Chair de Goule n° 12 – C’est la curiosité qui a tué le chat

Afin d’apprécier au mieux l’épilogue de ce texte, nous vous conseillons de lire les deux textes suivants : Chair de Goule n° 12 – Apprendre à geeker, Un teaser sachant teaser.

Chair de Goule n° 12 :

La curiosité est, selon la sagesse populaire, un vilain défaut. Celle-ci est pourtant extrêmement saine quand elle nous amène à nous cultiver, à nous ouvrir à l’autre… En revanche, lorsque celle-ci est associée à un voyeurisme malsain doublé d’un fort penchant pour la délation et le chantage, cela devient beaucoup plus problématique. Elle peut alors vous attirer les foudres de nombreuses personnes ou de gros ennuis. Notre « héros » de ce soir va l’apprendre à ses dépens car n’oublions jamais que :

C’est la curiosité qui a tué le chat

Andrew Cheshire n’a jamais vraiment été quelqu’un de bien. Tout ce qu’il a pu obtenir tout au long de son existence, il ne l’a eu qu’en se servant des informations compromettantes qu’il avait accumulé contre ses voisins, les membres de sa famille ou bien ses amis. Tout le monde y était passé, y compris de parfaits inconnus. Même le voyage organisé auquel il était en train de participer, il l’avait gagné de manière peu glorieuse. En effet, il avait réussi à prouver, on ne sait comment, que le vainqueur du concours auquel il avait également participé avait triché. Étant à la deuxième place du podium, il était automatiquement passé à la première et de ce fait, avait pu partir pour un séjour tous frais payés en Roumanie. Celui-ci dura une semaine et il ne se passa pas un seul instant sans qu’il trouve un moyen de rendre la vie des autres voyageurs la plus désagréable possible.

Lors du dernier jour, il s’en alla visiter, avec son groupe, un vieux château perdu au fin fond de la Transylvanie, ce qui, il ne s’en cachait pas, l’ennuyait profondément. Le pire étant qu’il ne savait vraiment pas quoi faire pour rendre sa journée plus intéressante. Certes, il avait pourri celle d’un petit couple de jeunes en glissant, malencontreusement, dans le sac de madame des photos où l’on voyait son fiancé en embrasser une autre mais cela ne lui suffisait pas. Il avait aussi envoyé bouler le guide lorsque celui-ci lui avait fait remarquer qu’un de ses lacets était défait, le menaçant, au passage, de le faire renvoyer s’il se permettait une autre remarque désobligeante. Rien de bien excitant, en somme. Alors que la fine équipe s’apprêtait à rejoindre le premier étage, il remarqua une porte cadenassé. Il s’adressa alors au guide :

« Dites-moi, jeune homme, il semblerait bien que nous n’ayons pas visité le rez-de-chaussée dans son intégralité, dit-il en désignant le recoin où se trouvait l’objet de son intérêt.
– Malheureusement monsieur, le comte a strictement interdit tout accès à la pièce se trouvant derrière ce chambranle. Si vous le voulez bien, nous allons poursuivre notre parcours. »

Andrew prétexta une envie pressante et enjoignit les autres à poursuivre sans lui, le temps qu’il aille aux toilettes. Dès qu’il fut seul, il s’empressa de forcer le cadenas. Ce dernier céda très facilement, le poids des ans et de la rouille l’aidant dans sa tâche. Il longea un étroit couloir plongé dans la pénombre avant d’arriver à une deuxième porte. Il entra et découvrit une pièce où se trouvaient différents engins de torture. Son cerveau se mit à bouillir. C’était sûrement l’antre d’un maniaque ! Il allait pouvoir le faire chanter en le menaçant de dévoiler ses petits secrets. Vite ! Il fallait prendre un maximum de clichés. Il remarqua assez rapidement une chaise bien étrange. Celle-ci se trouvait au milieu d’un mécanisme qui l’était plus encore. Un panneau explicatif était posé devant : « Trône de souffrance : moyen d’exécution particulièrement violent. Le sujet est placé sur le siège ci-devant avant de recevoir de l’huile bouillante sur le sommet du crâne. Il est ensuite démembré par les lames automatiques puis son crâne est pulvérisé avant que le reste du corps ne soit déchiqueté par les scies circulaires géantes. » Alors qu’il s’apprêtait à faire crépiter le flash de son portable, quelqu’un s’adressa à lui :

« Vous n’avez rien à faire ici, monsieur. »

Tandis qu’il se retournait pour voir qui s’adressait à lui, quelque chose fit tomber Andrew à la renverse. Il atterrit directement sur le trône de souffrance déclenchant ainsi la machinerie infernale, ce qui provoqua une mort aussi atroce que graphique. Le guide se retrouva couvert de la tête aux pieds de morceaux chair humaine. Ne sachant quoi dire face à un décès aussi stupidement provoqué, il se contenta de souffler :

« Je vous avais pourtant bien dit de nouer vos lacets… »

Épilogue :

Le narrateur et Archibald étaient assis au petit salon lorsque ce dernier lui demanda :

«Bon alors, t’es satisfait ?
– Absolument !
– Tu m’en veux plus, alors ?
– Pas le moins du monde ! J’ai même décidé de vous remercier en vous laissant un petit présent avec une carte de remerciements. Par contre, je dois avouer que je ne me rappelle plus trop où je l’ai posé…
– QUI A LAISSÉ ENTRER UN MORTEL DANS LA SALLE INTERDITE ?! REGARDEZ-MOI CE CHNATIER ! Y A DU SANG ET DES MORCEAUX DE CADAVRE PARTOUT ! hurla le comte Von Blood depuis l’entrée de la pièce où se trouvait sa collection privée. »

PetitVampyrDu666 se mit alors à réfléchir lorsqu’une pensée lui traversa l’esprit :
« Au fait, ton cadeau, ne me dis pas que…
– ARCHIBALD PERCEVAL VON BLOOD ! VOUS ALLEZ ME FAIRE LE PLAISIR DE RAPPLIQUER ICI ! VOUS ALLEZ ME NETTOYER CE BOXON ET FISSA !!!
– Oups ! s’exclama faussement le narrateur un sourire en coin. Il semblerait que votre père l’ai trouvé avant vous…
– T’es vraiment qu’un pourri !
– ARCHIBALD !
– OUI, J’ARRIVE ! »

Tandis que PetitVampyrDu666 rejoignait son père, son interlocuteur se marrait intérieurement en se disant qu’il lui avait donné une bonne leçon. Morale de l’Histoire : Ne vous mettez jamais un narrateur à dos. Il trouvera toujours le moyen de vous pourrir la vie d’une quelconque manière.

 

Mickaël


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