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Une punition à la hauteur de la critique – VoxPlume

« Philippe ! Je sais où tu te caches ! Viens ici que je te bute enculé !
– Ta gueule ! Viens ici sale enculé !
– Salaud ! »

Leslie n’en croyait pas ses yeux. De toute sa vie de critique, il n’avait jamais rien vu d’aussi consternant. Non seulement ce film était d’une grossièreté sans nom mais il était, également, mal joué, mal monté, mal cadré et le scénario était d’une bêtise abyssale. Au bout de quelques minutes, il se décida à scruter le reste de la salle afin de voir quels malheureux confrères devaient, tout comme lui, supporter ce spectacle navrant. Vide. Elle était intégralement et définitivement vide. Avec qui allait-il alors pouvoir déverser sa bile ? Il ne pouvait décemment pas affronter cet étron tout seul. Il décida alors de partir. Il n’avait pas besoin d’en voir plus pour savoir ce qu’il allait dire. Ce n’était pas la première fois qu’il le faisait et ce ne serait certainement pas la dernière. À quoi bon perdre son temps à regarder un long-métrage dans son intégralité quand 15 minutes suffisent. Ce n’était peut-être pas très éthique mais ça lui faisait gagner un temps fou. Il se leva et se dirigea vers la sortie qui resta étrangement fermée. Il tenta sa chance avec les autres portes mais aucune ne voulait s’ouvrir. Après plusieurs essais infructueux, quelqu’un s’adressa à lui :

« Cela ne sert à rien. Vous aurez beau vous acharner, elles resteront closes.
– Qui a parlé ?
– Eh bien, moi. Ne me dites pas que vous ne m’avez pas remarqué. Si tel est le cas, je dois vous avouer que c’est très vexant ! »

La voix venait du siège situé juste à côté du sien. Comment avait-il fait pour ne pas voir que quelqu’un était assis là ? C’était tout bonnement impossible. Il se rassit et s’adressa à l’inconnu :

« Vous aussi vous avez été forcé d’assister à cette projection presse ?
– Non. Disons plutôt que je suis là pour que ne vous ne soyez pas seul dans l’épreuve qui vous attend.
– Je vous demande pardon ?
– Vous m’avez très bien compris.
– Si c’est une plaisanterie, je dois vous avouer que je la trouve de très mauvais goût ! s’exclama Leslie.
– C’est loin d’en être une. Vous êtes ici pour faire face à vos erreurs et, croyez-moi, ça va durer longtemps, très longtemps.
– Écoutez-moi bien, le film pourri, les portes fermées à double tour, le coup de l’apparition mystérieuse, tout ça, c’est marrant cinq minutes mais, là, je commence à saturer. La comédie a assez duré. Vous allez donc me laisser sortir ou bien j’appelle la police.
– Faites donc.»

Leslie commença à fouiller dans ses poches et ne trouva rien. Il fusilla son interlocuteur du regard :

« Vous m’avez volé mon portable. Rendez-le moi, intima-t-il.
– Impossible. Les portables sont interdits ici et puis, il ne vous servirait pas à grand chose.
– Et pourquoi donc ?
– Bonne question. Dites-moi, vous avez déjà vu un mort utiliser un mobile ? En ce qui me concerne, ça ne m’est jamais arrivé.
– Mort ?
– Oui, mort.
– Impossible ! Vous mentez ! cria Leslie.
– Et pourtant, c’est la stricte vérité. Pour commencer, vous rappelez-vous comment vous êtes arrivé ici ou bien de quoi ce soit d’autres qui soit en rapport avec ce que vous êtes en train de vivre.
– Je dois avouer que non… »

Leslie avait beau se creuser la tête, il ne se rappelait d’absolument rien. Les questions se bousculèrent alors dans sa tête : Disait-il la vérité ? Si oui, pourquoi était-il mort ? Comment ? Quel était cet endroit et quelle était cette fameuse épreuve dont il venait de lui parler ?

« Tout d’abord, je n’ai pas pour habitude de mentir et que vous pensiez une telle chose me choque. Ensuite, parce que vous vous avez passé une grande partie de votre vie à agir et à vous comporter comme un sale con. À force de démolir des carrières à coup de phrases assassines, vous avez fini par déclencher la colère d’un pauvre gars qui vous avait rien demandé. Après, je dois avouer que vous enfoncer votre magazine dans la gorge jusqu’à ce que vous vous étouffiez avec, c’était quand même plutôt hardcore comme méthode. Pour ce qui est des lieux, disons que c’est votre purgatoire. Là-haut, ils ont pas voulu de vous mais, même si vous êtes un trou de cul de première catégorie, vous méritez pas de finir en bas. Il va donc falloir que vous poireautiez ici, le temps de prendre une bonne leçon.
– Vous.. vous…
– Oui, je peux lire dans vos pensées.
– Mais vous n’avez pas répondu à la dernière question.
– Ah ça. Je dois avouer avoir pas mal hésité. Je pensais vous faire une très longue rétrospective du cinéma d’action, de S.-F. ou bien de Fantasy étant donné que, pour vous, le cinéma n’est pas un divertissement mais un art et que tous les films qui ne respectent pas cela méritent de disparaître dans les flammes. Après mûre réflexion, je me suis dit que ce serait un châtiment trop doux et qui risque de devenir assez vite redondant.
– Et donc ? »

L’inconnu lui tendit un prospectus sur lequel était écrit « Nanars et navets : une Histoire du mauvais cinéma » suivi d’une longue, très longue série de films projetés. Il y en avait pour des dizaines de milliers d’heure.

« Vous êtes sûr qu’on est pas en enfer ? demanda Leslie.
– Certain. J’y suis déjà allé et ils y projettent du Jean-Luc Godard en boucle. »

Mickaël 

Boss de fin – VoxPlume

« Ahh te voilà enfin ! J’ai attendu si longte … Attends, qui es-tu ? Tu n’es pas celui que j’attendais … Bah, reste ici, ça me fera de la compagnie. Tu ne sais pas ce que c’est, toi, la solitude. Tu es là, à traînasser sur ton ordinateur à longueur de journée, le monde entier s’ouvre à toi avec ton « internet » là. Laisse-moi te dire qu’ici, ce n’est pas si simple, je passe mes journées seul, à attendre, avec cette musique qui tourne en boucle en attendant que l’autre arrive, il a l’air de bien prendre son temps de son côté. Enfin bref, inutile de préciser que pendant ce temps, je ne peux pas m’entraîner correctement puisque je dois être prêt à accueillir mon invité avec la classe que je mérite. Mais je t’épargne les détails, tu es là, et je t’en remercie d’ailleurs, tâchons de discuter plus jovialement. Ah, un instant, permets-moi juste de terminer le récit de mon malheur avant d’entamer notre conversation. J’imagine que tu as déjà été confronté à un adversaire de mon rang, n’est-ce pas ? Non ?

Tu es un enfant bien étrange, si j’ai le temps, après avoir exterminé l’autre vermine, je t’enseignerai les bases du combat à l’épée. Mais passons, je disais donc, pour bon nombre d’entre vous (ou du moins, certains), ce combat final représente le climax d’une longue aventure. Mais il existe ces gens, que je hais au plus haut point, qui sont déjà en train de trimer dès le premier donjon, ils enchaînent donc les échecs, recommencent maintes et maintes fois les mêmes quêtes et il leur faut parfois plusieurs centaines d’heure pour arriver jusqu’à moi. Je pense d’ailleurs que celui que j’attends fait partie de cette catégorie. J’ai envoyé un sbire pour me trouver une explication à cette lenteur incroyable. Il y a aussi ceux qui s’entêtent à finir absolument toutes les quêtes secondaires, même les plus anodines, et vont donc jusqu’à chercher des dizaines et des dizaines de fragments en plastique juste pour un trophée en forme de lutin. Mais ceux que je hais le plus, ces énergumènes sans cœur, qui passent leur temps à … »

A cet instant, la porte s’ouvrit, laissant apparaître le sbire parti plus tôt :
« Maître, maître, j’ai des nouvelles pour vous, et pas des plus réconfortantes …
– Je t’écoute, parle.
– Celui que vous attendez, c’est un de ces gens-là … il vient de recommencer pour la cent quarante-huitième fois …
– Non … Pas eux … Pas encore ! Je hais les speedrunners. »

Nouillechan