Policiers-voleurs

La commissaire de police Janet Sting raccrocha son téléphone, épuisée. Le reste du commissariat n’en menait d’ailleurs pas plus large. Il faut dire que depuis ce matin-là, ils avaient dû gérer 14 vols à mains armée, 17 meurtres, 3 braquages de banques et une demi-douzaine de voitures brûlées et de bagarres. Les cellules du petit commissariat de Satilo-les-bains, sympathique bourgade paisible, étaient pleines.

Janet se passa la main sur le visage, abasourdie. C’était à n’y rien comprendre. Sa ville d’habitude si tranquille faisait face au plus haut taux de criminalité jamais recensé dans la région, et en moins de trois heures !

Le policier Cécile Marchand, fier représentant de la loi du haut de ses 56 ans, entra en trombe dans le bureau de sa chef :
« Faut envoyer une brigade, c’est le quatrième braquage de banque.
– Mais comment ils font, il n’y a que deux banques à Satilo-les-bains b*rdel !
– Les hommes présents à cause du premier braquage ont dû partir pour aider à séparer une bagarre et à repêcher le corps du bijoutier hors de la rivière chef.
– Mais c’est pas dieu possible, tout le monde est devenu taré ou quoi ?!
– Il semblerait chef. Il y a aussi eu une nouvelle bagarre devant le supermarché, apparemment on en est à trois morts.
– On a combien d’hommes valides ?
– Comme d’habitude, six, et sept si on vous compte.
– Le maire en pense quoi ?
– La mairie n’est pas accessible, elle est bloquée par les stands du grand jeu d’extérieur annuel.
– Ah oui cette conner*e ! Et personne n’a pensé à l’appeler ?
– Pas vraiment…
– M’étonne pas que toute la ville devienne chtarbée avec des policiers pareils… Passez moi le téléphone. »

Janet composa le numéro du maire et attendit sa réponse. Celui-ci ne tarda pas à répondre, complètement affolé. Janet n’aimait pas le maire. Trop jeune, elle le considérait comme un gamin inexpérimenté capable des plus belles conneries. Une fois encore, celui-ci ne la déçut pas.
« Ah Janet, heureusement vous êtes là. Je crois que j’ai vraiment merdé ce coup-ci !
– Oh non, ne vous inquiétez pas trop, après tout seule la moitié de la ville a rendue l’âme pour l’instant, pas de quoi s’alarmer…
– Oh Janet vous me rassurez ! Un instant j’ai eu peur que…
– Mais évidemment que vous avez merdé triple buse ! Mais qu’est-ce que vous avez fait bon sang ?! Je sais bien que vous êtes une référence nationale en matière de connerie, mais là vous avez battu tant de records que je ne comprends même pas comment vous avez réussi votre affaire !
– C’est… c’est à cause du grand jeu d’extérieur.
– Si vous m’annoncez que vous avez rendu tout le monde chtarbé en organisant un cache-cache, je vous préviens que je vais avoir beaucoup de mal à vous prendre au sérieux.
– En fait, c’était plus un policiers-voleurs.
– Et ?
– Je me suis un peu gouré dans les papiers à distribuer aux gens et dans les règles, enfin je crois. Pour tout vous dire je n’ai jamais vraiment joué à ce jeu, et je me suis dit que les 7 policiers municipaux suffiraient à contenir tout le monde…
– Vous leur avez dit quoi à ces c*ns b*rdel de m*rde ?!
– Qu’ils étaient tous des voleurs et que celui qui ferrait le plus grand crime gagnerait le prix de la foire. »

Janet resta muette devant la connerie profonde du maire. Celui-ci finit par demander, hésitant :
« C’est quoi les vraies règles, du coup ? »

Alice


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