GAME OVER

Quelque part dans une petite ville bien paumée du centre de la France :

AH MAIS C’EST PAS VRAI ! Pas encore ! C’est déjà la huitième fois que je crève alors que j’en suis même pas à trente minutes de jeu ! Flûte de zut de turlutu tête de morue ! Ta grand-mère l’orang-outan des presqu’îles ! Bon, ça sert à rien de s’énerver et de jurer, je suis sûr que je peux m’en sortir sans le moindre problème. J’ai réussi à finir des jeux plus hardcore que celui-ci donc tout devrait bien se passer. Sans rire, si j’ai réussi à platiner Super Meat Boy !, Binding of Isaac, tous les Dark Souls ou encore Breath of the Wild, je dois pouvoir être capable de finir cette saleté sans avoir à péter une durite ! « GAME OVER » ET MERCREDI, VENDREDI, SAMEDI, DIMANCHE ! NEUF ! Neuvième mort ! Si ça continue comme ça, y a pas que mon personnage qui va voltiger, c’est moi qui te le dis. Mais bon sang, les contrôles sont dégueulasses et puis, c’est quoi ce lag absolument immonde ?! Sans oublier que je pige rien à rien de ce que je dois faire ! Le pattern ! Depuis quand il est comme ça le pattern de ce mob ?! « GAME OVER » MERDUM ! Dix fois ! Dix fois que je meure sur des trucs complètement débiles parce que la difficulté de ce jeu est aux fraises et qu’il a été codé avec le postérieur d’un babouin constipé qui souffre d’hémorroïdes mais là, j’en peux plus ! RAS-LE-BOL ! Maintenant, ça va ch…

Quelque part dans le commissariat d’une petite ville bien paumée du centre de la France :

« Donc c’est à ce moment-là que vous avez saisi votre console de jeux, que vous l’avez envoyée valdinguer par la fenêtre de votre appartement et que vous avez manqué de tuer votre voisine du dessous qui revenait des courses écrasant, au passage, son pauvre chihuahua qui n’avait rien demandé ?
– C’est bien ça, monsieur l’agent.
– Cela fait longtemps que vous présentez de telles tendances à la violence, monsieur ?
– En fait, ça a débuté quand j’ai eu, pour la toute première fois, une manette entre les mains et…
– Vous avez alors commencé à vous enfermer chez vous, à ne plus parler aux gens, à devenir de plus en plus agressif. Monsieur, savez-vous que, chaque année, l’addiction aux… »

Quelque part dans la salle de projection d’une agence de publicité parisienne :

« STOOOOOOOOOOOOP ! hurla Max Hubert, le patron de la boîte. Arrêtez tout ! Stoppez-moi ça sur le champ ! J’en ai assez vu !»

Il se retourna vers le duo en charge du projet qu’on lui présentait et reprit :

« Bon les deux guignols, est-ce que l’un d’entre vous deux pourrait m’expliquer ce que vous n’avez pas compris dans le principe de faire une campagne de pub pour promouvoir le jeu-vidéo ?
– Eh bien, il semblerait bien que nous ayons commis une légère erreur d’interprétation, lança maladroitement Jonathan, un des deux employés qui lui faisaient face.
– Vous m’en direz tant ! Et qu’est-ce que vous n’avez pas compris dans ma requête alors que je l’avais formulée le plus simplement du monde ?!
– Pour tout vous avouer, on avait pas vraiment réussi à entendre ou même comprendre ce que vous nous aviez demandé à ce moment-là. Faut dire que vous appeliez d’on ne sait où et qu’on a pigé que la moitié des mots que vous avez dit. Néanmoins, on a réussi à choper au vol « campagne « , « jeu vidéo » et « politique », ce qui fait qu’on a pensé qu’il était tout à fait probable que vous vouliez qu’on fasse une sorte de campagne de prévention contre le support vidéoludique, tenta d’expliquer Sebastian, le collègue de Jonathan.
– Mais vous êtes complètement cons ma parole ! On bosse avec des studios et des développeurs pour les aider dans leurs choix marketing, à quel moment vous vous êtes dit que j’avais envie de me coller une balle dans le pied en faisant un truc pareil ?!
– Il est vrai que notre réflexion ainsi que la démarche intellectuelle qui en a découlé ont cruellement manqué de logique, remarqua Jonathan. Par contre, pourquoi le « politique » ?
– Parce que je voulais faire en sorte de contrer cette politique à la con qu’ont les médias de vouloir à tout prix diaboliser le dixième art !
– Ah… Ben, on a bien foiré… soupira Sebastian.
– Bon, je vais pas y aller par quatre chemins. Vous allez me rattraper ce merdier. Je veux le projet finalisé pour la semaine prochaine et vous avez pas intérêt à vous louper.
– Mais comment ? demanda Jonathan.
– Vous.vous.démerdez ! s’exclama Max avant de quitter la pièce, furieux. »

Jonathan et Sebastian se retrouvaient seuls et désemparés lorsque le premier demanda au second :

« J’ai pas rêvé, il nous laisse tout juste une semaine pour concevoir, mettre en chantier et réaliser une campagne de promotion complète autour du jeu-vidéo alors que celle qu’on vient de lui livrer a mis des mois à se faire, c’est bien ça ?
– C’est ça. Je crois bien qu’on est parti pour crécher ici pour les jours à venir.
– Tu penses qu’il va se passer quoi si on se loupe ?
– Hum… Game Over ?
– Et merde… »

Mickaël 


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Quand Dracula rencontre les Super Nanas

« ARCHIBALD PERCEVAL VON BLOOD ! Ayez l’obligeance de ramener vos fesses dans votre chambre ! TOUT DE SUITE ! »

Vous tous le savez pertinemment, lorsque votre père ou votre mère vous appelle par votre prénom complet, c’est rarement pour vous féliciter d’avoir ramené un bulletin de notes impeccable ou parce que vous avez parfaitement réussi à accomplir toutes les tâches plus ou moins ingrates qu’il ou elle avait bien pu imaginer vous confier pour remplir votre week-end. Ainsi, au moment même où PetitVampyrDu666 entendit son paternel hurler à travers le château, il savait que le résultat de sa dernière petite expérience venait d’être découvert. Ça allait chauffer sévère. Il se dépêcha donc de lui obéir. Alors qu’il s’apprêtait à rentrer dans la pièce, il se rendit vite compte que ses craintes étaient fondées

« Qu’est-ce que c’est que cette chose ? demanda le Comte Von Blood en désignant un petit être assis sur le lit de son fils. Celui-ci portait une couche, avait la peau d’un bleu pastel, était blond et avait une corne en plein milieu du front.
– Eh bien, père, vous n’allez pas me croire mais c’est… Comment dire… Une très longue histoire.
– Habituellement, je vous aurais bien dit que j’ai tout mon temps mais ce n’est pas le cas présentement donc vous me faites la version courte sans simagrées sinon je peux vous assurer que ça va mal se mettre et ce, très rapidement.
– D’accord. Par où commencer ? Ah oui ! Je sais ! Vous vous souvenez quand vous m’avez dit qu’il serait bon que j’arrête de m’abrutir devant les jeux-vidéo, la TV ou mon ordinateur et qu’il serait de bon ton que je fasse quelque chose de plus productif de mes journées ?
– Bien évidemment. Où voulez-vous en venir ?
– Au simple fait que j’ai décidé de suivre ce conseil. Cherchant un moyen plus productif de m’occuper l’esprit, je me suis mis à fouiner dans la bibliothèque jusqu’à ce que je tombe sur un merveilleux ouvrage « Comment j’y suis parvenu » par le Docteur Victor Frankenstein. J’ai dévoré ce livre et me suis dit que ce serait une bonne idée de, moi aussi, tenter le coup. Malheureusement, manipuler des cadavres, c’est pas trop mon trip. J’ai donc décidé de m’y prendre autrement. J’imagine que le nom de Professeur Utonium ne vous dit rien.
– Ça me rappelle vaguement quelque chose. N’est-ce pas un personnage de dessin animé ?
– Tout juste. J’ai repris sa formule de création de la vie : du sucre, des épices et des tas de bonnes choses, tout en la combinant aux méthodes de Frankenstein. Malheureusement, n’ayant pas d’agent chimique X sous la main, ça restait une sorte de bouillasse immangeable et rien d’autre. J’ai donc dû improviser et l’ai remplacé par autre chose.
– Je vois. Et sur quel ingrédient de substitution votre choix s’est-il porté ?
– Vous n’allez pas du tout aimer mais il s’agit de… de… de sang que je suis allé chercher dans la réserve de grand-père !
– TU AS FAIT QUOI ?! »

Ouh la vache ! Ça sentait pas bon du tout ! Il était très rare que son père le tutoie. En fait, il ne le faisait qu’en deux occasions : lorsqu’il était très fier de lui et lorsqu’il était méga furax. À ce moment précis, ce n’était pas de la fierté qu’Archibald pouvait voir dans le regard de son père, bien au contraire. Il le saisit par les épaules :

« Quelle fiole as-tu prise ?!
– Je sais pas moi. Elle avait une drôle de couleur.
– D’accord mais laquelle ?!
– C’était une espèce de mauve fluo bizarroïde.
– Bon sang, ne me dis pas que t’as été assez con pour faire ça ?!
– Père ! Le petit ! s’exclama Archibald en désignant la créature.
– Est-ce que tu sais, au moins, ce que tu as mis dans ta foutue mixture ?!
– Ben, je dois avouer que non…
– Il s’agissait du sang d’une créature mythique absolument unique en son genre. Un ingrédient rare et unique au monde qui valait une véritable fortune ! Ton grand-père le gardait en cas de nécessité et toi, jeune inconscient tu t’en es servi pour créer ce… ce… ce truc !
– Père, il a un nom, vous savez.
– Ah bon ?! Parce que tu lui en as trouvé un ?
– En fait, c’est maman qui…
– Parce que ta mère est dans la confidence et elle n’a pas jugé bon de m’en parler ?! Non mais je suis le dernier à être mis au courant de ce qui se passe dans cette maison. J’imagine qu’elle a donné son aval pour que tu le gardes…
– En effet.
– Cela signifie donc que je n’ai pas droit vraiment au chapitre. Bon, il s’appelle comment ce petit gars ?
– Balthazar.
– Comme ton grand-père. C’est un choix judicieux. Enfin, je crois. Par contre, pourquoi ne pas lui avoir donné son nom complet ?
– Pour tout vous dire…
– Non parce que Balthazar Roderick Vincent, il est vrai que cela fait un peu long mais… »

Avant même qu’il ait eu le temps de finir sa phrase, deux autres êtres identiques à celui qui était assis sur le lit firent leur apparition au moment où ils entendirent leurs noms respectifs. La seule chose qui les différenciaient était la couleur de leur peau : le dénommé Roderick avait le teint écarlate tandis que celui qui avait été appelé Vincent était vert.

« Vous savez, père, dans ce genre d’expérience, le résultat vient souvent par trois… »

Quelques jours plus tard dans la chambre d’Archibald :

« Et donc, c’est le seul moyen que t’as trouvé pour faire en sorte que ton père arrête de vouloir te dire quoi faire de tes journées ? demanda Vlad, le cousin de PetitVampyrDu666.
– Yep !
– Tu crois que le jeu en valait vraiment la chandelle ? Non parce que, pour le coup, il a été plutôt raide.
– Maintenant que tu le dis, c’est vrai que 300 jours de consignation dans ma chambre, c’est salé. Mais bon, au moins, je suis peinard et puis, j’ai mes nouveaux petits frangins qui peuvent aller me chercher ce que je veux dans la baraque pendant que je reste ici. D’ailleurs, ils m’ont ramené un livre : « L’art et la manière de passer inaperçu » par l’Homme Invisible. Je sens que je vais bien m’amuser. »

Mickaël 

Retour vers le futur antérieur

Vous savez, je suis un mec plutôt tolérant.Toute forme d’étroitesse d’esprit a le don de me foutre une gerbe monumentale. Je vous laisse donc imaginer ce que la connerie de certains blaireaux peut avoir comme effet désastreux sur mon système stomacal, sans oublier les migraines fulgurantes que réussissent à provoquer les abrutis sectaires de tous poils que je croise de temps en temps au boulot ou même dans la rue. Malgré tout ça, je dois avouer qu’il y a quand même deux-trois trucs qui me font dresser le poil.

Alors, j’en entends déjà deux-trois en train de gueuler comme des veaux : « Mais tu viens tout juste de dire qu’être étroit d’esprit, c’est pas bien et que les gens qui étaient comme ça te gonflaient violent, tu nous aurais donc menti ?! » Premièrement : on va se calmer illico, bande de jeunes margoulins. Deuxièmement : vous allez très vite piger pourquoi je dis ça.

Et pour y parvenir, je vais devoir vous parler de mon petit frère. Ce mec, c’est une véritable crème. Il est gentil comme tout et il est loin d’être con. Y a juste un petit souci le concernant. Souvent (Trop souvent), il se tape des trips nostalgiques bien violents. Alors là, vous vous dites : « Bah, il a le droit de faire ce qu’il veut, quand même. » Je dis pas le contraire mais quand le gars refait toute la déco de sa chambre tous les six mois parce qu’il change d’époque, ça devient vite soûlant. En moins de cinq ans, on a fait tout le XXe siècle. Je crois bien que, jusqu’à présent, le pire, ça a été sa période 70’s. Non parce que le disco avec ses couleurs flashies, ses paillettes, ses coupes de cheveux et ses fringues pas possibles entre pattes d’éph’, cols pelle à tarte et pompes compensées, c’est quand même sacrément hideux. Sans déconner, j’en ai vu passer des horreurs sans noms. D’ailleurs, à un certain moment, j’ai bien cru que ma rétine allait cramer tant ce que j’avais sous les yeux piquait.

Mais même lors de la période disco, j’ai rien dit. J’ai tenu bon. La musique ringarde à fond les ballons pendant des soirées entières, je l’ai acceptée. J’ai fermé ma gueule. J’ai encaissé chaque connerie. J’en ai bouffé du Abba, du Boney M et du « Born to be Alive » à en avoir les oreilles en sang. Sans oublier, les cadeaux qui vont avec tout ce délire. Non parce que le petit ange, il veut aussi faire profiter de sa passion à tout le monde. J’ai ainsi eu droit à une jolie paire de lunettes de soleil en étoiles pour mon anniversaire ainsi qu’une intégrale de la période disco de Dalida. B*rdel de sainte m*rde ! Quel être humain sensé offre un truc pareil ?!

Mais là, la coupe est pleine ! J’en ai ras le bol de ses âneries ! Je vais régler ça maintenant ! J’ai préparé mon argumentaire pour la confrontation, ça va chier !

« Nathan ! hurlé-je à travers la maison.
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– Ramène tes fesses ici, faut qu’on cause ! »

Le petit frangin se dépêche de sortir de sa chambre et de rappliquer dans le salon où je me trouve. Il a dû sentir que ça allait chauffer. Il a pas l’air super sûr de lui. C’est déjà ça de gagné. Je lui laisse pas le temps d’en placer une.

« C’est quoi ça ? lui dis-je en désignant sa tête.
– Ben… Tu sais, je suis passé aux années 80 donc tu me connais, je…
– Je veux rien savoir ! C’est proprement honteux !
– Tu crois pas que t’exagères un peu ?
– Moi, j’exagère ?! Je crois bien que j’ai été plutôt cool jusqu’à présent. Je t’ai passé toutes tes lubies à la con mais là, c’est le point de non-retour alors soit tu m’arranges ça, soit je m’en charge moi-même !
– Sérieux, je peux quand même… »

Je le fusille du regard. Il comprend bien vite qu’il doit juste la boucler. Je le vois partir et j’entends la tondeuse s’actionner dans la salle de bain. Alors ouais, je suis un mec plutôt tolérant mais la coupe mulet, c’est mort ! On n’est pas des sauvages, purée !

« Et t’en profiteras aussi pour changer de froc ! J’ai pas envie de te voir te trimbaler en pantalon cuir moule-burnes toute la sainte journée ! Merci ! »

Vivement qu’il passe aux 90’s… Et m*rde, j’avais oublié les baggies…

Mickaël

Ne jamais perdre espoir

Ne vous arrive-t-il pas, parfois, d’avoir des regrets ? Regretter est sûrement l’un des pires sentiments que l’on peut avoir car il a le don de vous ronger de l’intérieur et finit par s’imposer à vous comme l’expression même de vos échecs. Bedelia Huntington, médecin psychiatre de renom, en connaissait un rayon à ce sujet à tel point que son portrait aurait pu servir d’illustration à la définition du mot regret dans n’importe quel dictionnaire existant. Pourquoi ne pas avoir suivi Billy Paxton, le beau brun aux yeux en amande qui vivait à côté de chez elle, lorsque celui-ci lui avait proposé de fuir un beau matin de juillet 99 ?

Elle aurait sûrement vécu la plus belle aventure de sa vie. Pourquoi avoir choisi de suivre la même voie que son père plutôt que de devenir illustratrice de livres pour enfants comme elle en avait toujours rêvé ? Certes, elle réussissait à aider les autres à mieux vivre avec leurs troubles mais elle-même ne parvenait pas à vaincre ses propres angoisses. Pourquoi ne pas avoir écouté les conseils de sa mère, tout simplement ? Elle avait toujours été une personne avisée et pleine de bon sens. Pourquoi ? Pourquoi ?! Pourquoi ?!? Cette interrogation ne cessait de la tarauder et, à l’heure où j’écris ces lignes, c’est encore le cas mais peut-être plus pour très longtemps.

Bedelia était assise derrière son bureau lorsqu’elle appuya sur un des boutons de l’interphone situé à sa gauche. Un grésillement se fit entendre suivi de la voix nasillarde de sa secrétaire :
« Oui, Docteur ?
– Sally, faites entrer le patient suivant, je vous prie.
– Tout de suite ! »

Le bonhomme qui entra dans son cabinet avait l’air peu sûr de lui. La démarche balourde, il jeta un coup d’œil autour de lui avant de croiser son regard. À ce moment précis, il sembla acquérir une assurance qu’on ne lui aurait pas prêtée quelques instants auparavant. Il se précipita vers elle et manqua de s’étaler de tout son long en trébuchant sur un tapis persan :

« Monsieur Xorlux, je suppose.
– Absolument pas. Je me présente Edgar Forshire, agent des plus grandes stars de l’imaginaire, voici ma carte.
– Et que me vaut ce plaisir, monsieur Forshire ? Non, laissez-moi deviner. Votre client n’a finalement pas souhaité venir et vous venez pour vous ramasser la soufflante à sa place.
– Vous n’y êtes pas du tout. Monsieur Xorlux a grandement besoin de vos services. Suite à un traumatisme récent, il a du mal à savoir qui il est vraiment, ce qui, je dois vous l’avouer, est un comble pour un acteur de son envergure.
– Si mon concours lui est autant nécessaire, pourquoi n’est-il pas devant moi à la place à laquelle vous vous tenez présentement ?
– Mais il l’est ! Enfin, pas à ma place mais il est tout de même ici.
– Attendez. Qu’entendez-vous par « ici » ?
– Eh bien, dans cette pièce.
– Sans vouloir vous offenser Monsieur Forshire, hormis vous et moi, je ne vois personne d’autre.
– Tout le problème est là. Vous n’avez pas encore perçu sa présence et tant que vous ne l’aurez pas fait, il vous sera impossible de le voir.
– Et comment suis-je censée m’y prendre ? »

Après moult explications données par Edgar, immédiatement suivies par une salve de protestations de la part de Bedelia, celle-ci finit par céder et ferma les yeux comme demandé par son interlocuteur. Elle pensa, comme il lui avait conseillé, à un souvenir agréable. Elle n’eut pas à attendre très longtemps avant que l’incroyable ne se produise. Alors qu’elle se concentrait de plus en plus fortement, un immense fracas se fit entendre. Forshire s’adressa alors à elle :

« Docteur, à quoi avez-vous pensé ?
– À ma toute première… dit-elle en ouvrant les yeux. »
Elle s’interrompit au moment même où elle vit, au beau milieu de la pièce, un immense dragon violet à rayures roses, choucroute magenta vissée sur le crâne, lunettes de vue posées sur la gueule en train de tricoter un châle multicolore. Alors qu’Edgar courait dans tous les sens complètement paniqué, téléphone portable à la main, Bedelia s’approcha de la créature et demanda :

« Mamie Dragon, c’est toi ?
– Non, il s’agit de Monsieur Xorlux, lui répondit Edgar avant de reprendre. Il a simplement pris l’apparence de ce que vous souhaitiez voir. Un don extrêmement utile pour les tournages d’heroic fantasy ou de films d’horreur, par exemple. Cela fait d’énormes économies de moyens… En attendant, c’est la cata ! Comment on va rembourser les dégâts ?! »

Bedelia ne l’écoutait pas. L’immense bête la regardait avec bienveillance. Un flot de souvenirs heureux lui revint en mémoire. Des larmes commencèrent à apparaître au coin des yeux.
« Tu es exactement comme je t’ai toujours imaginée. Tu te souviens ? Je voulais devenir dresseuse de dragons mais papa m’avait dit que ce n’était pas possible parce que vous n’existiez pas. C’est à ce moment-là que je t’ai créée. Je voulais raconter tes aventures en compagnie de ta famille mais là encore, j’ai dû abandonner mes rêves… »

Elle posa sa main sur le ventre de l’étrange animal avant d’y poser délicatement son visage. Avant qu’elle ne puisse continuer de parler, sa « création » la prit par le col de son chemisier, la déposa délicatement sur son dos et déploya deux immenses ailes avant de s’envoler. Edgar cria alors :

« Docteur et pour votre cabinet ?
– L’assurance paiera, lui répliqua-t-elle.
– Ça d’accord mais pour les tournages de mon client ?
– Il les reprendra une fois la thérapie finie ! »
Tandis qu’elle s’éloignait de plus en plus de l’endroit où elle se tenait il y a peu, se dirigeant vers une destination seule connue de Xorlux, et que le vent faisait voler ses cheveux, Bedelia se disait qu’il était grand temps d’arrêter de regretter et de commencer à vivre.

Mickaël

On a trouvé pire que Dark Souls…

« NOM DE DIEU DE B*RDEL À C*L DE BOÎTE À VITESSES !!! TU VAS FINIR PAR CREVER, OUI OU MERDE ?! »

Cela faisait plus d’une heure que les grossièretés en tout genre retentissaient entre les murs du château du Comte Von Blood. Ce dernier étant absent, son neveu Vlad (Mais si vous savez, TheGreatCountVlad) se lâchait allègrement sur le vocabulaire. Il le faisait tant et plus que même les habitants du plus proche patelin avaient certainement dû entendre ses vociférations portées par une douce brise printanière. Ce qui, je vous l’accorde, a de quoi surprendre quand, en fin de soirée, vous vous mettez à entendre un langage parfaitement ordurier arriver de nulle part.

Si les domestiques, cuisiniers et femmes de chambre n’osaient pas moufter (Après tout, il faisait partie de la famille du patron, ce qui, il fallait être clair, était un frein à toutes réprimandes), son cousin avait décidé qu’il était grand temps qu’il la mette en sourdine. On ne peut pas vraiment dire qu’Archibald Perceval Von Blood (AKA PetitVampyrDu666) soit quelqu’un qui s’emporte facilement. Au contraire, malgré son caractère parfois immature et une tendance à ne pas vouloir travailler ou assumer ses devoirs de comte-héritier, il reste quelqu’un de profondément calme, gentil et respectueux qui déteste les conflits. Toujours est-il qu’au bout d’un certain temps, il commençait à en avoir sérieusement marre d’entendre gueuler son cousin et finit par se diriger, furieux, vers la chambre de ce dernier.

À peine en avait-il franchi le seuil qu’une manette frôla son oreille. Il ne lui en fallut pas plus pour s’emporter :

« Non mais t’es complètement malade ! s’exclama-t-il.
– Oh ça va ! À ce que je sache, tu te l’es pas mangé dans la tronche ! lui répondit Vlad.
– Encore heureux ! Sinon, c’est la console complète qui apprenait à voler et par la fenêtre !
– Mais bien sûr ! Et avec quelle armée t’allais faire ça ?! Celle que tu planques dans ton sac à dos Rondoudou ?!
– Écoute-moi bien tête de slip, tu vas calmer ta joie dans la seconde ou tu vas prendre mon pied dans les noix ! »

La dispute fut alors interrompue par un serviteur qui, passant par le couloir où elle se trouvait, décida de rapporter la manette qui, la minute d’avant, avait fait son baptême de l’air. Il en profita pour demander de la manière la plus prudente et la plus posée qui soit si les deux jeunes gens pouvaient régler leur conflit plus calmement. Le baron n’allait pas tarder à rentrer et s’il les surprenait en train de se chamailler, il allait leur passer un sacré savon. Les deux cousins acquiescèrent et reprirent leur sang froid. Une fois qu’il fut reparti, Archibald relança la conversation :

« Bon, c’est quoi le problème ?
– C’est ce boss, là ! J’arrive à rien face à lui ! dit Vlad en désignant le poste de télé derrière lui.
– Nan mais t’es sérieux ?! Moi, je vais te plier ça en deux temps trois mouvements.
– À ta place, je serais pas si confiant…
– Et pourquoi ?
– Tout simplement parce qu’il paye pas de mine mais il est super exigeant… Comme quoi la dernière page du manuel de l’utilisateur mentait pas…
– Et qu’est-ce qu’elle disait ?
– Life’s a bitch and you can’t win*…
– Ah ouais quand même… Peu importe ! Tu vas voir que je vais tout défoncer ! »

Au bout de pas moins d’une vingtaine d’essais, Archibald finit par abandonner alors même qu’il avait la solution sous les yeux. Il faut dire qu’au bout du dixième game over, il s’était dit qu’un petit coup de main ne pouvait pas faire de mal. Vlad lui demanda alors :

« Tu vois ? Je te l’avais bien dit, non ?
– Non mais c’est pas possible ! Les mecs qui ont développé ce truc sont complètement cinglés ! C’est ultra-dur. Sans déconner, c’est au poil de fion et faut avoir des réflexes de jedi ! Et puis, je pige que dalle au pattern de cet enfoiré ! Sans oublier le fait que les armes se pètent comme du verre et que le personnage est un gros fragile.
– Mouais… Même le dernier Zelda était pas aussi chaud que ça…
– Tu m’étonnes !
– Après, je dois t’avouer que quand j’ai vu la jaquette et que j’ai lu l’histoire, je me suis dit que ça allait être easy-peasy. Je m’attendais vraiment pas à me faire botter le cul comme ça…
– En même temps, quelle idée à la con de s’inspirer des Dark Souls pour faire un jeu qui s’appelle « Super-Cupcake contre les licornes de l’espace » ! »

 

* La vie est une garce et tu ne peux pas gagner.

 

Mickaël 

Les shojos selon Tata Adélaïde

Mes petits amours, bienvenue dans cette nouvelle rubrique spécialement approuvée par votre hôte, c’est à dire moi, et imposée aux Vox Plumes. En même temps, ils ont pas trop leur mot à dire. Aujourd’hui, on va causer shojo (Je vois même pas pourquoi je le précise, d’ailleurs. Non parce que, logiquement, vous avez lu le titre et, à moins d’avoir l’intelligence ou la mémoire d’une crevette, vous savez déjà de quoi je vais vous parler.). Je vous le dis tout net, c’est la chieuse qui me sert de nièce qui m’a demandé de faire ce papier. Après, c’est pas que je suis pas du genre fleur bleue mais, pour le coup, je préfère quand ça sent la sueur et le sang plutôt que le patchouli, le thé à la rose et le pet de licorne. M’enfin bon, quand je m’engage, je m’y tiens… Pourquoi j’ai accepté cette connerie ? J’aurais tout aussi bien fait de me péter une patte…

Alors, si je pige bien le concept du machin, c’est de manga (C’est ma nièce qui m’a dit comment que ça s’appelait) pour gonzesses que je dois déblatérer. Pour commencer, et juste comme ça, quelqu’un peut-il me donner le nom de l’enfant de guignol qui s’est dit que ce serait une bonne idée de catégoriser des BDs, ou je sais pas quoi, en mode bibliothèque rose pour les louloutes et bibliothèque verte pour les morveux ? Non parce qu’on va pas se mentir, des petits gars qui te lisent des romans à l’eau de rose et des nénettes qui partent à la guerre contre les gros vilains avec leur armée d’Action Men, y en a toujours eu, y en aura toujours et je peux vous dire qu’ils se contrefichent de savoir si ce qu’ils lisent, c’est pour garçons ou filles ! Alors, votre catégorisation, je me torche avec !

On me signale à l’oreillette (Oui parce que vu que je ne préfère pas trop raconter de conneries, j’ai donc la nièce de l’autre côté du bigophone pour me prévenir quand je balance une ânerie) que les choses sont un peu plus compliquées que ça. Enfin, disons plutôt, qu’on me beugle dans les esgourdes. Tudieu Jane, j’ai pas les portugaises ensablées donc tu te calmes dans la seconde ou c’est moi qui vais te calmer à grand coup de Larousse dans le dentier histoire que tu comprennes mieux les grossièretés que t’emploies !

Tu disais, donc ? Huuumm… Si je pige bien, tes trucs là ne se résument pas qu’à des histoires de jeunes pucelles aux grands yeux mouillés qui cherchent l’amour de leurs vies ? Y a quoi d’autre, alors ? Je veux bien te croire mais me pondre qu’y a aussi du drame, du fantastique et je ne sais quoi, ça m’en dit pas plus. T’as des exemples à me donner ? Vampire Knight ? C’est quoi encore ce machin ? Alors, je t’arrête de suite ma cocotte, une histoire de gonzesse avec des vampires, ça s’appelle Twilight et je m’en servirai même pas comme papier c*l, même si c’était la seule et unique chose que j’avais sous la main, par peur de m’écorcher avec ! Comment ça je suis d’une vulgarité sans nom ? Oh ça va ! Tu vas pas commencer à me casser les valseuses avec tes histoires de bon goût. Je suis pas là pour leur apprendre les bonnes manières.

T’as quoi d’autre en stock ? Card Captor Sakura ? Magical Girl ? La vache ! Tu peux pas choisir des noms français pour changer ! Bon, vas-y raconte ce que c’est ton machin. Okay… Donc si je pige bien, c’est l’histoire d’une pisseuse qui devient joueuse de cartes professionnelle. Bah mon cochon ! Les parents sont de bons gros irresponsables ! Une fois, j’ai essayé de caser un morveux de 17 balais dans mon équipe de canasta, on s’est fait jarter du tournoi en moins de temps qu’il en faut pour dire « Emi Magique » ! Je peux te dire que je m’en suis mordu les doigts. Mais non, je ne m’égare pas ! J’évoque, c’est tout !

Bon, t’as rien d’autre à proposer ? Y a en qui causent de sport ? Ah bah là, ça me convient parfaitement ! Alors… Jeanne et Serge ? Ben, c’est pas un machin japonais, ça ! Ah ben non ! Jeanne et Serge, y a pas plus franchouillard comme noms. Ça sent le pâté, la bouse de vache et la campagne profonde ce titre !

Bon, tu sais quoi ? Ça me gonfle cette affaire. Je me casse ! Mes conseils de lecture ? Non parce qu’ils s’attendaient à ce que je leur en donne ? Sérieux ! Mais j’en ai jamais lu un seul de ces machins et c’est pas demain la veille que ça arrivera. Ça va, j’ai compris ! Bon ben, je sais pas moi… Lisez Martine, ça doit être à peu près la même chose que votre b*rdel. En attendant, moi, je m’en vais débusquer le sanglier en forêt de Sarthe. Comment ça, ça se fait pas de chasser les membres de sa propre famille ?! Oh P*tain !

*Pour le bien de tous, cette émission ne sera pas reconduite. Merci de votre compréhension.*

 

Mickaël

Chair de Goule n° 12 – C’est la curiosité qui a tué le chat

Afin d’apprécier au mieux l’épilogue de ce texte, nous vous conseillons de lire les deux textes suivants : Chair de Goule n° 12 – Apprendre à geeker, Un teaser sachant teaser.

Chair de Goule n° 12 :

La curiosité est, selon la sagesse populaire, un vilain défaut. Celle-ci est pourtant extrêmement saine quand elle nous amène à nous cultiver, à nous ouvrir à l’autre… En revanche, lorsque celle-ci est associée à un voyeurisme malsain doublé d’un fort penchant pour la délation et le chantage, cela devient beaucoup plus problématique. Elle peut alors vous attirer les foudres de nombreuses personnes ou de gros ennuis. Notre « héros » de ce soir va l’apprendre à ses dépens car n’oublions jamais que :

C’est la curiosité qui a tué le chat

Andrew Cheshire n’a jamais vraiment été quelqu’un de bien. Tout ce qu’il a pu obtenir tout au long de son existence, il ne l’a eu qu’en se servant des informations compromettantes qu’il avait accumulé contre ses voisins, les membres de sa famille ou bien ses amis. Tout le monde y était passé, y compris de parfaits inconnus. Même le voyage organisé auquel il était en train de participer, il l’avait gagné de manière peu glorieuse. En effet, il avait réussi à prouver, on ne sait comment, que le vainqueur du concours auquel il avait également participé avait triché. Étant à la deuxième place du podium, il était automatiquement passé à la première et de ce fait, avait pu partir pour un séjour tous frais payés en Roumanie. Celui-ci dura une semaine et il ne se passa pas un seul instant sans qu’il trouve un moyen de rendre la vie des autres voyageurs la plus désagréable possible.

Lors du dernier jour, il s’en alla visiter, avec son groupe, un vieux château perdu au fin fond de la Transylvanie, ce qui, il ne s’en cachait pas, l’ennuyait profondément. Le pire étant qu’il ne savait vraiment pas quoi faire pour rendre sa journée plus intéressante. Certes, il avait pourri celle d’un petit couple de jeunes en glissant, malencontreusement, dans le sac de madame des photos où l’on voyait son fiancé en embrasser une autre mais cela ne lui suffisait pas. Il avait aussi envoyé bouler le guide lorsque celui-ci lui avait fait remarquer qu’un de ses lacets était défait, le menaçant, au passage, de le faire renvoyer s’il se permettait une autre remarque désobligeante. Rien de bien excitant, en somme. Alors que la fine équipe s’apprêtait à rejoindre le premier étage, il remarqua une porte cadenassé. Il s’adressa alors au guide :

« Dites-moi, jeune homme, il semblerait bien que nous n’ayons pas visité le rez-de-chaussée dans son intégralité, dit-il en désignant le recoin où se trouvait l’objet de son intérêt.
– Malheureusement monsieur, le comte a strictement interdit tout accès à la pièce se trouvant derrière ce chambranle. Si vous le voulez bien, nous allons poursuivre notre parcours. »

Andrew prétexta une envie pressante et enjoignit les autres à poursuivre sans lui, le temps qu’il aille aux toilettes. Dès qu’il fut seul, il s’empressa de forcer le cadenas. Ce dernier céda très facilement, le poids des ans et de la rouille l’aidant dans sa tâche. Il longea un étroit couloir plongé dans la pénombre avant d’arriver à une deuxième porte. Il entra et découvrit une pièce où se trouvaient différents engins de torture. Son cerveau se mit à bouillir. C’était sûrement l’antre d’un maniaque ! Il allait pouvoir le faire chanter en le menaçant de dévoiler ses petits secrets. Vite ! Il fallait prendre un maximum de clichés. Il remarqua assez rapidement une chaise bien étrange. Celle-ci se trouvait au milieu d’un mécanisme qui l’était plus encore. Un panneau explicatif était posé devant : « Trône de souffrance : moyen d’exécution particulièrement violent. Le sujet est placé sur le siège ci-devant avant de recevoir de l’huile bouillante sur le sommet du crâne. Il est ensuite démembré par les lames automatiques puis son crâne est pulvérisé avant que le reste du corps ne soit déchiqueté par les scies circulaires géantes. » Alors qu’il s’apprêtait à faire crépiter le flash de son portable, quelqu’un s’adressa à lui :

« Vous n’avez rien à faire ici, monsieur. »

Tandis qu’il se retournait pour voir qui s’adressait à lui, quelque chose fit tomber Andrew à la renverse. Il atterrit directement sur le trône de souffrance déclenchant ainsi la machinerie infernale, ce qui provoqua une mort aussi atroce que graphique. Le guide se retrouva couvert de la tête aux pieds de morceaux chair humaine. Ne sachant quoi dire face à un décès aussi stupidement provoqué, il se contenta de souffler :

« Je vous avais pourtant bien dit de nouer vos lacets… »

Épilogue :

Le narrateur et Archibald étaient assis au petit salon lorsque ce dernier lui demanda :

«Bon alors, t’es satisfait ?
– Absolument !
– Tu m’en veux plus, alors ?
– Pas le moins du monde ! J’ai même décidé de vous remercier en vous laissant un petit présent avec une carte de remerciements. Par contre, je dois avouer que je ne me rappelle plus trop où je l’ai posé…
– QUI A LAISSÉ ENTRER UN MORTEL DANS LA SALLE INTERDITE ?! REGARDEZ-MOI CE CHNATIER ! Y A DU SANG ET DES MORCEAUX DE CADAVRE PARTOUT ! hurla le comte Von Blood depuis l’entrée de la pièce où se trouvait sa collection privée. »

PetitVampyrDu666 se mit alors à réfléchir lorsqu’une pensée lui traversa l’esprit :
« Au fait, ton cadeau, ne me dis pas que…
– ARCHIBALD PERCEVAL VON BLOOD ! VOUS ALLEZ ME FAIRE LE PLAISIR DE RAPPLIQUER ICI ! VOUS ALLEZ ME NETTOYER CE BOXON ET FISSA !!!
– Oups ! s’exclama faussement le narrateur un sourire en coin. Il semblerait que votre père l’ai trouvé avant vous…
– T’es vraiment qu’un pourri !
– ARCHIBALD !
– OUI, J’ARRIVE ! »

Tandis que PetitVampyrDu666 rejoignait son père, son interlocuteur se marrait intérieurement en se disant qu’il lui avait donné une bonne leçon. Morale de l’Histoire : Ne vous mettez jamais un narrateur à dos. Il trouvera toujours le moyen de vous pourrir la vie d’une quelconque manière.

 

Mickaël

Un teaser sachant teaser

Avant tout chose, je conseille très fortement à tous ceux qui ne l’ont pas encore fait d’aller lire le texte suivant : Chair de Goule n° 12 – Apprendre à geeker. Il vous permettra de comprendre le pourquoi du comment. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture

Un teaser sachant teaser

Transylvanie, château du comte Von Blood, porte principale :

« Bon ben, tu te magnes d’entrer ou t’attends le déluge ?! s’exclama vertement PetitVampyreDu666 depuis l’intérieur de l’immense bâtisse. C’est pas le tout mais il caille sévère et j’ai pas vraiment envie de me faire enguirlander par mon père parce qu’on est en train de refroidir la baraque !
– Oh ça va ! J’ai bien le droit d’admirer le paysage ! lui répondit le narrateur de Chair de Goule.
– Pour ce qu’il y a à admirer… Après si ton trip, c’est la caillasse, y a une magnifique carrière à une cinquantaine de kilomètres au nord d’ici.
– Très drôle… »

Transylvanie, château du comte Von Blood, hall d’entrée :

« Tu veux commencer par quoi ?
– Je ne saurais trop vous dire. Auriez-vous la bonté de me décrire les lieux afin que je puisse me décider ?
– Bien sûr ! Alors, si tu prends la porte sur notre gauche, tu accèdes à l’aile est. C’est là que se trouvent les quartiers des domestiques ainsi que les cuisines et la buanderie. En poursuivant ton chemin dans la même direction, tu accèdes aux écuries en traversant un pont couvert. De l’autre côté se trouve l’aile ouest, logique tu me diras. S’y trouvent la salle de bal où, d’après mon père, un film a été tourné il y a quelques dizaines d’années, la salle de réception, la bibliothèque, le petit salon, la salle de jeux et le fumoir. Au premier étage, il y a les chambres et les diverses salles de bain. Au deuxième, ce sont, principalement, des salles d’expositions remplies de vieilleries. Enfin au troisième, il y a le jardin d’hiver et l’observatoire lunaire… Oh ! Tu m’écoutes ?!
– Hein ?
– Non mais dis-le tout de suite si je t’emm*rde ! T’es vraiment pas cool comme mec ! Tu me demandes quelque chose et la seconde d’après tu fais même plus gaffe à ce que je t’explique !
– Rassurez-vous Archibald, j’ai prêté attention au moindre détail de votre exposé, c’est juste que…
– Juste que quoi ?!
– Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus excitant…
– Ah ça… T’sais, je voulais pas te casser le moral ou ta créativité mais c’est un château plutôt classique.
– C’est ce que j’ai compris. Au fait, dites-moi, où peut bien mener cette petite porte cadenassée à droite du grand escalier ?
– À un petit couloir qui permet d’accéder à la collection privée du vieux. Tu veux la voir ?
– Pourquoi pas… »

Transylvanie, château du comte Von Blood, pièce ??? :

« Fantastique ! C’est exactement ce que je cherchais ! s’exclama le narrateur.
– Content que t’aies trouvé ton bonheur mais t’es sûr de toi ?
– Absolument ! Je peux vous assurer qu’avec un tel endroit, le résultat promet d’être.. sanglant ! »

To be continued.

 

Mickaël

Chair de Goule n° 12 – Apprendre à geeker

Chair de Goule n° 12 :

Ne vous est-il jamais arrivé de laisser un jeu-vidéo en plan ? Que peut-il, alors, bien se passer lorsque…
« Stop le narrateur, on arrête direct !
– Mais… mais… Je ne vous permets pas !
– Écoute, quand on parle culture geek, c’est pour ma pomme !
– Et pourrais-je savoir qui vous êtes ?!
– Archibald Perceval Von Blood mais on me connait mieux sous le pseudo de…
– Ah mais oui ! Je me disais bien que votre tête me rappelait quelque chose. Vous êtes le petit m*rdaillon qui fait des tops de grosse feignasse !
– Se faire critiquer son travail par un mec qui se complaît à raconter des histoires ultra-glauques, je trouve ça plutôt comique !
– Vous manquez pas de souffle ! Moi au moins, avec mes Chair de Goule, je propose des histoires qui rendent un vibrant hommage aux comics d’horreur des années 50 tandis que vos écrits ne sont que du flan !
– C’est ça ! C’est ça ! Bon ben, c’est pas le tout mais tu te casses, maintenant.
– Dans vos rêv…
– Et tu fais comment pour parler maintenant que t’as plus le son ! Bon les gars, fausse alerte, on reprend tout depuis le début !»

Apprendre à geeker

Vlamidir Kroloc, jeune vampire de son état, ne savait pas trop quoi faire en ce samedi soir. Il aurait bien affronté quelqu’un sur Avenue Fighters Ultra Edition FX 2.7 mais il n’avait aucun joueur 2 à disposition. Archibald, son cousin, était occupé à jouer à Pokémon Crépuscule tandis que tous ses amis étaient partis à un concert des Undead Werewolves of the Night. Il se mit à farfouiller dans sa ludothèque dans l’espoir de trouver une idée lorsqu’il remarqua un boîtier poussiéreux traînant sur une des étagères : Chrono Fantasy VIII : The Lost Dragon. Ça faisait quelques temps qu’il n’y avait pas touché mais il réussissait à parfaitement se remémorer chaque détail de sa dernière partie. Il se dit qu’il était peut-être temps de s’y remettre et, machinalement, plaça le jeu dans la console et lança sa sauvegarde. Il fut extrêmement surpris par plusieurs détails intrigants. De nouveaux personnages avaient rejoint son équipe qui avait bien level-upé. Cette dernière possédait, d’ailleurs, un équipement nettement plus puissant que dans ses souvenirs. De plus, le décor affiché (Une sorte de ville sous-marine) ne lui disait strictement rien. Son sang ne fit qu’un tour. Quelqu’un avait osé poursuivre sa partie dans son dos. Mais qui cela pouvait-il être ? Certainement pas sa tante et encore moins son oncle, il ne restait plus qu’une possibilité :

« Archie ?! cria-t-il
– Quoi ?!
– Ramène-toi, fissa ! »

Alors que Vlad attendait dans sa chambre, Archibald finit par faire son apparition dans l’encadrure de la porte. Il lui désigna, l’air contrarié, la télé qui lui faisait face :
« Ben quoi ? lui demanda Archibald.
– T’aurais rien à me dire, par hasard ?
– Je pense pas… Si c’est à propos du sachet de bonbecs que j’ai terminé, je savais pas qu’il était à toi.
– De ? Quoi ? Non mais je m’en fous de ça ! Le jeu, là ? Qui t’a autorisé à poursuivre ma partie ?
– Excuse-moi mais je vois pas de quoi tu parles.
– Tu me prendrais pas un petit peu pour un con, par hasard ?!
– Non, je te jure que j’ai rien à voir avec ça. J’ai jamais touché à ta partie et encore moins à ta Vexnes 3200 et pour être totalement franc, c’est pas demain la veille que ça arrivera. C’est un vrai tacot cette console…
– Ben alors, si c’est pas toi, c’est qui ? Tu vas peut-être me faire croire que c’est ton père ou ta mère qui se sont découvert une passion pour le gaming ?
– Papa ? Le pauvre vieux… Déjà qu’il arrive pas à jouer à Tetris sans s’énerver alors un RPG bien old-school… Et maman, à part les jeux d’objets cachés…
– Non mais vous prenez pas la tronche, il y est strictement pour rien, s’éleva une troisième voix. »

Les deux jeunes vampires se retournèrent afin de se rendre compte que la personne qui s’était adressée à eux était un mage de niveau 53 qui se trouvait dans le poste de télévision.
« Pardon ?! s’exclama Vlad.
– Tu m’as très bien compris.
– Ben alors, qui est le coupable ?
– Y en a pas. On en avait juste ras-le-mèche de poireauter.
– Sérieux ? Vous auriez pu faire preuve d’un minimum de patience. Ça fait même pas six semaines que j’ai arrêté de…
– Six ans ! Ça va bientôt faire six ans qu’on attend !
– Ah…
– Sans déconner, tu crois qu’on a que ça à fiche d’attendre que tu te décides à t’y remettre ! D’autant plus que c’est violent à quel point t’es mauvais ! On avait honte à chaque fois que tu prenais la manette.
– Je suis pas si nul que ça quand même ?
– Tu plaisantes ou bien ?! Il t’a fallu quinze essais avant de battre le premier boss. T’as pas été fichu de compléter la première quête secondaire alors qu’elle consistait à buter trois pauvres rats dans une cave ! Donc tu nous excuseras mais il vaut mieux qu’on se sépare. On se débrouillera très bien sans toi. Au passage, j’en profite pour couper le jus, ça évitera de consommer de l’électricité pour rien.

Juste avant que la console ne s’éteigne, un message apparut :
« Succès déverrouillés : Se prendre un râteau par un jeu-vidéo ; Loser de catégorie extrême ; TheGreatCountVlad est tellement nul que même les jeux ne veulent pas de lui. »

Fin ?

« Ah ben, c’est pas trop tôt ! Plus jamais vous me faites un coup pareil ! C’est bien la première fois de ma vie de narrateur qu’on ose me traiter ainsi ! C’est proprement honteux ! D’autant plus que vous n’aviez qu’un rôle secondaire dans votre stupide anecdote !
– Ah ça va ! Tu vas pas me prendre le chou pour ça, non ?
– …
– Allez, fais pas la tête ! Je m’excuse. Voilà, t’es content ?
– …
– Et si je m’arrange pour que le paternel te prête le château familial pour ta prochaine histoire, t’arrêtes de bouder ?
– C’est déjà un bon début ! »

To be continued.

Mickaël

5 méthodes INFAILLIBLES pour obtenir TOUT ce que vous voulez

 

Salut à tous ! Ici PetitVampyrDu666 et, aujourd’hui, je vais vous donner quelques astuces pour convaincre vos parents de céder au moindre de vos caprices. Afin d’y parvenir, je vais prendre pour exemple les différentes stratégies que j’ai élaborées afin de forcer mon père à m’acheter un petit chat et je peux vous assurer que la tâche s’est avérée bien plus complexe que ce à quoi je m’attendais. Il faut dire que depuis ce qui s’est passé avec Titou, mon blaireau apprivoisé (L’incident avec la moissonneuse-batteuse, la mort violente, tout ça, tout ça), il avait pas trop envie de m’acheter un animal de compagnie, prétextant que cela allait revenir à jeter du pognon par les fenêtres. Néanmoins, à force d’efforts, d’envie et d’audace (Ça sonne bien, vous trouvez pas ?), j’ai fini par y parvenir. Pour cela, j’ai bien évidemment dû tester plusieurs tactiques avant d’arriver à mes fins. Mais trêve de mondanités, passons aux choses sérieuses.

Méthode n° 5 : SPAM ! SPAM ! SPAM !

Blinder sa boîte mail de demandes concernant l’objet de votre désir peut être un bon départ. Bien évidemment, vous ne devez pas vous arrêter là. Les SMS et les demandes orales à répétition peuvent aussi très bien marcher. Il faut tout de même vous assurer que le parent concerné soit en possession de deux choses cruciales avant de vous lancer dans ce projet de pourrissage intégral : un ordinateur et un téléphone portable. Mon père n’en possédant aucun… Ouais, bon, ça va ! Tout le monde peut faire des erreurs ! Et c’est pas ma faute, si mon paternel continue de communiquer avec des chauve-souris voyageuses ! Comment voulez-vous que je fasse mon chieur si je peux même pas… Attendez une minute ! Je reviens de suite !

Addendum : Tenter de spammer le courrier de quelqu’un avec une chauve-souris acariâtre est une idée de merde… J’ai encore des traces de griffures sur le visage…

Méthode n° 4 : L’exposé scientifico-pouet-pouet.

J’ai demandé à mon cousin Vlad de m’aider sur ce coup. On a essayé de faire comprendre à mon père qu’un petit chat allait être un plus pour la famille à l’aide d’une mini-conférence sur les bienfaits qu’un animal de compagnie peut avoir sur la santé et l’économie du foyer. On s’était réparti les tâches de la manière suivante : je faisais le discours tandis que Vlad montrait les diagrammes que j’avais préparés. Malheureusement, il semblerait que mon argument principal, à savoir qu’avoir un chat rallonge l’espérance de vie, n’ait pas trop réussi à le convaincre… D’ailleurs, ça donne quoi quand on rallonge l’espérance de vie de quelqu’un d’immortel ?

Méthode n° 3 : Le pot-de-vin.

J’ai voulu lui faire une offre qu’il ne pouvait pas refuser (J’ai entendu ça dans un super film appelé « Super Mafia contre le Ninja Vampire »). Bizarrement, il a éclaté de rire et est allé reposer les sous dans mon cochon tirelire en me demandant si je préférais pas m’acheter une peluche Mimiqui plutôt que de jouer un remake pré-pubère du Parrain… J’ai pas bien compris de quoi il parlait… Toujours est-il qu’elle va super bien sur mon bureau cette nouvelle peluche ! Je vous ai déjà parlé de ma super collec’ Pokémon ? Je l’ai commencée y a 25 ans et, depuis, j’arrête pas d’y rajouter de nouvelles pièces ! Tout mon argent de poche y passe ! Je parlais de quoi, déjà ?

Méthode n° 2 : Le soutien familial.

J’ai déjà commencé à aborder la question mais je dois dire que mon cousin Vlad a été un allié des plus précieux, tout comme mon oncle Egdar Von Blood, d’ailleurs. L’un comme l’autre ont insisté auprès de mon père pour qu’il accepte ma requête car, je cite, je commençais sérieusement à leur casser les noix avec cette histoire de matou. C’est-y pas beau la solidarité familiale !

Méthode n° 1 : La patience.

Après toutes mes tentatives plus ou moins ratées, Père a fini par céder et m’a ramené un petit chat. Au final, je crois bien que c’est la combinaison de toutes mes conneries qui l’a poussé à finalement m’en acheter un. Vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire pour obtenir tout ce que vous voulez ! (J’en ai quand même sacrément chié…). Au passage, j’en profite pour vous mettre une photo de Lucifer :

 

Mickaël