Quand Dracula rencontre les Super Nanas

« ARCHIBALD PERCEVAL VON BLOOD ! Ayez l’obligeance de ramener vos fesses dans votre chambre ! TOUT DE SUITE ! »

Vous tous le savez pertinemment, lorsque votre père ou votre mère vous appelle par votre prénom complet, c’est rarement pour vous féliciter d’avoir ramené un bulletin de notes impeccable ou parce que vous avez parfaitement réussi à accomplir toutes les tâches plus ou moins ingrates qu’il ou elle avait bien pu imaginer vous confier pour remplir votre week-end. Ainsi, au moment même où PetitVampyrDu666 entendit son paternel hurler à travers le château, il savait que le résultat de sa dernière petite expérience venait d’être découvert. Ça allait chauffer sévère. Il se dépêcha donc de lui obéir. Alors qu’il s’apprêtait à rentrer dans la pièce, il se rendit vite compte que ses craintes étaient fondées

« Qu’est-ce que c’est que cette chose ? demanda le Comte Von Blood en désignant un petit être assis sur le lit de son fils. Celui-ci portait une couche, avait la peau d’un bleu pastel, était blond et avait une corne en plein milieu du front.
– Eh bien, père, vous n’allez pas me croire mais c’est… Comment dire… Une très longue histoire.
– Habituellement, je vous aurais bien dit que j’ai tout mon temps mais ce n’est pas le cas présentement donc vous me faites la version courte sans simagrées sinon je peux vous assurer que ça va mal se mettre et ce, très rapidement.
– D’accord. Par où commencer ? Ah oui ! Je sais ! Vous vous souvenez quand vous m’avez dit qu’il serait bon que j’arrête de m’abrutir devant les jeux-vidéo, la TV ou mon ordinateur et qu’il serait de bon ton que je fasse quelque chose de plus productif de mes journées ?
– Bien évidemment. Où voulez-vous en venir ?
– Au simple fait que j’ai décidé de suivre ce conseil. Cherchant un moyen plus productif de m’occuper l’esprit, je me suis mis à fouiner dans la bibliothèque jusqu’à ce que je tombe sur un merveilleux ouvrage « Comment j’y suis parvenu » par le Docteur Victor Frankenstein. J’ai dévoré ce livre et me suis dit que ce serait une bonne idée de, moi aussi, tenter le coup. Malheureusement, manipuler des cadavres, c’est pas trop mon trip. J’ai donc décidé de m’y prendre autrement. J’imagine que le nom de Professeur Utonium ne vous dit rien.
– Ça me rappelle vaguement quelque chose. N’est-ce pas un personnage de dessin animé ?
– Tout juste. J’ai repris sa formule de création de la vie : du sucre, des épices et des tas de bonnes choses, tout en la combinant aux méthodes de Frankenstein. Malheureusement, n’ayant pas d’agent chimique X sous la main, ça restait une sorte de bouillasse immangeable et rien d’autre. J’ai donc dû improviser et l’ai remplacé par autre chose.
– Je vois. Et sur quel ingrédient de substitution votre choix s’est-il porté ?
– Vous n’allez pas du tout aimer mais il s’agit de… de… de sang que je suis allé chercher dans la réserve de grand-père !
– TU AS FAIT QUOI ?! »

Ouh la vache ! Ça sentait pas bon du tout ! Il était très rare que son père le tutoie. En fait, il ne le faisait qu’en deux occasions : lorsqu’il était très fier de lui et lorsqu’il était méga furax. À ce moment précis, ce n’était pas de la fierté qu’Archibald pouvait voir dans le regard de son père, bien au contraire. Il le saisit par les épaules :

« Quelle fiole as-tu prise ?!
– Je sais pas moi. Elle avait une drôle de couleur.
– D’accord mais laquelle ?!
– C’était une espèce de mauve fluo bizarroïde.
– Bon sang, ne me dis pas que t’as été assez con pour faire ça ?!
– Père ! Le petit ! s’exclama Archibald en désignant la créature.
– Est-ce que tu sais, au moins, ce que tu as mis dans ta foutue mixture ?!
– Ben, je dois avouer que non…
– Il s’agissait du sang d’une créature mythique absolument unique en son genre. Un ingrédient rare et unique au monde qui valait une véritable fortune ! Ton grand-père le gardait en cas de nécessité et toi, jeune inconscient tu t’en es servi pour créer ce… ce… ce truc !
– Père, il a un nom, vous savez.
– Ah bon ?! Parce que tu lui en as trouvé un ?
– En fait, c’est maman qui…
– Parce que ta mère est dans la confidence et elle n’a pas jugé bon de m’en parler ?! Non mais je suis le dernier à être mis au courant de ce qui se passe dans cette maison. J’imagine qu’elle a donné son aval pour que tu le gardes…
– En effet.
– Cela signifie donc que je n’ai pas droit vraiment au chapitre. Bon, il s’appelle comment ce petit gars ?
– Balthazar.
– Comme ton grand-père. C’est un choix judicieux. Enfin, je crois. Par contre, pourquoi ne pas lui avoir donné son nom complet ?
– Pour tout vous dire…
– Non parce que Balthazar Roderick Vincent, il est vrai que cela fait un peu long mais… »

Avant même qu’il ait eu le temps de finir sa phrase, deux autres êtres identiques à celui qui était assis sur le lit firent leur apparition au moment où ils entendirent leurs noms respectifs. La seule chose qui les différenciaient était la couleur de leur peau : le dénommé Roderick avait le teint écarlate tandis que celui qui avait été appelé Vincent était vert.

« Vous savez, père, dans ce genre d’expérience, le résultat vient souvent par trois… »

Quelques jours plus tard dans la chambre d’Archibald :

« Et donc, c’est le seul moyen que t’as trouvé pour faire en sorte que ton père arrête de vouloir te dire quoi faire de tes journées ? demanda Vlad, le cousin de PetitVampyrDu666.
– Yep !
– Tu crois que le jeu en valait vraiment la chandelle ? Non parce que, pour le coup, il a été plutôt raide.
– Maintenant que tu le dis, c’est vrai que 300 jours de consignation dans ma chambre, c’est salé. Mais bon, au moins, je suis peinard et puis, j’ai mes nouveaux petits frangins qui peuvent aller me chercher ce que je veux dans la baraque pendant que je reste ici. D’ailleurs, ils m’ont ramené un livre : « L’art et la manière de passer inaperçu » par l’Homme Invisible. Je sens que je vais bien m’amuser. »

Mickaël 


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