Ne pas faire de blagues au vrai patron

Bonjour, bonjour. Tiens, avant de commencer ce nouveau cours, je viens de me rendre compte que je ne m’étais même pas présenté la dernière fois, quelle tête de linotte je fais. Oui, bon, je sais, l’administration a dû vous donner mon nom, mais c’est une question de principes. Pensons aussi à nos auditeurs libres, voulez-vous, j’aimerais bien qu’ils puissent retrouver mes anciens travaux.

Donc, je m’appelle Herbert Drachon, chasseur de fantômes et d’autres entités. La dernière fois, je vous ai exposé quelques bases sur la nature de ce qui sera votre travail, et je comptais aujourd’hui parler de la classification des diverses entités, mais certains d’entre vous étaient particulièrement plus intéressés par l’idée d’en savoir plus sur les arcanistes et sur ce moment où j’ai appris à mes dépens ce qu’il se passe quand on en énerve un…

Donc, un arcaniste, c’est un type qui a appris à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur les entités à affronter et sur les portails dimensionnels. Et si vous vous demandez pourquoi on ne l’apprend pas nous-mêmes, c’est assez simple : la vie n’aime pas les gens trop doués. Donc, il y a des « élus » pour fermer les portails, et d’autres pour affronter les bestioles qui en sortent. Le souci, c’est que les premiers ont un ego proche de celui des pires dictateurs et un sens de l’humour à l’avenant. Vous voyez le tableau…

Donc, on est deux, on part en mission, rien de bien difficile, d’autant que j’étais encore un débutant : exorciser un manoir hanté par une entité facétieuse qui passait son temps à faire de sales blagues aux propriétaires des lieux. On entre, on le repère, je lui cours après pendant que l’arcaniste s’occupe du portail et attend que je le balance dedans pour tout fermer. La routine, quoi.

Après bien des efforts et blagues vaseuses, je chope le petit diablotin et je me dis que mon nouvel ami mérite aussi sa dose de rigolade, après tout. J’avais bien étudié les diablotins, et je savais qu’on pouvait « emprunter » leurs pouvoirs si on les tenait. Je me suis donc dit que j’allais m’amuser un peu et j’ai vaguement lancé un sort de silence temporaire sur mon arcaniste. Il n’a pas duré plus de trente secondes, mais sa tête était épique, croyez-moi ! Il se croyait subitement totalement muet et c’était assez énorme, j’en ai encore un début de fou rire en y repensant.

Le problème, c’est qu’à l’époque, j’ignorais que les membres de cette caste avaient le caractère d’un dragon privé de bouffe et de trésor… Enfin, pas aussi explosif, mais tout aussi rancunier… Donc, trois semaines après, on me colle sur une autre mission avec lui. Et je sens d’entrée de jeu que quelque chose ne va pas, comme si j’étais subitement malade. Effectivement : ce con m’avait balancé TOUTES les altérations d’état possibles et inimaginables ! On arrive sur place et je suis là à le supplier comme je peux, étant entre autres muet, de m’enlever ces merdes depuis qu’on est partis !

Imaginez le tableau.
Là, il me dit que j’ai le choix : soit je remplis la mission dans cet état, ce qui était juste physiquement impossible entre le silence, le poison, la faiblesse, le sommeil qui se pointait, etc… Soit il acceptait de me rendre mon état normal, mais je devais être le coursier à tout faire des arcanistes pendant un mois. J’ai ma petite fierté, j’y ai passé six heures, mais j’ai fait le boulot dans cet état ! Il a levé les altérations, mais ce petit enfoiré était tellement vexé qu’il avait un dernier petit tour pour moi…

J’ai passé le reste de l’année à voyager entre deux dimensions de façon totalement aléatoire après ça. N’énervez JAMAIS un arcaniste, il vous fera vivre un enfer.

 

Anthony


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Des inconvénients de tuer Hitler

Est-ce que vous avez déjà fait une connerie ? Attention, j’ai pas dit une petite connerie, qu’on soit bien d’accord. Si ce que vous avez fait de pire c’est de lâcher malencontreusement votre pot de rhododendrons par la fenêtre de votre appartement du 7ème étage et tué votre grand-mère et un pigeon au passage, autant vous dire que vous pouvez passer votre chemin : vous êtes un petit joueur ! Bref, ce coup-ci, j’ai vraiment fait fort et je pense que je préférerais de loin être nu au cœur d’un volcan en éruption avec deux alligators affamés plutôt que dans ma situation actuelle.

Je sais ce que vous allez me dire : j’exagère, c’est pour me la raconter, c’est pas si terrible en fait… Eh bien si vous pensez réellement qu’être sur la tribune d’un meeting d’un parti nazi Allemand en 1939 parce que vous avez malencontreusement tué Hitler et que vous avez pas eu le temps de réagir avant de décider sur un coup de tête de le remplacer n’est « pas si terrible », je serais ravi de vous laisser ma place !

Quoi ? Comment ça c’est impossible ? Vous me traitez de menteur ? J’imagine qu’il va falloir tout vous raconter pour que vous me croyiez…
Pour tout vous dire, la journée avait vraiment mal commencé : je m’étais levé en retard et avec la salsa du démon dans la tête. Ne niez pas, ça nous est tous arrivé. Après avoir sauté le petit déjeuner, j’arrive donc en retard à mon boulot et me fait engueuler par mon patron, à savoir Jean-Eudes Philomène, antiquaire de son état. Sur ce celui-ci quitte le magasin pour aller livrer une commande très importante, et me laisse surveiller la boutique comme d’habitude. A ce moment là, je le rappelle, j’ai mal à la tête, j’ai faim, je suis pas réveillé et j’ai cette p*tain de chanson dans la tête. Autant vous dire que je suis légèrement irascible.

Sur ces entrefaites, mon boss m’appelle, totalement paniqué :
« Vincent ! C’est une catastrophe ! »
Là, je sens venir l’embrouille. Faut dire aussi que la dernière fois qu’il m’a dit ça, la statue de crocodile a prit vie et a bouffé la fille de six ans de m. Delhorme, notre plus fidèle client.
« Qu’est-ce qui se passe ?
– J’ai confondu l’objet que je devais prendre avec un banal stylo plume, il faut que je revienne tout de suite le chercher !
– Si c’est que ça m’sieur Philomène je vous l’amène votre stylo et…
– Non ! Surtout pas ! Ne touche à rien avant que j’arrive ! »

Et il raccroche. Vous me direz : mais b*rdel pourquoi t’as touché à ce stylo d*con ?! Et quelque part vous avez raison, mais pour vous montrer mon état d’esprit, je vous suggère de lire ce récit en écoutant la salsa du démon et de me faire savoir par la suite si vous ne l’auriez pas utilisé sur un coup de tête pour noter la commande de l’uniforme d’Adolf Hitler par une cliente, vous, le stylo à plume démoniaque qui fait remonter le temps.

En fait, il ne remonte pas vraiment le temps. Pour tout vous dire, il déforme plus la réalité qu’autre chose. Sur le coup, j’ai donc écrit avec ce stylo (mi par bravade, mi par stupidité je vous l’accorde) et je me suis figuré dans ma tête un meeting du parti nazi comme on en voit des photos dans les livres d’histoire. Et là, ça a merdé.

Comment, me direz-vous encore ? Eh bien je suis tombé, j’ai entendu un bruit sourd, un râle de douleur et je me suis retrouvé dans la chambre d’Adolf Hitler, chancelier allemand de son état, et plus précisément sur le dos de celui-ci, totalement écrasé par mon poids, avec toujours la salsa du démon en tête, faudrait pas rêver non plus !

Bref, je me relève et là je remarque qu’il ne bouge plus du tout. Ce qui était logique si on prend en compte qu’il ne respirait plus et que j’avais en face de moi un cadavre. Je vous laisse imaginer mon état d’esprit deux petites minutes : visualisez une montagne russe qui passe de la terreur la plus profonde à l’euphorie bêtasse puis à l’angoisse parce que vous êtes seul dans une chambre d’un bâtiment occupé par les nazis avec le cadavre du leader du Troisième Reich qui devait, je vous le rappelle, faire un discours. Et que vous avez une chanson de m**de dans la tête.

Je vous l’accorde, j’aurais pu réfléchir plus. Mais encore une fois, j’aurais bien aimé vous y voir ! Toujours est-il que dans la panique j’ai balancé le cadavre sous le lit, prit l’uniforme du Führer, coiffé mes cheveux avec une raie sur le côté et fait couler de l’eau avec de la mousse à raser pour faire croire qu’il s’était rasé la moustache.

Et me voilà, seul sur une immense tribune, avec plusieurs milliers de gugusses nazi peu sympathiques en train de me faire coucou, dans un uniforme trop petit pour moi, ma casquette enfoncé sur mon visage, la salsa du démon en tête et maudissant mon choix de prendre espagnol en LV2. Oui, parce que là, je suis sensé leur parler et leur donner un beau discours quand même.

En attendant je lève la main et là plus un bruit. Ils attendent tous et moi je dois dire quelque chose en Allemand sachant que les seuls mots que je connaissent veulent respectivement dire Bonjour et Merde, ce qui fait un discours plutôt réduit. Encore une fois dans ces moments-là, le stress est trop grand. Alors bien sûr j’ai fait une connerie mais honnêtement j’y pensais depuis le début de la journée et… Ouais non j’ai fait une belle connerie.

La foule se taisait, pendue aux lèvres du Führer, attendant ses moindres mots. Celui-ci, étonnement plus grand que d’habitude s’approcha du micro et dans un murmure, comme s’il n’avait pas voulu s’adresser à elle :
« C’est la salsa du démonnnn, la salsa du démon… Oh m**de ! Euh… ScheiBe ? »

 

Alice

PTDR news

« Madame monsieur bonsoir et bienvenue sur PTDR news ! Aujourd’hui dans l’actualité un six-tonnes n’a pas renversé l’autocar qui amenait l’équipe de France pour disputer son match annuel contre l’équipe du Sealand. Le soulagement est évidemment intense. Autre bonne nouvelle, l’accord de paix entre les différents océans marins vient enfin d’être signé. Nous retrouvons tout de suite notre envoyé spécial sur place : Alex Terrieur. Alex est-ce que vous nous recevez ?

– OUI ALAIN JE VOUS REÇOIS TRÈS BIEN MALGRÉ LE BRUIT ! ICI, COMME VOUS LE VOYEZ, C’EST LA LIESSE GÉNÉRALE APRÈS LA SIGNATURE DU TRAITÉ QUI MET FIN À LA TERRIBLE GUERRE D’INTÉRÊT ENTRE L’OCÉAN PACIFIQUE ET L’OCÉAN ATLANTIQUE ! GUERRE QUI A FAIT DE NOMBREUX MORTS PARMI LES OTARIES NOTAMMENT, MAIS ÉGALEMENT PARMI LES POISSONS CLOWNS ! D’AILLEURS PERSONNE N’EST TRÈS SÛR DE LA SUITE DES ÉVÉNEMENTS EN CE QUI CONCERNE LES NOMBREUX RÉFUGIÉS HIPPOCAMPES DANS L’OCÉAN INDIEN, RÉFUGIÉS QUI, RAPPELONS-LE, VIVENT TOUJOURS DANS DES CONDITIONS INSALUBRES MALGRÉ L’AIDE INTERNATIONALE PROMISE ! MAIS POUR L’HEURE LE MONDE ENTIER SEMBLE GLOBALEMENT ÊTRE TOURNÉ VERS L’ESPOIR !

– Merci Alex, nous regardons en ce moment même les images de la signature du traité entre les dauphins et les anémones de mer. Des images fortes qui montrent un réel désir d’amitié commune. A la une également, la fin des Jeux olympiques français où notre équipe nationale a remporté l’intégralité des médailles, faute de participants. Nous retrouvons tout de suite notre envoyée Thérèse Ponsable :

– Oui bonjour Alex ! Je peux vous dire une chose : ici c’est la fête, les nombreux français qui étaient venus soutenir leur équipe laissent éclater leur joie. Ce sont vraiment de belles images dans le tout nouveau stade de l’assemblée nationale, qui a été construit, je vous le rappelle, à la place de l’hémicycle pour les besoins de la compétition. Ici comme vous pouvez le voir c’est sans surprise que les français ont encore gagné l’épreuve des 500 mètres haies administratifs. Pour rappel cette épreuve consiste à courir durant 500 mètres en enjambant des secrétaires ou des files d’attentes, le tout avec son dossier d’assurance-vie en 18 exemplaires.
– Oui Thérèse, sans doute une des épreuves où notre équipe est la plus attendue par nos compatriotes, avec bien sûr la compétition du plus gros mangeur de crêpes bretonnes. Qu’en est-il des pays concurrents ?

– Eh bien Alex, cette épreuve détient le plus haut score de pays inscrits avec la France, le Sealand, le Vatican, le Lichtenstein et la Corée du Nord. On peut dire qu’ils s’attendaient à cette défaite, la France détient le titre de champion du monde depuis maintenant dix ans rappelons-le, mais on ne peut que souligner leur persévérance et leur enthousiasme : c’était du beau sport !
– Merci Thérèse ! Tout de suite notre point bourse avec notre experte en humourologie : Eva Nouissement. Alors Eva, quelles sont les nouvelles ?
– Eh bien Alex, cette journée a été marquée par un coup dur pour les blagues carambars qui ont chuté de 6 points et sont donc définitivement sorties du top 50 des blagues à influences mondiales. Par contre, il faut noter le formidable redressement des blagues du type « ta mère est » et des chuck norris facts qui regagnent respectivement 3 et 2,8 points. Enfin et c’était prévisible en cette période de fête, on constate comme tous les ans une baisse de 4,6 points pour les calembours de type « noyeux joël et bananier ».
– Merci beaucoup Eva ! Chers téléspectateurs nous nous retrouvons juste après la pub pour un point météo ! C’était Alex Terrieur, en direct de PTDR news ! »

 

Alice

La mort est une fangirl

« Ca ne peut plus durer, ça fait plus d’une semaine que j’attends là ! Dites-moi ce que je dois faire, sinon, donnez-moi un endroit où aller ! Si j’avais su que je devrais rester comme ça aussi longtemps, j’aurais au moins allumé la télé…
– Oui monsieur, j’entends bien… Je vais les relancer. »
Le jeune secrétaire raccrocha le combiné, s’épongea le visage et se détourna de ses clients pour taper un nouveau rapport pour ses supérieurs. C’était déjà le douzième de la journée.

« Sujet : nouvelle plainte de clients, MAGNEZ-VOUS BON SANG ! »
Quelques étages plus haut, la réaction suite à cet énième rapport ne se fit pas attendre :
« Bon, Maryline, ça suffit maintenant, on vient d’en recevoir un autre, il est temps de vous reprendre en main, soupira Claire, la nouvelle assistante du Bureau des Morts du domaine Ouest.
– Non, je ne veux pas… On peut attendre encore un peu… Rien ne presse, les gens vivent plus longtemps, en meilleure santé et moi, je pourrai profiter en paix de ma série ! répliqua alors la susnommée.
– Plus longtemps, oui, en meilleure santé, ça je n’en suis pas sûre… La réception a reçu un appel d’un homme pendu depuis plus de quatre jours, et un autre d’une jeune fille qui est bloquée, un couteau dans l’estomac, et qui ne peut ni le retirer, ni mourir en paix. Ça suffit, à un moment ! »

La mine de la jeune assistante virait progressivement au rouge. Bien qu’elle n’avait rejoint l’entreprise que depuis peu, elle avait déjà bien cerné le caractère de son employeuse. Et elle savait qu’elle pouvait être très bornée. Mais Maryline ne bougea pas d’un pouce. Elle resta le visage cloué à son écran, les yeux de plus en plus humides.
« J’AI DIT NON ! cria-t-elle alors. Tu es encore bien trop jeune pour comprendre la complexité de l’amour ! Je ne peux simplement pas m’y résoudre, attendez encore qu’il termine une ou deux saisons avant de l’embarquer. Moi, c’est simple, je n’enregistrai pas son nom, tant que l’histoire ne sera pas terminée.

– Mais, Maryline… Vous savez bien qu’il y a un ordre à respecter, si vous bloquez un mort, toute la chaîne reste en suspens ! Imaginez le chaos que vous êtes en train de créer chez les vivants ! tenta Claire une dernière fois.
– Eh bien tant pis pour eux ! Ce n’est pas parce que mon chouchou a fait une malheureuse apparition dans une maudite émission culinaire qu’il doit en payer de sa vie ! Tant que je serai aux commandes, ce garçon continuera à vivre et à jouer dans cette série ! »
Quelque part, dans le monde des vivants, dans un quelconque studio de réalisation, deux stagiaires discutent à voix basse :

« Eh, t’es sûr qu’ils peuvent continuer la production comme ça ? Je veux dire, Eric a pris sacrément cher, tout de même… commença le premier.
– C’est vrai qu’il a l’air bien amoché… Que lui est-il arrivé ?
– Tu ne le sais pas ? Il s’est rendu en tant qu’invité dans une émission de cuisine populaire, « Les bonnes recettes de Tante Agathe », mais, elle a malheureusement mal tourné. Et maintenant il est comme ça… C’est fou, normalement, n’importe qui serait mort sur le coup, mais il a survécu ! Enfin, si on peut appeler ça « survivre » … Et il persiste à vouloir continuer le tournage malgré son état. »
Un peu plus loin, sur le plateau de tournage, Eric Hochet, jeune acteur en vogue de 23 ans, répétait son texte. Rien de bien étrange dans cette scène de dénouement et de révélations. Mis à part l’acteur principal qui, vêtu d’un costume noir, revolver en main, devait interpréter son personnage avec une porte de micro-ondes à moitié encastrée dans l’abdomen.

 

Nouillechan

Comment développer rapidement un bon jeu vidéo

Bureaux de Dreamer Games, Santa Monica, Californie. 2 février 2017, 10H33
— Bien, messieurs, il faut savoir regarder la réalité en face : notre dernier exercice fiscal est un désastre ! Pas de quoi mettre l’entreprise dans le rouge, mais on a le droit de commencer à paniquer un peu. Alors, si on ne veut pas que Dreamer Games mette la clé sous la porte d’ici quelques années, il va falloir commencer à imaginer des concepts marketing qui marchent !
— Et pourquoi pas des concepts de jeux, plutôt ? Je crois que ça aiderait.
Le regard noir du directeur se fixa sur son employé après ces mots.
— Oui, enfin, moi, ce que j’en dis, après tout…
— Bon, l’heure est grave ! On va faire comme les autres Japonais, là, de chez Carré, ou je sais plus comment… On va copier la concurrence pour se sauver ! Trouvez-moi ce qui marche et faites du marketing à mort ! Et je veux ça pour hier !

Bureaux de Dreamer Gamer, studio de développement interne, 10H54
— Pfff, il est marrant, le boss, mais si il croit que c’est facile d’arriver avec une nouvelle idée…
— Bah, on peut aller voir les voisins. Tu sais, Actif je sais plus quoi, on est dans la même ville. Qu’est-ce qui marche, chez eux ?
— Le FPS bourrin ras du front sans scénario avec une communauté multi au QI digne d’un banc d’huîtres avariées, je crois…
— Bah voilà, on n’a qu’à faire ça, ça doit pas être bien difficile. On va laisser le marketing s’occuper du reste côté titre et pub, et c’est dans la poche. Allez, au boulot, c’est l’heure pour la grande Amérique d’aller sauver le monde ! Si avec ça, on n’a pas le public ET le Président dans la poche…

Bureaux du marketing de Dreamer Games, 13H42
— Ok, on a mis nos développeurs sur une nouvelle licence, il est temps de s’occuper du reste. Donc, comment on va l’appeler et la vendre ?
— On peut reprendre les codes publicitaires du concurrent direct, ça devrait marcher. Et miser sur la masse de DLC dès la sortie, ils aiment, ça.
— Ok, on a le genre, je vois la campagne pub qu’on peut faire… Mais comment on va l’appeler ?
— Je sais pas, il nous faut un truc original et puissant, tu vois… Hum… Je sais ! Medal of Duty : The Call of Honor ! Original et jamais vu, personne va nous tomber dessus ! Au pire, on dira que tout le monde copie tout le monde, hein, c’est la base du milieu et du genre : tout se ressemble à se cloner à chaque épisode.

Bureaux de Dreamer Games, 2 février 2018, bilan de l’année 2017, 9H21
— Messieurs, c’est un triomphe ! Notre nouveau jeu a enterré la concurrence et a remporté le titre de jeu le plus vendu de l’année ! Alors, maintenant, je veux des suites et des spin off jusqu’à plus soif, autant y aller à fond ! Remercions tous Saint Bobby pour ses sublimes idées qui ont révolutionné notre domaine et notre passion.

 

Anthony