Énigmes et conséquences

Antoine, 22 ans, tout juste diplômé, était, comme beaucoup de jeunes de son âgé, à la recherche d’un emploi. Il n’était pas bien regardant quant au prestige de celui-ci, il voulait juste trouver un travail honnête, lui permettant de vivre correctement. Mais cela faisait plusieurs semaines qu’il avait une activité qu’il (il faut l’admettre) trouvait bien plus palpitante qu’enchaîner les rendez-vous avec Pôle Emploi qui n’aboutissent pas.

En effet, il était depuis quelques temps en contact avec une personne qui s’était présentée sous le pseudonyme de « H ». Antoine ne connaissait rien de cette personne, si ce n’était son amour incommensurable pour deux choses : les énigmes et les meurtres. Pour certains d’entre vous, ces deux éléments n’ont absolument aucun lien. D’autres se rappelleront les jeux de leur enfance, où ils devaient résoudre des énigmes pour sauver le monde d’une fin certaine. Mais pour Antoine, le lien était tout fait : s’il résout les énigmes qui lui sont imposées par H, la cible survit. S’il ne les résout pas, elle meurt. Relativement simple, non ?

Bien évidemment, au début, lorsqu’il reçut son premier appel anonyme lui imposant une énigme, faute de quoi un meurtre serait commis, il n’y avait pas cru un instant. Ce ne fut qu’après avoir reçu des photographies d’un homme lisant son journal, puis de sa dépouille, qu’il commença à angoisser légèrement. « Les photos auraient pu être prises n’importe quand, rien ne me garantit qu’il s’agit des actes de cet homme » essaya-t-il de se convaincre alors. Mais l’édition du jour du journal télévisé diffusé en arrière-plan tendait à lui prouver le contraire. Depuis ce jour, il s’était en quelque sorte résigné à devoir résoudre quotidiennement des énigmes pour sauver la vie d’innocents. Et il devait admettre qu’il était plutôt doué pour ça, puisqu’après la première victime, toutes les autres cibles ont été épargnées.

Outre la peur et le stress quant aux conséquences que pouvaient engendrer ces énigmes, Antoine éprouvait une certaine excitation, commençant à attendre, chaque jour, une nouvelle énigme. Il s’y était en quelques sortes attaché. A ces énigmes, mais aussi à ce mystérieux H. Bien qu’ils n’eussent pas eu l’occasion de réellement échanger, il avait l’impression de commencer à le connaître, comme si ce meurtrier avide d’énigmes se dévoilait peu à peu à travers ses casse-têtes. Et plus que de simplement le connaître, Antoine commençait à ressentir une certaine fascination pour son mystérieux interlocuteur.

Ce fut au mois de mai qu’Antoine obtint son premier travail en poste fixe. Alors qu’il rentrait paisiblement de sa première journée, il consulta, comme à son habitude, sa boîte mail pour y trouver sa précieuse énigme. Mais cette fois-ci, il eut beau se torturer l’esprit, retourner la chose dans tous les sens, il n’arrivait pas à mettre la main sur sa solution. Il voyait les minutes défiler, puis les heures, puis arriva minuit. L’heure de la fin de l’énigme, ainsi que des conséquences dramatiques qui découlaient de sa non-résolution. La boule au ventre, il ne put s’empêcher de sursauter lorsque le son de la sonnerie de la porte parvint à ses oreilles, se sentant horriblement désolé pour la personne qu’il n’avait pas pu réussir à sauver.

Il se dirigea doucement vers l’entrée, tentant au mieux de se vider l’esprit et ouvrit la porte. Il n’eut pas besoin de demander à l’inconnu qui se trouvait face à lui de décliner son identité. Il la comprit bien assez rapidement à la vue du revolver qui était pointé sur lui.

« Dommage, on s’amusait bien ensemble. »

NouilleChan


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