucky ! T’étais passé où ?
– Ben, je vous cherchais partout…
– Comment ça tu nous cherchais ?! On avait pourtant convenu d’un lieu de rendez-vous, non ?
– Oui mais lorsque je suis arrivé y avait plus personne et c’était un foutoir sans nom.
– Ah ben ça, faut dire qu’Arthur a fait une entrée remarquée et que ça été vite le bazar, répliqua pensivement Archibald.
– On avait dit quoi à ce sujet ?! lui dit Vladimir en le fusillant du regard.
– Désolé…
– Il n’empêche que j’ai eu de la chance. Pendant que vous aviez foutu le camp, j’ai fini le donjon et j’ai réussi à récupérer un stuff de malade ! expliqua joyeusement LittleLucky.
– Et tu l’as sur toi ?! s’enquit Vlad, reprenant du poil de la bête.
– Ben non ! Tu voulais que je fasse quoi d’une épée, même surcraquée. Je l’ai vendue au premier marchand venu. Elle m’a rapporté un joli pactole avec lequel je me suis acheté un super bâton de sage ! »

Vladimir n’en croyait pas ses oreilles :

« Ce con réussit à choper l’épée la plus rare et la plus goldée du jeu et le premier truc qu’il trouve à faire, c’est de la mettre au clou !
– Vlad, calme-toi. Tu sais que c’est pas bon pour toi de…
– KYAAAAAAAH !!! »

Message technique : Suite à la destruction intégrale d’une des cités elfiques du jeu, celui-ci ne pourra pas être mis en ligne avant quelques jours. Les joueurs suivants sont bannis définitivement :

– TheGreatCountVlad
– LittleLucky
– ArthurDu12
– PetitVampyrDu666.

 

Mickaël 

Comic Trip – Le LIT qui TUE !

 

Parfois, je me dis que ne pas répondre aux textos de mon meilleur ami pourrait m’éviter un paquet d’embrouilles plus ou moins délirantes. L’histoire que je m’apprête à vous raconter a commencé avec un simple SMS :

« Urgent ! T’attends au 50 Berkeley Avenue ! Viens seul ! James.»

La première pensée qui me traversa l’esprit fut un magnifique « Et merde ! ». Il faut dire que James Bruckner, alias Jimbo, avait la sale habitude de se fourrer dans des situations pas possibles et de m’y entraîner avec lui. Je décidai, tout de même, de me rendre à l’adresse qu’il m’avait donnée. Il s’agissait d’une maison en ruine. Alors que je le rejoignais dans le jardin, il s’adressa à moi :

« T’as mis le temps pour venir Franky ! T’étais où ?
– À l’épicerie pour acheter du désodorisant et un briquet pour ma mère, répondis-je en désignant la poche en plastique que j’avais à la main.
– Parce que monsieur continue de faire les courses pour sa petite maman comme quand il avait 10 piges, c’est-y pas mignon ?
– Venant de la part du mec qui, chaque jour, attend le marchand de glaces comme le messie, ça me fait doucement rigoler.
– Hé ! Ça c’est un coup bas !
– S’tu le dis. Bon, pourquoi tu m’as fait venir devant ce taudis ?
– J’ai besoin de ton aide !
– Ah ? Et tu en as besoin pour ?
– Vérifier si une creepypasta que j’ai trouvée sur le net est véridique ou pas, tout simplement.
– Non mais c’est pas vrai Jimbo ! Tu crois que j’ai vraiment du temps à consacrer à ce genre de c*nneries ?! Tu m’excuseras mais j’me tire !

Alors que je commençais à partir, James me retint par le bras :
« Allez Franky, prends au moins le temps de m’écouter.
– Je sens que je vais le regretter… Vas-y, explique ton truc. Par contre, je te préviens direct, je veux la version abrégée !
– Okay. Alors, d’après ce que j’ai pu lire, la baraque a autrefois appartenu à une vieille peau aigrie qui pourrissait la vie de sa femme de chambre. Un jour, alors qu’elle l’avait forcée à refaire près de vingt fois le même plumard parce qu’il n’était pas assez au carré, la pauvre bonniche péta un plomb et assassina son employeuse en lui explosant le crâne avec un chandelier qui traînait là. Depuis, on raconte que la chambre où elle est morte serait hantée. J’aimerais donc…
– … vérifier si c’est vrai. Bon, j’imagine que j’ai pas vraiment le choix et que je vais devoir t’accompagner pour éviter que tu fasses trop de conneries. On entre, on vérifie que toute cette histoire c’est des foutaises et on se barre.
– Pas tout de suite !
– Et pourquoi donc ?
– Parce que J’ai déjà envoyé Gerald à l’intérieur. Il devrait plus trop tarder à revenir pour nous dire si c’est safe.
– Gerald… Attends ! Ne me dis pas que t’as envoyé Gerald Ferguson en éclaireur dans cette bicoque !
– Ben si, pourquoi ?
– Ce type est complètement neuneu, voilà pourquoi !
– Mais non, t’exagères ! Il est pas si…
– Moi, j’exagère ?! Nom de Dieu, Jimbo, ce type est à la débilité profonde ce que Margie est à la nymphomanie : un parfait représentant !
– Parle pas de ma grande sœur comme ça ou je te casse la gueule ! s’exclama James en m’attrapant par le col de ma chemise.
– Toi, James Bruckner, 62 kilos tout mouillé, 1m67 les bras levés, tu comptes me casser la gueule ? lui demandai-je.
– Bien sûr que oui ! Tu vas voir, je vais te casser en deux et puis, après… »

Je ne laissai pas à James le temps de finir sa phrase et lui assenai une légère pichenette entre les deux yeux à l’aide de la chevalière que mon père m’avait offert pour mes vingt ans, histoire de lui calmer un peu les nerfs. Il porta immédiatement ses deux mains à l’endroit où je l’avais frappé :

« B*rdel mais ça fait mal !
– Bon sang, Jimbo, mais ouvre les yeux ! Tout le patelin sait très bien que ta frangine a eu plus de mecs en quatre années de fac que n’importe quelle bonne femme du coin en l’espace de deux siècles et ça fait déjà un bail que tout le monde considère Gerald Ferguson comme l’idiot du village ! Le type est débile au point de pas faire la différence entre une lampe torche et un p*tain de cornet de glace ! Sans déconner, il te faut quoi de plus pour voir la vérité en face ?! »

Au moment de finir ma petite gueulante, un hurlement provint de l’intérieur de la maison. Nous fonçâmes alors jusqu’à la source du cri. Il s’agissait d’une grande chambre située au premier étage. La plupart des meubles qui la composaient étaient couverts de draps, à l’exception du lit qui trônait fièrement au milieu. Ce dernier était imbibé de sang. Alors que nous allions pour sortir, la porte se claqua devant nos yeux et se ferma à double tour. Une voix retentit dans la pièce et le lit se mit à bouger de lui-même, laissant entrevoir, entre le matelas et le sommier, une série de dents acérées auxquelles pendaient des lambeaux de chair et la casquette de ce pauvre Gerald.

« Nom de Dieu de b*rdel à c*l ! Dans quel m*rdier tu nous a foutus Jimbo ?! hurlai-je»

Il fallait agir et ce, au plus vite. Pas le temps de faire un plan élaboré. C’est là que l’idée m’est venue. Alors que l’autre saleté s’apprêtait à nous engloutir, je lui grillai la tronche à l’aide d’un lance-flammes improvisé avec la bombe de « Santoubon » et le briquet achetés plus tôt. La chose se mit à hurler. Au même instant, la porte se rouvrit derrière nous. Nous n’avons pas demandé notre reste et nous nous sommes dépêchés de sortir de la baraque qui commençait à flamber du sol au plafond. À peine avions-nous passé le portillon menant au jardin que nous fumes projetés en avant par une explosion qui désintégra intégralement la maison. En se relevant, James s’exclama, juste avant d’éclater de rire :

« La vache ! On peut dire que c’est le genre de désodorisant qui se contente pas juste d’éliminer les mauvaises odeurs !»

À ce moment précis, je me demandai ce qui me consternait le plus : la nullité abyssale de la blague de James, le fait qu’il occulte totalement la mort de Gerald ou bien le spectacle désolant du cratère béant qu’était devenu le 50 Berkeley Avenue.

 

Mickaël

Un Noël hyperconnecté (ou pas…)

La neige tombait en lourds flocons sur le toit d’un immense chalet en bois situé au fin fond de la Laponie. Un vieux bonhomme bedonnant, tout de rouge vêtu (Est-il besoin de préciser de qui il s’agit ?), était assis devant un immense bureau en merisier couvert de décorations diverses et variées et sur lequel était posé un immense ordinateur aux couleurs criardes. Lunettes rondes sur le nez, il se grattait la tête, ne sachant pas trop quoi faire avec la machine qui trônait devant ses yeux. Il finit par demander :

« Euh… Vous êtes sûrs de votre coup, les gars ? s’adressant à une assemblée de petits êtres qui lui faisaient face.
– Mais oui, patron. Vous nous avez bien dit qu’il était grand temps de moderniser la boîte et que vous en aviez marre de passer pour un ringard auprès des autres êtres merveilleux, non ? lui répondit un lutin se tenant à ses côtés.
– Je sais bien Norbert, mais je pensais plutôt à, je ne sais pas moi, un moyen de livraison plus efficace, par exemple. Non parce qu’il faut dire que les petits pères, ils commencent à sérieusement accuser le coup, surtout ce pauvre Rudolph. C’est qu’il est plus tout jeune, l’animal !
– C’est pas faux… Malheureusement, le département recherche et développement est toujours en train de bosser dessus et ils ont rien trouvé de vraiment satisfaisant pour le moment. En attendant, on s’est dit que ce serait une bonne idée de numériser votre liste sur le cloud et de vous inscrire sur les réseaux sociaux.
– Oh ! oh ! oh ! Je t’avouerais que toutes ces nouvelles technologies me dépassent.
– Justement, il va falloir vous y habituer. J’ai donc décidé de vous donner un ou deux petits cours. On va déjà commencer par l’essentiel : la communication. Allez sur l’onglet favori. C’est le petit sapin.
– Alors… Je clique dessus… Y a une liste qui apparaît…
– Allez sur la première ligne, il doit s’agir d’un raccourci pour…
– Lutins et fées en chaleur, l’interrompit le Père Noël.»

Norbert se précipita alors sur la souris, l’arrachant des mains de son patron, et se dépêcha de faire disparaître le lien de la honte. Il jeta un regard furieux à tous ses collègues présents dans la salle qui rougirent de concert. Il siffla entre ses dents « J’avais dit pas sur l’ordi du boss ! Vous êtes cons ou bien ? ». Il se retourna vers son patron :

« Il s’agit d’une regrettable erreur, monsieur.
– D’accord… C’est un peu gênant, tout de même.
– Et si nous passions à autre chose, voulez-vous ?
– Bonne idée !
– Vous cliquez donc sur le premier lien qui apparaît. Il va vous permettre d’accéder rapidement à un site qui vous servira à rester en contact avec vos fans ainsi qu’avec d’autres personnages fantastiques comme Jack Frost…
– Ça m’étonne pas que le gamin soit inscrit sur ce machin. Ça fait longtemps que je lui ai pas parlé, d’ailleurs. Au fait, dis-moi, il est toujours en couple avec la petite Elsa ? J’ai entendu dire qu’il y avait du mariage dans l’air.
– Moi aussi ! Figurez-vous, que Philomène, notre nouvelle stagiaire, m’a dit que Gertrude de la compta lui avait rapporté que Betsy, vous savez la blonde qui bosse au courrier, a eu vent d’un envoi imminent de faire-parts. »

La conversation sembla durer une éternité. Au final, Norbert n’expliqua rien au Père Noël sur la manière dont pouvaient bien fonctionner les réseaux sociaux. Alors qu’ils échangeaient sur le possible divorce du lapin de Pâques, l’ordinateur émit un bruit strident.

« Qu’est-ce que c’est que ce boucan ?!
– On nous pirate, patron ! s’exclama Norbert. »

Ce dernier s’empara dans la seconde du clavier et commença à taper à toute vitesse dessus.

« Un espèce de petit saligaud essaye de récupérer votre liste, sûrement pour la revendre au plus offrant ! »

Au bout de quelques instants, Norbert s’arrêta, soulagé d’avoir réussi à endiguer la menace. Le Père Noël dit alors :

« Bon mes petits gars, je crois que je vais en rester à mes bonnes vieilles habitudes. Ça vaudra mieux pour tout le monde.
– Si vous le dites patron…
– Bon, c’est pas le tout mais je dois aller voir maman, elle voudrait apporter un peu de nouveauté à mon costume.
– Vous lui passerez le bonjour de ma part. »

Dès qu’il fut sorti de la pièce, des murmures s’élevèrent dans l’assemblée des lutins réunis dans le bureau du Père Noël, on pouvait entendre ça et là : « Il nous fait le coup chaque année ! », « Vous vous souvenez du minitel ? », « Et puis le portable, vous vous rappelez l’épreuve que ça a été de réussir à le convaincre d’en avoir un ? », « M’en parle pas »… Norbert finit par soupirer :

« Bon ben les mecs, je crois pas que ce sera encore cette année qu’on se modernisera. On tentera de nouveau le coup l’année prochaine. »

Il sortit un calepin d’une poche de son pantalon et nota : 53ème tentative : ratée.

 

Mickaël

Comment déclencher une SHITSTORM

 

Vladimir Kroloc aka TheGreatCountVlad, bloggueur professionnel (selon lui), et vidéaste amateur (Même si la piètre qualité de ses vidéos pousserait toute personne sensée à dire qu’à ce niveau de nullité, parler d’amateurisme reviendrait à insulter toute personne se disant amateure), prenait le thé avec son cousin, Archibald Perceval Von Blood aka PetitVampyrDu666, et son oncle, le comte Edmund Von Blood. Alors que ce dernier posait sa tasse sur la table qui lui faisait face, il s’adressa à son neveu :

« Dites-moi, Vladimir, avez-vous pensé à travailler votre pouvoir de persuasion comme je vous en avais fait la requête la semaine passée ? Archibald est déjà passé, avec plus ou moins de succès, aux exercices de métamorphoses et il ne faudrait pas que vous soyez à la traîne.
– À ce propos, père, vous ne croyez pas que j’ai assez d’expérience pour pouvoir me passer de ces sessions d’entraînement familiaux ? demanda PetitVampyrDu666.
– Tututut ! Jeune homme, ce n’est point à vous que je m’adressais mais à votre cousin donc je vous prierai de bien vouloir garder vos jérémiades pour vous.
– Veuillez m’excuser…
– Il est assez amusant de constater que, dans votre cas, une « requête » a plus souvent nature d’ordre que de demande, fit remarquer Vladimir.
– Ne jouez pas sur les mots, voulez-vous. Avez-vous, oui ou non, fait ce que je vous ai demandé ?
– Oui, oncle Edmund, je l’ai fait et je pense même avoir dépassé vos espérances.
– Et puis-je savoir en quoi les avez-vous surpassées ?
– En faisant preuve d’imagination et en employant la technologie !
– Vous m’intriguez, jeune homme. Montrez-moi cela. Archibald, vous devriez venir avec nous, cela pourrait s’avérer fort instructif.
– Si vous le dites, père, souffla PetitVampyrDu666. »

Tandis qu’Archibald trainait des pieds, Vladimir conduisit son oncle dans la chambre d’ami où on l’avait installé puis lui montra, sur son ordinateur, une série de vidéos où il expliquait par le menu pourquoi ses viewers devaient faire telle ou telle chose en usant et abusant allègrement de l’hypnose vampirique. Il expliqua, au passage, qu’il se servait également des réseaux sociaux pour lancer des shitstorms ou pour démolir la réputation des personnes qu’il n’appréciait pas. Fier de son travail, il dit :

« Regardez ça, lorsque je leur dis de basher tel film, ils le font ! Quand je leur dis d’insulter telle youtubeuse beauté, ils le font ! Vous pouvez donc constater que mon pouvoir de persuasion, sans conteste, est sans frontières !
– Pas encore ! lui répliqua le comte.
– Que voulez-vous dire ?
– Jeune homme, la seule chose que vous venez de me prouver est votre totale immaturité ! Votre emploi d’une telle puissance est dangereux. Je vous demanderai donc de fermer instamment votre chaîne YouMotion.
– YouTube, oncle Edmund.
– Peu m’importe !
– Mais mon oncle, je vous assure que…
– Ne discutez pas ! Et puisque vous avez agi sans réfléchir, je vous prive de vos pouvoirs persuasifs pour un bon mois.
– Je t’avais bien dit que ça passerait pas, pouffa Archibald.
– Parce que vous étiez au courant, jeune homme ? Eh bien, ce sera le même tarif pour vous !
– Mais c’est dégueulasse !
– Pardon ?!
– Non, rien. Je comprends, père…
– J’espère bien ! Maintenant, retournons au salon avant que le thé ne refroidisse. J’ai horreur de ça ! »

Trois jours plus tard :

Alors que TheGreatCountVlad était en train d’affronter son cousin à Mario Kart 8, le comte entra précipitamment dans sa chambre et s’exclama :

« Vladimir ! Auriez-vous la bonté de m’expliquer ce que signifie cet attroupement d’ados pré-pubères, munis de torches et de fourches, qui sont en train de beugler devant les portes du château en levant leurs majeurs vers le ciel ?!
– On appelle ça des doigts d’honneur, père, intervint Archibald.
– Que voulez-vous que ça me fasse que ce geste ait un nom ?! Tout ce que je veux savoir c’est qui sont ces morveux prêts à tout faire cramer !
– Ah, ça… Je crois bien que ça doit être mes abonnés. Il semblerait bien qu’ils n’aient pas apprécié le fait que vous me fassiez fermer ma chaîne, expliqua Vladimir.
– Et donc, le seul moyen qu’ils ont trouvé pour la faire rouvrir, c’est de tenter d’incendier notre maison !?
– Il semblerait bien que oui.
– Pour l’amour du comte Dracula, c’est tout bonnement hallucinant ! Écoutez-moi bien, vous allez me trouver fissa une solution pour les faire débarrasser le plancher ou je peux vous assurer que ça va chier !
– Mon oncle, veuillez surveiller votre langage, je vous prie. Je m’en occupe. »

Bien vite le brouhaha de l’hystérie collective qui emplissait le château diminua petit à petit jusqu’à ne plus être qu’un murmure. Archibald revint alors dans sa chambre :

« Eh bien, on peut dire que vous avez su vous montrer efficace, s’étonna le comte.
– Pourquoi ? Doutiez-vous de ma capacité à les faire se disperser ?
– Je dois vous avouer que oui. N’ayant plus votre pouvoir, la tâche semblait peu aisée. Ce qui m’amène à vous demander : comment avez-vous réussi à les convaincre de déguerpir aussi vite ?
– Je leur ai tout simplement dit que s’ils ne fichaient pas le camp dans la minute, vous alliez contacter leurs parents afin de les obliger à résilier leurs contrats internet. Il a fallu moins de trente secondes pour qu’ils dégagent tous. Comme quoi, pas besoin de pouvoirs pour convaincre quelqu’un de faire ce qu’on veut. Suffit de taper là où ça fait mal. »

Mickaël