Vos cartes d’identité sont à revoir

Hey, salut, j’ai une question pour vous. Qui êtes-vous ? Non, mais, sérieusement, ne me balancez pas vos noms, je m’en fous, ça ne définit pas qui vous êtes, pas plus que vos corps. Qui êtes-vous vraiment ? Ou plutôt… Qu’êtes-vous ? Je veux dire, pourquoi êtes-vous qui vous êtes ? Pourquoi voyez-vous à travers ces yeux et pas ceux d’un autre corps, voire d’un représentant d’une autre espèce ? Bon, j’en vois déjà deux ou trois qui baillent, d’autres qui font une tête de six pieds de long… Si je vous ennuie, dites-le, hein. Ou alors, le sujet est peut-être trop complexe pour vous ? Je savais que j’avais affaire à une bande de QI bas, je n’aurais pas dû parler de ça. Ah, tiens, là, d’un coup, ce que j’ai à dire vous intéresse ? Bien, tant que vous êtes motivés, peu m’importe la méthode. Donc, reprenons !

L’identité, l’individu, la conscience, trois notions si proches, si liées, et pourtant si différentes. Nous pensons tous en avoir la définition parfaite, et pourtant, nous n’en savons finalement rien ou presque. Je dirais que l’individu est constitué par votre corps, unique par sa composition génétique, l’identité par votre nom et votre personnalité, et la conscience par tout le reste, notamment le fait que l’on soit incarné dans ce corps précis. Nous pourrions débattre de ces notions pendant des semaines, mais cela ne répondrait toutefois pas à la question originale : qui êtes-vous ?

La théologie nous dit souvent que Dieu a créé l’Homme à son image. Ne tombons pas dans le cliché disant qu’il est un bel enfoiré pour parler un peu plus profondément des choses, comme le faisait Philip K.Dick (oui, je sais, encore, mais que voulez-vous, il est incontournable) dans sa Trilogie Divine, avec le concept du « vrai » Dieu caché dans l’ombre de celui qu’on nous vend. En effet, si Dieu a créé l’Homme à son image en étant désigné comme compréhension, amour, et tout le bazar de la guimauve en vrac, et qu’il est communément admis que nous sommes la pire espèce ayant jamais existé, nous sommes face à un immense paradoxe, qui ne peut être résolu que d’une seule façon : nous sommes la création d’un Dieu malade qui se vautre dans la destruction et le sadisme, qui a créé le Dieu unique que l’on connaît pour mieux se cacher et nous éviter cette triste vérité qui nous rendrait tous fous. Oui, je me demande si ce « vrai » Dieu ne serait pas Cthulhu ou un autre de ses potes parmi les Grands Anciens… Bref.

Toutefois, le concept ne me semble pas assez poussé, alors, si on s’y mettait ? Je vous ai vus râler, derrière ! On se tait et on écoute ! Où en étais-je ? Ah oui. Donc, nous serions les créations d’un Dieu malade, sadique, et j’en passe. Et si ça ne se limitait pas à ça ? Et si nous étions tous ce Dieu ? Si notre regard n’était pas le nôtre, mais le sien, à travers les différents corps, et qu’il exprimait son amour du chaos à travers nos dissensions ? Cela pourrait expliquer beaucoup de choses, non ? Mais dans ce cas, nous sommes tous incomplets dans le monde réel, car simples fractions qui ne se regroupent jamais d’un esprit unique. Jamais ? Peut-être pas…

Car il est une circonstance où nous nous rejoignons tous : le monde des rêves, de l’inconscient, de l’onirique. Par extension, ce monde serait celui du « vrai » Dieu, la clé de notre existence, et le seul monde véritablement réel, qui cache notre seule identité : le Dieu en question, un créateur malade qui s’ennuyait et a créé un petit zoo personnel où il vient faire joujou de temps en temps.Et si on vérifiait en se plongeant dans un petit coma collectif ?

Pardon ? Le réveil ? La potentielle folie ? Détail, vous n’allez pas laisser cela vous arrêter sur la route de la vérité et de l’identité réelle. Et puis, une fois qu’on saura, je ne pense pas qu’il y aura moyen de se réveiller, donc, tous dans les modules de sommeil artificiel, allez ! Non, mais… Ne partez pas comme ça, enfin ! Ne me forcez pas à vous faire entrer sous la menace d’une arme !

Anthony


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