Quand ma mère débranche le Wi-Fi à 22h

« Sévère fracture de l’os frontal due à la chute de l’ordinateur sur la boîte crânienne, et corps coincé entre le lit et l’armoire. Qu’en pensez-vous Horacio ? Doit-on conclure à un suicide ?

Horacio Quiroga observe ma dépouille avec son jeu d’acteur stupéfiant et, chaussant ses lunettes, tire son ultime conclusion:

– Assez bossé pour aujourd’hui Sally, allons déjeuner. »

C’est un des scénarios possibles que j’ai tissé dans ma tête, et qui risque de se réaliser si je continue à jouer les échassiers sur mon lit avec mon ordi de plus d’un kilo à bout de bras pour espérer choper une barre de réseau. Un jour sûrement, je terminerai aux Darwin Awards. Je vois déjà les titres: « TUÉE PAR SON ORDI, une jeune fille de 22 ans meurt bêtement en tombant de son lit alors qu’elle essayait de trouver un Wi-Fi non sécurisé, en équilibre sur une jambe ». Je regarde l’heure en bas de l’écran: 22h12. « Bon sang mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? » s’écrie ma dignité dans un élan de lucidité en comprenant le ridicule de la situation. Je devrais être tranquillement devant mon épisode de Sherlock ou de Mr Robot qui se termine !

C’était sans compter ma mère qui a décidé depuis le début des vacances qu’il fallait que je ne perde pas le rythme de l’école que je venais de finir pour être en forme à la rentrée. La rentrée dans deux mois. Alors l’ordi après 22h, c’est non. Elle débranche le fil du modem, et garde ce dernier jalousement à côté de son lit, parce que l’ordinateur, ça donne mal aux yeux, ça créé des insomnies, et puis ça abrutit ; elle tient à l’intégrité de mes neurones pour commencer au mieux ma nouvelle école.

A 22h, je dois avoir enregistré, dit bonne nuit à tous mes amis et fini de regarder les épisodes de ma série préférée. Et bien souvent, le réseau est coupé dans les 10 dernières minutes des épisodes de Sherlock, à l’ultime réplique, au dénouement final concentré d’adrénaline. Ou alors, variante, en plein milieu d’un débat passionné sur Skype avec un ami où je suis en train de formuler l’argument parfait… argument qui n’arrivera jamais à son destinataire. Le timing est toujours parfait : j’appuie sur « envoyer » et là, le petit rond de chargement tourne.
Tourne.
Tourne.

Sueurs froides dans mon dos. Clics intempestifs sur tous les onglets en priant pour que ce soit un bug et, finalement, vision de la barre de réseau vide avec le petit astérisque qui signale qu’il n’y a plus d’espoir. Parfois, je tente un regard larmoyant avec le vœu improbable que cela puisse réveiller les dernières bribes de dialogues de l’épisode, ou juste réenclencher le réseau pour une seconde. Mais rien ! Alors je noie ma frustration dans le petit jeu du T-Rex qui doit sauter par-dessus les cactus avec la touche espace. Il y a moins de suspense que dans Sherlock, et on va pas se mentir, on s’en lasse vite. Autant je veux bien avoir une limite, autant couper d’un coup, quelle horreur ! Il fallait que je trouve une solution. Ou j’allais finir par l’avoir, ma visite des Experts aux côtés de ma dépouille.

– Eh bien, tu vois bien que ça va mieux depuis que je coupe internet à 22h00 ! Me lance ma mère. Après une semaine, tu as une mine déjà plus reposée.

– Humhum, approuvai-je en souriant.
– Tu verras, si tu continues comme ça, à la rentrée, tu vas être bien plus en forme comparée à tes camarades qui auront passé leurs vacances à rester plantés devant leur ordinateur le soir.

Ce que je ne lui ai pas dit, c’est que j’avais demandé la clé Wi-Fi du voisin du dessus la semaine passée. Avec son accord et dans son infinie bonté, j’ai le droit de m’y connecter quand je veux, et donc terminer tranquillement de voir les épisodes de mes séries préférées ou prendre le temps de terminer ce que je fais, sans stress ni pression. Mes vacances promettaient d’être moins éprouvantes que prévues.

JellyBell


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Grosse frayeur – VoxPlume

– Allô ? Allô ? Répétait nerveusement la femme entre chaque sonnerie de téléphone.
Finalement, quelqu’un décrocha.
– Allô oui, département des sapeurs pompiers je vous écoute.
– AH ! Enfin Dieu merci, venez vite je vous en conjure.
– Calmez-vous madame, calmez-vous… comment vous vous appelez ?
– Dorothy.
– Bonjour Dorothy, quelle est votre urgence ?
Dorothy se ressaisit un peu en entendant la voix rassurante du jeune standardiste.
– Il y a une na… na…
– Une nana?!
– Non ! Une araignée ! Énorme ! Dans ma cuisine !
Le standardiste marqua un temps d’arrêt et soupira bruyamment.
– Madame j’ose espérer que c’est une plaisanterie.
– Mais pas du tout! Je suis très sérieuse, envoyez quelqu’un s’il vous plaît ! Je suis morte de peur.

– Je sais que c’est sûrement très difficile pour vous madame… vous avez de la chance que les standards soient calmes sinon je vous aurais raccroché fissa au nez.
– Mais…
– Ecoutez, je vais quand même vous aider. Voilà ce que vous allez faire…
– Je pensais… essayer de lui taper dessus avec un balai, ou une… porte vous voyez. En enlevant les gonds.
– « Ha les bonnes femmes ! » Pensa le standardiste, excédé.
– Il y a quand même beaucoup plus simple, reprit-il. Vous allez tout simplement l’attraper par une patte et la jeter par la fenêtre la plus proche. Vous avez compris Dorothy ? Ça vous semble insurmontable ?
– Oui, vraiment… mais… remarquez, si elle n’est pas trop loin peut-être que…
– Très bien, vous voyez Dorothy, vous progressez déjà. Après cette expérience, je vous conseille vivement de vous diriger vers un spécialiste des phobies, cela vous fera le plus grand bien. D’accord ?
– … oui… d’accord.
– Très bien. Au revoir Dorothy et bonne chance dans cette épreuve difficile.

Le jeune préposé au standard avait essayé de ne pas paraître trop sarcastique en lançant la dernière phrase, mais c’était un peu raté. Néanmoins il raccrocha et fit rouler sa chaise vers l’arrière. Oui décidément c’était une journée très calme. A peine eut-il le temps de se dire qu’il allait prendre une pause qu’un autre appel parvint à la caserne.
– Oui rebonjour, c’est Dorothy ! Non tout va bien, j’ai réussi à la faire sortir, mais c’était pas sans mal !
– Eh bien vous voyez Dorothy, répondit le jeune homme en essayant de ne pas perdre patience, il n’y avait pas de quoi avoir peur. Elle ne faisait pas douze mètres de haut votre araignée.
– Non non c’est vrai elle n’était pas aussi grande que ça, mais elle en faisait bien trois ou quatre… tiens, d’ailleurs, vous pouvez envoyer de l’aide pour le monsieur et son chien là dehors ? J’ai un peu peur pour eux…

JellyBell

Faute de frappe – VoxPlume

-Expliquez-moi cette histoire Régis !

L’homme en question, assis face au bureau acajou de son supérieur, se recroquevillait sur sa chaise comme un hérisson apeuré. Depuis sa place, il voyait par la fenêtre, quelques journalistes s’agglutiner face à l’entrée du bâtiment, avides eux aussi d’informations. Le patron tira les rideaux, non sans leur sommer, au préalable, de déguerpir sur-le-champ.

– Depuis ce matin c’est comme ça, quelle bande de sangsues ! Jura le maire. Je vous écoute Régis.
– Eh bien monsieur le maire… c’est un peu confus à expliquer. Ça a commencé hier soir, c’était la fin du service, je m’apprêtais à partir -j’étais pressé, j’avais un rendez-vous chez mon ophtalmo- lorsqu’un un homme est venu me trouver pour m’annoncer qu’il était nouvellement père et qu’il souhaitait faire une déclaration de naissance pour son fils.
– Jusque là, tout est normal. Acquiesça l’homme sans détourner son regard appuyé de l’employé.
– Oui, effectivement, jusque là tout est normal. J’ai ouvert le document en question sur mon ordinateur, et puis j’ai eu un problème. Il faut dire que depuis cette réforme sur l’informatisation des actes de naissance et l’optimisation du temps de travail du mois passé, c’est un peu la galère pour moi, vous voyez les ordinateurs et moi… je n’y connais rien. Mon ordinateur a commencé à ne plus rien faire, à se bloquer. Comme s’il faisait grève.

Régis espérait que la comparaison ferait sourire son interlocuteur, mais il se contenta de le dévisager sévèrement.

– Hum… reprit-il. Eh bien donc j’ai essayé de taper sur mon clavier pour voir s’il réagissait, mais rien ne se passait, j’ai essayé de bouger la souris, sans succès. Je me disais que c’était peut-être parce que j’avais fait une fausse manipulation, j’ai essayé toutes les touches, rien ne se passait. La seule réaction que j’ai pu obtenir c’était un zoom monstrueux sur ma page ! C’était la panique et ce monsieur attendait devant moi que je rédige le papier sus-dit… du coup Melvin est venu m’aider.
– Melvin ?
– Le stagiaire. Vous savez, ça fait six mois qu’il est chez nous.
– Ah. J’avais oublié. Donc oui, Merlin vous a aidé ?
– Melvin. Oui enfin, il m’a demandé d’essayer la touche avec les deux flèches qui se boudent. En haut à gauche du clavier. Après quelques essais infructueux, j’ai enfin réussi à reprendre le contrôle de mon ordinateur mais j’ai remarqué que le père perdait patience. J’ai terminé l’acte, l’ai imprimé, ai signé et l’ai remis à ce monsieur…

Le maire soupira, les yeux levés vers le ciel.

– Et évidemment vous n’avez pas fait vérifier le document par un tiers, et vous n’avez pas pensé à vous relire ?
– Le stress sûrement… et puis je n’y voyais pas très clair… faute à mes lunettes trop anciennes. Je lis très mal de près. D’où mon rendez-vous chez l’ophtalmo. A présent, j’y vois parfaitement.
– Ah là là mon cher Régis, en attendant vous avez commis bien des erreurs ces derniers jours. Encore la petite Countrey que le correcteur automatique de votre ordinateur a malencontreusement renommée « Courgette » restait explicable et relativement discret. Mais le petit KevinEHasdfasdf98JNjflje§j.jJSPpé89BO7wjsiQ§ qui provoque l’hilarité générale, je ne sais pas vraiment comment nous allons pouvoir faire oublier ça…

JellyBell

L’honneur est sauf – VoxPlume

-C’est un bien bel œil au beurre noir dis moi ! S’exclama l’infirmière face au petit jeune homme qui était assis sur la table d’osculation.
– Ah, ne m’en parlez pas… souffla nerveusement ce dernier qui tentait tant bien que mal de maintenir sa poche de glace sur son œil. Je dois avouer que je l’ai bien cherché.
– Bien cherché ? Tu t’es battu avec quelqu’un ?
– Oh… oui, avec un type massif, aux épaules carrées. Je me rappelle encore son odeur. Probablement un méditerranéen, il sentait fort l’huile d’olive et le laurier ! Je lui demandais simplement un service, mais il n’avait pas l’air tranquille, comme s’il avait quelque chose à se reprocher.
L’infirmière continua d’examiner la blessure du jeune patient mais demeura attentive au récit.
– … au bout de plusieurs minutes de conversation, je lui ai empoigné le bras pour savoir s’il allait bien car il commençait à devenir nerveux, et là, il s’est enfui à toute vitesse ! Visiblement il n’était pas tout blanc. Alors je l’ai poursuivi.

– Poursuivi ?
– Oui, à travers toute l’allée, mais la rue était déserte à ce moment-là. Personne pour m’aider à poursuivre ce malabar. Au bout d’un moment après l’avoir à chaque fois laissé filer quand j’essayais de l’attraper, j’ai presque réussi à le neutraliser. Mais sans que je m’y attende, il a fait volte face et m’a décoché un superbe coup dans l’œil.
– Mince alors ! Laissa échapper la jeune femme. Comment ça s’est terminé, toute cette histoire ?
– J’ai appelé mon père pour qu’il vienne m’aider. Ma course poursuite avait dû bien affaiblir mon agresseur car il s’était arrêté au coin d’une rue… et mon père a réussi à le neutraliser.

Deux coups retentirent à la porte du cabinet, l’infirmière se leva:
– Tout est bien qui fini bien alors. Ce doit être ton père qui revient te chercher.
Elle ouvrit la porte à l’homme.
– Eh bien Il n’y a rien de grave, ça aura disparu d’ici une semaine ou deux maximum. Je vais quand même prescrire une pommade pour réduire un peu l’hématome autour de l’œil. Mais permettez-moi de dire que vous avez un sacré petit bonhomme ! Quel courage pour son âge !

Le père regarda son fils d’un air perplexe.
Une fois sorti, et installé dans la voiture, le père s’accorda une minute de silence avant de se retourner vers son fils, affalé sur la banquette arrière:
– Bon, qu’est-ce que tu as été lui raconter ?
– La stricte vérité !
– Moui moui c’est ça, reprit-il en faisant la moue, tu as encore été raconter TA version des faits pour rester crédible, mais nous, nous SAVONS ce qu’il s’est vraiment passé… sans mauvais jeu de mot !
– Papa…
– Tu aurais pu lui dire que c’est en poursuivant le savon de Marseille à travers la maison et après l’avoir shooté, par dépit, contre un mur qu’il a rebondit vers toi et t’est arrivé dans l’œil. Et que sans moi tu serais encore là-bas à te tordre de douleur. Vaincu par un savon, le petit héros ! Mieux encore que lorsque tu t’es coupé avec le bocal à cornichons.
– Ah… soupira le petit jeune, parfois faut savoir raconter les choses autrement pour laver son honneur…

JellyBell

A qui la faute ? – VoxPlume

 » Alors monsieur, est-ce que vous maintenez votre position: vous contestez ?
Le jeune accusé bomba le torse et prit un air sûr de lui:
– Evidemment que je conteste ! Je suis victime d’une erreur de jugement et je demande réparation !
L’assistance s’agita, les murmures emplirent la pièce au point d’énerver le juge.
– Du silence, du silence s’il vous plaît ! En quoi nos spécialistes ont-ils commis une erreur ? Argumentez je vous prie.
– Déjà, je tiens à dire que suite à ça, j’ai été contraint de changer de boulot. J’ai dû échanger mon emploi en CDD, mouvementé et passionnant par un emploi en CDI complètement abrutissant, où je ne dois rien faire de mes journées et je trouve ça scandaleux. »

L’accusé crut entendre un « et alors ? » sortir de l’assistance mais il n’y prêta pas attention.
– Alors votre Honneur, reprit le jeune homme, je tiens à dire qu’il y a erreur de jugement car j’étais attaché lors de l’accident, j’avais ma ceinture de sécurité, et je ne roulais pas vite. Je ne comprends pas pourquoi la décision à mon égard est si sévère!
« Vous aviez bu ?
– Un peu. Avoua l’accusé à demi-mot.
– Vous vous rappelez de la vitesse à laquelle vous rouliez ?
– Oh… 20 ou 30 km/h à tout casser.
L’expert assis de l’autre côté de la salle secoua la tête d’un air narquois.
– Les termes du contrat passé avec votre employeur étaient pourtant clairs jeune homme, reprit le juge, s’il estime nécessaire pour des causes évidentes le renvoi de son employé, l’employeur peut à tout moment congédier ledit travailleur.
– Et puis, j’avais une bonne voiture. Continua l’accusé un peu calmé. Niveau sécurité elle était au top selon les tests… C’est déjà arrivé que l’employeur congédie sans raisons. Vous savez bien, quand un employé part et que personne ne sait pourquoi…

– Mais ce n’est pas votre cas. Ici les causes sont malheureusement évidentes: vous avez manqué de prudence et vous l’avez payé cher. Malgré les aides qui ont essayé de vous sortir de ce mauvais pas, ça n’a pas suffit. Commenta l’expert depuis sa chaise. Vous êtes entièrement responsable.
– Eh bien jeune homme, je crains que nous ne puissions rouvrir votre dossier. Vous êtes bien congédié de l’entreprise Life inc. et aucune erreur de jugement par nos experts n’est à déplorer. Affaire classée. »

Le juge leva la séance et fit claquer son petit marteau sur le bureau en bois sombre.
Déçu, le jeune homme resta assis sur sa chaise, tandis que l’expert le rejoignit.
« Allons, allons, ne faites pas cette tête ! Lança-t-il en voyant la mine dépitée de l’accusé.
– Mais si, ça m’agace: j’ai toujours été très prudent ! J’aurais bien aimé une deuxième chance. Si seulement cet arbre avait respecté la priorité. Soupira-t-il.
L’expert sourit, ravi de le voir retrouver un brin d’humour.
– Vous verrez, ça n’est pas si terrible d’être mort. Et puis, c’est un emploi très stable. On s’y fait vite. »

JellyBell

Théorie du complot : 7 erreurs à ne pas faire – VoxPlume

– On nous ment ! Commença le jeune homme avec entrain devant sa caméra. Vous en êtes certain ! Ah les théories du complot, rien de plus intéressant ! Alors ça y est, vous avez décidé de vous lancer et montrer au monde entier vos affirmations concernant les affaires les plus sombres ? Vous avez choisi de montrer au commun des mortels la vérité, la vraie ? Eh bien voici 7 erreurs à ne plus commettre dans une théorie du complot :

7. Dire que vous détenez la vérité.
Oui, parce qu’à moins que vous ne soyez un spécialiste échappé des griffes de la CIA/KGB/la sûreté belge ou une autre organisation susceptible de détenir des informations compromettantes, il y a peu de chances que vous soyez crédibles face au public. Contentez-vous d’exposer vos doutes comme un simple internaute éclairé.

6. Parler des illuminati
C’est comme parler des reptiliens, c’est plus sujet à railleries qu’autre chose à présent. Quand bien même ils existeraient, toutes les vidéos et théories ont totalement ôté la crédibilité à ces organisations et plus personne n’y croit. Ce qui rend plutôt service aux organisations en question, non ? Il suffit de voir le nombre d’internautes qui hurlent « ILLUMINATI » avec humour dès qu’ils voient un oeil ou un triangle. Donc : ne rendez pas service à ces possibles organisations en leur ôtant le peu de crédibilité qu’il leur reste.

5. Utiliser la paréidolie
Maintenant, ça commence à être un peu connu. A moins que ça ne soit vraiment impressionnant, n’essayez pas de faire voir un éventuel visage de Satan dans les plis d’un vêtement. Non si un visage apparaît dans la fumée d’une explosion durant le quart de seconde qui suit l’explosion d’un bâtiment, tout le monde sait maintenant de quoi il s’agit: Paréidolie !

4. Les voix synthétiques
Vous voulez faire une vidéo pour exposer de façon plus dynamique votre opinion ? Très bien, mais par pitié : évitez de mettre une voix de synthèse ! Vous n’allez pas passer pour un internaute mystérieux qui se met en danger en essayant de faire connaître une vérité, juste pour un type qui n’assume pas ce qu’il dit.

3. Utiliser des montages
Oui parce qu’on ne va pas se mentir : c’est difficile de trouver des preuves irréfutables d’extraterrestre, de documents secrets, de géants ou de créatures et autres preuves que le gouvernement chercherait à nous cacher. D’accord plus c’est gros, mieux ça passe, mais quand même il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Les internautes ont un cerveau et vos montages risquent d’être facilement démontés.

2. Faire passer des vessies pour des lanternes
Non la lampe à pétrole que vous avez trouvée dans votre grenier ne fera pas une superbe soucoupe volante façon Alien Theory. Non le reflet de la lampe sur votre bureau ne fera pas un superbe orbe qui sera sujet à discussion et à débat dans Ghost Adventures. Non le météore qui est tombé à côté de chez vous n’est pas un extraterrestre dans sa capsule. Utilisez des preuves dont l’origine ne sera pas directement explicable et dont même vous, vous doutez. Si vous parlez avec sincérité c’est mieux: on ne pourra pas vous reprocher de faire preuve de mauvaise foi ou même de mentir.

1. Utiliser la musique de Requiem for a Dream
Arrêtez avec cette musique ! Dès qu’on ouvre une vidéo de complot, c’est cette musique qui nous arrive aux oreilles. Bon sang ! Il faudrait peut-être se dire que cette musique n’est pas un argument. Si c’est pour la mettre autant mettre un bon silence, ça serait nous rendre service.

Le jeune homme laissa planer un silence. Puis il éteignit la caméra après avoir remercié ses abonnés en leur répétant de rester méfiants sur les théories du complot qui restaient facilement explicables.

– Dylan ! Tu parles à qui ? Tonna une voix dans son dos.
– Personne maman ! Je faisais une vidéo sur ces stupides théories du complot.
– Ah je comprends ! Tu as pris un ton ironique et sarcastique j’espère ? Limite agacé ?
Le jeune homme hocha la tête.
– Parfait ! …ça laissera un peu de répit… bon viens aider ton père à disséquer l’extra-terrestre qu’on a trouvé dans le jardin… on a mit un temps fou à expliquer aux voisins que son vaisseau n’était qu’une petite météorite…

JellyBell

Testez dès maintenant notre nouveau jeu ! – VoxPlume

« Approchez mesdames messieurs, venez tester votre nouveau moyen de divertissement! Lança le vendeur en haranguant la foule, qui s’arrêtait quelques minutes pour l’écouter. Qui aimerait venir? Vous! le jeune homme avec la tunique brune, vous voulez essayer?
Le jeune homme, surpris, s’approcha timidement de l’estrade où se tenait le vendeur pour le rejoindre.
– N’ayez pas peur, détendez-vous. Il s’agit d’un jeu très simple: croquez donc cette petite graine pour posséder votre futur personnage. Vous pouvez choisir de débuter dès sa naissance ou au milieu de n’importe quelle période si vous souhaitez sauter son enfance ou adolescence, ce n’est pas toujours très intéressant.
Le jeune joueur obéit, croqua la graine et son corps se mit à dégager une aura bleutée.

– Oh je vois! Je peux totalement choisir l’apparence de mon personnage?
– Tout à fait! Cheveux, visage, habits, ethnie… choisissez! Vous avez l’embarras du choix, créez un personnage unique!
Le joueur fit bouger ses mains pour modifier son nouvel avatar.
– Et puis quelles sont les règles?
– C’est simple: vous devez faire vivre votre personnage du mieux que vous pouvez, suivant les missions qui lui sont données ou alors en suivant la propre destinée qu’il a choisie. Ses rêves, quoi. Vous pouvez le balader à travers une map très vaste où vous rencontrerez des alliés, ennemis qui vous proposeront des missions secondaires… vous n’êtes pas obligé de toutes les faire évidemment. Mais les possibilités sont énormes! Vous pouvez par exemple vous marier, ou bien rester seul si vous préférez. Vous pouvez utiliser divers transports aussi! Le dragon de fer qui vous emmènera partout où vous le souhaitez en un rien de temps ou le char deux chevaux. Sinon vous pouvez utiliser un « véloce ». C’est un petit véhicule moins rapide que le dragon de fer, mais qui vous permettra d’explorer plus rapidement et largement votre map!

Le joueur se pencha en avant sur son pied gauche pour faire avancer son personnage, il comprit qu’il suffisait de bouger ses différents membres pour déplacer et faire interagir son personnage. Il incarnait un jeune homme d’un âge incertain qui déambulait dans une ville où les bâtiments de glace chaude dépassaient les 3 étages, des véhicules futuristes circulaient sur des routes lisses.
– C’est génial, on dirait de la science-fiction, ou de l’anticipation, presque de l’heroic fantasy! C’est vraiment un univers différent de ce qu’on peut voir, ça fait rêver! Quelle imagination ont eu les développeurs pour créer un univers pareil…
– Très bien vous voulez le prendre? Il y a une très grande durée de vie, les visuels sont magnifiques, vous pouvez avancer à votre rythme… oui c’est vraiment un très bon divertissement!
– Volontiers, répondit le jeune débutant en quittant la possession sans sauvegarder. J’aimerais bien, vu que maintenant j’ai du temps à perdre: je suis convalescent.

Le vendeur sortit un petit sac de graines de possession de l’étalage pour le tendre au jeune homme et en calculer le prix.
– Sans vouloir paraître indiscret, pour quelle raison êtes-vous convalescent? Ça m’intrigue!
– Oh avant j’étais aventurier… sourit le jeune homme en relevant la tête. Et puis, j’ai pris une flèche dans le genou…

JellyBell

Le jeune prodige – VoxPlume

– C’est une blague?!
– Hélas monsieur le directeur je crains que nous ne puissions nier l’évidence. Regretta le secrétaire sur un ton à la fois résigné et gêné.
Le directeur laissa tomber sa lourde personne sur son siège qui roula de quelques centimètres vers l’arrière.
– Bon sang quelle histoire vous me contez là, marmonna le directeur en se massant les tempes, dites-moi comment c’est arrivé.
Le secrétaire prit une chaise pour se poser en face de son patron et, très tranquillement, sortit une tablette de sa serviette pour la mettre en évidence sur le bureau d’ébène.
– Voici le test dont je vous avais parlé, monsieur le directeur. Il se trouve sur cette tablette tactile toute nouvelle génération ultra résistante: il s’agit d’un test de capacités intellectuelles très complet, réputé notamment pour sa fiabilité.
– Oui je me rappelle, c’est pour cela que j’avais demandé à chaque employé de le passer cette semaine.
– C’est exact.
– Et vous me dites que quelqu’un à réussi à faire un score parfait?

Le secrétaire esquissa une mine rébarbative face au mot « score » qui était très mal utilisé dans ce contexte, mais il n’osa pas reprendre son patron.
– Pas parfait, mais disons qu’il dépasse de loin tout ce que l’on pouvait espérer… il n’a fait que deux mauvaises réponses sur l’ensemble des questions et seules trois personnes au monde ont égalé ce niveau d’exactitude.
Agacé, le directeur aidé de sa chaise roula vers la fenêtre pour réfléchir à la situation.
– Dire que j’avais promis à l’employé qui ferait moins de cinq mauvaises réponses qu’il deviendrait mon bras droit! Dites-moi, qui est ce prodige?
– Eh bien la responsable est Paloma…
– Paloma!? S’écria l’homme en bondissant de sa chaise. Vous plaisantez? Elle ne distinguerait pas un œuf d’une tomate!
– Non monsieur je vous rassure ça n’est pas directement elle. Simplement que lorsqu’elle a passé le test, elle était accompagnée par souci d’organisation. Elle devait, je la cite, « emmener son petit voir le médecin car il semblait être malade ». Mais rien ne montrait que sa présence pouvait compromettre le test. Et puis, ce petit a visiblement voulu essayer le test…
– Vous l’avez laissé faire?!
– Je vous le dis monsieur le directeur, personne ne pensait qu’il pouvait obtenir pareil résultat. C’était simplement pour rigoler.
– Vous faites bien de le dire! Explosa le patron en faisant voler un paquet de feuilles de son bureau. Bon maintenant dites-moi, quel âge a ce petit génie?
– Tout juste deux ans il me semble, bredouilla le secrétaire un peu confus et hésitant face à l’accès de rage de son supérieur. J’ai d’ailleurs demandé à Paloma de patienter dehors avec lui au cas où vous vouliez la recevoir.

L’homme se posta face à la fenêtre pour observer la ville avant de souffler:
– Deux ans… et il dépasse les résultats de tous mes employés! Faites-la entrer.
Il entendit un bruit de discussion puis perçut les talons de la jeune femme claquer sur le sol de son bureau avec quelques exclamations pleines d’enthousiasme. Il comprit notamment un « C’est merveilleux, n’est-ce pas monsieur le secrétaire? C’est un génie! Qui l’eut cru? » qui le fit rire intérieurement car il se demandait si le père était intelligent ou aussi naïf et ingénu que la petite travailleuse.
– Bien ma chère Paloma, reprit l’homme d’un ton radouci sans se retourner, il paraît que votre petit protégé est un prodige? Eh bien permettez-moi de vous dire que malgré le jeune âge de votre progéniture, (il laissa planer un silence puis commença à se retourner vers la jeune femme) nous allons probablement faire un bout de chemin ensemble, sa présence pourrait bien nous aider à….

Soudain le directeur se tut d’effroi en voyant ce que la jeune femme tout sourire tenait fièrement dans ses bras.
– Mais… mais c’est… c’est un…
– Un aquarium! S’écria joyeusement Paloma.
Le secrétaire hocha doucement la tête
– Et le prodige est dedans… c’est un poulpe.

JellyBell

Un trafic scandaleux – VoxPlume

« C’est un scandale! Clama la mère de famille en entrant dans la petite échoppe aux couleurs bariolées. Un scandaleux scandale! Monsieur! Vous êtes le responsable du magasin?
Elle désignait du doigts un homme chétif à la chevelure platine qui essaya de ne pas se démonter devant l’agressivité de l’inconnue.
– Non je suis simplement vendeur… mais peut-être puis-je vous aider.
La dame, très embourgeoisée, demeura un instant silencieuse, la main figée en l’air désignant toujours le jeune employé de son index griffu parfaitement manucuré. D’un geste vif, elle saisit une chaise qui trônait à ses côtés et y laissa reposer son imposante carrure enveloppée d’un manteau de fourrure rouge pétant.

– Monsieur, c’est scandaleux. Reprit-elle un insistant sur chaque mot, j’ai appris que mon fils s’était fait client dans votre… boutique à la réputation plus que douteuse.
– Allons bon expliquez-moi ce qu’il s’est passé. Insista le vendeur.
– Hier soir, mon fils, mon aîné, Aurélien de son petit nom, n’était absolument pas dans son état normal. Complètement à l’ouest, un regard de merlan frit, un sourire béat scotché aux lèvres. Lui qui est d’habitude si réservé, si noble! Son père -avocat et ancien ministre je tiens à le dire- lui a alors demandé ce qui le rendait si bizarre. Devinez ce qu’il à répondu!
– Euh…

– « Je laisse tomber mes études d’ingénieur… » imaginez le choc! Jésus-Marie-Joseph, si je m’étais attendue à ça! J’ai bien failli faire une attaque, mais attendez ça n’était que le premier coup de poignard! Déblatéra la matrone en sortant un mouchoir de son minuscule sac à main ciré pour éponger les larmes qui tombaient sur ses joues. Il nous a ensuite dit – tout sourire sans une once de honte dans la voix- « …J’aimerais devenir un écrivain, en fait j’ai toujours voulu écrire des romans d’amour. Je me demande comment je ne m’en suis pas rendu compte plus tôt. » Mon fils! La chair de ma chair, ma fierté! Un vulgaire gratte-papier de romans de gares! Vos produits l’ont complètement rendu malade!
– Mais madame, permettez-moi de vous dire que nos produits ne rendent pas les gens malades, ni physiquement, ni mentalement. Nous en vendons même davantage aux personnes souffrant de dépression car ça les soulage…
La matrone sauta de sa chaise d’un air outré comme si elle venait de s’asseoir sur une punaise.

– Vous êtes tous timbrés ici! Bande de… de drogués! Voilà ce que vous êtes! Des drogués! Vous vous échappez des réalités pour retrouver vos petits mondes merveilleux, vous n’avez pas honte de vendre ça à des JEUNES?
Malgré les explications de bonne foi du vendeur, qui tenta d’expliquer que la substance était naturellement présente chez les très jeunes enfants mais qu’elle s’estompait avec le temps, que ça n’avait rien de nocif, que personne n’en était mort et que cela permettait parfois de faire naître des vocations, que plusieurs études avaient montrées les bienfaits des produits, que le taux de suicides diminuait depuis la mise en place des magasins du même genre, la matrone ne voulait rien savoir.
– A cause de vous ils vont s’isoler, devenir des ermites, des parias! Ne vous étonnez pas que notre jeunesse parte en vrille! Avec toutes vos saletés que vous leur donnez!
Son visage avait tourné au rouge vermillon, et, complètement hystérique, elle sortit devant l’échoppe pour interpeller violemment un couple dans la rue:
– N’y allez pas! N’y allez jamais! Ce sont des malades! Des drogués! Vous savez ce qu’ils vendent?! Des produits qui font rêver et de l’imagination! Ce sont des marchands de rêves! Ils vendent des saletés de rêves à notre jeunesse si réaliste! »

JellyBell

Précieux souvenirs – VoxPlume

« …et, assise sur la banc il y a une vieille dame qui tient son petit chien dans ses bras…
– Pas si vite pas si vite! tempéra le voisin de lit en faisant courir son pinceau sur sa feuille qui commençait à gondoler.
– Pardonnez-moi si je vais trop rapidement… s’excusa le vieil homme en repositionnant son oreiller. C’est vrai qu’après tout je suis un peu les yeux qui vous permettent de tromper l’ennui de l’hospitalisation. D’ailleurs, votre jambe va mieux? Je ne vous l’ai pas demandé… »

Le peintre redressa la tête pour lui offrir un sourire.
« Double fracture du tibia! Heureusement que vous êtes là, je peux continuer à peindre les paysages même sans pouvoir distinguer ce qu’il y a par la fenêtre. Vous disiez donc ?
– Ah désolé mon bon ami, mais je crains que votre sujet ne soit parti.. reprit le vieil homme en reposant ses yeux sur la fenêtre. Par contre je vois non loin un petit troquet à la devanture bleu outremer. J’y vois beaucoup de monde pour la saison, en même temps il fait doux. C’est vrai que nous n’avons pas eu de neige. Je pense qu’ils viennent pour fêter la nouvelle année qui approche… »

Le peintre gribouilla sommairement la structure du paysage sur une nouvelle feuille et s’étonna de la quantité de détails que le vieil homme lui donnait.
« … je vois un jeune couple là-bas, qui s’est installé à une table. C’est drôle on dirait qu’aucun des deux n’ose parler tant ils sont intimidés. Ils se regardent amoureusement, leurs regards valent tous les mots du monde j’imagine. Le garçon me fait penser à moi quand j’étais jeune…
L’artiste essaya de reporter chaque détail sur la feuille avec application, un peu déçu de ne pas avoir son modèle sous les yeux, mais ravi d’avoir un aussi beau sujet. Pendant presque une heure, les deux compagnons continuèrent cet exercice ce qui permis à la peinture d’être infiniment précise.
– … hélas le jour décline et je ne distingue plus très bien ce qu’il se passe, mon ami… il faut dire que la nuit tombe vite en hiver. regretta le vieil homme, mais puis-je voir votre oeuvre?

Intimidé, l’artiste tendit sa feuille au vieil homme qui la contempla longuement dans ses moindres détails.
– C’est remarquable, c’est exactement ça! reprit-il avec émotion. Décidément vous êtes un artiste de génie!
Les deux hommes discutèrent encore un moment avant que sonne l’heure du coucher. Le lendemain, un calme étonnant réveilla le peintre qui découvrit le lit de son compagnon de chambre vide.
– Ah c’est bien triste monsieur, votre voisin nous a quitté sereinement cette nuit, lui répondit une infirmière qu’il questionna. Voici longtemps qu’il était seul, n’avait plus de famille et souffrait d’Alzheimer ainsi que d’autres soucis de santé, vous avez sûrement été une belle rencontre pour lui.
– Sans doute… reprit l’artiste la mort dans l’âme, pouvez-vous me dire ce que vous voyez par la fenêtre? J’aimerais terminer mon aquarelle.

Étonnée, la jeune femme s’appuya contre la vitre et se contenta de dire:
– Eh bien, je vois un mur.
– Un mur?
– Oui, le mur blanc du local des urgences. Depuis que l’hôpital existe, il a toujours été là… pourquoi cela vous étonne-t-il? »

JellyBell