Comment survivre à une invasion ? – VoxPlume

« Bon, on fait quoi maintenant ?
– Comment ça « on fait quoi » ? C’est toi et toi seul qui nous a fourré dans ce merdier, t’as plutôt intérêt à trouver un moyen de nous en sortir. Et le plus vite ça sera fait, le mieux je m’en porterai, je ne suis pas sûre qu’on puisse tenir très longtemps là-dedans. »
Maryline termina sa phrase avec une pointe de dégoût, ce qui était compréhensible quand on savait que la seule chose qui se trouvait à proximité était une cuvette de WC.

« Je sais, je sais… commença Ben. J’ai déjà dit que j’étais désolé.
– C’est pas des excuses qui vont arranger les choses. Dehors, ils sont déchaînés, et j’ai vu suffisamment de série pour savoir ce qui arrive quand ce genre de choses veulent quelque chose… »
Il y eut quelques secondes de silence, pendant lesquelles les deux collègues réfléchissaient intensivement à un moyen de s’extirper de cette situation délicate, mais les cris et les gémissements extérieurs rendaient toute tentative de concentration vaine.

« Mais c’est pas possible ! Et puis c’est quand qu’elle arrive, Sophia? Elle devrait pouvoir nous aider, non ? Je vais essayer de l’appeler. Non, mieux, toi, appelle-la. »
Maryline tendit alors son téléphone à Ben qui le saisit en lâchant un soupir.
« Pourquoi ça serait à moi de l’appeler ? Je suis autant dans la merde que toi, je te rappelle.
– Tout simplement parce que comme ça, je peux réfléchir à une solution. Et faute de pouvoir nous sortir de là, rends-toi utile. »
Le jeune homme protesta mais composa tout de même le numéro, avant de porter le combiné à son oreille. Une seconde. Puis cinq. Puis dix. Son visage se décomposait peu à peu et alors qu’il s’apprêtait à raccrocher, une voix résonna à l’autre bout du fil.

« Maryline ? Ecoute, je sais que j’étais censée vous rejoindre depuis longtemps déjà, mais je pense que ça ne va pas être possible. Il y en a partout autour du bâtiment, je ne peux pas m’approcher, ça se passe comment de ton côté ? Ben est avec toi ?
– C’est moi, Ben. Disons que ça pourrait être pire, mais ça pourrait aussi être mieux… Beaucoup mieux même. On est bloqués dans les toilettes, on réfléchit à un plan. Tu penses que tu peux nous trouver de l’aide ?
– Je pense pas non… Je vois pas ce qu’on pourrait faire pour les gérer. Vous êtes les deux seuls à pouvoir faire quelque chose. Et puis, c’est pas pour remuer le couteau dans la plaie, mais c’est un peu ta faute ce qui arrive. Toi et tes « idées génialissimes ».
– Ouais. Merci. Vraiment. »

Ben raccrocha et rendit l’appareil à sa collègue.
« Ben… On n’a plus le choix, l’heure approche : il faut y aller. »
Tous deux, non sans une certaine appréhension, quittèrent les toilettes dans un silence qui se dirait religieux, s’il n’y avait pas tous les beuglements qui les attendaient de l’autre côté. Le magasin était encore désert. Mais dès qu’ils tournaient la tête vers la porte d’entrée, ils virent la foule immense qui se compressait contre le bâtiment. Tout en s’approchant de la porte, les deux compères se regardèrent dans les yeux et alors que Ben s’apprêtait à ouvrir la porte, Sophia lui murmura :
« Je t’avais dit que c’était de la folie de mettre la nouvelle collection à -50 %. »

Nouillechan


Annonces Google

Monster Science & Development – Voxplume

Pierre regarda la façade imposante devant lui. Il était rarement effrayé, et généralement pas par un stupide bâtiment, mais il était forcé d’admettre que celui-ci, avec ses tours sombres et tordues qui montaient haut dans le ciel, sa centaine de corbeaux, son pont-levis instable au-dessus de son bassin à crocodiles et son énorme gueule remplie de dents acérées qui faisait office d’entrée, ne lui inspirait pas véritablement confiance.

Mais il n’était pas du genre à changer d’avis, surtout lorsqu’il y avait un contrat aussi juteux à la clé. Il se dirigea donc d’un bon pas vers l’inquiétante porte et tira la sonnette. Le son lointain d’une cloche retentit et la silhouette du monstre de Frankenstein se dessina devant lui.

« Bonjour, vous devez être monsieur Pierre Moriart j’imagine ? Je suis désolé de ne pas avoir pu venir vous chercher à la gare, je suis très occupé en ce moment et nous avons si peu de personnel…

-C’est pour ça que je suis là ! s’enhardit le jeune homme, une fois la première frayeur passée.
-C’est vrai. Je vais vous conduire au patron, suivez-moi.
-Très bien, monsieur ?
-Oh, appelez moi Bobby.
-D’accord… Bobby. »

Il suivit l’étrange monstre et se retrouva à l’intérieur d’un jardin parsemé de plantes carnivores. Le dénommé Bobby continuait de parler :
« Je sais que l’apparence de nos locaux peuvent dérouter, mais vous comprenez bien que nous avons une réputation à tenir. Et puis au moins, nous ne craignons ni les moustiques, ni les enfants ! S’esclaffa-t-il en faisant un clin d’œil à Pierre. »

Celui-ci resta de marbre, ne sachant comment réagir.
« Oh, faites pas cette tête, je plaisante ! Les enfants sont beaucoup trop importants dans notre profession pour nous permettre de les laisser se faire manger…
-Oui, c’est sûr…
-C’est drôle, les gens sont toujours un peu stressés quand ils viennent ici pour la première fois. Je comprends pas pourquoi. Faites attention au piège à loup à votre gauche. Et au loup aussi d’ailleurs si vous le croisez. Depuis trois jours qu’on lui court après, il doit être affamé maintenant. Pauvre bête ! De même, si vous entendez un cri qui vient d’une des tours, c’est sûrement la chambre des tortures, rien de bien grave. »

Une jeune fille courut devant eux et les traversa précipitamment, suivie de près par un zombie avec un hachoir.
« Ces deux-là, sourit Bobby sans prêter la moindre attention à la probable tentative de meurtre, ils sont inséparables. Trois cents ans qu’elle lui a coupé la tête et il le lui rend bien ! s’esclaffa de nouveau le guide avant de s’arrêter devant une porte en bois ornementé. Et voilà, vous y êtes. Il va bientôt vous recevoir. Moi, je vous laisse, je vais essayer d’attraper ce loup. »

Pierre resta seul devant la porte. Plusieurs minutes passèrent durant lesquelles il entendit très distinctement les cris d’une jeune femme que l’on égorgeait, ainsi que les hurlements d’un homme qui se faisait mordre par un loup. Enfin, la porte s’ouvrit et un vampire assez élégant le pria d’entrer.
« Bienvenue monsieur Moriart ! Vous avez fait bon voyage ?
-Très bon monsieur Evil, mentit le jeune homme.
-Bien. Venez voir par ici. »

Le vampire l’amena devant une gigantesque baie vitrée sale qui donnait sur l’ensemble du domaine.
« Ceci, monsieur, est mon royaume. De tout temps, l’on a cherché à effrayer les foules par des moyens divers et variés. Toutes ces peurs, elles proviennent d’ici même. Nous sommes une véritable entreprise monsieur Moriart : nous innovons, testons et colportons de nouvelles peurs chaque jour. Vous vous souvenez du monstre sous votre lit ? Le fantôme qui a inventé ça a été nommé employé du mois à l’époque !
-C’est vrai que l’idée était plutôt bonne.
-N’est-ce pas ? Toutefois, nous avons un problème.
-Les gens ne veulent plus avoir peur ?
-Pire. Les gens ne veulent plus faire peur. Nous manquons cruellement d’employés monsieur Moriart !
-C’est là que j’interviens, c’est ça ?
-Exactement ! Il paraît que vous êtes le meilleur dans ce domaine, à vous de me le prouver.
-Je me mets au travail immédiatement monsieur Evil ! A vrai dire, j’ai déjà quelques idées… »

Dans le salon d’un petit appartement, un jeune couple regardait la télévision. Une publicité commença et le visage de Bobby apparut soudain sur l’écran :

« Et toi ? Tu cherches du travail ? Les films d’horreur c’est ta passion ? Tu laisses toujours des araignées en plastiques dans le lit de tes petits camarades ? Tu te bats en duel contre le monstre du placard à balais et tu pries pour que Maléfique gagne à la fin à chaque fois que tu regardes la Belle au bois dormant ? Alors postule à Monster Science & Development ! Dans un cadre inspirant et avec des collègues chaleureux, tu pourras travailler en toute tranquillité ! Alors, prêt à inventer les peurs de demain ? »

Alice

Victor Hugo, c’est caca – VoxPlume

L’audience se tut brutalement lorsqu’un homme entra sur la scène. Il salua les spectateurs d’un salut de la main, puis alla se positionner devant le micro. D’un geste timide, il fit un geste à la régie, qui projeta alors au-dessus de lui un PowerPoint qu’il avait fait lui-même. On pouvait voir, sur le rectangle blanc d’une sobriété exemplaire, écrit dans un Comic Sans MS à vomir, en noir :

« Victor Hugo, c’est caca. ».

L’homme se racla la gorge et se rapprocha du micro. Il prit une grande inspiration, tentant de se détendre. Il avala difficilement sa salive, et se lança :
« Mes chers français, mes chères françaises ! »

Il reçut un tumulte d’applaudissements, ce qui sembla le requinquer. Son torse se gonfla, ses épaules se relevèrent, sa posture se fit plus droite. Une ombre de sourire flottant sur les lèvres, il continua d’une voix tonitruante :

« Je suis ici pour vous parler d’un fléau qui menace notre bonne vieille France depuis de nombreuses années : la littérature, cette soi-disant culture ! »
Les acclamations se turent. Les spectateurs s’échangeaient des regards surpris, se murmurant les uns aux autres. Cependant, il ne s’arrêta pas.

« En effet, vous ne serez pas sans remarquer que notre nation semble placer la « littérature » comme un hobby de premier choix. Allons donc, on apprend aux enfants à lire des livres, à l’école ! Personne ne viendrait remettre en cause cette bonne vieille littérature. C’est normal ! Pourquoi personne ne la remet en cause ? Parce qu’on ne peut pas ! PARCE QU’ON NOUS MANIPULE ! »
Cette fois-ci, l’audience resta silencieuse. Des frissons parcouraient leurs bras, et toute leur attention était posée sur l’homme, à l’allure cultivée, qui hurlait dans son micro. Bien sûr, certains d’entre eux le prirent pour un ahuri, et quittèrent la salle, ayant mieux à faire. Mais des centaines de paires d’yeux étaient toujours posées sur lui, alors qu’il s’époumonait pour faire savoir la vérité.

« N’avez-vous donc pas compris, qu’on se sert de cette littérature pour contrôler les masses ? Tenez, un exemple. Le fameux roman de Stendhal, « Le Rouge et le Noir »… Vous saviez ce qui était rouge et noir, aussi ? »

Il fit un signe à la régie. Le PowerPoint changea, affichant cette fois une croix gammée.
« INCITATION AU NAZISME ! hurla-t-il, si fort, que tout le monde dans la salle se recula légèrement des enceintes. Un autre exemple. »
Le PowerPoint changea, montrant cette fois-ci une couverture du classique de Shakespeare :

« « Roméo et Juliette » ! Avec une Juliette de treize ans, et un Roméo déjà adolescent depuis un moment ! INCITATION A LA PEDOPHILIE !
– Alors, en fait, fit une voix paresseuse dans les enceintes. Déjà, c’est pas techniquement illégal, ensuite c’était une autre époque, et puis au final ils meurent tous les deux donc…
– FERME TA GUEULE, REGIS ! hurla-t-il. Un autre exemple ! Émile Zola ! Ouh, alors celui-là, il était bien ! Mais sérieusement, avez-vous lu ses livres ? Clairement, on nous met des idées pas claires dans le crâne. « Thérèse Raquin » ? Adultère, et meurtre ! Ah, bravo ! ET JE NE VOUS PARLE PAS DES ROMANS POLICIERS ! Agatha Christie tue nos enfants ! »
L’audience approuva d’un signe de tête général. Ce monsieur-là avait l’air assez censé, il était plein de conviction. Clairement, il devait y avoir de la vérité dans ce qu’il disait.

« Et « Don Juan », de Molière ! On apprend à nos adolescents à courir après les jupons !
– En fait, fit Régis. Au contraire, c’est une pièce plutôt moralisatrice…
– FERME TA GUEULE, REGIS ! Et… Victor Hugo ! Alors, lui, on nous le ressort à toutes les sauces ! Est-ce que vous saviez, vous, qu’il était un véritable chaud lapin ? Quel grand homme à admirer, c’est moi qui vous le dis. Et ses romans sont d’une vulgarité sans nom. Je suis sûr que vous avez lu au moins un de ses bouquins à l’école. Et regardez où ça vous a mené ? Vous n’avez même pas imaginé une seule seconde que les livres puissent vous manipuler. En conclusion : Victor Hugo, c’est caca. »

Le PowerPoint revint à la toute première image. L’homme s’inclina, puis quitta la scène dans un tonnerre d’applaudissement. Dans les coulisses, il croisa Régis, en train de ranger son micro.
« Alors, comment j’étais ? demanda-t-il à son technicien.
– Très intéressant, Monsieur, répondit Régis. Désolé d’avoir dérangé la prestation.
– Aucun problème.
– Je me demande vraiment comment vous avez pu découvrir toute cette histoire de manipulation !
– Ah, ça ! L’idée originelle ne vient pas vraiment de moi. Je l’ai lu dans un livre. »

Cupcake Nie

Comment remonter le temps en trois étapes ? – VoxPlume

Première étape : Acheter une vieillerie. (Si elle a un passé sordide, c’est encore mieux.)

« Elle est magnifique, n’est-ce pas ?
– Je sais pas trop. Y a quelque chose qui me dérange avec…
– Quoi donc ?
– Ben, pour être franche, elle me fout mal à l’aise. Je la trouve… glauque.
– Je vois pas pourquoi. »

L’immense horloge trônait au milieu du salon. Son air sinistre ne semblait pas déranger Mathias. Judith, quant à elle, ne comprenait pas pourquoi son mari avait décidé d’acquérir une telle horreur. Elle sentait le moisi et donnait la très nette impression d’avoir été récupérée dans le genre de baraque où un nombre incalculable d’histoires sordides avaient eu lieu. S’ajoutait au malaise qu’elle ressentait, une sensation de déjà-vu. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait la très nette impression d’avoir déjà eu cette conversation. Toujours est-il qu’elle décida d’inspecter l’objet de plus près. Alors qu’elle s’en approchait, un coucou bondit hors de son abri afin d’indiquer qu’il était midi, ce qui ne manqua pas de la faire sursauter.

« Espèce de saloperie ! grommela Judith.
– Chérie, modère ton langage. Ce n’est qu’un pauvre petit oiseau sans défense. Il n’a pas à encaisser l’expression fleurie de ton mauvais caractère.
– Justement ! Étant donné que cette espèce d’immondice dégueulasse ne peut pas me comprendre, je peux me permettre de le traiter de tous les noms !
– Peut-être mais je pense que tu risques d’avoir l’air stupide si tu t’acharnes un peu trop à vouloir insulter un animal empaillé…
– C’est pas faux. »

Mathias était en admiration devant son achat. Il avait fini par se lancer dans un exposé sur l’histoire macabre de cette antiquité. Judith avait donc raison, ce truc paraissait malsain et cette impression était justifiée. Morts violentes, disparitions inexpliquées et accidents tous plus étranges les uns que les autres avaient eu lieu dans tous les endroits où cette horloge avait atterri.

« Mais pourquoi tu t’es décidé à la ramener ici vu la réputation qu’elle se trimballe ?
– Tout simplement parce que sont des foutaises. De tragiques coïncidences ne font pas une malédiction, voyons.
– Mouais… Tu avoueras que ça fait beaucoup, mais beaucoup de coïncidences, comme tu dis.
– Au fait, l’antiquaire m’a prévenu qu’il valait mieux éviter de trop tourner autour tant que je ne l’ai pas fait restaurer. Elle est, malheureusement, bancale et la moindre pichenette pourrait la faire basculer. Imagine un peu le drame que ça serait si cette magnifique pièce de collection se retrouvait fracassée sur le sol.
– J’imagine. »

Deuxième étape : Prendre une (très) mauvaise décision.

Une idée traversa la tête de Judith. Un accident pouvait très vite arriver. En l’observant, elle pourrait « malencontreusement » trébucher ou la bousculer un peu et paf ! elle serait débarrassée de cette saleté.

« Bon, ma puce, je te laisse. Je vais dans mon bureau. »

C’était l’occasion rêvée. Elle ne voulait pas attendre une minute de plus. Alors que son mari venait à peine de quitter la pièce, elle s’empressa de pousser l’horloge en ayant toujours en tête cette sensation de déjà-vu qui l’avait assaillie quelques minutes plus tôt. Elle ne déploya que peu d’efforts pour y parvenir. En un instant, l’objet qui lui faisait tant d’horreur vacilla avant de se renverser et de s’écraser lourdement sur le parquet du salon. C’est à ce moment là que l’impensable se produisit. Le temps se figea autour d’elle. Lorsqu’elle s’en rendit compte, Judith se mit sérieusement à paniquer. Elle se mit à courir dans tous les sens. Elle entreprit alors de quitter le salon afin de rejoindre son mari et se rendit vite compte que, si elle pouvait bouger, elle ne pouvait en aucun cas quitter la pièce. Elle tenta d’ouvrir une fenêtre mais c’était peine perdue. Elle remarqua alors que le phénomène était beaucoup plus étendu que ce qu’elle pensait et put admirer son voisinage entièrement plongé dans une paralysie temporelle. Elle se retourna vers l’horloge et se mit à entrevoir la terrible vérité. Il y avait bel et bien une malédiction qui pesait dessus. Que pouvait-elle bien faire ? Elle se décida rapidement à la remettre en place. Peut-être pourrait-elle trouver un moyen de faire repartir le temps. Alors qu’elle tentait de la soulever, le coucou qu’elle avait copieusement insulté peu de temps auparavant se décida à ressortir. Elle était abasourdie. Au bout de quelques secondes à la fixer, il lui dit :

« Bon sang ! T’as toujours pas compris ?! Cinquante fois que tu réitères la même connerie ! Cinquante fois ! Est-ce que je peux savoir à quoi ça sert que je te permette d’avoir un sentiment de déjà-vu si ça te suffit pas comme avertissement ?! J’ai la très nette impression que, parti comme c’est, tu vas vivre ces dix foutues minutes jusqu’à la fin des temps ! » Il marqua une pause « Avant que j’oublie. Tes petites insultes minables, tu peux te les garder ! J’ai pas que ça à fiche que de me faire traiter de tous les noms par une humaine incapable de faire preuve d’un minimum de bon sens ! »

Troisième étape : Se retrouver coincé(e) dans une boucle temporelle. (Répéter les deux premières erreurs.. euh.. étapes autant de fois que nécessaire pour vous sortir de ce merdier.)

Judith n’eut pas le temps de répondre quoi que ce soit. Le petit oiseau retourna à l’intérieur de l’horloge et en remonta les rouages. L’instant d’après, elle se retrouva devant celle-ci, parfaitement intacte, en compagnie de son mari sans le moindre souvenir de ce qu’elle venait de vivre :

« Elle est magnifique, n’est-ce pas ?
– Je sais pas trop. Y a quelque chose qui me dérange avec…
– Quoi donc ?
– Ben, pour être franche, elle me fout mal à l’aise. Je la trouve… glauque.
– Je vois pas pourquoi. »

Mickaël

Nouvelles Religions et Fanatisme – VoxPlume

Le duo errait sans but dans les plaines autour de la ville, avec l’horizon à perte de vue. L’un des deux s’adressa alors brutalement à l’autre.

— Bravo ! Ah non, mais là, BRAVO ! T’en auras faites, des conneries, depuis qu’on se connaît, mais celle-là, je dis chapeau.
— Quoi ? Comment je pouvais deviner qu’ils allaient carrément nous foutre dehors et nous interdire l’accès à la ville, moi ? J’y peux rien s’ils sont obtus et fanatiques dès qu’on touche à leurs idoles.
— Tu aurais peut-être pu faire l’effort de te taire, Tony. Mais non, c’est plus fort que toi, faut que t’ouvres ta grande gueule dès qu’un truc te convient pas ou heurte ta logique. Résultat, aujourd’hui, on est dehors, sans but, sans vivres au-delà de deux jours, sans équipement, bref, sans RIEN ! J’espère pour toi que t’as une idée de génie pour nous sortir de ce bordel parce que je te garantis que je suis à ça de te démolir, dit Kylie en figurant un léger espace entre son pouce et son index. Faut vraiment que je sois ton amie pour supporter tout ça.

Tony ne sut pas quoi répondre et préféra garder un profil bas ainsi qu’une certaine distance entre lui et Kylie. L’improbable duo continua sa route vers l’horizon, espérant trouver une autre ville capable de les accueillir et de leur offrir du travail. Après plusieurs minutes (ou heures, difficile de garder une trace précise du temps au soleil quand, comme eux, on n’en a pas l’habitude) pesantes, le silence fut soudain brisé par Tony.

— Alors, hum, une fois à la prochaine ville, on pourrait…
— TA GUEULE ! Stop ! Plus de plans génialement foireux, plus de propos à l’emporte pièce, plus rien de tout ça. À partir de maintenant, JE parle et TU exécutes, et rien de plus. On est d’accord ?
— J’ai vraiment le choix, là ?
— Non ! Parfois, je me dis qu’il faut que t’arrêtes de dire des trucs. Déjà, ça te fatigue, et tu te rends pas compte de ce que c’est pour les autres. Quand tu fais ça, ça me fout une angoisse… Et vu le dernier résultat, à raison. Dans ces moments, je pourrais te tuer, je crois. De chagrin, hein. Je suis pas loin de céder, alors, me pousse pas trop. Je te jure, c’est pas bien. Il ne faut plus que tu parles avec des gens !
— Même pas si on me pose une question ?
— Si je peux avoir la garantie que tu diras pas une connerie de plus…

La conversation en resta là et la marche continua jusqu’à enfin faire apparaître une ville à l’horizon. Kylie vit un emblème sur les portes et l’observa à la longue vue.

— Ok, à partir de maintenant, plus un mot.
— Pourquoi ? C’est quoi, cette ville ?
— Une ville sous influence de l’Église Bieberienne. On va y entrer, et je ne veux RIEN entendre sur leur idole, c’est compris ? Pas question de reproduire la même scène que devant la Suprême Sainte Église des Beatles.
— Hé, j’y peux rien s’ils sont surestimés et étaient juste les Bieber de leur époque, moi !
Le regard noir de Kylie se posa sur Tony aussitôt qu’il eut prononcé ces mots.
— T’as pas encore retenu la leçon ?
— Si, répondit timidement Tony. Ok, je vais me taire. Du moins, essayer.
— T’as intérêt à réussir ou alors, t’as le choix entre me laisser te tuer ou me laisser les regarder faire.

Sur ce sage avertissement, le duo se dirigea droit vers la nouvelle ville découverte, prêt à reprendre ses activités.

Anthony

Théorie du complot : 7 erreurs à ne pas faire – VoxPlume

– On nous ment ! Commença le jeune homme avec entrain devant sa caméra. Vous en êtes certain ! Ah les théories du complot, rien de plus intéressant ! Alors ça y est, vous avez décidé de vous lancer et montrer au monde entier vos affirmations concernant les affaires les plus sombres ? Vous avez choisi de montrer au commun des mortels la vérité, la vraie ? Eh bien voici 7 erreurs à ne plus commettre dans une théorie du complot :

7. Dire que vous détenez la vérité.
Oui, parce qu’à moins que vous ne soyez un spécialiste échappé des griffes de la CIA/KGB/la sûreté belge ou une autre organisation susceptible de détenir des informations compromettantes, il y a peu de chances que vous soyez crédibles face au public. Contentez-vous d’exposer vos doutes comme un simple internaute éclairé.

6. Parler des illuminati
C’est comme parler des reptiliens, c’est plus sujet à railleries qu’autre chose à présent. Quand bien même ils existeraient, toutes les vidéos et théories ont totalement ôté la crédibilité à ces organisations et plus personne n’y croit. Ce qui rend plutôt service aux organisations en question, non ? Il suffit de voir le nombre d’internautes qui hurlent « ILLUMINATI » avec humour dès qu’ils voient un oeil ou un triangle. Donc : ne rendez pas service à ces possibles organisations en leur ôtant le peu de crédibilité qu’il leur reste.

5. Utiliser la paréidolie
Maintenant, ça commence à être un peu connu. A moins que ça ne soit vraiment impressionnant, n’essayez pas de faire voir un éventuel visage de Satan dans les plis d’un vêtement. Non si un visage apparaît dans la fumée d’une explosion durant le quart de seconde qui suit l’explosion d’un bâtiment, tout le monde sait maintenant de quoi il s’agit: Paréidolie !

4. Les voix synthétiques
Vous voulez faire une vidéo pour exposer de façon plus dynamique votre opinion ? Très bien, mais par pitié : évitez de mettre une voix de synthèse ! Vous n’allez pas passer pour un internaute mystérieux qui se met en danger en essayant de faire connaître une vérité, juste pour un type qui n’assume pas ce qu’il dit.

3. Utiliser des montages
Oui parce qu’on ne va pas se mentir : c’est difficile de trouver des preuves irréfutables d’extraterrestre, de documents secrets, de géants ou de créatures et autres preuves que le gouvernement chercherait à nous cacher. D’accord plus c’est gros, mieux ça passe, mais quand même il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Les internautes ont un cerveau et vos montages risquent d’être facilement démontés.

2. Faire passer des vessies pour des lanternes
Non la lampe à pétrole que vous avez trouvée dans votre grenier ne fera pas une superbe soucoupe volante façon Alien Theory. Non le reflet de la lampe sur votre bureau ne fera pas un superbe orbe qui sera sujet à discussion et à débat dans Ghost Adventures. Non le météore qui est tombé à côté de chez vous n’est pas un extraterrestre dans sa capsule. Utilisez des preuves dont l’origine ne sera pas directement explicable et dont même vous, vous doutez. Si vous parlez avec sincérité c’est mieux: on ne pourra pas vous reprocher de faire preuve de mauvaise foi ou même de mentir.

1. Utiliser la musique de Requiem for a Dream
Arrêtez avec cette musique ! Dès qu’on ouvre une vidéo de complot, c’est cette musique qui nous arrive aux oreilles. Bon sang ! Il faudrait peut-être se dire que cette musique n’est pas un argument. Si c’est pour la mettre autant mettre un bon silence, ça serait nous rendre service.

Le jeune homme laissa planer un silence. Puis il éteignit la caméra après avoir remercié ses abonnés en leur répétant de rester méfiants sur les théories du complot qui restaient facilement explicables.

– Dylan ! Tu parles à qui ? Tonna une voix dans son dos.
– Personne maman ! Je faisais une vidéo sur ces stupides théories du complot.
– Ah je comprends ! Tu as pris un ton ironique et sarcastique j’espère ? Limite agacé ?
Le jeune homme hocha la tête.
– Parfait ! …ça laissera un peu de répit… bon viens aider ton père à disséquer l’extra-terrestre qu’on a trouvé dans le jardin… on a mit un temps fou à expliquer aux voisins que son vaisseau n’était qu’une petite météorite…

JellyBell

La vérité sur MANON – VoxPlume

Vous connaissez Manon ? Bien sûr que vous la connaissez, tout le monde connaît au moins une Manon. Mais connaissez-vous la « vérité » sur Manon ? Cette réalité cachée à tous par des instances qui prétendent vouloir la paix dans notre monde. Je vais lever ce rideau, peu importent les risques que nous courons, je veux, en cet instant et en ce lieu, dévoiler la vérité sur ces enfants du démon que nous appelons chaleureusement « Manon ».

Certaines ont les cheveux roux, bruns, blonds, ou même bleus, elles ressemblent trait pour trait à n’importe quelle autre personne, mais sous ce masque qu’elles portent avec brio, se cache une créature qui ne devrait pas exister parmi nous. Elles sont parfois les meilleures élèves de leurs classes, intègrent des écoles prestigieuses, occupent des postes haut placés, ou mènent simplement une petite vie dans la moyenne, afin de ne pas trop attirer les soupçons, mais il est déjà trop tard. Car voyez-vous, les MANONs, ou Moyens d’Anéantissement Non Onéreux des Nuisances, sont des robots créés par le gouvernement afin de neutraliser les éléments potentiellement néfastes à la société.

Bien sûr, les MANONs ne se chargent pas des problèmes à grande échelle, comme la politique, la sécurité nationale etc … Elles se contentent, pour l’instant, de repérer les Nuisances dans leurs secteurs d’opération respectifs. Celle qui promène son chien, très tôt, chaque matin et qui adresse à tous un sourire trop parfait pour être honnête est chargée d’inspecter les comportements suspects susceptibles d’arriver avant l’aube. Votre prétendue voisine de douze ans, qui dit souffrir de dyslexie, si elle va consulter son orthophoniste régulièrement, c’est uniquement pour surveiller les autres patients et mettre à jour leur registre.

Certes, ce sont des actes qui peuvent paraître anodins, d’autant plus que les MANONs ne passent jamais à l’action, leur devoir se limite à rapporter les informations récoltées à leurs supérieurs. Mais ce sont ces mêmes supérieurs qui imposent des mesures drastiques pour régler le « problème des Nuisances ». C’est pourquoi il faut résoudre le problème à la racine.

Donc ceci est un appel à la vigilance, protégez-vous, protégez votre entourage, car jusqu’à ce jour, nous ne savons toujours pas ce qui est considéré comme une Nuisance ; je peux en être une, vous pouvez en être une, votre meilleur ami peut en être une également, ou même votre petite amie. Quoi que, c’est peut-être une MANON elle aussi.

Nouillechan

ça devient commercial… – VoxPlume

Le petit garçon courut à l’intérieur de la cuisine, négocia mal son virage, heurta la table et regarda avec effroi le vase préféré de sa mère s’écrouler au sol.

A plusieurs kilomètres de là, une alarme retentit et un écran apparut devant un petit homme à l’air fatigué. Celui-ci pianota sur son clavier et l’hologramme d’une femme qui semblait aussi fatiguée que lui apparut. Il l’interrogea du regard :
« C’est encore le petit Dumot ?
-Il semblerait. Vraiment insupportable ce gosse !
-Oh tu sais, c’est l’âge ! Tu peux régler ça ? demanda la femme.
-J’ai besoin du numéro du compte s’il-te-plaît.
-Bien sûr, je te retrouve ça, c’est quelque part dans mes papiers.
-Ils sont toujours pas passé au numérique ?
-Oh tu sais comment ils sont…
-C’est quand même dingue, on est entouré d’une technologie de pointe et ils sont pas foutus d’envoyer un mail ! Si les gens l’apprenaient…
-Les gens ont déjà du mal à croire qu’on existe tu sais.
-Quand même ! Bon, tu trouves ?

-Deux minutes ! Tu sais combien de dossiers je dois gérer ?
-50000 non ?
-54392 pour être précis. Gagne du temps en attendant, ouvre le compteur !
-Faut déjà voir son type de compte. Le nombre de point sera différent.
-J’ai trouvé ! Famille Dumot, compte de type A.
-Sérieux client ! siffla-t-il. Je lui mets 0,1 alors.
-Exact… Comme ça il aura sa voiture télécommandée rapidement. grommela-t-elle.
-On va pas en reparler Sonia. C’est le nouveau système, tu peux pas lutter contre.
-Quand même, c’est dégueulasse.
-C’est la loi du plus fort, encore une fois tu ne peux rien y faire. »

L’alarme retentit de nouveau et une petite fille apparut sur l’écran, les mains barbouillées de la peinture qui lui avait permis de repeindre les murs de son salon.
« Elle c’est Valérie Rémantain, sa fiche est pas très loin, je te retrouve ça tout de suite !
-Merci.
-J’ai trouvé, c’est un compte de type P.
-Ca lui fait 5 points. Elle est en bonne voie pour changer de liste… Il lui en manque encore 5.
-Et celui de tout à l’heure ?
-Oh lui il est à 2 points, il a encore de la marge…
-C’est dégueulasse.
-Arrête de parler de ça, tu veux ?
-Non, j’ai pas d’autres mots. On en est à combien de conneries pour le petit Dumot ?
-Au moins une vingtaine. Il en fait à la pelle tu sais.

-Et elle ?
-C’est sa première je crois bien.
-Et c’est lui qui aura le plus de cadeaux…
-Il a le moins de points, c’est logique. Et puis il est plus riche…
-Et nos principes dans tout ça ?
-On les oublie.
-C’est pas pour ça que j’ai voulu bosser pour lui…
-Même lui doit se mettre à la page !
-Se mettre à la page, c’est prôner l’inégalité ?
-Non, c’est remercier les clients riches, qui donnent plus.
-Et jeter dehors les pauvres ? Tu te rends compte des mots que tu emploies au moins ? « Clients » ? On était pas sensé être représentatif de valeurs ? explosa-t-elle.
-On apporte toujours de la joie.
-Pas pour tous.
-Tu vis dans le passé. La magie de noël, c’est devenu commercial. »

Alice

Réaction© aux copyright des Fine Bros – Voxplume

La porte de mon appartement s’ouvre à la volée. Je sursaute, pivote sur ma chaise, la respiration coupée. Deux hommes se tiennent dans l’embrasure de la porte, lourdement armés, une expression menaçante sur le visage. Je jette un coup d’œil à mon écran d’ordinateur, où un message m’indique que ma nouvelle vidéo YouTube, « I react to the last Walking Dead episode », vient d’être publiée. Mon cerveau travaille à toute vitesse, trouvant hypothèses et conclusions avec une rapidité que je n’avais jamais atteinte auparavant.

Mais je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit. Les deux hommes me saisissent, chacun par un bras, et me traînent hors de mon appartement. Les lèvres scellées, je suis encore sous le choc, incapable de réagir, de me défendre ou me débattre. Mes voisins nous regardent passer, surpris. Je suis jeté dans une voiture avec force. Les deux hommes s’installent à l’avant, et le conducteur démarre le moteur. Nous roulons depuis une bonne dizaine de minutes déjà, quand, enfin, j’arrive à parler :

« Excusez-moi ? Où… où m’emmenez-vous ? »
Le plus baraqué des deux, celui que ne conduit pas, me jette un regard par dessus son épaule. D’une voix très grave, il répond :
« Je vous préviens, tout ce que vous dites peut être utilisé contre vous. »

Je fronce les sourcils, et hoche lentement la tête, décidant d’être le plus silencieux possible.
« Nous vous amenons à la Prison de l’Internet, pour délit de catégorie 3 : offense au copyright des Fine Bros.
– C’est quoi, l’Azkaban des internautes ? Et… Je pensais qu’ils avaient abandonné cette histoire de copyright !
– On est sur Internet, soupire-t-il. Tout ce qui est dit dessus est à la fois très éphémère et éternel. »

Ne comprenant pas ce qu’il veut dire, mais ne voulant pas répondre de bêtises, je reste muet. Je regarde par la fenêtre. Je ne reconnais pas les alentours, mais on ne peut pas être bien loin de chez moi. Me mordillant nerveusement la lèvre, j’attends la fin du trajet.

Finalement, le moteur ronronne lourdement, la voiture a une secousse, puis elle s’arrête. Les deux hommes sortent, ouvrent la portière à ma droite, et me tirent hors du véhicule. Nous faisons face à un grand bâtiment de toutes les couleurs, avec des barreaux aux fenêtres. Leurs mains agrippant douloureusement mes bras, les baraqués m’entraînent dans le bâtiment. Nous sommes accueillis par une dame à l’air endormi, qui me pose un tampon sur la main, indiquant « Prisonnier n°42-2291 ». De sa voix traînante, elle m’attribue la cellule numéro 666-3189, et j’y suis transporté sans plus de ménagement qu’auparavant.

Dans les couloirs, je jette un regard ébahi à tous les prisonniers que nous croisons. Ils portent tous un uniforme noir avec des motifs verts de 1 et de 0, visiblement placés dans un désordre total. Ils sont tous très différents, de tous les âges, de tous les sexes, de toutes les tailles, et de toutes les nationalités. Des animaux, des mascottes, des furrys, des avatars, des dessins, des masque d’Anonymous, des hommes verts, des smileys, et autres créatures non-humaines portent le même uniforme, sans que personne ne s’en étonne.

Je suis jeté dans ma nouvelle cellule, puis la porte est refermée derrière moi. Les paupières battantes, je découvre le lieu de vie. Les lits n’ont pas l’air moins confortables que celui dans ma petite chambre d’étudiant. Nous avons des toilettes, une douche. L’endroit est malpropre, mais encore une fois, pas plus que mon ancien appartement. Il y a même un petit bureau, avec un vieil ordinateur dessus.

Une jeune femme se trouve là. Elle est en train de jouer à la Nintendo DS, ses cheveux roux en bataille. Quand je m’assois sur le lit inoccupé, elle me jette un regard en biais, martèle les boutons de sa console, puis la referme et me sourit.
« Bonjour, s’exclame-t-elle. Je suis ZeldaNES3199. Bienvenue à la Prison de l’Internet !
– Euh… Merci… Je m’appelle Sam. Je suis ici parce que j’ai fait une vidéo React, je crois…
– Ah, classique. On a plusieurs cas, comme ça. Moi j’ai utilisé l’image de Slenderman. Lui aussi, il est copyrighté. »

Cupcake Nie

La suture chirurgicale pour les nuls – VoxPlume

La porte d’entrée s’ouvrit à la volée. Miranda, une femme au foyer d’une quarantaine d’années, posa ses sacs de course à la va-vite tandis qu’elle traînait derrière elle Valentin, son fils de 15 ans. Elle le fit s’asseoir et, complètement paniquée, se mit à la recherche de quelque chose.
« Bordel de bordel ! Où est-ce que j’ai bien pu mettre ce fichu bouquin ?
– M’man…
– Toi, tais-toi ! Je me demande bien quelle idée débile a bien pu te traverser la tête pour faire une connerie pareille ?! »
Le jeune adolescent ne savait pas trop quoi penser. Il n’avait jamais vu sa mère à la fois aussi furieuse et inquiète. Pourtant, même si c’était assez impressionnant en apparence, sa blessure n’était pas si grave que ça. De plus, ce n’était pas son premier accident et elle avait toujours su comment réagir en cas de pépins. C’était donc une première pour lui de la voir paniquer comme ça.

« Il devrait pourtant être là ! À moins que…
– M’man !
– Quoi ?! lui répondit-elle visiblement excédée
– T’as dû le mettre avec tes autres magazines.
– Mais oui ! Quelle conne je suis ! »

Elle se précipita vers le meuble où elle avait l’habitude de ranger toutes les revues dont les articles l’intéressaient. Elle l’ouvrit à toute vitesse, manquant d’en arracher la poignée, et commença à jeter les périodiques dans toute la pièce jusqu’à ce qu’elle finisse par tomber sur l’objet de ses recherches. Elle le posa sur la table de la cuisine et commença à chercher les bonnes pages. Elle les trouva au bout de quelques secondes.

« Okay ! Donc, il me faut une aiguille à brider et du fil chirurgical…huum…okay, ça aussi…ça devrait pouvoir le faire…le membre à recoudre…Bon sang ! Valentin ! Où est ton bras ?!
– Dans le jardin, m’man.
– Nom de dieu ! Le chien ! »

En un instant, Miranda se trouva à l’extérieur de la maison. La lutte fut acharnée. Fido refusait de lâcher sa proie. Après un échange pour le moins houleux entre grognements et jurons, il l’échangea de bonne grâce contre un steak bien saignant. Elle retourna dans la cuisine avec son trophée en main et décida de se mettre à l’ouvrage. Elle prit une chaise et dit :
« Qu’est-ce qui faut pas faire pour réparer tes âneries ! Ramène-toi, je vais te retaper ! »
Alors qu’elle commençait à recoudre le membre récupéré, Miranda ne put s’empêcher de demander à son fils le pourquoi du comment :

« Et je peux savoir, jeune homme, ce qui t’a pris de jongler avec des mini-tronçonneuses ?
– Tu pourrais pas comprendre.
– Appelle-moi conne pendant que t’y es !
– Non mais c’est pas ça, c’est que… Tu vois la fille des nouveaux voisins ?
– T’as voulu l’impressionner ?
– On pourrait dire ça…
– Et par quelle logique t’en es venu à te dire que le meilleur moyen d’y parvenir était de faire ce que t’as fait ? »

Valentin semblait réfléchir, elle ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit :
« Ne réponds surtout pas ! Je risque de me mettre encore plus en colère que je ne le suis déjà ! Est-ce que tu te rends compte que ç’aurait pu être beaucoup plus grave que ça ?!
– Je sais, m’man…
– Je m’inquiète, Valentin. Je n’ai pas envie qu’un jour, avec toutes tes tentatives foireuses, tu finisses par te tuer définitivement !
– Je vais être plus prudent.
– Pas simplement être prudent. Il faut que t’arrêtes ! Promets-le moi.
– Mais m’man…
– Promets-le moi ! insista-t-elle.
– Okay, je te le promets.
– Je préfère ça. Bon, c’est fini. Ça devrait tenir le coup pour le moment mais ne l’utilise pas trop. Demain, on ira voir le Docteur Wilbur pour qu’il fasse quelque chose de plus solide.

Maintenant, file dans ta chambre. »
Tandis que Valentin montait au premier étage, Miranda refermait le magazine qu’elle venait d’utiliser et sur la couverture duquel on pouvait lire : « Modes et cadavres : Tout pour la ménagère post-apocalyptique. Notre article du mois : Comment rafistoler votre ado zombie. ».

Mickaël